11 avis Maison d'HĂŽtes "La ChĂšvrerie" VairĂ© Chambres d'hĂŽte A deux pas de la mer, entre Les Sables d'Olonne et Challans, Ă 5 km de la plage de Brem sur mer, nous vous accueillons toute l'annĂ©e pour un sĂ©jour au calme entre ocĂ©an et campagne. RandonnĂ©e Ă cheval, Ă vĂ©lo ou Ă pied, canoĂ«, baignade, tout est prĂ©vu pour des vacances en famille. Table dhĂŽtes et Wifi sont disponibles aussi pour les professionnels en dĂ©placement. Autour des mares, canards, lapins, poules et moutons vivent en bonne intelligence. RĂ©glisse, notre incontournable labrador, veille sur tout ce monde avec bienveillance. LaccĂšs aux parcs des animaux doit etre accompagnĂ©. 5 avis La Fontaine Saint Julien Des Landes Chambres d'hĂŽte chambre au calme Ă 10 mn des plages, 48⏠petit dĂ©jeuner compris Logis du Parc Saint Fulgent Chambres d'hĂŽte Chambre d'hĂŽtes en VendĂ©e, idĂ©alement situĂ© Ă 25 minutes du cĂ©lĂšbre parc le Puy du Fou et 40 minutes de la mer et de Nantes. Maison contemporaine de style VendĂ©en implantĂ©e sur un terrain de 6000mÂČ bordĂ© d' arbres, trĂšs au calme. Votre maison d'hĂŽtes est agrĂ©mentĂ©e d'une piscine chauffĂ©e mai Ă septembre et d'un spa privĂ© et sur rĂ©servation. Visitez notre maison d'hĂŽtes en cliquant sur le lien 19 avis Le Bois Joli Mesnard La Barotiere Chambres d'hĂŽte 4 chambres d'hĂŽtes 12 personnes. Le gĂźte est a douze kilomĂštres du puit du fou 20 minutes et a 500 mĂštres d'une base de loisir avec Acrobranche pĂšche baignade mini golf autre jeu pour enfant, restaurant ...faisant pizzĂ©ria - crĂȘperie - snack bar avec terrasse sur le lac sentier pĂ©destre autour du lac et au alentours . nouveau , jeux flottant sur le lac . 10 avis ChĂąteau de Belle -Vue 85110 Chambres d'hĂŽte Entre le Puy du Fou 25 minutes et les plages ocĂ©anes, le chĂąteau de Belle-Vue vous propose cinq logements familiaux ou pour deux, spacieux et confortables, aux prix attractifs et avec table d'hĂŽtes sur rĂ©servation. Notre parc arborĂ© est entiĂšrement clos. Que vous soyez en famille, entre amis ou en amoureux, le charme authentique de cette demeure de famille vous sĂ©duira. Pendant la saison hivernale, venez vous dĂ©tendre au salon devant un bon feu de bois. 2 avis Au Passage du Gois Beauvoir-sur-Mer Chambres d'hĂŽte & Gite Bienvenue chez au Passage du Gois, chambres dâhĂŽtes Ă Beauvoir-sur-Mer. Venez passer dâexcellentes vacances dans la VendĂ©e avec sa durĂ©e dâensoleillement exceptionnelle. A moins dâun kilomĂštre de la mer nous vous proposons des chambres d'hĂŽtes, dont une chambre familiale et 2 autres chambres indĂ©pendantes donnant sur la cour. Egalement la location dâun charmant gĂźte pour 4 personnes et un studio pour 2- personnes. Restaurants a 800 m. chez le au Passage du Gois et dans le bourg a 4km. 14 avis Les Ecureuils La Barre De Monts Chambres d'hĂŽte Chambre chez l'habitant Ă Fromentine/La Barre de Monts; lieu idĂ©al pour faire une Ă©tape reposante en allant Ă l'Ile d'Yeu ou Ă Noirmoutier, ou au retour. A 2 km de Port Fromentine, nous pouvons vous y conduire et aller vous chercher lors de votre retour. La ParenthĂšse Saint-Ătienne-du-Bois Chambres d'hĂŽte SituĂ©e Ă Saint-Ătienne-du-Bois, Ă 23 km de La Roche-sur-Yon, la ParenthĂšse dispose d'un salon commun et d'une connexion Wi-Fi gratuite. DotĂ©e dâune tĂ©lĂ©vision, cette chambre d'hĂŽtes comprend Ă©galement une salle de bains privative pourvue dâune douche, dâun sĂšche-cheveux et dâarticles de toilette gratuits. Lors de votre sĂ©jour Ă La ParenthĂšse, vous pourrez jouer au ping-pong sur place ou encore pratiquer la randonnĂ©e et le vĂ©lo dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 42 km de Nantes et des Sables-dâOlonne. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 35 km de La ParenthĂšse. Borderie de La MarchaiziĂšre Saint Etienne Du Bois Chambres d'hĂŽte Nous vous accueillons pour votre sĂ©jour dans notre ancienne grange, en pierres apparentes, du XIXĂšme siĂšcle, rĂ©novĂ©e et valorisĂ©e dans le respect de l'environnement. Vous y trouverez le confort, le repos, un accueil chaleureux, une piscine naturelle et une bonne table... IdĂ©al pour les familles avec les activitĂ©s sur place et Ă proximitĂ© . Tous les ingrĂ©dients pour un sĂ©jour rĂ©ussi ! C'est dans cette convivialitĂ© et un esprit de 'Bien vivre' que vous sĂ©journerez Ă la Borderie. La MilliĂšre Le PoirĂ©-sur-Vie Chambres d'hĂŽte SituĂ© au PoirĂ©-sur-Vie, Ă 40 km de Saint-Jean-de-Monts, lâĂ©tablissement La MilliĂšre propose une piscine extĂ©rieure ouverte en saison et une connexion Wi-Fi gratuite. Certains logements comportent une cuisine Ă©quipĂ©e dâun lave-vaisselle, dâun micro-ondes et dâun four. La chambre dâhĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner continental. LâĂ©tablissement La MilliĂšre possĂšde une terrasse. Vous pourrez vous dĂ©tendre dans le jardin ou encore pratiquer le vĂ©lo et la randonnĂ©e dans les environs. LâĂ©tablissement La MilliĂšre est implantĂ© Ă 35 km des Sables-d'Olonne et Ă 14 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 44 km. Chambre d'HĂŽtes La BardiniĂšre 10Km Le PoirĂ©-sur-Vie Chambres d'hĂŽte DotĂ©e dâun jardin, la Chambre dâHĂŽtes La BardiniĂšre vous accueille au PoirĂ©-sur-Vie, dans les Pays de la Loire. La Roche-sur-Yon se trouve Ă 13 km. Vous bĂ©nĂ©ficierez dâune connexion Wi-Fi gratuite et dâun parking privĂ© sur place. Offrant une vue sur le jardin, cette chambre dâhĂŽtes comprend une tĂ©lĂ©vision par cĂąble Ă Ă©cran plat, un coin salon, une armoire et 2 salles de bains. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. La chambre dâhĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner buffet ou continental. Une terrasse est Ă votre disposition sur place. Vous sĂ©journerez Ă 49 km de Nantes et Ă 39 km des Sables-dâOlonne. LâaĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est accessible Ă 43 km. Les Poiriers GĂźte Touvois Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Touvois, l'Ă©tablissement Les Poiriers GĂźte dispose d'un jardin et d'un barbecue. Vous sĂ©journerez Ă 41 km de La Roche-sur-Yon. Vous bĂ©nĂ©ficierez gratuitement d'une connexion Wi-Fi et d'un parking privĂ© sur place. Cet appartement comprend une chambre, une salle de bains, du linge de lit, des serviettes, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin repas, une kitchenette entiĂšrement Ă©quipĂ©e et une terrasse avec vue sur le jardin. Un petit-dĂ©jeuner continental est servi sur place. Nantes se trouve Ă 43 km, tandis que Pornic est Ă 44 km. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est Ă 36 km. Ă partir de âŹ333 / semaine Le ChĂȘne LiĂšge 11Km MachĂ© Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă MachĂ©, l'Ă©tablissement Le ChĂȘne LiĂšge dispose d'une piscine privĂ©e et offre une vue sur le jardin. SituĂ© Ă 40 km de Saint-Jean-de-Monts, ce logement met Ă votre disposition une connexion Wi-Fi gratuite et un parking privĂ©. Cette chambre d'hĂŽtes comporte une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Le matin, cette chambre dâhĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner continental. LâĂ©tablissement Le ChĂȘne LiĂšge possĂšde Ă©galement une terrasse. Vous pourrez vous baigner dans la piscine extĂ©rieure, vous dĂ©tendre dans le jardin ou partir en randonnĂ©e. LâĂ©tablissement se trouve Ă 26 km de La Roche-sur-Yon et Ă 45 km des Sables-dâOlonne. L'aĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 64 km de lâĂ©tablissement. ChĂąteau de la MarronniĂšre Aizenay Chambres d'hĂŽte Occupant un chĂąteau du XVIIIe siĂšcle, dans un domaine de 15 hectares, le ChĂąteau de la MarronniĂšre est situĂ© Ă Aizenay et propose un hĂ©bergement en maison d'hĂŽtes. L'Ă©tablissement possĂšde une piscine extĂ©rieure, une table de ping-pong et des vĂ©los. Toutes les chambres se trouvent dans la partie privĂ©e du chĂąteau et offrent une vue sur le jardin. Elles disposent d'une armoire et d'un plateau/bouilloire. La salle de bains privative est pourvue d'un sĂšche-cheveux et d'articles de toilette gratuits. Le ChĂąteau de la MarronniĂšre propose tous les jours un petit-dĂ©jeuner amĂ©ricain et continental. Vous pourrez Ă©galement profiter du salon et de la salle Ă manger communs ainsi que de la grande salle de rĂ©ception avec murs en pierres et poutres apparentes. La plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie se trouve Ă seulement 35 minutes de route et la ville des Sables-d'Olonne est situĂ© Ă 39 km de l'Ă©tablissement. Les Ă©quipements supplĂ©mentaires incluent une aire de jeux pour enfants, un babyfoot et d'une connexion Wi-Fi gratuite. Chateau de La Marronniere Aizenay Chambres d'hĂŽte IdĂ©alement situĂ© entre mer et campagne, le chĂąteau de La MarronniĂšre constitue un lieu de villĂ©giature privilĂ©giĂ© pour dĂ©couvrir la VendĂ©e. Etablie dans un grand parc aux arbres sĂ©culaires, cette vaste demeure du XVIIIĂšme entiĂšrement rĂ©novĂ©e en 2008 offre 3 Ă©lĂ©gantes chambres doubles et 1 vaste suite familiale pour quatre personnes, toutes Ă©quipĂ©es de salles de bains confortables et spacieuses. Sur le domaine, les hĂŽtes peuvent du jardin, de la piscine 16x6 m ou des multiples loisirs tennis de table, babyfoot, jeux de plein air pour enfants, bicyclettes Ă disposition. Ils pourront aussi dĂ©couvrir les plages et stations vendĂ©ennes Ă 20 mn, et le parc de loisirs du Puy du Fou Ă 45 mn. Loue mobil home sur camping avec piscine Apremont Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Apremont, le Loue mobil home sur camping avec piscine dispose d'une piscine privĂ©e. Cet hĂ©bergement se trouve Ă 49 km de Pornic. Vous profiterez gratuitement dâun parking privĂ©. Cet appartement dispose dâune chambre, dâune cuisine et dâune tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Lâappartement est Ă©galement dotĂ© dâune terrasse. Le Loue mobil home sur camping avec piscine se trouve Ă 29 km des Sables-d'Olonne et Ă 48 km de Noirmoutier-en-l'Ăle. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 45 km. Ă partir de âŹ1951 / semaine Logement VendĂ©e Saligny Chambres d'hĂŽte & Gite Le Logement VendĂ©e est situĂ© Ă Saligny. Offrant une vue sur le jardin, il se trouve Ă 41 km des Ăpesses. Cet appartement comprend 2 chambres, une cuisine avec lave-vaisselle, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin salon et 2 salles de bains avec douche. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Vous pourrez faire de la randonnĂ©e dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 16 km de La Roche-sur-Yon et Ă 45 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. L'aĂ©roport le plus proche, celui de Nantes Atlantique, est situĂ© Ă 56 km. Ă partir de âŹ1950 / semaine Apremont location vacances Vendee 17km de la Mer et de St Gilles Croix de Vie Apremont Chambres d'hĂŽte & Gite Gite 4pers labellisĂ© ClĂ©Vacances dans Village ClassĂ© Petite CitĂ© de caractĂšre » Centre et commerces 500m. Lac, Plage 1km, avec PĂ©dalo, toboggan aquatique gratuit, baignade surveillĂ©e... Mer Ă 17 km St Gilles Croix de Vie Ă 30km Les Sables d'Olonne, 32km de St Jean de Monts, et Ă 70km du Grand Parc du Puy du Fou 2 Terrasses dont une avec Pergola Alu, avec Salon de jardin, transats et Barbecue fixe individuel, Parking privatif Ă lintĂ©rieur de la rĂ©sidence Internet wifi gratuit, Tarifs de 240 Ă 460 selon la saison - ChĂšques vacances acceptĂ©s Ă partir de âŹ2265 / semaine Ă partir de âŹ2265 / semaine GĂźte l'OcĂ©ane Apremont VendĂ©e Apremont Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Apremont, dans les Pays de la Loire, le GĂźte l'OcĂ©ane Apremont VendĂ©e dispose d'une terrasse et offre une vue sur le jardin. Vous sĂ©journerez Ă 35 km de Saint-Jean-de-Monts. Vous bĂ©nĂ©ficierez gratuitement d'un parking privĂ© sur place et d'une connexion Wi-Fi. Cet appartement comprend 2 chambres, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, une cuisine Ă©quipĂ©e d'un micro-ondes et d'un rĂ©frigĂ©rateur, un lave-linge ainsi qu'une salle de bains pourvue d'une douche. Pour plus de commoditĂ©, l'Ă©tablissement peut fournir des serviettes et du linge de lit moyennant des frais supplĂ©mentaires. Le personnel de la rĂ©ception ouverte 24h/24 se fera un plaisir de vous fournir des informations touristiques. Le GĂźte l'OcĂ©ane Apremont VendĂ©e possĂšde une aire de jeux pour enfants. Lors de votre sĂ©jour, vous pourrez profiter d'un jardin avec un barbecue. Dans les environs, vous pourrez pratiquer la randonnĂ©e et la pĂȘche. Vous sĂ©journerez Ă 35 km des Sables-d'Olonne et Ă 20 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. L'aĂ©roport le plus proche, celui de Nantes Atlantique, est situĂ© Ă 77 km. Ă partir de âŹ2265 / semaine La genotiĂšre Mouilleron-le-Captif Chambres d'hĂŽte DotĂ©e d'un jardin et d'une terrasse, La genotiĂšre propose un hĂ©bergement Ă Mouilleron-le-Captif avec une connexion Wi-Fi gratuite et une vue sur la piscine. SituĂ© Ă 3,5 km de Vendespace, il propose une piscine extĂ©rieure ouverte en saison et un parking privĂ© gratuit. Ce Bed & Breakfast est Ă©quipĂ© d'une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Cette chambre d'hĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner continental. L'aĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est Ă 48 km. GĂźte MĂ©lisse Mouilleron-le-Captif Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Mouilleron-le-Captif, Ă seulement 3,5 km de Vendespace, le GĂźte MĂ©lisse propose un restaurant, un jardin, une terrasse et une connexion Wi-Fi gratuite. Cet appartement comprend 2 chambres, une cuisine avec micro-ondes, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin salon et une salle de bains avec baignoire ou douche. Pour plus de commoditĂ©, l'Ă©tablissement peut fournir des serviettes et du linge de lit moyennant des frais supplĂ©mentaires. Un petit-dĂ©jeuner continental est servi sur place. La rĂ©gion est prisĂ©e pour pratiquer la randonnĂ©e. L'aĂ©roport le plus proche, celui de Nantes Atlantique, est situĂ© Ă 48 km. Ă partir de âŹ2070 / semaine Chambre studio Magnolia Mouilleron-le-Captif Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ©e Ă Mouilleron-le-Captif, dans les Pays de la Loire, la Chambre studio Magnolia dispose d'une terrasse. SituĂ© Ă 3,5 km de Vendespace, il propose une piscine extĂ©rieure ouverte en saison et un parking privĂ© gratuit. Cet appartement climatisĂ© comprend un coin repas, une kitchenette avec un micro-ondes et une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Vous pourrez profiter d'une terrasse. La Chambre studio Magnolia possĂšde un jardin et une aire de jeux pour enfants. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est Ă 48 km. Logis de la SauviniĂšre Rocheserviere Chambres d'hĂŽte & Gite Bienvenue Ă ROCHESERVIERE, plaisante citĂ© rurale construite sur les bords de la Boulogne . SituĂ©e Ă mi chemin entre le littoral et le PUY du FOU, le GĂźte, d'une surface de 135mÂČ, capacitĂ© de 4 personnes Ă partir de âŹ500 / semaine Domaine de la Boere Beaulieu-sous-la-Roche Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă Beaulieu-sour-la-Roche, le Domaine de la Boere propose un hĂ©bergement unique sous la forme d'une cabane dans les arbres. Chaque hĂ©bergement comprend un coin salon ou repas, tandis que certains disposent Ă©galement d'une terrasse et d'une salle de bains privative. Le petit-dĂ©jeuner est servi chaque matin au Domaine de la Boere. Vous trouverez Ă©galement des restaurants Ă Aizenay, Ă 12 minutes de route. La Roche-sur-Yon se trouve Ă seulement 25 minutes en voiture de l'Ă©tablissement et la plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie est accessible en 30 minutes de route. L'Ă©tablissement propose Ă©galement des massages sur demande et moyennant des frais supplĂ©mentaires, un barbecue et un jardin. L' ART CHAMP BEAU RocheserviĂšre Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă RocheserviĂšre, L'ART CHAMP BEAU propose des hĂ©bergements avec un parking privĂ© gratuit. Un rĂ©frigĂ©rateur et une bouilloire sont Ă©galement fournis. Ce Bed & Breakfast sert un petit-dĂ©jeuner Ă la carte. L'ART CHAMP BEAU possĂšde un jardin et une terrasse bien exposĂ©e. Nantes et La Roche-sur-Yon se trouvent Ă 31 km. Domaine de la BarretiĂšre Saint-Philbert-de-Bouaine Chambres d'hĂŽte DotĂ© d'une piscine extĂ©rieure avec terrasse bien exposĂ©e, le Domaine de la BarretiĂšre est situĂ© Ă Saint-Philbert-de-Bouaine. Construit au XIXe siĂšcle, il comprend Ă©galement un sauna et un centre de remise en forme. Les chambres chauffĂ©es sont dotĂ©es de la tĂ©lĂ©vision ainsi que d'une salle de bains privative avec douche. Un petit-dĂ©jeuner continental composĂ© de produits locaux est proposĂ© tous les jours. AprĂšs le petit-dĂ©jeuner, vous pourrez vous promener dans le jardin ou utiliser la connexion Wi-Fi accessible gratuitement dans les parties communes. L'Ă©tablissement se trouve Ă 38 km de La Roche-sur-Yon et Ă 23 km de l'aĂ©roport Nantes Atlantique. Vous pourrez stationner gratuitement sur place. LâĂ©chappĂ©e Belle Mouilleron-le-Captif Chambres d'hĂŽte & Gite Offrant une vue sur le jardin, l'Ă©tablissement L'Ă©chappĂ©e Belle est situĂ© Ă Mouilleron-le-Captif, Ă environ 2 km de Vendespace. Cet appartement comprend 2 chambres, une cuisine avec micro-ondes, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin salon et une salle de bains avec bidet. Pour plus de commoditĂ©, l'Ă©tablissement peut fournir des serviettes et du linge de lit moyennant des frais supplĂ©mentaires. Vous pourrez profiter d'une terrasse. L'aĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 50 km. Ă partir de âŹ2295 / semaine 7 avis Le Clos Sainte LĂ©a 17Km 85000 Chambres d'hĂŽte Chambres d'hĂŽtes au coeur de la VendĂ©e C'est pour nous un plaisir de vous accueillir chez nous et nous espĂ©rons que vous passerez un agrĂ©able sĂ©jour dans notre pays Yonnais en plein coeur de la VendĂ©e . Notre maison est implantĂ©e sur un parc d'environ 3000 mÂČ La Jarrie BELLEVIGNY Chambres d'hĂŽte La maison d'hĂŽtes de La Jarrie est situĂ©e au milieu de la campagne et au coeur de la ĂȘtes donc Ă mi-chemin entre la cĂŽte vendĂ©enne et le Puy du Fou 50 kms . L''Ăźle de Noirmoutier, l'embarcadĂšre de l'Ăźle d'Yeu ou le marais poitevin sont Ă une heure de route. Nous serons heureux de vous accueillir dans notre propriĂ©tĂ© de caractĂšre. Les deux chambres sont amĂ©nagĂ©es dans un ancienne grange typiquement vendĂ©enne et peuvent accueillir 5 personnes . Le petit dĂ©jeuner est servi dans une vĂ©randa adossĂ©e Ă la maison et ouvrant sur le jardin. Les granges du chiron La Garnache Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă La Garnache, Ă 38 km de Pornic, l'Ă©tablissement Les granges du chiron propose un service de prĂȘt de vĂ©los et une connexion Wi-Fi gratuite. Certains logements comprennent un coin salon et/ou une terrasse. Ce Bed & Breakfast sert un petit-dĂ©jeuner continental chaque matin. Vous pourrez faire de la randonnĂ©e dans les environs ou profiter du jardin. Nantes se trouve Ă 48 km. Vous rejoindrez Noirmoutier-en-l'Ăle Ă 47 km. L'aĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est Ă 46 km. 3 avis Le Champ Libre Dompierre sur Yon Chambres d'hĂŽte & Gite A Dompierre sur Yon, aux portes de la Roche sur Yon, un gĂźte trĂšs "cosy" pour 2 personnes, au calme d'un terrain d'un hectare, vous offre tout le confort pour profiter pleinement de vos vacances en VendĂ©e. ChĂąteau des BretonniĂšres sur vie - Maison d'hĂŽtes Commequiers Chambres d'hĂŽte DotĂ© dâun salon commun, le ChĂąteau des BretonniĂšres sur vie - Maison dâhĂŽtes vous accueille Ă Commequiers, Ă 24 km de Saint-Jean-de-Monts. Une connexion Wi-Fi est accessible gratuitement. Un rĂ©frigĂ©rateur et une bouilloire sont mis Ă votre disposition. Cette chambre d'hĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner continental. LâĂ©tablissement possĂšde une terrasse. Lors de votre sĂ©jour, vous pourrez profiter du jardin sur place et partir en randonnĂ©e ou Ă vĂ©lo pour dĂ©couvrir les environs. Le ChĂąteau des BretonniĂšres sur vie - Maison dâhĂŽtes se trouve Ă 35 km des Sables-dâOlonne et Ă 37 km de La Roche-sur-Yon. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 70 km de la chambre dâhĂŽtes. CHARMANT STUDIO DANS UNE MAISON NEUVE La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite Le CHARMANT STUDIO DANS UNE MAISON NEUVE est installĂ© Ă La Roche-sur-Yon. Saint-Gilles-Croix-de-Vie se trouve Ă 36 km. Une connexion Wi-Fi gratuite et un parking privĂ© sont disponibles sur place. AmĂ©nagĂ© au rez-de-chaussĂ©e, cet appartement comprend 1 chambre et une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Sa cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e comporte un micro-ondes, un rĂ©frigĂ©rateur, un lave-linge, un four et des plaques de cuisson. Les serviettes de toilette et le linge de lit sont fournis. Vous sĂ©journerez Ă 34 km des Sables-dâOlonne et Ă 48 km de Saint-Jean-de-Monts. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 53 km du CHARMANT STUDIO DANS UNE MAISON NEUVE. Ă partir de âŹ1953 / semaine ChĂąteau Des BretonniĂšres Sur Vie Commequiers Chambres d'hĂŽte Le chĂąteau du XIXĂšme siĂšcle est situĂ© dans un parc de 6ha Ă 13 kms des plages de Saint Gilles Croix de Vie. 4 suites sont Ă votre disposition dont une familiale. Nous serons Ă l'Ă©coute pour vous aider Ă organiser vos journĂ©es en fonction de ce que vous aimez faire nombreuse documentation Ă votre disposition. N'hĂ©sitez pas Ă nous contacter pour des sĂ©jours de 3 nuits et plus en hors-saison The Gite de L'Andoussiere St. Andre Treize Voies Chambres d'hĂŽte & Gite La maison est une ancienne ferme restaurĂ©e 4 chambres Ă coucher situĂ© dans un village de 45 habitants. Il est 45-50 minutes de route de la cĂŽte vendĂ©enne et le Puy du Fou. Il y a une grande piscine chauffĂ©e avec terrasse ensoleillĂ©e ainsi que table Ă l'extĂ©rieur et terrasse barbecue. A l'intĂ©rieur il ya une cuisine bien Ă©quipĂ©e, salle Ă manger et salon avec TV satellite et et Anglaise Il ya 2 salles de bains / ya aussi 6 vĂ©los et une table de ping-pong. Ă partir de âŹ550 / semaine Studio indĂ©pendant chez lâhabitant au calme n°2 19Km Dompierre-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Dompierre-sur-Yon, le Studio indĂ©pendant chez l'habitant au calme n°2 possĂšde un jardin et une terrasse. SituĂ© Ă 40 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, lâhĂ©bergement comprend une connexion Wi-Fi gratuite et un parking privĂ© sur place. Cet appartement inclut 1 chambre, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin repas ainsi quâune cuisine Ă©quipĂ©e dâun micro-ondes et dâun rĂ©frigĂ©rateur. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Vous sĂ©journerez Ă 39 km des Sables-dâOlonne et Ă 6 km de La Roche-sur-Yon. L'aĂ©roport le plus proche est celui de Nantes-Atlantique, accessible Ă 51 km. Ă partir de âŹ2079 / semaine 1 avis vendeeyourte 19Km Landeronde Chambres d'hĂŽte & Gite Chambre d'hĂŽtes Tiny house "Ely" avec sa terrasse privĂ©e sur la propriĂ©tĂ© de 5200 m2, boisĂ©e en pleine campagne Ă 2 kms de Landeronde et ses commerces. Notre piscine 4x8 est Ă la disposition de nos estivants qui sont en Yourte, Roulotte,Kota Finlandais, garage pour les motos Ă disposition de nos clients. Les sanitaires sont Ă l'extĂ©rieur, les lits sont faits Ă votre arrivĂ©, apporter votre linge de toilette. A proximitĂ© La chaboterie, Haras de VendĂ©e, Puy du fou Ă 50 mn., O'Gliss Parc.. Si vous aimer vous promener au bord de mer, les Sables d'olonne ou BrĂ©tignolles sur mer se trouve Ă 15mn. Le Cocon 19Km Commequiers Chambres d'hĂŽte & Gite Set in Commequiers in the Pays de la Loire region, Le Cocon has a garden. The property is 44 km from Pornic and free private parking is featured. The apartment features 2 bedrooms, a flat-screen TV, an equipped kitchen with a dishwasher and a microwave, a washing machine, and 1 bathroom with a hot tub. For added convenience, the property can provide towels and bed linen for an extra charge. The apartment offers a hot tub. A terrace is available for guests at Le Cocon to use. Les Sables-d?Olonne is 30 km from the accommodation, while Noirmoutier-en-l'lle is 41 km away. The nearest airport is Nantes Atlantique Airport, 47 km from Le Cocon. Ă partir de âŹ3985 / semaine 1 avis Les Colverts L'Herbergement Chambres d'hĂŽte 2 chambres d'hĂŽtes Ă l'Ă©tage de notre maison ancienne rĂ©novĂ©e en 2005 labellisĂ©es Chambres d'hĂŽtes RĂ©fĂ©rence avec sdb et wc privatifs, salle d'accueil avec coin cuisine , salon, accĂšs indĂ©pendant, grand jardin arborĂ©, au coeur des sites historiques vendĂ©ens, nombreuses activitĂ©s de nature Ă proximitĂ© tarif rĂ©duit pour sĂ©jour professionnel Studio Challans Chambres d'hĂŽte & Gite InstallĂ© Ă Challans, dans les Pays de la Loire, le Studio bĂ©nĂ©ficie dâun jardin. Noirmoutier-en-l'Ăle se trouve Ă 35 km. Vous bĂ©nĂ©ficierez gratuitement dâune connexion Wi-Fi et dâun parking privĂ© sur place. Lâappartement comprend 1 chambre, une salle de bains, un coin repas, une tĂ©lĂ©vision par cĂąble Ă Ă©cran plat, une terrasse offrant une vue sur le jardin ainsi quâune cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Le personnel de la rĂ©ception se fera un plaisir de vous renseigner Ă tout moment. Nantes se trouve Ă 48 km du Studio, tandis que Les Sables-d'Olonne sont Ă 38 km. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 41 km. Perfect mĂ©lange of contemporary luxury, modern style and authentic Saint-Georges-de-Pointindoux Chambres d'hĂŽte & Gite Perfect mĂ©lange of contemporary luxury, modern style and authentic is situated in Saint-Georges-de-Pointindoux and offers a bar, a garden and a terrace. The apartment has garden views and is 37 km from Saint-Jean-de-Monts. The air-conditioned apartment is composed of 5 separate bedrooms, a living room, a fully equipped kitchen, and 5 bathrooms. A flat-screen TV is offered. The apartment offers a continental or buffet breakfast. Les Sables-d?Olonne is 21 km from Perfect mĂ©lange of contemporary luxury, modern style and authentic, while La Roche-sur-Yon is 15 km from the property. The nearest airport is Nantes Atlantique, 57 km from the accommodation, and the property offers a free airport shuttle service. Ă partir de âŹ19656 / semaine nature et dĂ©lices La FerriĂšre Chambres d'hĂŽte InstallĂ© Ă La FerriĂšre, Ă 49 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, l'Ă©tablissement nature et dĂ©lices est dotĂ© dâun jardin et dâune connexion Wi-Fi gratuite. Les logements incluent un balcon, une tĂ©lĂ©vision ainsi quâune salle de bains privative avec une douche et un sĂšche-cheveux. Vous bĂ©nĂ©ficierez Ă©galement dâun micro-ondes, dâun rĂ©frigĂ©rateur, dâun grille-pain et dâune machine Ă cafĂ©. Le matin, cette chambre dâhĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner buffet ou continental. LâĂ©tablissement nature et dĂ©lices possĂšde une terrasse bien exposĂ©e. Vous pourrez profiter dâune piscine extĂ©rieure sur place ou pĂȘcher et partir en randonnĂ©e dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 45 km des Sables-d'Olonne et Ă 9 km de La Roche-sur-Yon. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 70 km de la chambre dâhĂŽtes. "L'Aubaine 85" Saint-Maixent-sur-Vie Chambres d'hĂŽte InstallĂ© Ă Saint-Maixent-sur-Vie, Ă 25 km de Saint-Jean-de-Monts, lâĂ©tablissement "L'Aubaine 85" vous propose une piscine extĂ©rieure ouverte en saison et une connexion Wi-Fi gratuite. Les logements disposent dâune terrasse et dâune tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Leur salle de bains privative est pourvue dâune douche et dâun sĂšche-cheveux. Un rĂ©frigĂ©rateur, une bouilloire et une machine Ă cafĂ© sont Ă©galement disponibles. Chaque matin dans cette chambre dâhĂŽtes, vous pourrez dĂ©guster un petit-dĂ©jeuner continental. Cet Ă©tablissement est uniquement rĂ©servĂ© aux adultes. Lors de votre sĂ©jour, vous pourrez profiter du jardin ou faire de la randonnĂ©e et du vĂ©lo dans les environs. "L'Aubaine 85" se trouve Ă 32 km des Sables-dâOlonne et Ă 10 km de Saint-Gilles-Croix-De-Vie. LâaĂ©roport le plus proche, celui de Nantes-Atlantique, est situĂ© Ă 72 km de cette chambre dâhĂŽtes. Appart Chic & Moderne avec balcon La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite LâAppart Chic & Moderne avec balcon est installĂ© Ă La Roche-sur-Yon. Cet hĂ©bergement se trouve Ă 37 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Lâappartement comprend 1 chambre, 1 salle de bains, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin repas, une cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e et un balcon donnant sur la ville. Le linge de lit et les serviettes de toilette vous seront fournis. Vous sĂ©journerez Ă 33 km des Sables-dâOlonne et Ă 49 km de Saint-Jean-de-Monts. LâaĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 55 km de lâAppart Chic & Moderne avec balcon. Ă partir de âŹ2797 / semaine Ă partir de âŹ2502 / semaine Appartement donnant sur jardin avec terrasse. 21Km La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite L'Appartement donnant sur jardin avec terrasse est installĂ© Ă La Roche-sur-Yon, dans les Pays de la Loire. Cet Ă©tablissement possĂšde un jardin. Vous sĂ©journerez Ă 37 km de La Tranche-sur-Mer et bĂ©nĂ©ficierez dâun parking privĂ© gratuit sur place. Cet appartement possĂšde une chambre, une salle de bains, une tĂ©lĂ©vision par satellite Ă Ă©cran plat, un coin repas, une cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e et une terrasse donnant sur le jardin. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Cet appartement se situe Ă 36 km des Sables-dâOlonne et Ă 43 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 73 km de lâAppartement donnant sur jardin avec terrasse. Ă partir de âŹ1800 / semaine La LongĂšre de la ThĂ©bline 21Km Les Brouzils Chambres d'hĂŽte & Gite GĂźte rĂ©fĂ©rencĂ© 4 clĂ©s, 170 m2, 4 chambres, 7 adultes. Piscine 13X6. Au coeur d'une propriĂ©tĂ© de 40ha et Ă proximitĂ© de tous les sites touristiques vendĂ©en. Grand calme. La Ferme du Preneau 21Km Challans Chambres d'hĂŽte SituĂ©e Ă Challans, La Ferme du Preneau propose une connexion Wi-Fi gratuite dans l'ensemble des locaux. Cette chambre d'hĂŽtes 3 Ă©toiles dispose d'un sauna et d'une piscine extĂ©rieure chauffĂ©e, ouverte en saison. Les chambres comprennent une armoire. Toutes sont dotĂ©es d'une salle de bains privative. Un petit-dĂ©jeuner continental est servi au bar sur place. Nantes est Ă 50 km de La Ferme du Preneau. L'aĂ©roport Nantes Atlantique, le plus proche, est Ă 42 km. appartement challans Challans Chambres d'hĂŽte & Gite InstallĂ© Ă Challans, dans les Pays de la Loire, lâappartement challans bĂ©nĂ©ficie dâune terrasse. Offrant une vue sur le jardin, cet hĂ©bergement se trouve Ă 33 km de Noirmoutier-en-lâĂle. Lâappartement comprend 1 chambre et une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat. Sa cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e est dotĂ©e dâun rĂ©frigĂ©rateur, dâun micro-ondes, dâun four, dâune plaque de cuisson et dâun lave-linge. Les serviettes de toilette et le linge de lit sont fournis. Vous sĂ©journerez Ă 40 km des Sables-dâOlonne et Ă 48 km de Nantes. LâaĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 40 km de lâappartement challans. Maloca' RobretiĂšres La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă La Roche-sur-Yon, Ă 38 km de La Tranche-sur-Mer, le Maloca' RobretiĂšres met Ă votre disposition un jardin et une connexion Wi-Fi gratuite. Les logements comprennent une kitchenette avec coin repas ainsi quâune salle de bains privative munie dâun sĂšche-cheveux et dâune douche. Un micro-ondes, un rĂ©frigĂ©rateur, des plaques de cuisson, une bouilloire et une machine Ă cafĂ© sont Ă©galement Ă votre disposition. Lors de votre sĂ©jour, vous pourrez profiter dâune terrasse. Le Maloca' RobretiĂšres se trouve Ă 35 km des Sables-dâOlonne et Ă 39 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est installĂ© Ă 55 km. Ă partir de âŹ1920 / semaine Escale VendĂ©enne - Chambre d'hĂŽtes VendĂ©e Globe Saint-RĂ©vĂ©rend Chambres d'hĂŽte L'Escale VendĂ©enne - Chambre d'hĂŽtes VendĂ©e Globe est situĂ©e Ă Saint-RĂ©vĂ©rend et propose un salon commun, un jardin et une terrasse. Cet hĂ©bergement se trouve Ă 27 km de Saint-Jean-de-Monts. Vous profiterez dâune connexion Wi-Fi gratuite et dâun espace de stationnement privĂ© sur place. Cette chambre dâhĂŽtes est dotĂ©e dâune tĂ©lĂ©vision par satellite Ă Ă©cran plat. Le linge de lit et les serviettes de toilette sont fournis. Cette chambre d'hĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner continental. Vous pourrez faire du vĂ©lo dans les environs. Les Sables-d'Olonne se trouvent Ă 29 km de l'Escale VendĂ©enne - Chambre d'hĂŽtes VendĂ©e Globe, tandis que La Roche-sur-Yon est Ă 37 km. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est accessible Ă 76 km. Le Zen La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă La Roche-sur-Yon, dans les Pays de la Loire, l'Ă©tablissement Le Zen propose une connexion Wi-Fi gratuite. Les hĂ©bergements comprennent une cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e avec un micro-ondes, un coin salon, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un lave-linge et une salle de bains privative pourvue dâune douche. Un four, un rĂ©frigĂ©rateur, des plaques de cuisson, une bouilloire et une machine Ă cafĂ© sont Ă©galement Ă votre disposition. Cet appartement se trouve Ă 43 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Ă 36 km des Sables-dâOlonne. LâaĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est installĂ© Ă 73 km. Ă partir de âŹ1830 / semaine Madame Vacances Les Appartements de Fontenelles L?Aiguillon-sur-Vie Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă L'Aiguillon-sur-Vie, Ă 27 km de Saint-Jean-de-Monts, le Madame Vacances Les Appartements de Fontenelles propose des hĂ©bergements dotĂ©s d'une terrasse et d'une connexion Wi-Fi gratuite. Les appartements comprennent un balcon, un coin salon et une tĂ©lĂ©vision par satellite. La salle de bains privative est pourvue d'une baignoire. La cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e dispose d'un lave-vaisselle, d'un rĂ©frigĂ©rateur, de plaques de cuisson, d'un grille-pain, d'une bouilloire et d'une machine Ă cafĂ©. Le Madame Vacances Les Appartements de Fontenelles est installĂ© Ă 11 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Ă 29 km des Sables-d'Olonne. Enfin, vous serez Ă 78 km de l'aĂ©roport de Nantes-Atlantique. Le palmier Saint-Georges-de-Pointindoux Chambres d'hĂŽte & Gite L'hĂ©bergement Le palmier est situĂ© Ă Saint-Georges-de-Pointindoux. Saint-Jean-de-Monts se trouve Ă 47 km. Une connexion Wi-Fi gratuite et un parking privĂ© sont disponibles sur place. Offrant une vue sur le jardin, cet appartement comprend une chambre, une terrasse, un salon et une tĂ©lĂ©vision. Il dispose aussi dâune salle de bains avec une douche, ainsi que dâune kitchenette Ă©quipĂ©e avec un micro-ondes et un rĂ©frigĂ©rateur. Lors de votre sĂ©jour, les propriĂ©taires se tiendront Ă votre disposition pour vous fournir des renseignements. Vous pourrez partir en randonnĂ©e dans les environs ou profiter du jardin du logement Le palmier. Vous sĂ©journerez Ă 23 km des Sables-dâOlonne et Ă 14 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est installĂ© Ă 85 km de lâappartement Le palmier. Ă partir de âŹ1193 / semaine Marjorie City Home La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă La Roche-sur-Yon, dans les Pays de la Loire, le Marjorie City Home dispose d'une terrasse. Saint-Gilles-Croix-de-Vie est Ă 38 km. Cet appartement comprend 1 chambre, une cuisine Ă©quipĂ©e dâun lave-vaisselle et dâun micro-ondes, un lave-linge, ainsi que 2 salles de bains pourvues dâun sĂšche-cheveux et dâarticles de toilette gratuits. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Le Marjorie City Home est situĂ© Ă 33 km des Sables-d'Olonne et Ă 50 km de Saint-Jean-de-Monts. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 56 km. Ă partir de âŹ2244 / semaine La Rabateliere 22Km Saint Colomban Chambres d'hĂŽte Une jolie chambre dans une longĂšre rĂ©novĂ©e au calme de la campagne, dans un parc arborĂ© et clĂŽturĂ©, dans une propriĂ©tĂ© du XVIIe siĂšcle. La chambre dispose d'une petite sdb avec douche WC et lavabo , dune terrasse pour profiter de l'ensoleillement plein sud. Vous disposez d'une place de stationnement. IdĂ©alement situĂ© au sud de la la Loire, Ă 20 kilomĂštres de Nantes, Ă 8 kilomĂštres du Lac de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et Ă moins d'une heure des grandes stations du littoral Pornic, la Baule, les Sables-dOlonne. l'acacia Saint-Georges-de-Pointindoux Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Saint-Georges-de-Pointindoux, l'acacia propose un hĂ©bergement avec une terrasse et une connexion Wi-Fi gratuite. Offrant une vue sur le jardin, il se trouve Ă 40 km de Saint-Jean-de-Monts. Cet appartement comprend une chambre, une cuisine Ă©quipĂ©e d'un micro-ondes et d'un rĂ©frigĂ©rateur, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, un coin salon et une salle de bains pourvue d'une douche. Vous pourrez profiter dâun jardin sur place ou faire une partie de pĂȘche dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 21 km des Sables-d'Olonne et Ă 14 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport le plus proche est celui de Nantes-Atlantique, accessible Ă 58 km. Ă partir de âŹ1917 / semaine La RĂ©sidence des 53 La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte SituĂ©e Ă La Roche-sur-Yon, La RĂ©sidence des 53 dispose dâune connexion Wi-Fi gratuite et donne sur un jardin. Certains logements disposent dâune kitchenette Ă©quipĂ©e dâun micro-ondes, dâun rĂ©frigĂ©rateur et dâun grille-pain. Vous pourrez faire du vĂ©lo dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 38 km des Sables-dâOlonne et Ă 44 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. L'aĂ©roport le plus proche est celui de Nantes-Atlantique, Ă 73 km. RĂ©sidence Les AlizĂ©s La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite La Residence LES ALIZES propose un hĂ©bergement Ă La Roche-sur-Yon, Ă 33 km des Sables-d'Olonne et Ă 45 minutes de route du parc d'attractions du Puy du Fou. Il possĂšde un sauna et une terrasse. Vous bĂ©nĂ©ficierez gratuitement d'une connexion Wi-Fi dans l'ensemble des locaux et d'un parking privĂ© sur place. Le logement comprend une cuisine Ă©quipĂ©e d'un four et d'un lave-vaisselle. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Vous profiterez Ă©galement d'une piscine extĂ©rieure. Du thĂ©, du cafĂ© instantanĂ© et du chocolat chaud sont proposĂ©s pour un petit-dĂ©jeuner en libre-service. Une boulangerie se trouve Ă quelques pas du 20 Residence PIERRE FRANCOIS. Vous sĂ©journerez Ă 38 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Ă 39 km des Herbiers. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 56 km. RĂ©sidence Pierre François La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite La RĂ©sidence Pierre François propose des hĂ©bergements Ă La Roche-sur-Yon, Ă 33 km des Sables-d'Olonne. Vous bĂ©nĂ©ficierez d'une connexion Wi-Fi gratuite. Certains logements possĂšdent une cuisine Ă©quipĂ©e d'un four. Des sachets de cafĂ©, de chocolat en poudre et de thĂ© sont Ă votre disposition. La RĂ©sidence Pierre François se trouve Ă 38 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique est situĂ© Ă 56 km. Ă partir de âŹ1650 / semaine Maloca' Joffre La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă La Roche-sur-Yon, dans la rĂ©gion Pays de la Loire, le Maloca' Joffre vous propose un hĂ©bergement avec connexion Wi-Fi gratuite. Ses logements disposent dâune kitchenette entiĂšrement Ă©quipĂ©e avec coin repas, lave-vaisselle, bouilloire et micro-ondes. Vous disposerez d'un rĂ©frigĂ©rateur, de plaques de cuisson et d'une machine Ă cafĂ©. Vous sĂ©journerez Ă 38 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Ă 33 km des Sables-dâOlonne. L'aĂ©roport le plus proche, celui de Nantes Atlantique, est situĂ© Ă 56 km. Ă partir de âŹ2190 / semaine GĂźtes des ColombiĂšres Saint-Maixent-sur-Vie Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă Saint-Maixent-sur-Vie, le GĂźtes des ColombiĂšres propose des hĂ©bergements avec une piscine privĂ©e. Offrant une vue sur le jardin, lâappartement se trouve Ă 46 km de Pornic. Lâappartement comporte 1 chambre, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat et une cuisine. Vous sĂ©journerez Ă 42 km de Noirmoutier-en-lâĂle et Ă 27 km des Sables-dâOlonne. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 51 km du GĂźtes des ColombiĂšres. Ă partir de âŹ2110 / semaine Belge'attitude Commequiers Chambres d'hĂŽte & Gite Dominique et Guy vous accueillent dans leur petit paradis Ă 15 min de l'ocĂ©an. Nos chambres d'hĂŽtes de 20 m2 possĂšdent une terrasse privative. Deux d'entre elles sont situĂ©es dans une ancienne grange et ont un charme particulier. Le petit dĂ©jeuner est pris dans notre salle commune ou vous pourrez vous dĂ©tendre, dĂ©guster une biĂšre belge, jouer au baby foot.... Cette salle est Ă©galement pourvue d'une petite cuisine pour vous y prĂ©parer un repas de midi ou du soir. Du printemps Ă l'automne, vous profiterez de la piscine chauffĂ©e et couverte. A une certaine pĂ©riode, dĂ©gustation de frites belges. le P'tit Yonnais La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă La Roche-sur-Yon, dans la rĂ©gion des Pays de la Loire, le P'tit Yonnais propose un hĂ©bergement avec terrasse. Vous profiterez dâune connexion Wi-Fi gratuite et dâun parking privĂ© sur place. La Tranche-sur-Mer est Ă 37 km. Cet appartement comprend 1 chambre, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, une cuisine Ă©quipĂ©e et 1 salle de bains pourvue dâune douche. Vous sĂ©journerez Ă 40 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Ă 35 km des Sables-dâOlonne. L'aĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est Ă 56 km. Ă partir de âŹ1812 / semaine Le Fabre 101 - Charmant studio - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite Le Fabre 101 - Charmant studio - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking est situĂ© Ă La Roche-sur-Yon. La Tranche-sur-Mer se trouve Ă 36 km. Vous bĂ©nĂ©ficierez dâune connexion Wi-Fi gratuite et d'un parking privĂ© sur place. Lâappartement comprend une chambre, une salle de bains, une tĂ©lĂ©vision par satellite Ă Ă©cran plat, un coin repas, une cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e et un balcon donnant sur le jardin. Le linge de lit et les serviettes de toilette sont fournis. DotĂ© dâun jardin, cet appartement offre un cadre idĂ©al pour pratiquer le vĂ©lo dans les environs. Le Fabre 101 - Charmant studio - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking se trouve Ă 34 km des Sables-d'Olonne et Ă 39 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est Ă 56 km. Ă partir de âŹ1149 / semaine Le Fabre 2 - AgrĂ©able T2 - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite Le Fabre 2 - AgrĂ©able T2 - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking est installĂ© Ă La Roche-sur-Yon. La Tranche-sur-Mer se trouve Ă 36 km. Vous bĂ©nĂ©ficierez dâune connexion Wi-Fi gratuite et d'un parking privĂ© sur place. Lâappartement comprend 1 chambre, une tĂ©lĂ©vision par satellite Ă Ă©cran plat, un lave-linge et 1 salle de bains pourvue dâune douche. La cuisine Ă©quipĂ©e est munie dâun micro-ondes et dâun lave-vaisselle. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Lors de votre sĂ©jour dans l'appartement, vous pourrez profiter du jardin et faire du vĂ©lo dans les environs. Les Sables-d?Olonne se trouve Ă 34 km du Fabre 2 - AgrĂ©able T2 - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking, tandis que Saint-Gilles-Croix-de-Vie est Ă 39 km. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est implantĂ© Ă 56 km. Ă partir de âŹ1828 / semaine Le Fabre 102 - Charmant T2 - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite LâhĂ©bergement Le Fabre 102 - Charmant T2 - proche hypercentre et hĂŽpital - Wifi - Parking est situĂ© Ă La Roche-sur-Yon. DotĂ© dâune connexion Wi-Fi gratuite et d'un parking privĂ©, ce logement se trouve Ă 36 km de la Tranche-sur-Mer. Lâappartement comprend 1 chambre, une tĂ©lĂ©vision par satellite Ă Ă©cran plat, un lave-linge et 1 salle de bains pourvue dâune douche. La cuisine Ă©quipĂ©e est munie dâun micro-ondes et dâun lave-vaisselle. Les serviettes et le linge de lit sont fournis. Lors de votre sĂ©jour, vous pourrez profiter du jardin ou faire du vĂ©lo dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 34 km des Sables-d'Olonne et Ă 39 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est Ă 56 km. Ă partir de âŹ1828 / semaine Le Fabre 1 - AgrĂ©able studio - proche hypercentre hĂŽpital - Wifi - Parking La Roche-sur-Yon Chambres d'hĂŽte & Gite LâhĂ©bergement Le Fabre 1 - AgrĂ©able studio - proche hypercentre hĂŽpital - Wifi - Parking est situĂ© Ă La Roche-sur-Yon. La Tranche-sur-Mer se trouve Ă 36 km. Vous bĂ©nĂ©ficierez dâune connexion Wi-Fi gratuite et d'un parking privĂ© sur place. Lâappartement comporte 1 chambre, une tĂ©lĂ©vision par satellite Ă Ă©cran plat, un lave-linge, 1 salle de bains pourvue d'une douche ainsi quâune cuisine Ă©quipĂ©e dotĂ©e dâun micro-ondes et dâun lave-vaisselle. Les serviettes de toilette et le linge de lit sont fournis. Lors de votre sĂ©jour, vous pourrez profiter du jardin ou faire du vĂ©lo dans les environs. Vous sĂ©journerez Ă 42 km des Sables-dâOlonne et Ă 45 km de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. LâaĂ©roport le plus proche, celui de Nantes-Atlantique, est installĂ© Ă 73 km. Ă partir de âŹ1687 / semaine Chalet T2 La Chapelle-Hermier Chambres d'hĂŽte & Gite SituĂ© Ă La Chapelle-Hermier, le Chalet T2 dispose dâune piscine extĂ©rieure, dâun restaurant et dâun bar. Les logements comportent une kitchenette entiĂšrement Ă©quipĂ©e munie dâun rĂ©frigĂ©rateur, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat ainsi quâune salle de bains privative pourvue dâune douche. LâĂ©tablissement possĂšde une terrasse. Vous pourrez vous baigner dans la piscine intĂ©rieure, vous dĂ©tendre dans le jardin ou encore pratiquer la randonnĂ©e dans les environs. Le Chalet T2 est implantĂ© Ă 19 km des Sables-d'Olonne et Ă 26 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 56 km. Ă partir de âŹ1710 / semaine Chez Audrey et Romain Challans Chambres d'hĂŽte & Gite InstallĂ© Ă Challans, Ă 32 km de Noirmoutier-en-lâĂle, lâĂ©tablissement Chez Audrey et Romain dispose dâun jardin et dâune connexion Wi-Fi gratuite. Chaque hĂ©bergement comprend une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, une salle de bains privative pourvue dâune douche ainsi quâune cuisine Ă©quipĂ©e dâun micro-ondes, dâun rĂ©frigĂ©rateur et dâune plaque de cuisson. Certains logements bĂ©nĂ©ficient dâun coin salon et/ou dâune terrasse. Vous sĂ©journerez Ă 39 km des Sables-dâOlonne et Ă 50 km de Nantes. LâaĂ©roport de Nantes Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 42 km de lâĂ©tablissement Chez Audrey et Romain. Ă partir de âŹ1729 / semaine L'Appart' des Achards - TAMARIN 24Km La Mothe-Achard Chambres d'hĂŽte & Gite L'Appart' des Achards - TAMARIN vous accueille Ă La Mothe-Achard. Vous sĂ©journerez Ă 36 km de Saint-Jean-de-Monts. Lâappartement comprend 1 chambre, un salon, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, une cuisine Ă©quipĂ©e avec un coin repas et 1 salle de bains pourvue dâune douche ainsi que dâun lave-linge. Les serviettes de toilette et le linge de lit sont fournis. Dans les environs, vous pourrez pĂȘcher ou faire de la randonnĂ©e. Les Sables-dâOlonne se trouvent Ă 17 km, tandis que La Roche-sur-Yon vous attend Ă 19 km. L'aĂ©roport le plus proche est celui de Nantes-Atlantique, Ă 60 km de L'Appart' des Achards - TAMARIN. Ă partir de âŹ1264 / semaine Les chambres du roc 24Km Le Fenouiller Chambres d'hĂŽte InstallĂ© au Fenouiller, lâĂ©tablissement Les chambres du roc vous propose un jardin et des hĂ©bergements offrant une vue sur le jardin. DotĂ©s dâune terrasse, les logements comprennent une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat ainsi quâune salle de bains privative avec une douche et un sĂšche-cheveux. Le matin, la chambre dâhĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner continental. LâĂ©tablissement Les chambres du roc se trouve Ă 31 km des Sables-d'Olonne et Ă 41 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 69 km. L'Appart' des Achards - PITAYA La Mothe-Achard Chambres d'hĂŽte & Gite LâhĂ©bergement L'Appart' des Achards - PITAYA est situĂ© Ă La Mothe-Achard. Vous sĂ©journerez Ă 36 km de Saint-Jean-de-Monts. Lâappartement comprend 1 chambre, un salon, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, une cuisine Ă©quipĂ©e avec un coin repas et 1 salle de bains pourvue dâune douche ainsi que dâun lave-linge. Les serviettes de toilette et le linge de lit sont fournis. Le personnel de la rĂ©ception ouverte 24h/24 parle français et anglais. Cet appartement se trouve Ă 17 km des Sables-dâOlonne et Ă 19 km de La Roche-sur-Yon. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 60 km de L'Appart' des Achards - PITAYA. L' Appart' des Achards - YUZU La Mothe-Achard Chambres d'hĂŽte & Gite L' Appart' des Achards - YUZU est situĂ© Ă La Mothe-Achard. Le logement est installĂ© Ă 42 km de Saint-Jean-de-Monts. Lâappartement comporte une chambre, un salon, une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat, une cuisine Ă©quipĂ©e dotĂ©e dâun coin repas ainsi quâune salle de bains pourvue dâune douche et dâun lave-linge. Les serviettes de toilette et le linge de lit sont fournis. Vous pourrez vous dĂ©tendre dans le coin salon commun aprĂšs une journĂ©e de randonnĂ©e, de pĂȘche ou de planche Ă voile. LâhĂ©bergement est implantĂ© Ă 18 km des Sables-dâOlonne et Ă 20 km de La Roche-sur-Yon. L'aĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 90 km de Lâ Appartâ des Achards - YUZU. Ă partir de âŹ1264 / semaine L'eden naturiste Challans Chambres d'hĂŽte InstallĂ© Ă Challans, lâĂ©tablissement Lâeden naturiste vous propose un bar, un jardin et une piscine extĂ©rieure de saison. La Roche-sur-Yon se trouve Ă 45 km. Vous bĂ©nĂ©ficierez dâune connexion Wi-Fi gratuite et dâun parking privĂ© sur place. Le linge de lit et les serviettes sont fournis. Cette chambre dâhĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner buffet ou continental. Lâespace bien-ĂȘtre de L'eden naturiste propose diverses installations, notamment un bain Ă remous. Une terrasse est Ă votre disposition sur place. Vous sĂ©journerez Ă 47 km des Sables-d'Olonne et Ă 39 km de Noirmoutier-en-lâĂle. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 59 km de la chambre dâhĂŽtes. Le DOMAINE DES ECOLIERS B&B BouffĂ©rĂ© Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă BouffĂ©rĂ©, Ă 41 km de Cholet, Le DOMAINE DES ECOLIERS B&B propose une piscine extĂ©rieure ouverte en saison et une connexion Wi-Fi gratuite. Les chambres comprennent un coin salon avec une tĂ©lĂ©vision Ă Ă©cran plat ainsi qu'une salle de bains privative pourvue d'un sĂšche-cheveux, d'articles de toilette gratuits et d'une douche. Un petit-dĂ©jeuner continental est servi chaque matin. Une terrasse bien exposĂ©e est prĂ©sente. Vous pourrez faire de la randonnĂ©e dans les environs ou profiter du jardin. Vous sĂ©journerez Ă 35 km de Nantes et Ă 36 km de La Roche-sur-Yon. L'aĂ©roport le plus proche, celui de Nantes Atlantique, est situĂ© Ă 38 km. Au Logis de la Mongie Soullans Chambres d'hĂŽte SituĂ© Ă Soullans, Ă 40 km de Pornic, lâĂ©tablissement Au Logis de la Mongie vous propose une piscine extĂ©rieure disponible en saison et une connexion Wi-Fi gratuite. Chaque hĂ©bergement comporte une salle de bains privative pourvue dâune douche, dâun sĂšche-cheveux et dâarticles de toilette gratuits. Le matin, lâĂ©tablissement sert un petit-dĂ©jeuner continental ou Ă la carte. LâĂ©tablissement Au Logis de la Mongie dispose d'un barbecue, d'un jardin et d'une terrasse bien exposĂ©e. Vous sĂ©journerez Ă 33 km des Sables-dâOlonne et Ă 36 km de Noirmoutier-en-lâĂle. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est Ă 48 km. GĂźte Saint-Julien-des-Landes, 2 piĂšces, 3 personnes - FR-1-426-336 Saint-Julien-des-Landes Chambres d'hĂŽte Le GĂźte Saint-Julien-des-Landes, 2 piĂšces, 3 personnes - FR-1-426-336 est situĂ© Ă Saint-Julien-des-Landes. Saint-Jean-de-Monts se trouve Ă 30 km. Cette maison de vacances comprend 1 chambre, 1 salle de bains, un lave-linge et une cuisine Ă©quipĂ©e dâun micro-ondes. Une tĂ©lĂ©vision est Ă©galement Ă votre disposition. Le GĂźte Saint-Julien-des-Landes, 2 piĂšces, 3 personnes - FR-1-426-336 se trouve Ă 16 km des Sables-d'Olonne et Ă 24 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, est situĂ© Ă 59 km. Ă partir de âŹ2670 / semaine Albizia Saint-Julien-des-Landes Chambres d'hĂŽte & Gite LâAlbizia est situĂ© Ă Saint-Julien-des-Landes, dans les Pays de la Loire. Vous bĂ©nĂ©ficierez gratuitement dâun parking privĂ©. Les logements comportent un salon muni dâun canapĂ©, une cuisine Ă©quipĂ©e dâun micro-ondes ainsi quâune salle de bains privative pourvue dâune douche. Vous pourrez profiter dâune terrasse. LâAlbizia possĂšde un jardin, un barbecue ainsi quâune aire de jeux pour enfants. LâĂ©tablissement est implantĂ© Ă 21 km de La Roche-sur-Yon et Ă 15 km des Sables-dâOlonne. LâaĂ©roport le plus proche, celui de Nantes Atlantique, se trouve, quant Ă lui, Ă 60 km de lâAlbizia. Ă partir de âŹ2440 / semaine 1 avis Ă partir de âŹ250 / semaine La Belle Vue des Arbres ChauchĂ© Chambres d'hĂŽte Au coeur du Bocage VendĂ©en dans le village fleurie de ChauchĂ©. Ellen et Malcolm vous accuellent dans leurs 2 chambres d'hĂŽtes. 25 mins du Puy du Fou, 50 minutes de la mer. Logis de L'Anguiller Chauche Chambres d'hĂŽte & Gite La maison a Ă©tĂ© construite en 1697 et est la maison principe dans le village de L'Anguiller. Nous avons deux grandes chambres Ă coucher en laissant Ă la fois plein sud avec vue imprenable sur la vallĂ©e L'anguiller. Moins de 10 minutes de l'autoroute, nous sommes en route une Ă©tape idĂ©ale pour le sud de la France et l'Espagne. La maison rĂ©novĂ©e Ă un niveau Ă©levĂ© et offre une qualitĂ© et de tranquillitĂ©. Lalobema Machecoul Chambres d'hĂŽte En Bretagne sud ,proche des stations balnĂ©aires de Pornic , de Saint -Jean De Monts ou Noirmoutier venez passer une ou plusieurs nuitĂ©es Ă Lalobema demeure de charme et de caractĂšre de 1899 aux notes contemporaines oĂč diffĂ©rentes chambres d'hĂŽtes dont une suite familiale propice Ă l'accueil d'une famille avec enfants ,dĂ©corĂ©es avec soin , sanitaires privatifs complets et entrĂ©es indĂ©pendantes vous sont proposĂ©es Aux portes de la Bretagne et de la VendĂ©e , une grande maison d'hĂŽtes confortable vous attend pour une halte d'une nuit ou pour un long sĂ©jour Chambres d'hotes - Domaine de BACQUEVILLE L?Aiguillon-sur-Vie Chambres d'hĂŽte Le Domaine de Bacqueville possĂšde des chambres situĂ©es sur une exploitation agricole de L'Aiguillon-sur-Vie. Il propose un petit-dĂ©jeuner fait maison inclus ainsi qu'une chambre avec une terrasse donnant sur la vallĂ©e. Une connexion Wi-Fi est accessible gratuitement Ă la rĂ©ception. D'autre part, certaines chambres sont amĂ©nagĂ©es dans une grange rĂ©novĂ©e. Leur salle de bains privative est pourvue d'une douche et d'un peignoir. Le Domaine de Bacqueville comporte un barbecue et un salon commun. De plus, il assure des services de location de vĂ©los et de livraison de courses. Vous pourrez pratiquer un grand nombre d'activitĂ©s dans les environs, telles que la randonnĂ©e Ă vĂ©lo et Ă pied ainsi que la pĂȘche. Enfin, la plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie se trouve Ă 10 minutes en voiture. Dom' Sweet Home Le Fenouiller Chambres d'hĂŽte 2 chambres d'hĂŽtes 3 Ă©pis Gites de France avec table d'hĂŽtes sur rĂ©servation, sur la cĂŽtĂ© vendĂ©enne, Environnement campagne, proximitĂ© riviĂšre. 1 chambre rdc indĂ©pendante avec accĂšs direct parking, Ă©quipĂ©e d'1 lit 160 ou 2 lits 80 de relaxation Ă©lectrique. Coin nuit pour 1 enfant. 1 chambre Ă l'Ă©tage Ă©quipĂ©e d'un lit en 160. Les 2 chambres ont leur salle d'eau + toilettes; elles ne sont pas Ă cĂŽtĂ© l'une de l'autre. PropriĂ©tĂ© d'un hectare, avec jardin paysager propice Ă la dĂ©tente, piscine couverte et chauffĂ©e de mai Ă fin septembre selon mĂ©tĂ©o, sauna.. SoirĂ©e Ă©tape. Les Herbens Le Fenouiller Chambres d'hĂŽte SituĂ© au Fenouiller, Ă 22 km de Saint-Jean-de-Monts, lâĂ©tablissement Les Herbens met Ă votre disposition une connexion Wi-Fi gratuite et une piscine extĂ©rieure ouverte en saison. Tous les logements disposent de coins salon et repas, ainsi que dâune cuisine entiĂšrement Ă©quipĂ©e comportant notamment un micro-ondes, un rĂ©frigĂ©rateur, un four, des plaques de cuisson, un grille-pain, une bouilloire et une machine Ă cafĂ©. Cette chambre d'hĂŽtes sert un petit-dĂ©jeuner buffet ou continental. Vous bĂ©nĂ©ficierez dâune terrasse bien exposĂ©e sur place. Vous pourrez vous dĂ©tendre dans le jardin ou dans le coin salon commun. LâĂ©tablissement est implantĂ© Ă 29 km des Sables-dâOlonne et Ă 39 km de La Roche-sur-Yon. LâaĂ©roport de Nantes-Atlantique, le plus proche, se trouve Ă 71 km des Herbens. Domaine de Combe Ramond La Mothe-Achard Chambres d'hĂŽte Providing a terrace, CAMPING LE PAVILLON features accommodation in La Mothe-Achard. All units include a fully equipped kitchen, allowing guests to prepare their own meals. There is also a microwave, fridge and a coffee machine. The camping offers a children's playground. Fishing can be enjoyed nearby. Les Sables-d?Olonne is 17 km from CAMPING LE PAVILLON, while Saint-Gilles-Croix-de-Vie is 26 km from the property. The nearest airport is Nantes Atlantique Airport, 92 km from the property. L'Arbre d'AlaĂŻs St Fulgent Chambres d'hĂŽte Vous aimez la campagne, et vous voulez aller chercher votre journal Ă pied ? Vous aimez les villages et vous voulez partir faire votre footing dans un cadre buccolique ? Vous voulez aller visiter le PUY du FOU 18 km ? La plage vous tente 45 mn fourniture du pique-nique possible ?L'Ă©cologie vous passionne ? La CitĂ© des Oiseaux 12 km ou la Maison de la RiviĂšre 11 km vous attendent. Dans notre beau bocage, la VENDĂE HISTORIQUE s'agite autour de vous ! Le Chateau de Tiffauges 15 km qui abrita le cĂ©lĂšbre Barbe Bleue, la Foret de Grasla ou se mirent Ă l'abri les insurgĂ©s de vendĂ©e, mais aussi, maints chateaux, logis, et abbayes, vous raconteront leurs histoires. BON SEJOUR PARMI NOUS 4 avis Chez Bernadou Machecoul Chambres d'hĂŽte Proche des cĂŽtes atlantiques et vendĂ©ennes et de leurs plages 15mn. de Pornic, 20 mn. de St jean de Mont le pays de Machecoul offre aux visiteurs le calme reposant d'un proche marais insolite et de ses pts ports pittoresques, des forĂȘts et des riviĂšres. Aux portes de l'Ăźle de Noirmoutier et de l'Ăźle d'Yeu. Voir notre site. A proximitĂ© Ă©galement de la ville. Vous trouverez confort et tranquillitĂ© dans un cadre agrĂ©able, un gd jardin d'agrĂ©ment, pelouses verdoyantes avec ses fleurs et ses arbres. Sur place vous dĂ©couvrirez ; la peinture sur toile, la peinture dĂ©corative, la sculpture et le jardinage. Nous serons Ă votre disposition pour vous aider Ă passer un agrĂ©able sĂ©jour. 2 avis Ferme des Noues Saint Hilaire De Loulay Chambres d'hĂŽte Dans le bocage nord vendĂ©en, Pascale, François et leurs enfants, vous accueillent dans une longĂšre traditionnelle du 18Ăšme siĂšcle. A proximitĂ© de Montaigu, 1/2 h de Nantes et 35 minutes du Puy du Fou, la Ferme des Noues vous propose ses cinq chambres et sa table dâhĂŽtes pour un sĂ©jour reposant, champĂȘtre et gourmand...
DĂ©couvrezla VendĂ©e insolite ! Pour vos prochaines vacances, venez explorer les diffĂ©rentes facettes de la VendĂ©e. Ce dĂ©partement regorge dâincroyables sites Ă dĂ©couvrir absolument. Le Puy du Fou en fait naturellement partie, mais pas seulement. Parmi ses nombreuses destinations touristiques, les sables dâOlonne, lâĂźle dâYeu, l
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NapolĂ©on, toujours si intĂ©ressĂ© par les choses de la VendĂ©e, tout en prĂȘÂŹ tant du gĂ©nie Ă lâillustre chef de parti, dit de lui Charette sâĂ©tait sĂ©parĂ© de la grande armĂ©e, Ă laquelle il refusait toute coopĂ©ration ; cette con- duite Ă©tait un grand crime dans une pareille circonstance oĂč il sâagissait du salut de son parti. Il fut un mauvais chevalier, il trahit la cause ven- dĂ©enne en refusant de marcher. » 10 LA MORT DE ĂŒâeLBĂE au gĂ©nie de ce peuple. Convaincu que le succĂšs de la plupart des batailles dĂ©pend de la violence du premier choc, par consĂ©quent que les chances sont en faveur "d'une attaque violente et impĂ©tueuse, surtout dans un pays hachĂ© et couÂŹ ve vert, oĂč il est presque impossible de rallier une armĂ©e rom- pue, il mĂ©nageait toujours aux rebelles les avantages de l'agression. Jamais il ne se laissait attaquer, mĂȘme supĂ©- rieur en force, mĂȘme dans une position favorable Ă la dĂŽ- fense. Câest lâart avec lequel il combinait, il dirigeait ses attaques, avec lequel il savait donnera la charge de ses troupes une action, une impulsion si rapide quâelle Ă©tait pour ainsi dire irrĂ©sistible, quoiqu'il se battĂźt presque tou- jours en ordre parallĂšle, câest son habiletĂ© Ă dĂ©rober et Ă tourner lâennemi, Ă Ă©viter l'engagement de sa cavalerie tou- jours trop faible pour sâen promettre des succĂšs, Ă la placer en seconde ligne, et Ă rendre par ses dispositions, la nĂŽtre » inutile ou contraire, Ă employer peu d'artillerie, Ă prĂ©voir et » Ă calculer si bien les suites dâune affaire, que la dĂ©faite lui causĂąt peu de pertes, et que la victoire lui procurĂąt des avan- tages considĂ©rables, enfin câest son systĂšme dâagir toujours en masse contre lâarmĂ©e rĂ©publicaine, que les circonstances, et quelquefois l'ignorance de ses gĂ©nĂ©raux, ne faisaient agir que par fractions, qui lui ont fait remporter vingt victoires u signalĂ©es. Ses lieutenants ont Ă©tĂ© battus toutes les fois quâils se sont Ă©cartĂ©s de ses principes1. Le chef Ă©clairĂ©, le patriote royaliste, sâest prononcĂ© devant Turreau sur la question de lâappel Ă l'Ă©tranger et ses paroles viennent prĂ©ciser le but et les moyens d'une insurrection, 1 Hoche dans sa proclamation aux habitants des campagnes du l'J germiÂŹ nal an IV, confirmait encore la rĂ©putation quâavaient laissĂ©e dans le camp rĂ©publicain les grands chefs VendĂ©ens disparus. O habitants de ces con- trĂ©es malheureuses 1... Quels sont vos chefs ? PossĂšdent-ils les talents de dâElbĂ©e, lâamĂ©nitĂ© de Boncliamps, le courage de Stofflet, lâactivitĂ©, les ruses et les connaissances locales de Charette ? > A quoi CrĂ©tineau-Joly ajoutait de son propre fonds et lâhĂ©roisme de La Rochejaquelein ,dans lâintention de supplĂ©er Ă lâinconcevable oubli du PaciÂŹ ficateur de la VendĂ©e. LA MORT DE DâELBĂE 11 qui voulait redonner au royaume son ancienne splendeur » par la fĂ©dĂ©ration des royalistes de l'intĂ©rieur. Elles affirment lâindĂ©pendance et le patriotisme de la VendĂ©e. Nous nâavions pas besoin des secours Ă©trangers pour relever le trĂŽne, rendre au clergĂ© tous ses privilĂšges, Ă la noblesse tous ses droits. Seuls, nous pouvions redonner au royaume toute sa splendeur ; lâintĂ©rieur de la France nous prĂ©sentait assez de ressources pour exĂ©cuter ce dessein glorieux ». En mĂȘme temps, ajoute Turreau, il mĂȘlait quelques idĂ©es religieuses Ă ses idĂ©es de gloire. Aux yeux de son interlocuÂŹ teur, ces sentiments ne pouvaient ĂȘtre, ainsi quâil le suppose gratuitement, quâune manifestation intĂ©ressĂ©e de fidĂ©litĂ© aux convictions de son parti, mais il faut rendre au chrĂ©tien la sincĂ©ritĂ© du profond sentiment religieux qui a dominĂ© sa vie. Turreau, ne perdant pas de vue lâobjet de sa mission, tente par un dernier effort de provoquer des rĂ©vĂ©lations en laissant entrevoir la grĂące de la vie accordĂ©e Ă madame dâElbĂ©e, Ă ses parents, Ă ses amis. Vous ĂȘtes de braves gens, disait-il, nous aurons Ă©gard Ă vous. Lâascendant de lâhonneur fut plus fort que tout autre senÂŹ timent. A cette proposition dâElbĂ©e rĂ©pond Ma femme saura mourir avec la dignitĂ© dâune VendĂ©enne mais quand je pourrais la sauver par des aveux qui me dĂ©shonoreraient, vous nâespĂ©rez sans doute pas en obtenir de moi ; je saurai mourir, me taire et non me dĂ©shonorer. Devant cette inĂ©branlable fermetĂ©, Turreau sâĂ©tonne et sâĂ©crie Mais, si tu Ă©tais le maĂźtre de notre sort comme nous le sommes du tien, que nous ferais-tu ? » Ce que vous allez me faire ! » Ce fut le dernier mot ; il fermait tout espoir de salut et rĂ©clamait la fin de ce long martyre. Turreau nâobtint rien de plus et dĂ»t se retirer ; mais il emÂŹ portait de cette entrevue une impression de respect dont il a 12 LA MORT DE DâELBĂE laissĂ© le tĂ©moignage irrĂ©cusable dans une 1 et i re Ă©crile quelÂŹ ques jours aprĂšs Ă l'un de ses amis' A M. de St R. . . , ancie n capitaine Ă la suite du rĂ©giment de Rohan-S oubise-. Nantes, nivĂŽse. Je lâai prise cette isle de Noirmoutier avec environ dix- ci huit cent rebelles y compris les tuĂ©s et les blessĂ©s, et vingt ou trente bouches Ă feu. Cy-joint un journal qui vous metÂŹ te tra au fait de mes opĂ©rations depuis que jâai quittĂ© cette ville jusquâĂ mon retour. Jây ai ajoutĂ© le rapport des reprĂ©- sentants du peuple qui Ă©taient de la partie et vous remarÂŹ ie querez quâils nâont pas mĂȘme fait mention de moi. Je suis accoutumĂ© Ă ces petites omissions qui ne m'affligent pas autrement et dont je retire quelque utilitĂ©, parce quâelles aident Ă me faire connaĂźtre Ă la fois et lâesprit du temps et celui des grands personnages que nos circonstances poli ti- ques mettent en action. En mâempalant de Noirmoutier, jâai fait une prise beaucoup plus importante, celle de i, Elle ne connaĂźt pas les dislocations pĂ©nibles et lâaccumulation des Ă©pithĂštes recherchĂ©es et bizarres. LâĆuvre littĂ©raire de Fromentin comprend seulement quatre volumes. Il tenait dans sa sĂ©vĂ©ritĂ© impitoyable envers lui-mĂȘme Ă ne livrer au public que des pages achevĂ©es dont EUGĂNE FROMENTIN 89 fut satisfaite sa conscience dâartiste scrupuleux et clairvoyant jusquâĂ la souffrance. Il avait le droit de dire au peintre-poĂšte Jules Breton qui nous lâa rapportĂ© jâai souvent beaucoup dâincertitude Ă propos de ma peinture, mais je juge sĂ»rement ce que jâĂ©cris ». Combien nâauront comme lui laissĂ© que des Ćuvres oĂč rien ne heurte et ne blesse, qui vous attirent et vous reÂŹ tiennent par la splendeur de la forme alliĂ©e Ă la sincĂ©ritĂ©, Ă la distinction, Ă la profondeur de la pensĂ©e ? Fromentin avait le respect des MaĂźtres. Il nâĂ©tait pas de ceux qui mĂ©prisent et renient la tradition et prĂ©tendent ĂȘtre leurs propres anÂŹ cĂȘtres. On sait avec quelle ferveur humble et touchante il a exprimĂ© dans les MaĂźtres d'autrefois son admiration pour les peintres et Ă©crivains qui atteignirent ou entrevirent la suÂŹ prĂȘme BeautĂ©. Une lettre de lui adressĂ©e Ă M. le comte de Falloux et que la bienveillance de son hĂ©ritier nous permet de reproduire, fait ressortir la modestie charmante et la dĂ©liÂŹ catesse de sentiments du grand Ă©crivain et du grand artiste qui ne crut jamais se diminuer en sâinclinant devant le gĂ©nie et la gloire des autres. Voici la lettre de Fromentin Monsieur le comte, Hier, Ă six heures, je dĂ©posais une carte Ă votre hĂŽtel, avec la trace bien incomplĂšte de mes remercĂźments, je ne me croyais pas pour cela quitte envers votre extrĂȘme bienveilÂŹ lance, et jâallais, Monsieur, vous Ă©crire, quand je reçois, Ă lâinstant mĂȘme, une lettre dont le ton, la grĂące et lâexquise bontĂ© me touchent au point de me dĂ©concerter absolument. LâAcadĂ©mie vient de mâaccorder un trĂšs grand honneur, jâen sens dâautant mieux le prix que jâavais beaucoup Ă me faire pardonner, presque tout Ă lui apprendre de moi. En quelques jours on a bien voulu me dĂ©couvrir, me rĂ©vĂ©ler, mâagrĂ©er, presque m'encourager. Mais de toutes les faveurs dont jâai Ă©tĂ© lâobjet en ces seÂŹ maines aventureuses, il nâen est pas qui me soient plus prĂ©- 90 ' EUGĂNE FROMENTIN cieuses que lâaccueil que vous avez daignĂ© faire Ă mon nom avant de me connaĂźtre et celui que vous daignez aujourd'hui faire Ă ma personne. Je resterais bien au-dessous de ce que jâĂ©prouve, si je me bornais Ă vous offrir, Monsieur le comte, lâhommage de ma gratitude et de mon respect. Permettez- moi dây joindre lâexpression dâun sentiment plus dĂ©licat, plus ' profond, difficile Ă nommer et qui ressemblerait, si jâosais lâappeler ainsi, Ă lâattachement d'une Ăąme trĂšs sensible pour une Ăąme tout Ă fait supĂ©rieure. Eug. Fromentin. Ce vendredi 9 juin. * * * Un autre trait du caractĂšre et du talent de Fromentin le distingue encore de la plupart des Ă©crivains de cette fin de siĂšcle. Une anecdote racontĂ©e, il y a quelques annĂ©es, par M. Armand Silvestre, le mettra en relief. Un des familiers de lâhĂŽtel de la place Pigalle quâhabitait alors Fromentin, AmĂ©dĂ©e Gantaloube, avait lu un soir quelques-uns des sonnets antiques de son ami Silvestre. Fromentin les trouva superbes, se fit prĂ©senter lâauteur et lâengagea Ă les publier. Armand Silvestre, trĂšs flattĂ© dâun suffrage dont il apprĂ©ciait tout le prix , s'empressa dâapporter le manuscrit de son recueil Ă Fromentin qui, sur ses instances, lui promit une prĂ©face. La prĂ©face ne venait pas et le poĂšte se dĂ©solait quand il reçut une lettre affectueuse et bonne, lettre dâexÂŹ cuses et de regrets je suis un chaste en art, Ă©crivait FroÂŹ mentin, et je me trouve horriblement gĂȘnĂ© pour parler de vers aussi audacieusement passionnĂ©s. » Touchant scrupule quâon retrouverait difficilement peut-ĂȘtre aujourdâhui mais qui se comprend et sâexplique quand on relit les oeuvres oĂč Fromentin a mis pour nous un peu de son Ăąme exquise, omÂŹ brageuse et fiĂšre, passionnĂ©ment Ă©prise dâart pur et dâidĂ©al. LĂ©on LES PRETRES DE L'EXIL LâABBĂ PAILLAUD otre excellent confrĂšre, la VendĂ©e historique, a comÂŹ mencĂ© dans son n° du 5 janvier dernier, la publica- * tion du voyage et du sĂ©jour en Espagne dâun des prĂȘtres vendĂ©ens dĂ©portĂ©s en 1792, M. lâabbĂ© Paillaud, curĂ© de Neuil-le-Dolent. Nous connaissions depuis longtemps ce manuscrit, dont une copie est entre nos mains, et si nous ne lâavons pas dĂ©jĂ publiĂ©, câest quâil nous a paru compact, diffus, rempli de desÂŹ criptions gĂ©ographiques Ă©trangĂšres pour ainsi dire Ă lâaction, et beaucoup moins intĂ©ressant, par exemple, que les MĂ©moires de lâabbĂ© RĂ©maud, que nous possĂ©dons Ă©galement. Mais Ă cheval donnĂ© on ne regarde pas Ă la bride. La notice un peu brĂšve fournie par la VendĂ©e historique appelle peut-ĂȘtre quelque prĂ©cision. Notre confrĂšre nous saura grĂ©, nous nâen doutons pas, de la complĂ©ter, en recÂŹ tifiant des erreurs involontaires ; car si nous devons avouer, Ă notre confusion, que nous ne tenons pas nos renseigneÂŹ ments de dono episcopi, nous en garantissons en revanche la scrupuleuse exactitude. AndrĂ©-Thomas Paillaud naquit Ă lâIle dâOlonne le 15 mai 1759, et non le 8 novembre comme le croit la VendĂ©e histo- I 92 LES PRĂTRES DE LâEXIL rique, du lĂ©gitime mariage dâAndrĂ© Paillaud, chirurgien, et de Catherine MassĂ©. Avec lâagrĂ©ment de MBr de Mercy, son Ă©vĂȘque, il fit ses Ă©tudes de philosophie et de thĂ©ologie au sĂ©minaire dâAngers, fut admis Ă la tonsure le 11 avril 1779 et aux ordres mineurs le 19 mai 1780 par Mr Jacques de Grasse, Ă©vĂȘque dâAngers, au sous-diaconat le 14 avril 1781 par M*r Jean Augustin de FrĂ©tĂąt de Sarrat, Ă©vĂȘque de Nantes, au diaconat le 27 mai j 1782 par M6r Alexandre-AmĂ©dĂ©e de LauziĂšre-ThĂ©mines, Ă©vĂȘque de Blois, et Ă la prĂȘtrise aux Quatre-Temps de la TrinitĂ© de 1783 par M*r Michel-François Couet du Vivier de Lorry, qui avait succĂ©dĂ© lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente sur le siĂšge dâAngers Ă Mr de Grasse. RentrĂ© dans le docĂšse de Luçon, lâabbĂ© Paillaud fut nommĂ© vicaire Ă Aizenay, oĂč il resta quatre ans. AppelĂ© Ă la cure de ChauchĂ© en 1787, il nâad ministra que cinq mois cette paroisse, et passa Ă la cure de Neuil-le-Dolent par permuÂŹ tation avec M. Lebouc. Il y demeura jusquâau 4 juin 1792, et par suite de refus du serment contitutionnel, fut obligĂ© de partir pour lâexil. Dans ce but, il se rendit aux Sables dâOlonne ; un chasse- marĂ©e breton, le PĂšre de famille , capitaine Perron, Ă©tait en rade. Le capitaine accepta de transporter les premiers prĂȘtres vendĂ©ens prĂȘts Ă partir, et M. Paillaud sâembarqua le venÂŹ dredi 22 juin, avec cinq confrĂšres, Ă destination de Saint- SĂ©bastien. Le rĂ©cit en cours dans la VendĂ©e historique ira du 22 juin 1792 au 23 dĂ©cembre 1797. M. Paillaud partit de Gordoue le 25 aoĂ»t 1797 pour rentrer en France ; mais le coup dâĂtat de fructidor lâarrĂȘta en chemin, dans lâattente de jours meilÂŹ leurs. Nous le retrouvons en VendĂ©e en 1803 ; V Annuaire de la VendĂ©e de cette annĂ©e le porte comme desservant de Pile dâOlonne, sa paroisse natale. Un rapport officiel du prĂ©fet de la VendĂ©e, du 14 aoĂ»t 1805, dit de lui Bon prĂȘtre, soumis au gouvernement, » lâabbĂ© paillaud 03 Le reste de sa vie sâĂ©coula paisible dans les travaux du saint ministĂšre, et il mourut curĂ© de lâIle dâOlonne. en 1823. A noter que -le 3 pluviĂŽse au V 21 janvier 1797, les citoyens Joseph MassĂ©, son beau-frĂšre, et Jean Martin, de lâIIe dâOlonne, tant pour eux que pour leurs cohĂ©ritiers, avaient Ă©tĂ© envoyĂ©s en possession des biens de leur parent AndrĂ©- Thomas Paillaud ex-curĂ© de Nieuil-Ie-Dolent, passĂ© en Espagne. » E. B. l/J\ ENFANTS ET MĂRES BIENVENUE Les rideaux sont tirĂ©s, les persiennes sont closes, Le silence est accru par le souffle lĂ©ger Qui part du frais berceau, garni de rubans roses, Sur lequel on croit voir un ange voltiger. Lâange?... Il repose lĂ , dans la blanche dentelle, A lâombre du tissu nuageux, protecteur, O prĂ©cieuse vie ! Existence nouvelle De cet ĂȘtre chĂ©ri, messager du bonheur ! De quels soins dĂ©licats lâheureuse jeune mĂšre Entoure constamment le petit souverain ! PrĂšs de lui, chaque soir, elle fait sa priĂšre Et chante, en le berçant, quelque joli refrain. â Mon enfant ! mon bijou ! mon doux trĂ©sor, je tâaime ! » Cent fois elle redit un nom tendre et charmant ; Cent fois elle rĂ©pĂšte et savoure ce thĂšme, Elle en fait de son cĆur lâĂ©ternel battement. Yoyez-la prĂ©parer la robe neuve et blanche Oui doit parer demain le bĂ©bĂ© gracieux ; Elle orne en souriant chaque mignonne manche De frais rubans dâazur â nuance de ses }âeux. Profond ravissement ! Maternelle tendresse ! Comment vous dĂ©finir en votre charme exquis? Votre langage est doux, plus doux quâune caresse, Et vous semblez venir tout droit du paradis. Bouiny 6 mars 1898. Stella Debey. ] e GĂ©nĂ©ral HAltON DE LESPINAY 1789-18G9 LâHISTOIRE DâUNE GRANDE FAMILLE EN BAS-POITOU * famille de Lespinay, dont notre savant ami, M. LĂ©on MaĂźtre, vient de dresser si remarquablement la gĂ©nĂ©a âą logie, tire son nom du domaine seigneurial de lâEs- pinay, situĂ© dans la commune de PlessĂ© Loire-InfĂ©rieure. Le chĂąteau de lâEspinay Ă©tait une petite place forte dont lâenceinte de forme pentagonale, contenait environ vingt- cinq ares. Elle Ă©tait dĂ©fendue par une muraille et par un fossĂ© dâune vingtaine de pieds de largeur, alimentĂ© par un ruisseau sortant de lâĂ©tang de PlessĂ© et sur lequel Ă©tait jetĂ© un pont-levis ». Les recherches faites dans les registres de la paroisse de PlessĂ© de 1569 Ă 1667, Ă©poque Ă laquelle la terre de Lespinay fut acquise de la marquise de rĂ©vĂšlent aucun acte conÂŹ cernant directement la maison de ce nom. On trouve seuleÂŹ ment la signature de quelques-uns de ses membres, assistant en qualitĂ© dâamis, Ă des baptĂȘmes de familles importantes. A cela, rien de surprenant. Gomme la plus grande partie de la noblesse de lâOuest, cette famille appartenait alors Ă la religion prĂ©tendue rĂ©formĂ©e. Le premier Lespinay dont il y soit fait mention est Jean I, possesseur dĂšs le XVe siĂšcle de terres importantes en PlessĂ©. Nous ne suivrons pas le savant archiviste de la Loire-InÂŹ fĂ©rieure dans tous les dĂ©tails de sou insigne Ă©tude gĂ©nĂ©aloÂŹ gique. Nous tenons seulement Ă mettre aprĂšs lui en relief. 96 lâhistoire dâune grande famille parmi les innombrables figures quâil a su si merveilleusement faire revivre, celles qui appartiennent plus particuliĂšrement Ă lâhistoire. 1° Alexis-Louis-Marie , baron des Essarts, de Chantonnay, Sigournais et le Puy-Belliard, marquis de Lespinay, qui fut dĂ©putĂ© de la VendĂ©e en 1811. Successivement capitaine au rĂ©giment du Roi, chevalier de Saint-Louis, officier de la LĂ©gion dâhonneur et dĂ©putĂ©, il * succomba Ă Poitiers en 1837 Ă lâĂąge de 85 ans. 2° Louis-Armand, gĂ©nĂ©ral baron de Lespinay, une des plus belles et plus vaillantes figures de la grande Ă©popĂ©e impĂ©riale, commandeur de la LĂ©gion dâhonneur, chevalier de Saint- Louis, de lâordre royal et militaire de Saint-Ferdinand dâEsÂŹ pagne et de lâordre de Malte ; nĂ© Ă Chantonnay, le 13 fĂ©vrier 1789, dĂ©cĂ©dĂ© en 1869, et dont nous sommes heureux de pouvoir reproduire dâautre part le portrait. EntrĂ© au service, le 19 novembre 1804, en qualitĂ© de page de lâEmpereur; il fut du nombre des douze pages que celui-ci dĂ©signa pour lâaccompagnera Milan, lorsquâil se fit sacrer roi dâItalie. NommĂ© premier page le 6 fĂ©vrier 1806, il suivit le grand capitaine dans les campagnes de 1806 et 1807, et assista aux batailles dâIĂ©na, dâEylau, Ă la prise de Varsovie, aux sanglantes affaires de Goloewin et dâOstrolinka. NommĂ© lieutenant au 1er rĂ©giment de carabiniers, il prit A part comme tel, aux brillantes charges de cavalerie de Friedland et fut dĂ©corĂ© Ă la suite de cette affaire. Sa conduite pendant la campagne de Wagram ne fut pas moins hĂ©roĂŻque. Promu capitaine et peu aprĂšs commandant au 14e rĂ©giment de cuirassiers, il se distingua dâune non moins brillante façon dans lâexpĂ©dition de Russie, et lors du nĂ©faste passage de la BĂ©rĂ©sina, se fit remarquer dans plusieurs charges contre les Russes et fut obligĂ© par ses blessures de rentrer en France. Créé en 1814 baron de lâEmpire, il fut promu lâannéÚ suiÂŹ vante colonel, et en rĂ©compense de sa belle conduite pendant EN BAS-POITOU 97 la campagne dâEspagne, il fut en 1827 Ă©levĂ© au grade de marĂ©chal de camp. Le 13 avril 1831, il prenait sa retraite. 3° Mgr Henri-V ictor de Lespinay, nĂ© le 26 juillet 1808 au chĂąteau des Moulinets, ordonnĂ© prĂȘtre Ă Paris le 5 juin 1841 ; nommĂ© curĂ© par Mgr Soyer; vicaire gĂ©nĂ©ral en 1846, il en remplit les fonctions jusquâen 1848, oĂč les suffrages Monseigneur de Lespinay des Ă©lecteurs vendĂ©ens lâenvoyĂšrent Ă la Chambre. AprĂšs le coup dâEtat contre lequel il avait protestĂ©, il rentra en VenÂŹ dĂ©e, redevint vicaire gĂ©nĂ©ral titulaire et plus tard obtint, sur la demande de Mer Colet, la dignitĂ© de protonotaire apostoÂŹ lique. Il succomba Ă Nantes, le 20 avril 1878. Parmi les nombreuses et trĂšs intĂ©ressantes piĂšces justifiÂŹ catives dont M. LĂ©on MaĂźtre Ă fait suivre la GĂ©nĂ©alogie de la famille de Lespinay , il en est plusieurs que les lecteurs de la Revue du Bas-Poitou nous sauront grĂ© de reproduire ici. TOME XI. â JANVIER, FEVRIER, MARS. 7 98 lâhistoire d'une grande famille I. Le Certificat de noyade de Henriette-Marie de Lespinay, qui avait Ă©pousĂ©, le 30 juin 1720, Louis- Alex indre Buor de la Voy. Par devant les notaires du DĂ©partement dç la Loire-InfĂ©rieure, Ă la rĂ©sidence de Nantes, sous signĂ©s, Ont comparu les citoyens Guy-Gilles GuĂ©rin, tonnelier, demeurant Ă Nantes, cloĂźtre Notre- Dame, n° 2 -, Jean Girodin, cordonnier, demeurant Ă Nantes, rue Abeillard, n° 4 ; Ju'ie Grassard, cordonnier, demeurant Ă Nantes, rue Maupertuis, n° 24 ; Lesquels certifient Ă tous qu'il appartiendra avoir connu HenÂŹ riette-Marie Lespinay, femme de Louis Alexandre Buor Lavois, deÂŹ meurant Ă BouillĂ©, prĂšs Fontenay-le-Peuple, dĂ©partement de la VendĂ©e ; Quâil est Ă leur parfaite connaissance quâelle a Ă©tĂ© mise, Ă la fin de lâannĂ©e mil sept cent quatre-vingt-treize, sur le bateau Ă soupape sur lequel elle a pĂ©ri avec les prisonniers qui sây trouvaient, la nuit du dix-sept au dix-huit nivĂŽse an trois. Ce quâils attestent, etc. . IL Les Etats de service d'Alexis-Louis-Marie marquis de Lespinay. EntrĂ© Ă lâĂąge de... ans au rĂ©giment du roi comme second lieuÂŹ tenant sans appointements, le 3 juillet 1769. Lieutenant en 2e, le 7 juin 1776 ; Premier lieutenant, le 21 avril 1778 ; Capitaine en second, le 29 avril 1781 ; PassĂ© Ă la compagnie de grenadiers de Lanjuinet, le 7 mai 1787 ; Capitaine-commandant, le 27 avril 1788 ; donna sa dĂ©mission en 1789, pour rĂ©pondre Ă lâappel des princes. Il partit pour lâarmĂ©e de CondĂ© en septembre 1789 et y demeura tout le temps de lâĂ©migration. Mourut Ă Poitiers, le 15 fĂ©vrier 1837. III Lettre adressĂ©e par Monseigneur le comte de Chambord au vicomte Benoist d' Azy Ă l'occasion du mariage de sa fille avec le comte [aujourdâhui marquis ] de Lespinay. Krohsdorf, le 20 mai 1879. Je vous fĂ©licite avec dâautant plus de plaisir, mon cher vicomte, de lâheureux Ă©vĂšnement de famille dont vous me faites part que, EN B A S- PO ITOU 09 recevant avec la vĂŽtre la lettre du comte de Lespinay, je peux apprĂ©cier par moi-mĂȘme les sentiments de votre futur gendre. FidĂšle aux traditions des siens, il est de ceux qui nâoublient pas que le titre de VendĂ©en oblige, et qui mettent au premier rang des devoirs quâil impose lâhabitation prolongĂ©e dans leur province, au milieu de ces laborieuses populations rurales, trop facilement enÂŹ traĂźnĂ©es par les courants rĂ©volutionnaires, quand elles sont privĂ©es des exemples, des conseils, et de lâappui de leurs protecteurs naturels. Sa lettre mâa vivement touchĂ© ; je vous charge de le lui dire, en attendant que je puisse le faire de vive voix, dans la visite proÂŹ clamĂ©e que vous mâannoncez. Dites aussi Ă votre vieux pĂšre que je parle souvent de lui, je suis sĂ»r quâil sera sensible Ă mon souvenir. Soyez auprĂšs de Mme Benoist dâAzy lâinterprĂšte de mes fĂ©licitations et de celles de ma femme, et croyez, mon cher vicomte, Ă la sincĂ©ritĂ© de mes sentiments et de mes vĆux. A M. le Vtf> Benoist dâAzy. Henri. * La famille de Lespinay compte des alliances aussi nomÂŹ breuses quâillustres, notamment avec plusieurs familles du Bas-Poitou Les de Tanguy, reprĂ©sentĂ©s aujourdâbuLen VendĂ©e par les branches de Nesmy, de Beaupuy, du PouĂ«t et de la Girou- liĂšre, et, dont le nom se trouve pour la premiĂšre fois dans un document du XIV0 siĂšcle ; â les des Nouhes, dont lâorigine est des plus anciennes, qui jouissaient dĂšs le XIIIe siĂšcle dâune situation considĂ©rable, et dont la branche aĂźnĂ©e, la plus riche en alliances et en fortune, emprunta son nom au puis- santchĂąteau de la TabariĂšre, dont on aperçoit encore les ruines sur le flanc dâune petite vallĂ©e tortueuse et sauvage, voisine de la petite ville de Chantonnay ; â les Irlandde famille aujourdâhui Ă©teinte, dâorigine Ă©cossaise, fixĂ©e en Poitou depuis le XVIe siĂšcle, et qui fournit en 1789 Ă lâAssemblĂ©e nationale un dĂ©putĂ© de la noblesse de cette province. 100 lâhistoire dâune grande famille ⊠* * Nous trouvons encore dans les piĂšces justificatives une intĂ©ressante notice sur Chantonnai/ , dâaprĂšs les Chroniques paroissiales du DiocĂšse de Luçon ; la liste des seigneurs des trois baronnies de Chantonnai/, Pwjbelliard et Sigournais ; Le RĂ©cit des combats qui eurent lieu autour de Chantonnay en 1793, dâaprĂšs les Souvenirs de M. A. de BĂ©jarry ; le compteÂŹ rendu de la BĂ©nĂ©diction et pose de la premiĂšre pierre de la Chapelle des Herbiers ; et un curieux Extrait des MĂ©moires de M*' Brumautd de Beaurcgard, par lequel nous terminerons cette analyse. RUINES DU CHATEAU DE LA TABARIERE prĂšs Chantonnay. Pendant la RĂ©volution, mĂŽme aprĂšs la Terreur, Mme la marquise de Lespinay, qui nâavait pas Ă©migrĂ©, fut obligĂ©e de sâĂ©loigner souvent du Pally, et lâabbĂ© Brumauld de Beaure- gard, depuis Ă©vĂȘque dâOrlĂ©ans, raconte dans le rĂ©cit de son SĂ©jour en VendĂ©e comment il eut lâoccasion de la rencontrer auprĂšs du refuge quâelle sâĂ©tait fait construire dans la partie de la forĂȘt des Essarts, qui louche le village de Curain, paÂŹ roisse de la Chaize-le-Vicomte. ArrĂȘtĂ© par les Bleus, au moment oĂč il se disposait Ă gagner la forĂȘt de la Chaize, il avait Ă©tĂ© conduit anx Essarts; mais grĂące Ă sa fermetĂ© et aux bonnes dispositions du gĂ©nĂ©ral EN BAS-POITOU 101 Spilhall [ancien trompette des gardes du corps], qui comÂŹ mandait le dĂ©tachement rĂ©publicain, il avait obtenu une passe » et Ă©tait parti aussitĂŽt. » CâĂ©tait le soir, raconte-t-il, il fut bientĂŽt nuit; aprĂšs avoir marchĂ© une heure, jâarrivai Ă une avenue qui conduisait chez Mm de 176 p. Poitiers, Marche, libraire-Ă©diteur, 1898. CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE 119 compatriote Gustave Renaud, avec prĂ©face de M. DiĂ©trich 1 vol. in-12 de 300 p. avec gravures. RĂ©cits de haulte gresse, qui font Ă la fois rĂȘver de Rabelais, de la Fontaine et de M. de ChevignĂ©. Une 3e Ă©dition de ce volume est en prĂ©paration. Elle sera illustrĂ©e par un jeune artiste vendĂ©en de grand mĂ©rite, M. Milcendeau, de Soullans. * â M. Alfred Richard, prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© des Archives historiÂŹ ques du Poitou, a lu Ă la sĂ©ance du 18 novembre 1847 de cette SociĂ©tĂ© une Ă©loquente Notice sur BĂ©lisaire Ledain, oĂč il rappelle que notre savant et regrettĂ© confrĂšre fit ses premiĂšres Ă©tudes en VendĂ©e, au petit SĂ©minaire des Sables dâOlonne. Il y Ă©voque aussi le souvenir de notre distinguĂ© compatriote Benjamin Fillon et celui du double tĂ©moignage filial quâil donna Ă son pays dâorigine, en Ă©crivant Y Histoire de Fontenay et plus tard Poitou et VendĂ©e. Cette notice a Ă©tĂ© publiĂ©e Ă Poitiers chez P. Oudin, in-8° de 19 p. sur pap. Ă bras. â Dans son Ă©tude sur Austrapius et les TaĂŻphales du Poitou BulÂŹ letin de la SociĂ©tĂ© des Antiquaires de l'Ouest, 2e trimestre de 1897, M. LiĂšvre examinant lâopinion de M. Richard sur la ThĂ©ophalia, ne paraĂźt pas admettre avec ce dernier que les TaĂŻphales, aprĂšs sâĂȘtre primitivement fixĂ©s Ă Poitiers, en aient quittĂ© les environs pour aller se fixer en Bas-Poitou et Ă TifĂŻauges notamment. Il y a, croyons-nous, de lâencre Ă verser, avant que cette question soit tirĂ©e au clair. â De notre Ă©minent compatriote et ami, M. Edmond BirĂ© Le Journal dâun bourgeois de Paris pendant la Terreur. T. IV. La chute des Dantonistes, 5 nov. 1793-6 avril 1794. Paris, Perrin, 1897, in-12 de 370 p. â Prix 3 fr. 50. Du mĂȘme dans la Revue gĂ©nĂ©rale n° de janvier 1898, La chute de Robespierre ; â dans la Gazette de France n° du 24 janvier 1898, Une famille fĂ©odale aux XVe et XVIe siĂšcles. Les Silly, seigneurs de la Roche-Guyon ; â Du mĂȘme encore ; â Dans la Gazette de France n° du 7 fĂ©vrier La Vraie Jeanne d'Arc ; â n° du 21 ; NapolĂ©on Ă Vile d'Elbe ; â dans Y Univers et le Monde nos du 11 janvier Histoire de sainte Rade- gonde , reine de France , par M. lâabbĂ© Briant ; n° du 8 fĂ©vrier le comte de Vergenne ; nc du 22, le comte Ferrand. Dâune infatigable Ă©rudition, M. Edmond BirĂ© prĂ©pare enfin une nouvelle Ă©dition des MĂ©moires d'Outre tombe, qui sera pu- 120 CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE bliĂ©e chez Garnier, avec notes, appendices et nombreux documents inĂ©dits. â Nous lisons dans le dernier n° du Bulletin de Numismatique, publiĂ© Ă Paris par M. Serrure, p. 15 . M. Charles Farcinet, ancien Chef du personnel au MinistĂšre de lâIntĂ©rieur et numismate bien connu, vient de donner au cabinet des MĂ©dailles le prĂ©cieux tiers de sou dâor MĂ©rovingien de Bas- niacum qui a Ă©tĂ© publiĂ© dans ce Bulletin il y a quelques annĂ©es. Des libĂ©ralitĂ©s de ce genre mĂ©ritent dâĂȘtre donnĂ©es comme exem- pie Ă tous les amateurs, comme des manifestations du patriotisme le plus Ă©clairĂ©. » Nous joignons toutes nos fĂ©licitations Ă celles quâadresse M. Serrure Ă notre savant collaborateur. â Nous sommes heureux de souhaiter une trĂšs amicale bienÂŹ venue Ă la charmante Revue Nantaise que vient de fonder Ă Nantes notre sympathique confrĂšre M Giraud-Mangin. M. Joseph Rousse, le savant conservateur de la BibliothĂšque de cette ville, y a consacrĂ© ti0s des 1er et 15 fĂ©vrier 1888 un trĂšs docuÂŹ mentĂ© article au gĂ©nĂ©ral vendĂ©en Savin, sous ce titre Un royaliste dĂ©mocrate. â Nous saluons de mĂȘme trĂšs cordialement le nouveau journal bi-hebdomadaire qui vient de paraĂźtre au Sables dâOlonne sous ce titre Le Courritr de la VendĂ©e, et que dirige avec talent notre distinguĂ© confrĂšre, M. Henri Guichet. â Dans un article de M. lâabbĂ© Alfred Largeault publiĂ© par la Revue d' ArchĂ©ologie poitevine nu de mars 1897, sous ce titre Saint Vincent de Paul en Poitou, il est fait mention de la fondation Ă Luçon, en 1645 dâune maison de prĂȘtres de la Mission, du sĂ©jour que Saint- Vincent-de-Paul fit en 1647 Ă Luçon et Ă Fontenay, du prĂ©cieux album et des lettres du Saint que possĂ©dait M. B. Fillon, et quâil publia naguĂšre Cf. Une fondation de Saint Vincent-de- Paul Ă Luçon. Fontenay. Robuchon, 1847. â Le 27e fascicule du trĂšs prĂ©cieux RĂ©pertoire de bio-bibliographie bretonne de notre savant collĂšgue RenĂ© Kerviler, qui vient de paraĂźtre, contient un important et curieux article sur les Cornulier , et aussi une notice sur notre aimaible confrĂšre, le poĂšte Henri Cormeau ». Rennes, J. Plihon et L. HervĂ©. â Sous ce titre Le PoĂ«me de Saint- Antoine de Padoue. 1 vol. in-8°, LigugĂ©, imprimerie Saint-Martin. Prix 1 fr. 75, nous recevons de * 5, quai Cassard. CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE 121 Bouin VendĂ©e un dĂ©licieux petit volume de vers, de notre distinguĂ©e compatriote. Mademoiselle Maria Thomazeau, membre correspondant de la SociĂ©tĂ© AcadĂ©mique de Nantes et de la SociĂ©tĂ© Biographique de France. EncouragĂ©e par le sympathique accueil fait Ă son premier ouvrage. Mademoiselle Thomazeau sâest remise aussitĂŽt au travail, et avec une intrĂ©piditĂ© qui fait son Ă©loge, elle mĂšne prĂ©sentement de front, un roman de longue haleine, et trois nouvelles Ćuvres poĂ©tiques Pages du cĆur, Fleurs de VendĂ©e, Enfants et MĂšres, auxÂŹ quelles nous aimons Ă prĂ©dire un incontestĂ© succĂšs. La charmante page intitulĂ©e Bienvenue dont nos lecteurs ont pu apprĂ©cier plus haut toute lâexquise fraĂźcheur, est dĂ©tachĂ©e de cette derniĂšre Ćuvre inĂ©dite. â La Revue de V Ouest nous apprend la prochaine fondation Ă Niort du Mercure Poitevin, revue Ă©clectique de littĂ©rature, dâhistoire et dâart dirigĂ©e par MM. J. Philippe et Clouzot ; et celle Ă Poitiers a Pays Poitevin , publication illustrĂ©e dâethnographie et dâart populai que dirigeraient MM. Gustave Boucher et Constant Roy. Nous assurons lâune et l'autre de ces publications de nos plu cordiales sympathies . â Dans le Bulletin de la SociĂ©tĂ© des Antiquaires de l'Ouest 3e triÂŹ mestre de 1897, un article de M. Henri CarrĂ© sur la RĂ©volution au parc de Blossac Ă Poitiers 1790-1798, oĂč il est fait mention de la fĂȘte donnĂ©e en mai 1793, pour cĂ©lĂ©brer la dĂ©faite des brigands Ă Fontenay-le-Peuple ». â Notre compatriote le R. PĂšre AndrĂ©, missionnaire franciscain, originaire de Saint-Mars-des-PrĂ©s, qui Ă©vangĂ©lise depuis dix ans le pays de Gallas, voisin du royaume de MĂ©nĂ©lik, prĂ©pare un DictionÂŹ naire Gallas-Français . â Dans la Patriote de la VendĂ©e n° du 6 fĂ©vrier 1898, sous la siÂŹ gnature. Jehan Le Feudiste Vieilles choses et vieilles gens de VendĂ©e. â Un atelier monĂ©taire Ă Fontenay au XVe siĂšcle ; dans celui du 14 fĂ©vrier, Char et te et A' OrlĂ©ans. â De M. le docteur Marcel Baudouin, dans la Revue des Sciences Naturelles de l'Ouest, quâil dirige avec un apprĂ©ciĂ© talent La Pan- cratium Maritimum dans lâOuest de la France et les anomalies de sa fleur. n° dâavril 1897. â M. Emile Gadeceau, vient de publier Ă la librairie Guisthau Ă Nantes, une nouvelle Ă©dition de la Flore de l'Ouest de J. Lloyd. â D. notre ami M. A. Mascarel, dans le Moniteur Universel du 13 dĂ©cembre 1897 Les Lois de l'EsthĂ©tique dâaprĂšs une publication ré cente LâArt par M. A. Lotb. 122 CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE â Du mĂȘme dans le Bulletin de la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale d'Ă©ducation et d'enseignement n° de janvier 1898 Les nouveaux programmes de lâenseignement secondaire des jeunes filles. â A lire dans la Revue des FacultĂ©s Catholiques de l'Ouest Un nouÂŹ veau Chapitre des Martyrs, troisiĂšme et dernier article de notre trĂšs distinguĂ© collaborateur M. lâabbĂ© E. Bossard â Anjou et VendĂ©e. â Notes dâun curieux, de notre excellent ami H. Baguenier-Desormeaux. â Dans la Nouvelle Revue internationale, n° du 15 janvier 1898, sous la signature de M. E. Pardo-Bazan L'ile de Noirmoutier . â Dans la Revue du Monde Catholique n° de fĂ©vrier 1898, et sous la signature de Dom Chamard Les origines et les responsabilitĂ©s de V Insurrection VendĂ©enne. â De notre confrĂšre et ami H. Renaud, sous le pseudonyme H. de la Maldemce Paysages et souvenirs de VendĂ©e. â Mortagnc-sur- SĂšvre, dans le VendĂ©en du 9 janvier 1898. â Du mĂȘme dans le VendĂ©en du 20 fĂ©vrier 1898 Paysages et Souvenirs de VendĂ©e. â Tiffauges. â Dans le VendĂ©en du 20 mars Une hĂ©roĂŻne VendĂ©enne. â La comÂŹ tesse de la Roche foucault. DâaprĂšs B. Fillon et Mme RenĂ©e Monbrun. â Sous ce titre Echos des collĂšges catholiques de la VendĂ©e », vient de se fonder un nouveau bulletin qui servira d'organe mensuel aux trois institutions catholiques [Sainte-Marie, Saint-Joseph et Richelieu du diocĂšse de Luçon. Nous lui adressons nos meilleurs vĆux. â De notre compatriote, M. Gustave Guitton, dans le Patriote de la VendĂ©e, en feuilleton Pierrot BĂ»cheron, une charmante comĂ©die inĂ©dite en deux actes. â Le Messager de la VendĂ©e du 20 mars 1898 a publiĂ© sous la signature L. R. un intĂ©ressant Ă©pisode de la Guerre de VendĂ©e La Roche- de- MiĂŻrs 26 juillet 1793. â M. G. Farcinet, dĂ©jĂ nommĂ©, vient de faire paraĂźtre dans la Numismatic Circular, de Londres, une prĂ©cieuse Note sur les monÂŹ naies mĂ©rovingiennes indĂ©terminĂ©es Ă propos d'une piĂšce nouvelle. â De M. lâabbĂ© F. Uzureau Le collĂšge de BeauprĂ«au en i7 63-64. Extrait des MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© nationale dâagriculture, sciences et arts dâAngers, in-8° de 23 p. chez LachĂšse, Angers, 1898. â Dans la Semaine Catholique de Luçon n0> des 8 et 15 Janvier 1898 La vraie cause des guerres de VendĂ©e -, rĂ©impression du trĂšs intĂ©ressant article publiĂ© sous ce titre par notre distinguĂ© collaboÂŹ rateur et ami M. lâabbĂ© Bossard, dans la Revue des FacultĂ©s catholiÂŹ ques de l'Ouest, CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE 123 l â De la Revue BĂ©nĂ©dictine n° de juillet 1897 SĂ©cularisation du chapitre de Maillezais. â M. Servant-Mahaud, imprimeur Ă la Roche-sur-Yon, poursuit avec soin lâutile rĂ©impression des Usages Locaux de la VendĂ©e, modifiĂ©s et complĂ©tĂ©s, par cantons. Pour paraĂźtre prochainement La Roche-sur-Yon, Chanlonnay, le PoirĂ©-sur- Vie, Saint-Gilles-sur-Vie et Noirmoutier . Tous les autres cantons sont en vente Ă lâimprimerie Servant 3, place de la PrĂ©fecture, Ă la Roche-sur-Yon et chez les principaux libraires du dĂ©partement, â Bouquinerie vendĂ©enne De la Revue des Autographes N° de mars 1898 La Rochejaquelein Marie-Louise-Victoire de Donnissan, marÂŹ quise de, lâamazone de la VendĂ©e, veuve de Lescure, auteur de MĂ©moires, nĂ©e en 1772, morte en 1857. â L. a. s., 1 p. in-8, 4 fr. Musset conventionnel de la VendĂ©e, qui fit le rapport sur Gamain, nĂ© en 1749, mort en 1828. â Let sig. ; Paris, 4 pluviĂŽse an VII, 1 p. 1/2 in-4, tĂȘte imp., vignette. 4 fr. RĂ©volution. â PiĂšce sig. des conventionnels Goupilleau de FonÂŹ tenay, Clauzel , Le Vasseur de la Meurthe, Mathieu, Lesage-Senault et Reubell ; 19 vendĂ©miaire an III, 1 p. in-fol., tĂȘte imp., vignette, cachet, 10 fr. Ordre de transfĂ©rer lâimprimeur Beaudouin de la maison dâarrĂȘt de Vincennes dans celle du Luxembourg. â Du catalogue n°23 de M. Godefroy Mayer, 15, rue Pigalle Paris La Roche Saint-AndrĂ© Le chevalier de, cĂ©lĂšbre marin, ln-4. Dessin original de Graincourt, avec la gravure exĂ©cutĂ©e par Huber^ dâaprĂšs de dessin. Ensemble 30 fr. Idem. La gravure seule. 6 fr. La TrĂ©mouille Henry-Charles de, prince de Talmont, 1620-72. *n-4. GravĂ© par Montcornet. 5 fr. In -4. gravĂ© par Daret. Superbe Ă©preuve du 1er Ă©tat. 12 fr. Lescure Louis-Marie, marquis de, gĂ©nĂ©ral vendĂ©en. 1766-93. Gr. in-folio. En pied. EntourĂ© de lâarmĂ©e vendĂ©enne. Robert LefĂšvre pinxit. Lithographie de F. Delpech. Superbe Ă©preuve. TrĂšs rare. Incunable de la lithographie en France. 20 fr. Ciiarette de la Contrie cĂ©lĂšbre chef vendĂ©en, fusillĂ© Ă Nantes en 1796. In-folio. Buste dans un ovale, Au bas une charrette, GravĂ© par Copia. Avant la lettre. 25 fr. 124 CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE Idem. DeuxiĂšme Ă©tat fort rare. Au lieu du chapeau, il porte la tĂȘte enveloppĂ©e dâune toile, et la main en Ă©charpe. 25 fr. â Du Correspondant des Bibliophiles français et Ă©trangers n° de mars 1898 Chasse â La vĂ©nerie de Jacques du Fouilloux, seigneur dudit lieu, gentil-homme du Pays de Gastine, en Poictou, de nouveau reveue et augmentĂ©e du Miroir de Fauconnerie, par Pierre Harmont, dit Mereure. A Paris, chez Pierre David, 1640, 2 part, en un vol. in-4> demi-mar. chag. violet, dos orn., fil., tr. Ă©b. 80 fr. Nombreuses figures sur bois trĂšs curieuses. Titre raccommodĂ©. RapinN.. Les Ćuvres latines et françoises de Nicolas Rapin, Poictevin... Paris. Chevalier, 1610, in-4, y. bleu, dos ornĂ©, fil., dent, int., tr. dor. KĆhler. 90 fr Bel exemplaire, provenant des bibliothĂšques Solar et, J. Renard, de cet ouvrage peu commun Ă la suite duquel se trouve reliĂ© Les Vers mesurez de Nicolas Rapin Paris, 1610,8 1T. non ch. et 55 pages. â Signalons enfin toute une envolĂ©e dâalmanachs nouveaux Y Almanach gĂ©nĂ©ral du dĂ©partement delĂ VendĂ©e pour VannĂ©e 1898, de M. Claireaux, imprimeur Ă Fontenay, suivi dâun Guide historique et archĂ©ologique de la VendĂ©e ; le grand Almanach VendĂ©en de M. Gouraud ; Y Almanach trĂšs complet de la VendĂ©e , publiĂ© Ă la Roche- sur-Yon par M. Alfred Galipaud, imprimeur, etc. R. de Thiverçay. P. S. â Nous avions promis Ă nos lecteurs de 1898 un premier numĂ©ro exceptionnellement intĂ©ressant. Nous conservons lâespoir, en achevant la rĂ©daction, dâavoir libĂ©ralement tenu nos promesses, et croyons pouvoir affirmer, que le 2e numĂ©ro ne le cĂ©dera Ă son devancier, ni par lâĂ©rudition du texte, ni par le chiffre et la valeur artistique des illustrations. R. de Th. Le Directeur-GĂ©rant R. VALLETTE. Vannes. â Imprimerie LAFOLYE, 2, place des Lices. N* 1 Mars 1898, En vente aux bureaux de la Revue .du Bas-Poitou , rue Benjamin-Fillon, Ă Fontenay et chez les principaux libraires de la rĂ©gion Mesdemoiselles de Rohan, littĂ©rateurs et poĂštes, par le comte de Chabot, 8 pages, grand in-8°. Prix 0 fr. 50. Les sept pĂ©chĂ©s capitaux , fresque de lâĂ©glise de la Pommeraie-sur-SĂšvre VendĂ©e, par Mr X. Barbier de Montault, grand in-8°, 13 pages. Prix 0 fr. 75. Les FaĂŻences de Saint-Porchaire, par E BonaffĂ© extrait, grand in-8°, 5 pages. Prix 0 fr, 50. DĂŽ quelques populations du Bas-Poitou, par J. Laumonier, grand in-8°, 6 pages. Prix 0 fr. 50. Impressions de voyages en Bas-Poitou du citoyen la VallĂ©e, par Edgar Bourloton, grand in-8°, 8 pages. Prix 0 fr. 50. Deux familles Fontenaisiennes esquisses biographiques, par EugĂšne Louis, grand in-8°, 9 pages. Prix 0 fr. 50. Les fouilles du Champ de Foire de Luçon et lâancienne Ă©glise de S'-Mathurin par L. Ballereau, grand in-8*, 8 pages. Prix 0 fr. 50. Les mobiles de la VendĂ©e au siĂšge de Paris 1870-1871, par RenĂ© Vallette, grand in-8*, 27 pages. Prix âą, 0 fr. 75. Le Marquis de Verteuii notes biographiques, par X*** grand in-8°, 15 pages. Prix 0 fr. 50. Le prĂ©sident BarnabĂ©-Brisson , Ă la cour de Londres 9 avril 1581, par Henri Daniel-Lacombe, grand in-8, 15 pages. Prix 0 fr. 50. M. Octave de Rochebrunu et >on Ćuvre, par Ă. Bonnin» grand in-80, 12 pages. Prix 0 fr. 50. Le Calvaire de Bourgenais lĂ©gende VendĂ©enne , pai G. Henri Colins, grand in-8*, 7 pages. Prix 0 fr. 50. Le livre dâor de Fontenay -le-Comte, par RenĂ© Vallette n-8*, 27 pages. Prix 1 fr. Le guide du PĂšlerin et du Touriste Ă la forĂȘt de Mervent e. LA. VIE INTIME DE RICHELIEU 152 Bourges lui est dâun grand secours pour toutes ces opĂ©raÂŹ tions Vous voyez, lui dit-il, comme je vous Ă©cris de mon mĂ©nage qui nâest pas encore bien garni, mais le temps fera tout. » Il lui annonce en mĂȘme temps quâil a pris pour maĂźtre d'hĂŽtel un gentilhomme nommĂ© de la Brosse qui le sert exÂŹ trĂȘmement bien. Sans lui, jâĂ©tais mal ; mais je nâai que le soin de voir mes comptes, car quelque compagnie qui vienne me voir, il sait fort bien ce quâil faut faire. » Ce maĂźtre dâhĂŽtel fait merveille; tout le monde est surpris de ses talents aussi veut-on faire croire Ă son maitre quâil est un grand Monsieur dans le pays1. » Mais un bon maĂźtre dâhĂŽtel ne suffit pas ; il faut encore avoir de la vaisselle dâargent. Aussi, Richelieu sâinforme-t-il de ce que coĂ»teront deux douzaines de plats dâargent de belle grandeur comme on les fait. » I! serait ravi que Mm* de Bourges pĂ»t lui en procurer au prix de trois cents Ă©cus. Il ajouterait Ă la rigueur cent autre Ă©cus pour nâavoir pas quelque chose de chĂ©tif. Je suis gueux, comme vous le savez, de façon que je ne puis faire fort lâopulent ; mais toutefois, lorsque jâaurai plats dâargent, ma noblesse sera fort relevĂ©e2. » Et il compte que Mmâ de Bourges voudra bien achever de le mettre en mĂ©nage, puisquâelle a commencĂ©. D'ailleurs, il ne sera pas ingrat ; il tĂąchera de trouver un mari pour la fille de son obligeante commissionnaire. Mais ce nâest pas chose comÂŹ mode ; les bons partis sont rares dans le bas Poitou. Je songe, sur ma foi, tous les jours Ă marier Madeleine ; mais il ne se trouve ni gentilhomme ni autres qui aient de lâargent ni du drap. » Tout le monde est gueux dans le pays, mĂȘme lâĂ©vĂȘque. LâannĂ©e suivante 1610, Richelieu pense Ă faire le voyage ' Dans un Ă©tat des gages des domestiques de Richelieu, en 1626, il nâest plus question de La Brosse il Ă©tait sans doute mort peu de temps aprĂšs lâarrivĂ©e du Cardinal au ministĂšre. 1 Avenel, Lettres de Richelieu , t. i, p. 26. A LUĂON 153 de Paris, et, Ă ce sujet encore, il demande les conseils et les bons offices de Mâ9 de Bourges. Pour un logis, lui Ă©crit-il, je ne sais que faire, nâayant point de meubles Ă Paris, et les logis Ă©tant si chers; si jâen trouve un Ă bon compte, je le prendrai toutefois, lâincommoditĂ© des chambres garnies Ă©tant grande, aussi que tous les ans jâespĂšre faire un tour Ă Paris dorĂ©navant, et que, cela Ă©tant, il faudra que je fasse mes proÂŹ visions en temps et lieu. Mandez-moi votre avis, car il faut que jâavoue que je mâen trouve bien1. » En attendant, il demande ce que vaut le vin Ă Paris ; sâil en ^nvoyait de Luçon, il reviendrait Ă 17 Ă©cus la pipe; mais il ne sâapprovisionnera de la sorte quâau cas oĂč il y aurait profit. Du reste, ce qui le prĂ©occupe le plus pour le moment, câest le logement et la grande quantitĂ© de meubles quâil lui faudra pour sây installer. Dâautre cĂŽtĂ©,, tenant de votre humeur, câest-Ă -dire Ă©tant un peu glorieux , je voudrais bien, Ă©tant plus Ă mon aise, paraĂźtre davantage, ce que je ferais plus commoÂŹ dĂ©ment, ayant un logis Ă moi. Câest grande pitiĂ© que dâĂȘtre de pauvre noblesse, mais il nây a remĂšde contre fortune que bon cĆur*. » Il est Ă croire que cette dame lui conseilla de prendre un pied-Ă -terre ; car, dans une lettre du mois de mai 1615, il lui envoie un mĂ©moire des rĂ©parations qui sont plus nĂ©cesÂŹ saires dâĂȘtre faites dans ma maison de Paris. » CâĂ©tait en effet ce qui convenait le mieux Ă sa dignitĂ© dâĂ©vĂȘque, et dâailleurs, les dĂ©penses de lâinstallation une fois faites, il lui Ă©tait plus facile de venir tous les ans, comme il en avait lâinÂŹ tention, passer quelques mois Ă Paris, pour sây faire connaĂźtre de la cour et des grands et servir les intĂ©rĂȘts de son ambition. Il acheta un petit hĂŽtel rue des Mauvaises Paroles \ et y resta jusquâen 1624. ' Avenel, Lettres de Richelieu, t. i, p. 55. 1 Ibidem , p. 56. 1 La rue des Mauvaises Paroles Ă©tait sur lâemplacement de la rue Rivoli entre la rue des Bourdonnais et celle des LavandiĂšres. 154 LA VIE INTIME DE RICHELIEU LâĂ©vĂȘque de Luçon garda Ă M* de Bourges une profonde reconnaissance pour tous les bons offices quâelle lui avait rendus. Ayant appris en 1612 quâelle avait des difficultĂ©s dâargent, il lui Ă©crivit aussitĂŽt pour lui offrir ses services . JâespĂšre que vous serez bientĂŽt hors de lâennui dont on trouble votre repos. Je voudrais avoir moyen de contribuer quelque chose pour vous en tirer ; je m'y emploierais trĂšs voÂŹ lontiers. Et bien que ma bourse ne soit pas garnie comme il faut, si est-ce que la vous offrant aveo ce peu que je puis, je vous prierai de disposer de tout ce qui est mien1. » Ce qui ressort le plus clairement de cette correspondance dâun caractĂšre si intime, câest lâesprit dâordre de Richelieu. Il apportait, dans la gestion de ses affaires, la mĂȘme exactitude rigoureuse avec laquelle il veillait aux intĂ©rĂȘts de son diocĂšse. Personne mieux que lui nâa su concilier le gouvernement des grandes choses et le soin minutieux des petites. On le voit, il examine tout, il demande le prix de tout, il ne nĂ©glige aucune prĂ©caution pour faire un petit gain ou pour nâĂȘtre pas trompĂ© sur les achats que dâautres font pour lui. Il devait garder ces habitudes de contrĂŽle dans sa carriĂšre politique2. Toute sa vie il donna cette attention assidue Ă ses affaires, et il travailla Ă lâaccroissement de sa fortune avec cette persistance et active surveillance dont nous venons de constater les effets pendant son Ă©piscopat. Les prĂ©occupations dâordre matĂ©riel nâempĂȘchaient pas lâé vĂȘque de Luçon dâĂȘtre aussi un homme de cĆur. Dâordinaire, les historiens reprĂ©sentent le ministre de Louis XIII comme un ĂȘtre impassible, Ă qui les sentiments dĂ©licats, les Ă©panÂŹ chements intimes et les nobles Ă©motions auraient Ă©tĂ© inconÂŹ nus. Que lâhomme dâEtat, dont la vie Ă©tait sans cesse menacĂ©e par des intrigues et des complots, ait contractĂ©, dans cette nĂ©cessitĂ© de se dĂ©fendre, une certaine duretĂ© et mĂȘme une 1 Avenel, Lettres de Richelieu, t. i, p. 89. » Presque tous les comptes et budgets annuels, qui sont conservĂ©s a\ix f- faires Ă©trangĂšres, sont annotĂ©s de sa main. A LUĂON 155 attitude terrible et impitoyable pour ses adversaires, nul ne saurait le contester. Cependant, chez lui, le cĆur n'Ă©tait pas aussi complĂštement absent que le prĂ©tend Michelet. Dans sa correspondance privĂ©e, et surtout dans ses lettres de jeuÂŹ nesse, on constate une rĂ©elle ouverture de cĆur. On y dé couvre uns bontĂ© franche et facile, un dĂ©sir sincĂšre de rendre service, un besoin dâamitiĂ© qui contraste singuliĂšrement avec les mesures implacables quâil prendra plus tard. LâexpĂ©rience des hommes et des choses, le maniement des affaires et lâexerÂŹ cice du pouvoir dĂ©velopperont Ă un degrĂ© incroyable ses faÂŹ cultĂ©s intellectuelles, mais ce sera au dĂ©triment du cĆur et de ces qualitĂ©s de bontĂ©, de bienveillance et dâaffabilitĂ©, qui, Ă l'Ă©poque de sa jeunesse, donnaient un charme si particulier Ă sa physionomie. DĂšs son arrivĂ©e Ă Luçon, il cherche Ă se crĂ©er des relations de bon voisinage avec lesgentilhommes du pays. Monsieur, Ă©crivait-il Ă quelque abbĂ© commendataire dont le nom ne nous est pas parvenu, Ă©tant arrivĂ© en mon Ă©vĂȘchĂ©, je n'ai pas voulu laisser passer plus de temps sans mettre la main Ă la plume pour vous tĂ©moigner le contentement que je reçois de me voir si proche de vous ; je me rĂ©jouis extrĂȘmement dâun si heureux voisinage et voudrais avoir autant de moyen de lâentretenir par la conversation, que je rechercherai les occaÂŹ sions de me rendre digne de la vĂŽtre. En attendant que jâaie lâhonneur de vous voir pour vous confirmer de bouche ce que je ne vous puis dire par Ă©crit, je vous supplierai de me faire la faveur de croire quâil nây a rien au monde que je souhaite avec plus de passion que de vous pouvoir faire paraĂźtre, par quelque agrĂ©able service, lâaffection qui me lie Ă une si sainte sociĂ©tĂ©1. » Ces sentiments de bienveillance et ces offres dâamitiĂ© sont trĂšs frĂ©quents dans la correspondance de Richelieu. MonÂŹ sieur, Ă©crivait-il Ă un autre gentilhomme, je chĂ©ris tant vos 1 Avenel, Lettres de Richelieu , t. i, p. 16. 156 LA VI K INTIME DE RICHELIEU bonnes grĂąces que je ne saurais laisser passer plus de temps sans vous faire de nouvelles offres de mon affection Ă votre service, et crois que si je suivais mesjsouhaits et mes dĂ©sirs, vous seriez tous les jours importunĂ© de mes lettres ; mais je sais que mes discours vous sont aussi importuns comme ma personne vous est inutile et fĂącheuse ; nĂ©anmoins, j'oserai bien vous assurer quâen quelque façon que je puisse ĂȘtre, je ne manquerai jamais Ă vous honorer et estimer, vous reconÂŹ naissant si obligeant que je croirais commettre un crime de lĂšse-majestĂ© si je manquais Ă vous rendre ces devoirs. Je souhaiterais avec passion que ce fĂ»t plutĂŽt par les effets que parles paroles; vous croiriez que vous nâavez personne au monde qui vous soit plus fidĂšle et plus affectionnĂ© que moi1. » Tant quâil resta dans son diocĂšse, Richelieu se montra ainsi doux, prĂ©venant et liant. Il prodiguait Ă tous de bonnes paÂŹ roles et multipliait les chaudes protestations dâamitiĂ© et de reconnaissance. Cette politesse, peut-ĂȘtre un peu trop obsé quieuse, nâĂ©tait pas chez lui de pure forme comme il lâassure dans presque toutes ses lettres, il aimait Ă joindre les effets aux paroles », et il ne manquait jamais de rendre les services qui lui Ă©taient demandĂ©s. Ătait-ce besoin dâagir et de brasser des affaires, ou bien mouvement spontanĂ© du cĆur. En tout cas, il Ă©tait et se montrait fort serviable. Sa volumineuse corresponÂŹ dance est toute remplie de lettres de recommandations ou de sollicitations, et, au ton dont il parle des intĂ©rĂȘts qui lui ont Ă©tĂ© confiĂ©s, on sent quâil y attache du prix et quâil ne nĂ©gligera rien pour assurer le succĂšs de ses dĂ©marches. Aussi, personne nâĂ©tait plus actif Ă solliciter, ni plus ingĂ©nieux Ă obtenir. Pour une mĂȘme affaire, il Ă©crivait aux rapporteurs, aux juges et aux amis des juges. Il avait pour maxime quâun bon imÂŹ portun ne se tient pas pour Ă©conduit du premier ou du second coup. » Avait-il besoin de lâappui dâun grand? une lettre ne lui suffisait pas il sâadressait Ă©galement Ă la femme de ce ' Avsnel, Lettres de Richelieu, t. i, p. 53. A I/UĂON 157 seigneur, Ă ses enfants, et mĂȘme Ă leur gouvernante, sâil lui supposait quelque influence; il voulait que toute la famille fĂ»t mise dans ses intĂ©rĂȘts et parlĂąt pour lui. Il ,faut reconnaĂźtre, dâailleurs, quâil usait de son crĂ©dit, uniquement pour ĂȘtre utile Ă ses diocĂ©sains et Ă ses amis, et quâil nây apportait aucune ostentation. Au lieu dâaffeccer ce ton protecteur qui blesse souvent le protĂ©gĂ© et glace la reÂŹ connaissance, il savait sâeffacer et parlait de son concours avec une simplicitĂ© pleine de bon goĂ»t. Quand une affaire avait rĂ©ussi, il en annonçait le rĂ©sultat avec une visible satisÂŹ faction ; mais il se gardait bien de sâen attribuer le mĂ©rite. Cette discrĂ©tion a son prix chez un homme qui comprit de bonne heure sa supĂ©rioritĂ© et qui, plus tard, devait mettre si peu de rĂ©serve dans lâexercice du souverain pouvoir. Les contradictions entre lâĂ©vĂȘque et le ministre ne sont pas rares chez Richelieu. Lâune des plus curieuses Ă signaler, câest assurĂ©ment de voir le jeune prĂ©lat sâĂ©mouvoir de la lourdeur des impĂŽts et demander la diminution des tailles pour ce peuple quâil devait comparer plus tard Ă des mulets qui, Ă©tant accoutumĂ©s Ă la charge, se gĂątent par un long repos plus que par le travail ». Comment expliquer encore la solliciÂŹ tude de lâĂ©vĂȘque, quand on se rappelle cette phrase Ă©crite par le ministre? Tous les politiques sont dâaccord que, si les peuples Ă©taient trop Ă leur aise, il serait impossible de les contenir dans les rĂšgles du devoir'. » DĂšs son arrivĂ©e Ă Luçon, il fut frappĂ© de la misĂšre de son diocĂšse, lâun des plus pauvres de France, et il ne se donna ni trĂȘve ni repos, qu'il nâeĂ»t obtenu pour ses diocĂ©sains des obligations fiscales moins rigoureuses. Comme dans tous les pays dâĂ©lections*, les populations du 1 Richelieu, Testament politique, t. i, p. 25. 2 On sait quâau point de vue administratif, lâancienne France Ă©tait divisĂ©e en pays dâEtats et pays AâElections . Les premiers Ă©tablissaient eux-mĂȘmes lâassiette des impĂŽts et en rĂ©glaient la perception; tandis que dans les pays dâĂ©lections, comme Ă©tait le Poitou, les revenus publics Ă©taient rĂ©partis par des officiers royaux et perçus par les commissaires des Partisans qui les avaient affermĂ©s. TOME XI. â AVRIL, MAI, JUIN 11 158 LA VIE INTIME DE RICHELIEU bas Poitou Ă©taient Ă la merci des traitants ou partisans, qui les rançonnaient sans pitiĂ©. Il nây avait pour elles aucun reÂŹ cours possible ces riches banquiers, qui affermaient les taxes Ă leurs risques et pĂ©rils, nâĂ©taient pas hommes Ă se laisser toucher par les plaintes et par les larmes. Leur unique souci Ă©tait de recouvrer lâargent quâils avaient avancĂ© Ă lâĂtat, et de tirer, en outre, des provinces, tout ce qu'elles pouvaient donner. La force armĂ©e Ă©tant Ă leur disposition, ils en usaient parfois avec une incroyable rigueur. Câest pourtant Ă de tels hommes que sâadressa Richelieu, et le langage ferme et digne quâil leur fit entendre finit par leur arracher plus dâune concession1. La lettre quâil leur Ă©criÂŹ vit Ă ce sujet mĂ©rite dâĂȘtre citĂ©e. Monsieur, Ă©tant arrivĂ© en ce lieu, et ayant reconnu la misĂšre du bourg, la pauvretĂ© des habitants, et lâexcessive taxe des tailles, laquelle ils ont payĂ©e jusquâici, jâai cru vous devoir faire la prĂ©sente, pour vous prier tous en gĂ©nĂ©ral et chacun de vous en particulier, comme je le fais avec beaucoup dâaffection, de vouloir modĂ©rer la charge, laquelle ils ont Ă©tĂ© contraints de portera leur grande incommoditĂ©. Je me persuade que vous ne trouverez point ma requĂȘte incivile, principalement si vous considĂ©rez que votre ville, en comparaison de laquelle ce malheureux bourg nâest rien, paie beaucoup moins quâil ne fait. » AprĂšs cet exÂŹ posĂ© de la situation, il ne craint pas dâen venir aux menaces de procĂšs. Je dĂ©sire obtenir de vous volontairement le souÂŹ lagement que je sais que les voies de la justice ne me peuvent dĂ©nier; je nâestime pas que vous veuillez me donner sujet dâen venir Ă cette extrĂ©mitĂ©, qui me fait vous prier de rechef de vouloir dĂ©charger ceux pour qui je vous Ă©cris, dâune partie 1 Tributa et vectigalia egregiĂą ac paternĂ pastoris cura minuta, ut supra spem, itaet contra morem. » AbbĂ© de pure, Vitci cm. card. IUcheli , p. 47. Le mĂȘme auteur ajoute quâĂ , cause des services de tout genre quâil leur avait rendus, Richelieu Ă©tait trĂšs aimĂ© de ses diocĂ©sains Namque sic gregis sui si bi devinxerat animos et corda, ut cuncta ad libitum gereret. . . Cuncta denique ad arbitrium episcopi et agebantur, vagĂą passim famĂą. accessisse praesulem vere patrem qui, temporalibus spiritualia injungens, vitam simul et coelum curaret. » Op. ciL, p 49. 159 f A LUĂON du faix qui les accable'. » Sainte-Beuve nous semble beaucoup trop exigeant quand il se plaint quâon ne sente pas assez dans cette lettre les entrailles d'un pasteur2. Sans doute, Richelieu aurait pu donner Ă sa demande une forme plus Ă©mue. Mais je doute que lâĂ©loquence eĂ»t Ă©tĂ© Ă sa place dans une lettre dâaffaires ; en tout cas, il est probable quâelle eĂ»t Ă©tĂ© parfaiÂŹ tement inutile au succĂšs de la dĂ©marche. Cette lettre, et une autre Ă peu prĂšs semblable adressĂ©e aux fermiers de lâimpĂŽt, ne lui suffisent pas. A lâexemple du cardinal du Perron, qui avait sollicitĂ© pour le diocĂšse dâEvreux, 1 sâadressa Ă Sully, surintendant gĂ©nĂ©ral des finances, et chargea son frĂšre de lui prĂ©senter sa requĂȘte. On remarÂŹ quera les formules de respect qui remplissent cette lettre ; elles trahissent chez le jeune Ă©vĂȘque une trĂšs haute estime pour ceux que le Roi honore de sa confiance et pour les fonctions quâils remplissent. Monsieur, bien que je sache que la faveur de ceux qui portent le faix des plus grandes charges dâun royaume se doit plutĂŽt mĂ©riter par trĂšs humbles services que mendier par supplications, la connaissance toutefois que j'ai du contentement que vous prenez Ă vous employer pour le public me met la plume en main pour vous supplier trĂšs humblement, Monsieur, de vouloir tĂ©moigner votre bonne volontĂ© Ă tout ce pauvre bourg, en une affaire que mon frĂšre vous prĂ©sentera particuliĂšrement si vous lâavez agrĂ©able*. » Il est Ă croire que le surintendant nâattacha point Ă cette lettre lâimportance quâelle mĂ©ritait. Peut-ĂȘtre ne soupçonna- t-il pas la valeur de celui qui lâavait Ă©crite. TrompĂ© sans doute par les compliments et les flatteries un peu vulÂŹ gaires quâelle contenait, il ne sut pas discerner le zĂšle * Avenel, Lettres de Richelieu, t. i, p. 18. Ces lettres Ă©taient adressĂ©es Ă Hilaire Cailler, procureur du Roi en lâĂ©lection de Fontenay. Collection Ro- buchon. Paysages et monuments du Poitou, notice sur Luçon parle * Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, t. vii, art. Richelieu. * Avenel. Lettres de Richelieu , t. i, p. 20. 160 LA VIE INTIME DE RICHELIEU * Ă©piscopal ni les qualitĂ©s de Richelieu. Deux ans plus tard, celui-ci sollicitait encore auprĂšs des traitants ; mais il garda certainement le souvenir du mauvais accueil que Sully avait fait Ă sa requĂȘte, et il ne serait pas tĂ©mĂ©raire de penser que cet Ă©chec contribua plus tard pour beaucoup Ă la froideur de ses rapports avec le ministre dâHenri IV. Si Richelieu tĂ©moignait Ă ses voisins tant dâamitiĂ© et dâobligeance, sâil employait avec tant de zĂšle et d'empresÂŹ sement pour diminuer les charges de ses diocĂ©sains, on ne sera pas surpris quâil ait Ă©tĂ© bon parent et quâil ait eu pour tous les membres de sa famille une sincĂšre affection et un absolu dĂ©vouement. Sur ce point encore, on sâest mĂ©pris, et lâon nâa pas craint de reprocher Ă lâĂ©vĂȘque de Luçon une profonde indiffĂ©rence Ă lâendroit de sa mĂšre, de ses frĂšres et de ses sĆurs1. Nous esÂŹ pĂ©rons faire bonne justice de ce reproche, qui, du reste, nâa d autre fondement que lâabsence de lettres de famille dans la correspondance de Richelieu, publiĂ©e par M. Avenel. Nous reconnaissons, en effet, que cette correspondance ne contient quâune seule lettre de Richelieu Ă sa sĆur, M"' du Pont-Courlay , et quâon y chercherait vainement dâautres lettres adressĂ©es soit Ă sa mĂšre, soit Ă quelque autre membre de sa famille. Mais cette lacune ne donne pas le droit de conÂŹ clure que lâĂ©vĂȘque, absorbĂ© par les soucis de sa charge ou de son ambition, soit restĂ© Ă©tranger aux sentiments nobles et dĂ©licats, aux Ă©changes pleins dâintimitĂ© et de tendresse que font naĂźtre dâordinaire les liens du sang. Lâabsence de lettres de famille ne prouve rien, sinon que ces papiers dâun caracÂŹ tĂšre privĂ© ont Ă©tĂ© conservĂ©s avec un soin moins jaloux que les lettres dâaffaires et les instructions diplomatiques. Et dâailÂŹ leurs, lors mĂȘme que Richelieu,â ce qui est peu probable, â nâaurait entretenu avec les siens que de trĂšs rares corresponÂŹ dances, il ne faudrait pas encore imputer ce fait Ă lâinsensibi- â Martineau, Le cardinal de Richelieu, p. 158. A LUĂON m litĂ© de son cĆur. Il lui Ă©tait facile, en effet, sans recourir Ă lâintermĂ©diaire de la poste, dâentretenir des rapports frĂ©quents avec sa mĂšre et plusieurs autres de ses parents. On sâenvoyait trĂšs souvent des porteurs ou des messagers qui Ă©taient charÂŹ gĂ©s de commissions verbales, et transmettaient les nouvelles avec plus de dĂ©tails quâon nâaurait pu le faire par lettres. Enfin, la distance Ă©tait assez rapprochĂ©e entre Luçon et Richelieu et, par consĂ©quent, lâĂ©vĂȘque pouvait, sans trop de difficultĂ©s, rendre de frĂ©quentes visites Ă sa mĂšre. La terre de la Meille- raye quâhabitait son oncle, et le prieurĂ© de Coussay, qui Ă©tait sa rĂ©sidence de prĂ©dilection, formaient deux Ă©tapes oĂč il pouÂŹ vait se reposer des fatigues de la route. On comprend donc que, les occasions de voir sa famille Ă©tant plus nombreuses, celles de lui Ă©crire aient Ă©tĂ© moins frĂ©quentes. Cependant, il nâest pas impossible de dĂ©terminer avec une certaine prĂ©cision les rapports affectueux quâentretenait RiÂŹ chelieu avec les siens. A dĂ©faut des lettres quâil a Ă©crites, nous avons une partie de celles quâil a reçues, et lâon verra combien ces pages, dont plusieurs paraissent ici pour la preÂŹ miĂšre fois, font honneur Ă la noblesse de ses sentiments et Ă la dĂ©licatesse de son cĆur. Sa mĂšre vivait au chĂąteau de Richelieu. Elle avait menĂ© Ă bien lâĂ©ducation de ses enfants ; elle les avait tous Ă©tablis et avait reconstituĂ© peu Ă peu la fortune trĂšs compromise que lui avait laissĂ©e son mari. Malheureusement, les dĂ©penses folles de son fils Henri dĂ©truisirent bientĂŽt lâeffetde sa laborieuse et patiente Ă©conomie. Les tracas et la gĂȘne recommencĂšrent pour elle, et les choses en vinrent mĂȘme Ă ce point que lâé vĂȘque de Luçon se vit obligĂ© de lui offrir un asile, ou tout au moins une pension. Dans cette circonstance, on ne saitce quâil faut le plus admirer, ou la gĂ©nĂ©rositĂ© du fils, ou les scrupules de la mĂšre. Les deux lettres suivantes, extraites des Archives de la famille Richelieu, feront comprendre tout ce quâil y avait de dĂ©sintĂ©ressement et de piĂ©tĂ© filiale dans lâĂąme du jeune Ă©vĂȘque. 162 LA. VIL INTIME DE RICHELIEU Mon fils, je ne puis assez vous remercier du soin que vous avez de moi. ni vous dire le dĂ©plaisir que jâai de deÂŹ meurer au monde pour y donner tant de charge et de peine Ă ceux que jây ai mis. Je vous dis franchement que jâen suis au dĂ©sespoir, et vous dirai nĂ©anmoins, puisque vous avez agrĂ©able de me retirer chez vous, que câest bien toujours ma rĂ©solution et que je le dĂ©sire fort, jugeant bien que vous faites cela de bon cĆur. Lâon m'uvaitadvisĂ© que si, demeurant ici, vous eussiez voulu me dunner deuxmille livres par an, vous nâeussiez pas Ă©tĂ© chargĂ© de moi. Je vous prie ici librement et do cĆur d'adviser lequel vous serait Ă moins dâincommoditĂ©, car je vous dis que la chose que je dĂ©sire le plus, est de vous soulager tous autant quâil sera possible. Je supplie Dieu quâil vous donne sa grĂące et quâil me prenne bientĂŽt en la sienne.» et vous encore une fois de ne vous incommoder et travailler point trop pour moi, qui vous souhaite tout le bonheur que vous pouvez dĂ©sirer. S. P. LâĂ©vĂȘque comprit sans doute que sa mĂšre ne pouvait pas, Ă son Ăąge, sâexposer aux ennuis et aux inconvĂ©nients dâun dĂ©placement et dâune nouvelle installation qui boulverserait toutes ses habitudes. Aussi prĂ©fĂ©ra-t-il lui assurer une penÂŹ sion qui lui permĂźt de rester au chĂąteau de Richelieu. CâĂ©tait, en effet, le parti le plus sage et le plus honorable pour sa mĂšre. Elle lui exprima sa reconnaissance dans des termes qui, aprĂšs plus de deux siĂšcles, nâont rien perdu de leur Ă©motion. Mon fils, la façon dont vous m'obligez mâoblige doublement, et je vous puis jurer avec vĂ©ritĂ© que le ressentiment que jâen ai est tel que je ne saurais le vous dire, non plus que les troubles et les irrĂ©solutions oĂč je suis. Cette inquiĂ©tude-lĂ me tue, et vois bien que je nâaurai jamais joie que lorsque, vous sachant tous heureux, je serai en paÂŹ radis. Je supplie Dieu que ce bien mâarrive bientĂŽt et quâil vous donne ici et au ciel la rĂ©compense de la bonne volontĂ© * Archives de la famille de Richelieu. A LUĂON 163 que vous me tĂ©moignez. Je vous Ă©cris cette lettre sans savoir encore ce que je dois dire et ce que je dois faire ; mais nĂ©anÂŹ moins je vois que tout sâoppose Ă ma retraite, de sorte quâil faudra que jâaccepte la derniĂšre offre que vous me faites en demeurant ici, et cela avec le dĂ©plaisir que jâai de vous causer une telle incommoditĂ©. Je vous dis encore une fois que cette peine-lĂ mâen fait plus souffrir que vous ne le supposez et supplie Dieu quâil vous donne sa sainte bĂ©nĂ©diction, et Vous de mâaimer toujours1. » La seconde rĂ©volte du prince de GondĂ© et des^ autres sei- gmeurs ses partisans causa les plus vives alarmes Ă la marquise de Richelieu. Elle fut obligĂ©e de loger des troupes, et les excĂšs quâelles commirent 1a. remplirent dâinquiĂ©tude. Ma fille, Ă©criÂŹ vait-elle Ă la femme de son fils Henri, je vous faisais rĂ©ponse, mais ma lettre demeura au croc, nos messagers ne marchant plus Ă cause de ces fĂącheuses troupes qui nous ont trĂšs malÂŹ traitĂ©s en trois de nos paroisses. Il y a 40 ans que je suis en cette maison oĂč jâai vu passer toutes les armĂ©es, mais je nâai jamais ouĂŻ parler de telles gens ni de telles ruines quâils font. A la vĂ©ritĂ©, jâai trouvĂ© cela fort rude, car ils nâen avaient jamais logĂ© en ce qui mâappartenait. Encore, quand ils nâeussent fait que vivre honnĂȘtement, lâon ne sâen fĂ»t presque pas plaint; mais ils rançonnent chacun son hĂŽte et veulent prendre femmes par force... Je crois bien que la plupart de cette armĂ©e-lĂ pensent quâil est un Dieu comme font les diables. JâespĂšre en sa bontĂ© quâil ne tardera guĂšre Ă les puÂŹ nir, car il est juste*. » En attendant ce chĂątiment cĂ©leste, lâĂ©vĂȘque multiplia les dĂ©marches pour Ă©pargner Ă sa mĂšre le renouvellement de pareilles scĂšnes. Il sâadressa au duc de Nevers et au duc de Bouillon, leur demandant de ne pas imposer de troupes au chĂąteau de Richelieu3 ; il Ă©crivit mĂȘme au prince de GondĂ© Archives de la famille de Richelieu. 5 Ibidem. 3 Avenkl, Lettres de Richelieu, t. i, p. 168. 1G4 LA VIE INTIME DE RICHELIEU dans ce sens Monseigneur, la confiance que jâai eue que les personnes qui nâont point de bras en guerre, mais bien une langue et un cĆur pour demander la paix Ă Dieu, ne recevraient aucun mal de vos armes, mâa portĂ© Ă conseiller Ă ma mĂšre de ne point quitter sa maison, et mâa retenu en la mienne, et, qui plus est, me met la plume en main pour vous supplier, Monseigneur, de daigner faire voir quâen cette occasion je ne me suis point trompĂ© en mon jugement, et que vous savez, au fort de la guerre, empĂȘcher que les vĂŽtres ne troublent la paix de ceux qui, nâayant que des priĂšres pour armes, nâont que des armes de paix, desquelles je me serÂŹ virai sans cesse, en mon particulier, envers Dieu pour lui demander repos pour la France1. » Au printemps de la mĂȘme annĂ©e 1616, lâĂ©vĂȘque de Luçon fit Ă la marquise de Richelieu une visite qui devait ĂȘtre la derniĂšre. Il Ă©tait dĂ©jĂ secrĂ©taire de la reine-mĂšre et conseiller du roi les honneurs et les charges qui lui Ă©taient accordĂ©s faisaient pressentir sa prochaine arrivĂ©e au ministĂšre. Malade et minĂ© par la fiĂšvre depuis plusieurs mois, il rĂ©solut dâaller se rĂ©tablir auprĂšs de sa mĂšre, et se fit porter en litiĂšre au chĂąteau de Richelieu. A son arrivĂ©e dans la cour du chĂąteau, il trouva sa mĂšre tenant par la main les deux enfants de Françoise de Richelieu qui venait de mourir. LâĂ©vĂȘque, Ă©mu de ce spectacle, embrassa sa mĂšre et les enfants, les bĂ©nit et jura de prendre soin de leur Ă©ducation. On verra plus loin comment il tint parole. Son frĂšre Henri et son beau-frĂšre, M. du Pont-Courlay, ne- tardĂšrent pas Ă venir. Pendant quelques jours la famille fut au complet. La mĂšre Ă©tait heureuse et fiĂšre de ces rĂ©unions qui se renouvelaient chaque annĂ©e et qui lui causaient touÂŹ jours une si profonde joie. Mais bientĂŽt lâĂ©vĂȘque de Luçon rĂ©tabli par le sĂ©jour de la campagne, fut rappelĂ© Ă Paris par les exigences de la politique. Ses adieux Ă sa mĂšre furent 1 Avenki., Lettres de Richelieu, t. i. A LUĂON 165 plus pĂ©nibles que de coutume ; il pressentait peut-ĂȘtre qu'ils Ă©taient dĂ©finitifs. La marquise de Richelieu mourut en effet peu de mois aprĂšs 14 novembre 1616, et son fils Armajnd nâeut pas la consolation de venir lui rendre les derniers devoirs. Mais cette mort lui apporta une profonde tristesse, et jusque dans la plus haute fortune, il resta fidĂšle Ă la mĂ©moire de celle qui lâavait Ă©levĂ© et si tendrement aimĂ©. 11 portait Ă ses frĂšres et Ă ses sĆurs un amour qui n'Ă©tait pas moins ardent. Il Ă©tait le conseiller et souvent le proÂŹ tecteur des uns et des autres de bonne heure, il fut considĂ©rĂ© par eux comme le chef de la famille, bien qu'il fĂ»t le plus jeune des fils, et jamais il ne chercha Ă se soustraire aux obligations et aux sacrifices de toutes sortes que cette charge lui imposait. Son frĂšre aĂźnĂ©, Henri, Ă©tait la vivante image de. son pĂšre le Grand PrĂ©vĂŽt. Il avait de grands succĂšs Ă la cour de Henri IV1. Sous Louis XTII, il fit partie de ce groupe des dix-sept seiÂŹ gneurs qui se signalaient par leurs dĂ©penses et par le luxe de leurs habits et de leur train de vie. Il eut bien vite dĂ©vorĂ© sa fortune en folies ruineuses. Les emprunts quâil contracta achevĂšrent de compromettre sa situation et son patrimoine. Un riche mariage le remit Ă flot, mais ce ne fut pas pour longtemps. Sa femme, Marguerite Guyot des Charmeaux, lui apporta avec une grosse dot, un goĂ»t trĂšs vif pour les fĂȘtes et les plaisirs2. Le jeune marquis reprit ses anciennes habitudes et, en peu de temps, ses ressources furent de nouveau Ă©puisĂ©es. LâĂ©vĂȘque de Luçon dĂ©plorait un genre dâexistence qui conÂŹ trastait singuliĂšrement avec ses goĂ»ts dâordre et d'Ă©conomie ; 1 Le marquis Henri de Richelieu avait reçu de Henri IV une pension de 1 .200 Ă©cus. il Ă©tait si bien en crĂ©dit auprĂšs du roi quâil inspirait presque de lâomÂŹ brage Ă Sully. Marie deMĂ©dicis le traita avec la mĂȘme faveur, il figurait parmi ces quelques seigneurs privilĂ©giĂ©s qui, chaque soir, restaient auprĂšs de la RĂ©gente aprĂšs que la cour sâĂ©tait retirĂ©e. Fontenay-Mareuil, MĂ©moires , annĂ©e 1610, p. 72 et 111. Voir aussi Tallemant des Reaux, t. il, p. 1. * On dit que sa femme, comme un tailleur lui demandait de quelle façon il lui ferait une robe Faites-la, dit-elle, comme pour la femme dâun des dix- ept seigneurs. » Tallemant, Historiette de Richelieu, t. n, p. 2. 166 LA VJE INTIME DK RICHELIEU mais ses conseils nâĂ©taient pas toujours Ă©coutĂ©s. Un moment, la dĂ©sunion se mit dans la famille. Mme de Richelieu rĂ©sista aux rĂ©clamations de son fils aĂźnĂ© et montra la rĂ©solution oĂč elle Ă©tait de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de ses autres enfants contre ses sollicitations et mĂȘme contre ses menaces de procĂšs. LâĂ©vĂȘque sâinterposa, et, grĂące Ă ses bons offices, la paix et la concorde furent rĂ©tablies. Alphonse le chartreux1 lui donna moins dâinquiĂ©tudes. LâĂ©vĂȘque de Luçon lui conserva toujours un trĂšs grand attaÂŹ chement. A sa demande, il usa de son crĂ©dit en faveur de lâordre des Chartreux qui se trouvait engagĂ© dans un procĂšs considĂ©rable, et le fit rĂ©ussir par lâintervention de M. dâAIin- court son protecteur. Nous avons trouvĂ©, aux archives des Affaires Ă©trangĂšres, une lettre inĂ©dite dâAlphonse qui nous fait saisir les sentiments de cordialitĂ© dont les deux frĂšres Ă©taient animĂ©s lâun pour lâautre. AprĂšs avoir dit Ă lâĂ©vĂȘque combien il Ă©tait dĂ©solĂ© do le saÂŹ voir malade et incapable de faire le voyage de la Grande Chartreuse, Alphonse ajoute Un de mes amis mâa fait voir la harangue que vous avez faite de la clĂŽture des Ătats. Je loue Notre-Seigneur quâelle vous ait rĂ©ussi Ă votre contenteÂŹ ment, ayant Ă©tĂ© assurĂ© quâelle avait Ă©tĂ© fort agréée dâun Chacun. Je m'imaginais que vous me feriez cette faveur que de mâen donner une. Je vous demande cette grĂące et cellede la continuation de votre amitiĂ©2 3. » Câest Ă tort quâon a reprĂ©sentĂ© Alphonse de Richelieu comme un caractĂšre triste et morose. Le cloĂźtre ne lâempĂȘchait pas 1 Alphonse de Richelieu fit profession Ă la Grande Chartreuse en 1G06, et y vĂ©cut plus de vingt ans sans manifester le dĂ©sir de rentrer dans le monde. Il rĂ©sida successivement dans la Chartreuse du Liget, prĂšs de Tours, Ă la Grande Chartreuse, et, en 1615, il fut nommĂ© prieur de la Chartreuse voisine dâAvignon. Plus tard, quand il quitta le cloĂźtre pour devenir archevĂȘque dâAix. il ne fit que cĂ©der Ă la volontĂ© impĂ©rieuse de son fiĂšre. Par goĂ»t, il serait restĂ© dans lâhumilitĂ© et lâobscuritĂ© de la vie religieuse â Michel de Pore, Vita Alphonsi Ludovici PlessĂŠi Richelii... Parisiis, 1633, in-1Ăź. 3 Archives des Affaires Ă©trangĂšres . France, t. 778, f° 41. A LUĂON 107 de rendre de loin en loin des visites Ă sa famille, ni mĂȘme dâĂȘtre trĂšs recherchĂ© pour son esprit dans les salons des chù teaux de Touraine. Une lettre quâil Ă©crivit Ă sa belle-sĆur, la marquise de Richelieu, ei dont nous avons lu lâoriginal, nous a Ă©tonnĂ© par son tour vif et enjouĂ©, oĂč l'on pourrait mĂȘme relever une petite pointe de galanterie1. En 1618, il devint supĂ©rieur de la Chartreuse dâAvignon, et put ainsi adoucir pour son frĂšre les amertumes de lâexil. Celui-ci se souvint de ses bons offices, et quelques annĂ©es plus tard il le fit sortir de son monastĂšre et le plaça sur le siĂšge archiĂ©piscopal d Aix. Richelieu se montra particuliĂšrementdĂ©vouĂ© pour ses sĆurs. Il aimait tendrement Françoise, lâaĂźnĂ©e, mariĂ©e Ă M. du Pont- Courlay. Elle Ă©tait timide, mais pleine de sens et dâun naturel trĂšs grave et trĂšs sĂ©rieux. Quand elle mourut, en 1616, lâĂ©- vĂȘquede Luçon adopta ses deux enfants; lâaĂźnĂ©e devint la cé lĂšbre duchesse dâAiguillon ; le second, François de Vignerol, fut Ă©levĂ© plus tard, grĂące Ă son oncle, au grade de gĂ©nĂ©ral des galĂšres du Roi. Sa seconde sĆur, Nicole, eut une part peut-ĂȘtre plus grande dans ses libĂ©ralitĂ©s. Câest lui qui la maria en 1614 avec le marquis de BrĂ©zĂ©. Ce mariage, dĂ©jĂ trĂšs brillant, fut encore rehaussĂ© par les dons que fit Marie de MĂ©dicis aux jeunes Ă©poux, en considĂ©ration de lâĂ©vĂȘque de Luçon ; malheureuÂŹ sement Nicole avait un esprit fantasque ; ses facultĂ©s perÂŹ dirent peu Ă peu leur Ă©quilibre et elle mourut Ă Saumur. le 30 aoĂ»t 1635, folle et enfermĂ©e2. VoilĂ comment Richelieu remplit ses devoirs Ă lâĂ©gard des membres de sa famille. On voit quâil les fit bĂ©nĂ©ficier tous de la brillante situation de fortune que son gĂ©nie lui avait acÂŹ quise. Ses procĂ©dĂ©s gĂ©nĂ©reux sont la preuve la plus irrĂ©cuÂŹ sable de lâattachement et de lâaffection quâil leur portait. * Archives de la famille de Richelieu. i Elle laissait un fils qui devint amiral et fut tuĂ© b bord d>- son vaisseau, par un coup de canon, en 1646. Il donnait les plus brillantes espĂ©rances. â Voir Tallemant de RĂ©aux, Historiette de Richelieu , t. n. 168 LA VIE INTIME DE RICHELIEU Nous avons dit que Richelieu avait pris au sĂ©rieux tous les devoirs que comportait sa charge Ă©piscopale. Il ne sera donc pas sans intĂ©rĂȘt dâĂ©tudier comment il sâest acquittĂ© du devoir Ă©piscopal par excellence, le ministĂšre des Ăąmes. A toutes les Ă©poques, il sâest trouvĂ© des natures dâĂ©lites, tendres, gĂ©nĂ©reuses, qui ont tendu Ă la perfection. Mais le besoin de sâabandonner Ă Dieu et de se sacrifier pour lui, se manifeste surtout aprĂšs les crises politiques et sociales. C'est ainsi qu'aprĂšs les guerres de Religion, on vit une foule dâhommes fatiguĂ©s et Ă©puisĂ©s par les ardeurs de la lutte sâaÂŹ dresser aux prĂȘtres et leur demander de leur servir de guides dans la voie de la saintetĂ© et de la vertu. Mais les vrais diÂŹ recteurs Ă©taient rares au lendemain de la Ligue. Les prĂȘtres qui avaient maniĂ© le mousquet et avaient portĂ©, dans les chaires de Paris, les plus violentes attaques contre Henri III ou contre son successeur, Ă©taient peu familiers avec la langue mystique. HabituĂ©s Ă vivre dans les rues et sur les places puÂŹ bliques, ils devaient difficilement se plier Ă ce recueillement constant, Ă cette vigilance, Ă cette attention Ă sa propre consÂŹ cience, enfin Ă ces conseils toujours calmes et mesurĂ©s que demande la direction des Ăąmes. François de Sales et le P. de BĂ©rulle Ă©taient les deux directeurs les plus renommĂ©s de lâé poque. Richelieu qui cherchait toutes les occasions de se forÂŹ mer et dâacquĂ©rir du crĂ©dit, sâessaya Ă ce rĂŽle. Mais pour y rĂ©ussir, il lui manquait, outre lâdxpĂ©rience des Ăąmes, cette cordialitĂ© de parole qui sâappelle lâonction. Aussi, dans les conseils quâil donne aux personnes qui ont recours Ă ses lu. miĂšres, câest toujours lâesprit, rarement le cĆur, qui parle. Les considĂ©rations quâil dĂ©veloppe sont fortes et lumineuses ; mais on nây rencontre jamais une parole qui Ă©meuve et qui aille droit Ă lâĂąme. A cet Ă©gard, rien nâindique mieux sa mĂ©thode que la lettre suivante quâil Ă©crit Ă une dame, et qui est un vĂ©ritable traitĂ© de spiritualitĂ©. Madame, je vois par la lettre que vous mâaÂŹ vez Ă©crite que vous ĂȘtes recherchĂ©e de deux esprits contraires A LIJĂON 169 dont lâun vous reprĂ©sente la croix et l'autre la douceur; lâun vous appelle au ciel, lâautre vous attire Ă la terre; en cette reÂŹ cherche, vous ne pouvez faire Ă©lection de lâun quâen abandonÂŹ nant lâautre. » Pour lâaider dans son choix, lâĂ©vĂȘque lui montre les granÂŹ deurs de Dieu dans un langage qui ne manque pas dâĂ©lĂ©vaÂŹ tion Consultez la foi, lui dit-il, et elle vous dira que Dieu est un bien si grand quâil mĂ©rite bien dâĂȘtre cherchĂ© avec attente, peine et travail ; que, devant que le possĂ©der un jour au repos Ă©ternel, sans divertissement et sans peine, il est bien tolĂ©rable de souffrir ici-bas quelque traverse en cette atÂŹ tente; que ce mĂȘme Dieu est la source et origine de tous les biens que vous trouverez Ăšs choses du monde et qui vous contentent si fort que vous avez peine de vous en sĂ©parer; que ce quâil a daignĂ© communiquer Ă ses crĂ©atures ne manque point en lui ; que ce quâil dĂ©part Ă icelles est en lui rĂ©uni, et ce qui est en elles de peu de durĂ©e est en lui Ă©ternel... LâesÂŹ prit acquiesce Ă ces vĂ©ritĂ©s, le sens y contredit ; mais autoÂŹ risez lâesprit par-dessus les sens, et Dieu par-dessuslâesprit... Souvenez-vous quâil est toujours en vous de vaincre si vous voulez. Lâissue de ces combats dĂ©pend entiĂšrement de vos volontĂ©s. Ne mĂ©connaissez pas la force de cette libertĂ© que Dieu vous a donnĂ©e; usez de cette prĂ©rogative Ă sa gloire et Ă votre salut. La tempĂȘte cessera, le calme arrivera, et dĂšs lors vous serez trĂšs contente dâavoir Ă©tĂ© fidĂšle Ă celui qui vous y a tant obligĂ©e1 » Cette personne se plaignait dâĂ©prouver des maux de tĂȘte en mĂ©ditant. Richelieu lui conseille de se servir du livre de M. de Beaulieu, pour sâĂ©viter la peine de chercher les idĂ©es sur lesquelles elle veut mĂ©diter. A son avis, la mĂ©ditation comprend deux choses les pensĂ©es et les affections. Les pensĂ©es doivent ĂȘtre simples et sans recherche ; les affections au contraire doivent ĂȘtre vives, fortes et jaillir du cĆur. » Avenel, Lettres de Bichelieu, t. i, p. 38. 170 LA VIE INTIME DK RICHELIEU Il convient de faire la mĂ©ditation le matin et lâexamen de conscience le soir. Pour ce second exercice, il faut sâappliquer Ă considĂ©rer la justice de Dieu et sa bontĂ©. La pensĂ©e de la justice de Dieu nous aidera Ă corriger nos actions dĂ©pravĂ©es. 11 sera de mĂȘme impossible de songer Ă sa bontĂ©, sans proÂŹ voquer dans notre Ăąme le dĂ©sir de tendre Ă la perfection. Toutes ces considĂ©rations sont assurĂ©ment fort justes, et surtout dâun caractĂšre trĂšs pratique. Mais ainsi que nous le disions, lâonction y fait trop dĂ©faut. On nây sent pas assez lâaccent dâun pasteur, d'un apĂŽtre qui aime les Ăąmes, et qui sait combien elles ont besoin dâĂȘtre doucement encouragĂ©es pour sâaffranchir de toutes leurs misĂšres et marcher dans la voie de la perfection. Richelieu nâest pas plus heureux dans le rĂŽle de consolaÂŹ teur. Depuis un demi-siĂšcle, lâĂ©tude de lâantiquitĂ© avait mis fort Ă la mode les lettres de consolation. Elles Ă©taient deÂŹ venues pour ainsi dire un genre de littĂ©rature Ă part, dans lequel aucun des beaux esprits de cette Ă©poque nâa manquĂ© de sâessayer. Saint François de Sales, du Perron, le P. de BĂ©rulle, et dâautres moins illustres, ont sacrifiĂ© Ă ce goĂ»t et ont Ă©crit des lettres philosophiques, destinĂ©es Ă consoler quelque inforÂŹ tune. LâĂ©vĂȘque de Luçon suivit leur exemple, et sa corresÂŹ pondance comprend un certain nombre de lettres, dont quelques-unes assez longues, quâil adressa Ă des familles en deuil. Mais il ne faut y chercher, ni cette Ă©motion profonde, ni ces cris du cĆur qui jaillissent dâune Ăąme compatissante. Pour panser des douleurs, il nâa que des considĂ©rations absÂŹ traites, mĂ©taphysiques, qui rappellent un peu la consolatio ad Marciam de SĂ©nĂšque. Ainsi, il Ă©crit Ă un fils qui a perdu son pĂšre Si les Ăąmes fortes trouvent ordinairement en elles-mĂȘmes le remĂšde de leurs afflictions, que les plus faibles ne peuvent recevoir que par lâadoucissement que le temps leur apporte, ou par le cours dâune consolation empruntĂ©e, je ne doute point que A LUĂON 171 votre constance nâarrĂȘte le cours de vos larmes ; mais, dâau_ tant que la grĂące ne dĂ©truit pas tout Ă fait la nature, je sais bien que vous ne sauriez perdre, sans ressentir mille pointes dâune douleur extrĂȘme, celui que vous aimiez si chĂšrement... Toutefois, sâil vous plaĂźt, aprĂšs avoir essuyĂ© vos yeux, de les jeter sur la nĂ©cessitĂ© de mourir qui nous est Ă tous imposĂ©e dĂšs notre naissance, de considĂ©rer que tout est pĂ©rissable, que le monde mĂȘme, ce bel ouvrage de Dieu, sera rĂ©duit Ă nĂ©ant, et enfin que la mort nous ravit chaque jour le temps que nous avons vĂ©cu, vous cesserez de regretter monsieur votre pĂšre, et ce dâautant plus que sa fin trĂšs chrĂ©tienne, conÂŹ forme Ă sa vie, nous est une crĂ©ance infaillible de sa fé licitĂ©...1. » La mort de sa niĂšce, fille de Mmo du Pont-Gourlay, ne lui inspire que des considĂ©rations du mĂȘme genre, qui semblent empruntĂ©es aussi bien Ă la philosophie stoĂŻcienne quâĂ lâĂÂŹ vangile. Si je ne savais, Ă©crit-il Ă sa sĆur, que la consoÂŹ lation qui remet devant les yeux le sujet de lâaffliction est mauvaise, je ne me lasserais point de vous entretenir sur ce sujet et de vous tĂ©moigner la part que je prends Ă votre mal ; mais, sachant que le divertissement est le vrai remĂšde des douleurs, je change de discours pour vous convier, mon frĂšre et vous, Ă ne penser plus Ă cet accident qui vous est arrivĂ©, si ce nâest pour vous rĂ©jouir du bonheur de cette peÂŹ tite Ăąme que vous regrettez, et non vous affliger de ce que Dieu vous en a privĂ©s pour la possĂ©der en son paradis2. » Il Ă©crivait Ă un pĂšre dont le fils Ă©tait malade' Qui ferait Ă©tat de passer cette vie sans traverse se mĂ©compterait bien fort ; quelque prudence que lâhomme puisse avoir, il doit se souvenir quâon se trompe souvent aux choses mĂȘmes auxÂŹ quelles il semble quâon ait le moins' pourvu ; câest pourquoi il faut sâarmer de constance aux accidents qui arrivent tous les jours3. » On croirait presque lire une traduction de SĂ©nĂšque. 1 Avenel, Lettres de Richelieu, t. i, p. 44. * Ibidem , t. i, p. 47. * Ibidem , t. i, p. 34. 172 LA VI K INTIME DE RICHELIEU Ce n'est pourtant pas que la pietĂ© lui fĂźt dĂ©faut. Sans doute il nâavait pas les Ă©lans mystiques de saint François de Sales ; mais, tant quâil fut Ă©vĂȘque de Luçon, il fut un modĂšle de rĂ©guÂŹ laritĂ© et dâapplication aux choses de Dieu. Nous avons vu avec quel soin scrupuleux il sâacquittait de tous les devoirs de sa charge. Il aimait Ă entretenir des relations pieuses avec les religieux et les religieuses de son diocĂšse, il nemanquait pas, dans toutes ses lettres, de se recommander Ă leurs priĂšres. Enfin il contribuade toutson pouvoir Ă la rĂ©forme de plusieurs monastĂšres, particuliĂšrement de lâabbaye de Fontevrault ; et sâil fut choisi par Antoinette dâOrlĂ©ans pour ĂȘtre le confident de ses projets et le collaborateur de ses bonnes oeuvres, câest que la princesse le tenait pour un prĂ©lat rĂ©gulier, pieux et soucieux du salut des Ăąmes. Il Ă©tait trĂšs dĂ©vot Ă Notre-Dame des Ardilliers. CâĂ©tait un sanctuaire cĂ©lĂšbre de Saumur. Le culte de la Sainte-Vierge y datait du XV* siĂšcle ; il y avait une fontaine miraculeuse. Richelieu y venait souvent en pĂšlerinage. Plus tard, il y conÂŹ duisit le roi et les deux reines. Câest dans ce sanctuaire, dont une chapelle avait Ă©tĂ© construite aux frais du cardinal, que Louis XIII vint remercier la sainte Vierge aprĂšs la prise de la Rochelle. Cependant, malgrĂ© lâĂ©lĂ©vation de son gĂ©nie, Richelieu nâĂ©tait pas exempt de quelque penchant aux superstitions vulgaires. Les pressentiments, les pronostics et les prĂ©sages lâoccupent. Il ne laisse pas de prĂȘter quelque attention Ă lâaccomplisseÂŹ ment de certaines prĂ©dictions, au sens de certains songes; il ne sâĂ©tonne pas de la foi dans lâinfluence des planĂšies, des jours heureux ou malheureux, et mĂȘme il admettrait, sâil faut en croire divers passages de ses Ă©crits, la puissance de la magie et lâeffet des sortilĂšges1. Ainsi, dans ses MĂ©moires , il raconte iâAvknel, Lettres de Richelieu , Introduction, p. 98. Marie de MĂ©dicis nâĂ©tait pas moins superstitieuse. Elle rĂ©glait toutes les affaires de lâEtat par les prĂ©dictions des astrologues, et les avis des plus sages politiques ne lâemÂŹ portaient pas sur les observations de Fabrom, qui dressait des figures de lâĂ©tat A LUĂON 173 gravement quâun partisan enrichi, nommĂ© Moysset, proposa au duc de Bellegarde de mettre Ă sa disposition des gens qui, Ă lâaide dâun miroir enchantĂ©, lui feraient voir jusquâoĂč allait la faveur du marĂ©chal dâAncre et de la marĂ©chale auprĂšs de Marie de MĂ©dicis et lui procureraient le moyen dâavoir une part toute semblable dans la bienveillance de la reine. A propos de la mort de Henri IV, il expose longuement, et avec les dĂ©tails les plus minutieux, les prodiges Ă©tranges qui accompagnĂšrent ou suivirent cette catastrophe. Il est visible que ces faits merveilleux, dont il ne donne que de vagues explications, lâont fortement Ă©branlĂ©. Mais il Ă©tait surtout superstitieux quand il sâagissait de sa santĂ©. Elle avait Ă©tĂ© compromise de bonne heure ; ses histoÂŹ riens font remonter lâorigine et la cause de ses premiĂšres douÂŹ leurs au travail intense auquel il se livra pendant ses Ă©tudes thĂ©ologiques. La fiĂšvre le minait presque constamment; dans ses MĂ©moires et dans sa correspondance, il se plaint sans cesse de maux de tĂȘte qui lâaccablent, lui enlĂšvent tout repos et lui interdisent toute application1. Il confesse quâil a la plusmau- voise tĂȘte du monde et plusieurs le croiront aisĂ©ment, ajoute-t-il en plaisantant, mais peut-ĂȘtre en un autre sens, que celui auquel je l'entends2 ». Parfois ses migraines sont telleÂŹ ment violentes, quâil nâose pas prendre la hardiesse dâĂ©crire Ă la reine, ayant lâesprit si mal fait. » Or, pour obtenir un peu de soulagement, il employait souvent dâautres remĂšdes du ciel sur toutes les choses de quelque importance qui regardaient cette princesse. Il est certain que, par hazard ou autrement, il rĂ©ussit en diverses prĂ©dictions, telles que la maladie du roi ; en sorte que la reine dĂ©fĂ©rait Ă ces prĂ©dictions autant quâelle aurait pu taire Ă de vĂ©ritables oracles. » Benoit, Histoire de l'Ădit de Nantes, t. n, p. 83. Les observations de Fabioni se faisaient sur la colonne que Catherine de MĂ©dicis avait fait construire et qui se voit encore encore prĂšs de la Halle aux blĂ©s Ă . Paris. * Il fut malade Ă Paris en 1 608, la fiĂšvre ; le retint plusieurs mois dans son prieurĂ© des Roches, prĂšs de Fontevrault. En 1612, nouvelles souffrances et douleurs de tĂȘte insupportables. En somme, la maladie fut la grande Ă©preuve de toute sa vie. Sa santĂ© ne fut jamais complĂštement rĂ©tablie. 2 Avenbl, Lettres de Richelieu , t. i, p. *>âą TOME XI. â AVRIL, MAI, JUIN. 12 174 LA VIE INTIME DE RICHELIEU que ceux que lui prescrivait son mĂ©decin Citoys1 *. Les droÂŹ gues les plus Ă©quivoques ne le trouvaient jamais incrĂ©dule. Il portait, dans ses jours de crise, un sachet, venu de Perse, dans lequel Ă©tait contenue une poudre dâossements humains. Le gĂ©nĂ©ral des Chartreux lui ayant envoyĂ© en 1012 un crucifix et un bĂ©zoard*, il sâempresse de le remercier. Je vous rends mille grĂąces de la croix que vous mâavez envoyĂ©e ; je la conÂŹ serverai pour mettre devant les yeux celui quâelle a portĂ©. Je vous remercie aussi de votre bon bĂ©zoard qui mâest venu fort Ă propos pour mâaider Ă me tirer dâune fĂącheuse maladie. Vous avez voulu marier les remĂšdes spirituels et corporels^ afin de procurer la santĂ© de mon Ăąme et tĂącher de rendre Ă mon corps celle dont il y a plus dâun an quâil est destituĂ©. Je dĂ©sire de bon cĆur que vos remĂšdes produisent leur effet en moi. Et, en cette considĂ©ration, je mendie vos priĂšres, estiÂŹ mant quâelles auront tant de force sur Celui qui la donne Ă tous les mĂ©dicaments du monde, quâil permettra que son bois et vos priĂšres me rendent tel que je dois et souhaite ĂȘtre3. Ce souhait, oĂč une piĂ©tĂ© assurĂ©ment sincĂšre sâunissait Ă tant de crĂ©dulitĂ©, ne devait pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©. Richelieu souffrit toute sa vie des infirmitĂ©s prĂ©coces dont il se plaignait Ă vingt-deux ans, et toute sa vie Ă©galement, il fut la dupe et la victime des charlatans et des empiriques*. Quand ceux-ci sâavouaient impuissants et que le mal per- 1 Ce mĂ©decin Ă©tait de Poitiers et ami de la famille de Richelieu. Il soigna l'Ă©vĂȘque de Luçon Ă . partir de 1609 ; plus tard, il sâattacha si complĂštement Ă son service quâil finit par devenir son secrĂ©taire intime, comme Charpentier. Il avait pour frĂšre un avocat de Poitiers, chez qui descendait Richelieu quand il passait par cette ville. * Le bĂ©zoard Ă©tait un composĂ© de calculs ou de sĂ©crĂ©tions animales, auquel on attachait des vertus curatives presque miraculeuses. Donner un bĂ©zoard, câĂ©tait faire un prĂ©sent de prince. Richelieu en reçut un de Marie de MĂ©dicis pendant le siĂšge de la Rochelle. 3 Avenel , Lettres de Richelieu. * Gui Patin raconte que, le jour mĂȘme de la mort du cardinal, on introÂŹ duisit dans sa chambre un charlatan de bas Ă©tage qui fit prendre au malade de la fiente de cheval. Richelieu succomba quelques instants aprĂšs ce sinÂŹ gulier remĂšde. Lettres Ă Charles Spon. t, 1, p. 47 et 48. A LUĂON 175 sistait, il sâadressait directement Ă Dieu. On a trouvĂ©, parmi ses papiers, la piĂšce suivante, qui au dire de M. Avenel, doit ĂȘtre rapportĂ©e Ă lâannĂ©e de 1621, quand il Ă©tait si cruellement Ă©prouvĂ© par ses douleurs de tĂȘte Sâil plaĂźt Ă la divine bontĂ©, par lâintercession du bienheuÂŹ reux apĂŽtre et bien aimĂ© saint Jean mon patron, me renvoyer ma santĂ© et me dĂ©livrer dans huit jours dâun mal de tĂȘte extraordinaire qui me tourmente, je promets de fonder, en ma maison de Richelieu, une messe qui se cĂ©lĂ©brera tous les dimanches de lâannĂ©e, et pour cet effet donnerai Ă un chaÂŹ pelain le revenu annuel 36 livres pour les messes qui seront cĂ©lĂ©brĂ©es en actions de grĂące1. » Ce document prouve que, chez Richelieu, les croyances ne se bornaient pas aux grandes et fondamentales vĂ©ritĂ©s du christianisme. Elles sâĂ©tendaient jusquâaux pratiques de dé votion les plus confiantes et les plus naĂŻves. Mais le caracÂŹ tĂšre de lâimpĂ©rieux ministre se retrouve mĂȘme dans ses priĂšres. Il ne donne Ă Dieu que huit jours pour le guĂ©rir de ses maux de tĂȘte. PassĂ© ce dĂ©lai, sâil nâĂ©prouve aucun soulaÂŹ gement, il se regardera comme libre de tout engagement. Plus tard, il nâagira pas autrement avec les princes de lâEuÂŹ rope. Dans ses nĂ©gociations diplomatiques et dans ses traitĂ©s dâalliance, il ne donnera jamais rien pour rien. Il ne se piÂŹ quera ni de dĂ©sintĂ©ressement ni dâesprit chevaleresque. Mais de la part dâun Ă©vĂȘque, la gĂ©nĂ©rositĂ©, du moins vis-Ă -vis de Dieu, eĂ»t Ă©tĂ© plus sĂ©ante. L. Lacroix Docteur Ă©s-lettres , 1,T AumĂŽnier du lycĂ©e Michelet Ă Vanves Seine. 1 Avenel, Lettres de R ichelieu, Introduction, p. S9. MESNARD-LA-BAROTIĂRE La tradition rapporte quâune voie romaine passait au castel de la BarotiĂšre, venant de Poitiers, MalliĂšvre, le Mont-Mercure Saint-Michel, et se dirigeait sur Nantes par Durinum Saint-Georges-de Montaigu et Deas Saint- Philibert-de-Granlieu. Ce chemin, aprĂšs avoir traversĂ© les Bois-Verts et la BarotiĂšre, venait aboutir au passage dangeÂŹ reux de la Forte-EcuyĂšre, oĂč pĂ©rit Bougon, duc dâAquitaine, et franchissait le BlĂ©son. Parler de la BarotiĂšre, câest faire lâhistoire de ses seigneurs. On trouve dans dom Fonteneau la mention dâune donation de quelques rentes faite le 8 juillet 1243 Ă lâabbaye de la GrĂš- netiĂšre par Aimeri Goyas, chevalier, seigneur de la BarotiĂšre, fils de Enjubaud Goyas. Le savant bĂ©nĂ©dictin raconte Ă©galement que, le 12 dé cembre 1272, Aimeri Goyas, chevalier, seigneur de la BaroÂŹ tiĂšre et de Badiole, choisit par son testament sa sĂ©pulture CHATEAUX DE VENDĂE 177 dans lâabbaye de la GrenetiĂšre et donna Ă cette intention aux religieux quelques septiers de seigle Ă prendre sur le fief Goyau. En 1395, AndrĂ© Poucher, seigneur de lâEmantruĂšre, se maria Ă demoiselle Marguerite de la BarotiĂšre, fille de Jean seigneur de la BarotiĂšre elle lui porta en dot le Plessis Damiette et la PacaudiĂšre. Il serait difficile dâĂ©tablir dâune maniĂšre authentique le passage de la terre de la BarotiĂšre entre les diffĂ©rents seiÂŹ gneurs qui la possĂ©dĂšrent. Les Maynard-Mesnard vont, du moins, nous prĂ©senter une filiation suivie. Christophe Mesnard, chevalier, seigneur de laVergne de PĂ©ault, la Vergne Cornet, la FtudeliĂšre, Saint-Gillet, les GaÂŹ zons, les Ors, fit en 16i0 acquisition de la BarotiĂšre. CâĂ©tait un homme distinguĂ© et rempli de courage ; il fut pendant la Fronde un des lieutenants de son parent Gabriel de ChateauÂŹ briand, comte des Roches-Baritaud, lieutenant gĂ©nĂ©ral lui- mĂȘme pour le roi en Bas-Poitou. Colbert de Croissy, dans un rapport adressĂ© Ă Louis XIV en 1664, parle de lui en ces termes Il y a en Ă©lection de MaulĂ©on, un Mesnard, seigneur de la BarotiĂšre, qui a servi et a de 14 Ă 15,000 livres de rente ; a un fils mariĂ© sans le consentement de son pĂšre Ă la dame de la CharouliĂšre. » Le mariage de François Mesnard fut, en effet, tout un roman. La dame de la CharouliĂšre Ă©tait douĂ©e dâune grande beautĂ©, mais son peu de fortune, les nombreux enfants quâelle avait eus de son premier mari amenĂšrent inutilement les parents Ă demander Ă genoux Ă François Mesnard, leur fils aĂźnĂ©, de renoncer Ă cette union. La branche aĂźnĂ©e de la famille, la branche des barons du Langon, seigneurs de la BogisiĂšre, descend de ce romanesque mariage. François fut dĂ©shĂ©ritĂ© et cette exhĂ©rĂ©dation fut la cause de procĂšs entre les diffĂ©rentes branches de la famille. Christophe Mesnard sâĂ©tait mariĂ©, le 21 juin 1620, Ă Catherine Gallier-Garnier, dâune famille parlementaire trĂšs riche. Il 178 CHATEAUX DE VENDĂE mourut, le 23 dĂ©cembre 1665, et fut enterrĂ© dans lâancien ne Ă©glise de la BarotiĂšre. Christophe Mesnard appartenait Ă une de ces familles de simples gentilhommes du Bas-Poitou dont lâanciennetĂ© est la mĂȘme que celle des plus grandes races. Le gĂ©nĂ©alogiste ChĂ©rin, dans un MĂ©moire rĂ©digĂ© en 1772 pour les Preuves de cour, dit que cette maison se distingue par lâanciennetĂ© de son origine. En effet, une charte conÂŹ servĂ©e aux Archives de la VendĂ©e mentionne un membre de cette famille parmi les chevaliers qui assistĂšrent vers 1050 Ă la fondation du prieurĂ© de Fontaines, prĂšs deTalmond, et une sĂ©rie de chartes provenant des anciens couvents ou des chĂąteaux du Talmondais constate lâexistence de cette faÂŹ mille dĂšs les XIe, XIIe, XIIIe et XIV' siĂšcles dans les mĂȘmes paroisses oĂč la filiation suivie qui remonte Ă 1382 la trouve possessionnĂ©e. Elle compte parmi ses membres un gouÂŹ verneur de la forteresse de Mareuil sur le Lay en 1365, et un Ă©cuyer de Jean de France, comte de Poitou, duc de Berry, frĂšre de Charles V, en 1403. Mais ce qui sera son principal titre dâhonneur, ce sera son dĂ©vouement sous toutes les formes Ă la branche aĂźnĂ©e de la maison de Bourbon, pour laquelle elle prit les armes en Ă©migration et en VendĂ©e en 1793, en 1815 et en 1832. La famille de Maynard-Mesnard est restĂ©e Ă lâĂ©poque des guerres de religion toujours fidĂšle Ă la foi catholique. Le nom, comme celui de toutes les familles dont lâorthographe pouvait varier sans que la consonnance fĂ»t sensiblement altĂ©rĂ©e, a Ă©tĂ© Ă©crit Mainard, Mainnart, Maynard, Menartz, et Mesnard, et encore aujourdâhui tous les membres de la famille ne se sont pas entendus pour lâadoption dâune seule et mĂȘme orthographe. Christophe Mesnard est Fauteur de quatre branches 1° celle des barons du GuĂ©-Sainte-Flaive, Ă©teinte sous Louis XV ; 2° celle des barons du Langon, devenue lâaĂźnĂ©e ; 3e celle des comtes de Mesnard ; 4° celle des seigneurs de la Clave. MESNAR D-LA-B AROTIĂRE 179 Pendant plus d'un siĂšcle , les annales du bourg de la BarotiĂšre et celles des seigneurs nâoffrent rien qui paraisse devoir ĂȘtre signalĂ©, si ce nâest les touchants rapports inspirĂ©s par la charitĂ© chrĂ©tienne qui ne cessĂšrent dâexister entre les seigneurs et les habitants de la BarotiĂšre. En 1766, Alexandre-Bonaventure de Mesnard, chevalier de Saint-Louis, arriĂšre petit-fils de Christophe et qui avait pendant la Guerre de sept ans pris part aux batailles de Crevelt, de Lut- zelberg oĂč il fut blessĂ© et Ă celle de Corbach, obtint lâĂ©rection en comtĂ© de Mesnard de la terre de la BarotiĂšre, fut en 1772 brevetĂ© mestre de camp de cavalerie, nommĂ© en 1777 capiÂŹ taine des Gardes de 1a. Porte de M. le comte de Provence, et en 1788 marĂ©chal de camp. Son fils aĂźnĂ©, le comte Edouard de Mesnard, capitaine en survivance des gardes de la Porte de Monsieur, Ă©pousa en 1784 Louise-JosĂ©phine de Caumont-la-Force, petite-fille de la Mâ" de Gaumont, gouvernante des enfants de M. le comte dâArtois. Mlle de Caumont-la-Force, dont le portrait a Ă©tĂ© conservĂ©, Ă©tait dâune grande beautĂ©. Elle avait 12 ans lors de son mariage et son mari 17. Aussi raconte-t-on que M. et Mme de Mesnard allant, avec le Mis et la Mi,B de Chabrillan, rendre visite au marĂ©chal de Richelieu, le vieux marĂ©chal leur dit galamment que le nombre de ses annĂ©es dĂ©passait celui rĂ©uni des jeunes visiteurs. Le second fils, Charles de Mesnard, nĂ© Ă Luçon en 1769, fut en 1784 Ă lâĂcole militaire de Paris, camarade de NapolĂ©on Bonaparte. Par la loi des contrastes, des liens dâamitiĂ© se formĂšrent entre eux. Nous arrivons Ă la RĂ©volution française, qui devait en VendĂ©e bouleverser toutes les existences. La comtesse Edouard de Mesnard Ă©tait Ă Valenciennes, lorsque M. le comte dâArtois y vint aprĂšs la prise de la BasÂŹ tille attendre ses fils, le duc dâAngoulĂȘme et le duc de Berry ; elle fut une des premiĂšres Ă Ă©migrer avec sa sĆur, la comtesse de Balbi. 180 CHATEAUX DE VENDĂE BientĂŽt le comte de Mesnard, avec ses deux fils Edouard et Charles, prit lui-mĂȘme le chemin de lâĂ©migration. Il remplit quelque temps Ă lâarmĂ©e des Princes les fonctions dâadjuÂŹ dant gĂ©nĂ©ral. Lorsquâil mourut Ă Coblentz, le 18 mars 1792, M. le comte de Provence, qui l'affectionnait beaucoup, lui fit faire de belles obsĂšques malgrĂ© la pĂ©nurie de ses ressources. Edouard et Charles de Mesnard, munis de faux passeports, traversant la France, vinrent Ă la BarotiĂšre porter des conÂŹ solations Ă leur mĂšre et Ă leur sĆur, Mme de MahĂ©, Ă qui Edouard confia la garde de son fils,, le petit Ladislas. Sa fille ZĂ©nobie Ă©tait restĂ©e Ă Coblentz avec sa mĂšre. Les deux frĂšres parvinrent Ă sâembarquer Ă Boulogne pour Ostende, dâoĂč ils gagnĂšrent lâarmĂ©e des Princes et prirent part Ă la campagne de Valmy. BientĂŽt la VendĂ©e allait se soulever contre la Convention. La plus grande partie des habitants du bourg de Mesnard se joignit, soit Ă lâarmĂ©e de Charette, soit Ă la grande armĂ©e vendĂ©enne. Mâe la comtesse de Mesnard, sa fille Mm* de MahĂ© et le petit Stanislas suivirent la grande armĂ©e. DĂ©jĂ le chevalier de Mesnard, seigneur de la SicaudiĂšre, prĂšs Chantonnay, ancien officier Ă la LĂ©gion de Damas et beau- frĂšre de Mma de Mesnard, avait Ă©tĂ© tuĂ© le 29 juin 1793 Ă lâatÂŹ taque de Nantes. La marquise de la Rochejaquelein parle dans ses MĂ©moires du triste Ă©tat dans lequel elle vit au pasÂŹ sage de la Loire la comtesse de Mesnard, qui devait mourir Ă Ingrandes, et du dĂ©vouement de sa fille. Pendant ce temps, la terre de Mesnard avait Ă©tĂ© mise sous le sĂ©questre, mais, en raison du dĂ©vouement que les habiÂŹ tants du bourg portaient Ă la famille de leurs anciens seiÂŹ gneurs, aucun acquĂ©reur de biens nationaux nâosait se risquer Ă lâacheter. Toutefois, le chĂąteau fut incendiĂ© par deux soldats rĂ©publicains du camp des Quatre chemins de LâOie. Cet incendie ayant Ă©tĂ© commis pendant une trĂȘve, les deux coupables furent passĂ©s par les armes. Revenons au comte Edouard de Mesnard. AprĂšs avoir vĂ©cu propres Ă rendre agrĂ©able dans la sociĂ©tĂ©, vient natuÂŹ rellement Ă lâesprit quand on Ă©voque la mĂ©moire de M. HanaĂ«l Jousseaume. D'excellentes maniĂšres du monde, de lâesprit de sociĂ©tĂ©, une grande urbanitĂ©, des connaissances assez Ă©tendues en toutes choses pour pouvoir en causer avec ceux qui les posÂŹ sĂšdent le mieux, un cabinet, des livres, des collections, telle Ă©tait au temps de Louis XIV lâidĂ©e quâon se faisait dâun honÂŹ nĂȘte homme, et celle que de nos jours M. HanaĂ«l Jousseaume a si bien rĂ©alisĂ©e. NĂ© Ă Fontenay-le-Comte au commencement du siĂšcle 1809, sur ce coteau boisĂ© de Jarnigande oĂč Collardeau avait fait sa demeure, M. HanaĂ«l Jousseaume manifesta de trĂšs bonne heure un goĂ»t dĂ©cidĂ© pour lâĂ©tude. Les succĂšs quâil avait obtenus au collĂšge de sa ville natale, puis au lycĂ©e Saint- Louis Ă Paris, pouvaient lui faire espĂ©rer un brillant avenir, si les circonstances favorisaient ses aptitudes. Fils dâun ancien procureur du roi de la sĂ©nĂ©chaussĂ©e de Fontenay, la carriĂšre de la magistrature lui Ă©tait naturelleÂŹ ment ouverte. 11 fit son droit. Sa licence obtenue, il allait dé buter comme juge auditeur, quand la rĂ©volution de 1880 vint renverser toutes ses espĂ©rances dâavenir. Les fils des anciens serviteurs des Bourbons nâĂ©taient guĂšre en faveur Ă cette LA VENTE HANAĂL JOUSSEAUME 221 Ă©poque. AprĂšs une pseudo-tentative de conspiration qui lui valut un court emprisonnement au donjon de Niort, M. HanaĂ«l Jousseaume se rĂ©signa assez facilement Ă jouir des loisirs que lui laissaient une fortune indĂ©pendante et une enviable situation de famille. A part quelques voyages Ă lâĂ©tranger â en Italie avec M. de Rochebrune â il ne quitta plus Jarnigande, oĂč sa retraite fut si calme et si exempte dâorages que la mort sembla lâoublier jusquâau 29 mars dernier, aprĂšs lui avoir fait la grĂące au bout de 89 annĂ©es dâexistence, de lui laisser toutes ses facultĂ©s intellectuelles. Gomme on le voit un homme aussi heureux nâa pas dâhisÂŹ toire, et je nâaurai plus quâĂ souhaiter une pareille vie aux lecteurs delĂ Revue, si je ne tenais Ă parler des collections dont la vente a eu lieu Ă Fontenay du 23 mai au 4 juin dernier. M. HanaĂ«l Jousseaume nâa jamais eu ce quâon appelle en argot du mĂ©tier le flair du collectionneur, ce sens spĂ©cial qui valut Ă Benj. -Fillon la possession de si belles piĂšces, Ă M de Rochebrune quelques-uns des trĂ©sors de Terre-Neuve. Il collectionnait pour collectionner, achetant du premier venu le bibelot rare ou non, conservĂ© ou dĂ©tĂ©riorĂ©, quâon venait lui prĂ©senter Ă Jarnigande. Souvent il partageait avec son voisin de Terre-Neuve lâaubaine de quelque dĂ©couverte, ou profitait de ses indications pour acquĂ©rir quelque piĂšce qui ne rentrait pas dans le genre des collections du maĂźtre aquaÂŹ fortiste. Gomme il opĂ©rait Ă lâĂąge dâor du collectionneur, il eut parfois des bonnes fortunes, telle que celle dâun panneau de tapisserie du XVIe siĂšcle payĂ© 30 francs et vendu 285 francs Ă la vente, ou de cette agraphe mĂ©rovingienne dont M. de Rochebrune doit prochainement graver le dessin pour les lecteurs de la Revue et qui figura Ă lâexposition de 1878 dans les vitrines de Benj. -Fillon. Les faĂŻences et porcelaines formaient lâappoint le plus conÂŹ sidĂ©rable de la collection. Pour M. HanaĂ«l Jousseaume, en ce genre, tout Ă©tait bon depuis le vieux Chine jusquâaux asÂŹ siettes Ă©brĂ©chĂ©es fabriquĂ©es Ă Marans ou Ă lâĂźle dâElle. Citons TOME XI. â AVRIL, MAI, JUIN. 15 LA VENTE HANAEL JOUSSEAUME 222 Un encrier en porcelaine de Chine avec monture Louis XVI eh bronze dorĂ© 255 francs. â Six assiettes, dĂ©cor corbeilles fleurs 93 francs. â Deux bouteilles dĂ©cor bleu, fond blanc, avec monture du temps en bronze dorĂ© 100 francs. â Une tasse et une soucoupe en porcelaine des Indes, portrait de Willen vanHaren 56 francs. Un pichet de Nevers gros bleu, dĂ©cor blanc fixe et jaune, anse torse ; 160 francs. â Une Ă©cuelle gros bleu, mĂȘme dé cor 80 francs. â Trois assiettes patronymiques 40 francs. â Douze assiettes patriotiques 60 francs. Un sucrier Ă poudre de Rouen, dĂ©cor aux cinq couleurs 120 francs. â Un lĂ©gumier de Marseille avec lĂ©gumes en relief 55 francs. â Deux pots Ă pharmacie, dont lâun avec lâinsÂŹ cription Fait Ă Mar ans chez M. Rousain, citĂ© par Fillon dans Y Art de terre 34 francs. â Un vase trouvĂ© Ă Nalliers, en terre, revĂȘtu de vernis vert, XIV* siĂšcle ? de destination indĂ©terÂŹ minĂ©e 70 francs. Dans tles objets de vitrine, le verre Ă pied du XVII* siĂšcle oĂč la tradition veut que le bon roi Henri IV ait trempĂ© les lĂšvres, quoique sa facture le fasse remonter Ă une Ă©poque plus rĂ©cente, a fait retour au chĂąteau du Parc-Mouchamp pour 70 francs. Parmi les Ă©maux, assez mal conservĂ©s, un baiser de paix du XVI* siĂšcle sâest vendu 100 francs. â Une rĂąpe Ă tabac Louis XIV avec portrait de femme 45 francs. Lâargenterie prĂ©sentait une importante paire de flambeaux Louis XVI, Ă feuilles dâacanthes sur la base, Ă guirlandes sur la colonne 580 francs. â Deux flambeaux Louis XV 255 francs. â Un porte-huilier Empire 100 francs. â Un service Ă toilette Louis XIV, plateau, boĂźte Ă savon, boĂźte Ă poudre 305 francs. Les deux rapiĂšres du XVIe et XVIIe siĂšcle, quoique restauÂŹ rĂ©es ont fait 120 et 70 francs. â Deux appliques Louis XVI en bronze dorĂ© 125 francs. â Deux appliques Louis XV, Ă une lumiĂšre, trĂšs belles 125 francs. Un mortier en bronze du XV* siĂšcle a atteint 62 francs et LA VENTE HANAEL JOUSSEAUME 223 trois petites statuettes polychromes en faĂŻence rochelaise 90 francs. Il y a peu de chose Ă dire du mĂ©dailler. En dehors de quelques piĂšces dâor, dont les plus belles Ă©taient deux Faus- tine vendues 62 et 65 francs, les cartons renfermaient peu de raretĂ©s. A signaler nĂ©anmoins une importante collection de piĂšces romaines du IIIe siĂšcle provenant de la dĂ©couverte du Veillon. Les tableaux nâoffraient guĂšre que des copies consciencieuÂŹ ses exĂ©cutĂ©es par les artistes fontenaisiens Texier et Birotheau. Quelques-unes, de bonne facture, ont Ă©tĂ© adjugĂ©es Ă des amateurs avisĂ©s qui nâauront pas lieu de regretter leur achat La belle jardiniĂšre, de RaphaĂ«l, sâest vendue 45 francs. â Le Mariage de la Vierge , de Vanloo 50 francs. â Les berÂŹ gers d'Arcadie , du Poussin 130 francs. â Marie de MĂ©dicis , de Rubens ; 10$ francs. â Laure de Noves , 50 francs. Le numĂ©ro 156, cataloguĂ© Ă tort Amours couronnant un mouton, charmante peinture sur bois reprĂ©sentant JĂ©sus et saint Jean-Baptiste, portait au dos la signature et le cachet de Pierre de Nivelle, Ă©vĂȘque de Luçon. Cette jolie piĂšce proveÂŹ nant des collections Fillon, y est rentrĂ©e pour 55 francs. Les meubles, comme toujours ont Ă©tĂ© trĂšs disputĂ©s. Une trĂšs belle pendule Louis XIV, Ă©caille verte avec des cuivres superbes, est entrĂ©e dans les collections de Terre-Neuve pour 505 francs. Une pendule Louis XIV, marqueterie de Boule sâest vendue 300 francs. â Deux bahuts Renaissance Ă inÂŹ crustations de nacre 300 et 250 francs. â Une console Louis XVI 80 francs. â Une jolie table-guĂ©ridon Louis XVI avec bronzes et galerie 210 francs. â Deux chaises rĂ©gence recouvertes de soie 175 francs. â Deux chaises Louis XV, en tapisserie au point 135 francs. â Deux fauteuils Louis XV, tapisserie dâAubusson, fleurs et roses 635 francs. Les gravures, en trĂšs grand nombre, Ă©taient presque toutes en retirages modernes, ou en Ă©preuves de colportage. Le voiÂŹ sinage et lâexemple de M. de Rochebrune nâavaient pas rĂ©ussi 224 LA VENTE HANAEL JOUSSEAUME Ă apprendre Ă M. HanaĂ«l Jousseaume Ă discerner une bonne dâune mauvaise Ă©preuve. Pourtant il avait eu lâheureuse idĂ©e de conserver en album un choix de petites Ă©preuves dâessai de lâaquafortiste fontenaysien, qui sâest vendu 100 francs. Je ne prolongerai pas cette description dĂ©jĂ longue par lâĂ©numĂ©ration de la bibliothĂšque, dont le catalogue trĂšs dé taillĂ©, pourra renseigner sur les goĂ»ts bibliophilesques de son possesseur. Pourtant il faut citer un Noviim Testamentum , de Gryphe, 1569, dans une charmante reliure de Clovis Ăve, malheureuÂŹ sement restaurĂ©e 45 francs. â Un curieux album de porÂŹ traits de la Restauration, lithographiĂ©s par Crespy le Prince, ancien officier dâĂ©tat-major, oncle de M. HanaĂ«l Jousseaume 32 francs. â Les MĂ©tamorphoses dâOvide, 1708, in-f° aux armes du duc de Richelieu 20 francs. â Une jolie reliure de ThouÂŹ venin sur un BĂ©ranger de 1825 14 francs. â Paris mariĂ© , de Salzac, vig. de Gavarni, brochĂ©, couvert. 20 francs. â PluÂŹ tarque , de Michel de Vascosan, 1565, in-f°, vĂ©lin vert, tr. dorĂ© bel exempl. 22 francs, â Une reliure trĂšs fraĂźche de Simier aux armes de la duchesse de Berry 20 francs. â Un calenÂŹ drier de la Cour en maroquin, aux armes de Marie-Antoinette, mal conservĂ©, 21 francs. â Les Français de Curmer, avec le Prisme, figures coloriĂ©es 55 francs. La collection des livres relatifs au Poitou et la VendĂ©e offrait quelques raretĂ©s Compte de gestion et dâadministraÂŹ tion du directoire de la VendĂ©e, 1792 16 francs. â Un manusÂŹ crit autographe de Benj. -Fillon sur les familles alliĂ©es Ă celle de François ViĂȘte 20 francs. â Recherches historiques sur la famille Alaynard-Mesnard avant le carton de la page 108 ; 63 francs. â Les NoĂ«ls de Gusteau, 1776incomplets 10 francs. Notices et documents historiques , de Marchegay 44 francs. â Souvenirs du baron de MĂ©nard, Ă©cuyer de la duchesse de Berry , 3 vol. 51 francs. â Une rĂ©union de facturas de MĂ©riel Bucy, du Mans, prĂȘtre anticoncordataire, apologiste de la Petite Ăglise, 1817-1816 21 francs. LA VENTE IIANAEL JOUSSEAUME 225 Les grandes collections se sont vendues relativement bon marchĂ© V Histoire des peintres de Ch. Blanc, 130 francs. â Le Tour du monde complet ; 135 francs. â etc. Au rĂ©sumĂ©, les livres ont produit environ 6,300 francs et le reste de la vente 26000 francs, rĂ©sultat apprĂ©ciable pour une collection oĂč pas un prix dâadjudication nâa atteint 1000 francs. Il est vrai quâaucune piĂšce nâavait Ă©tĂ© retirĂ©e avant la vente, et que le commerce dâantiquitĂ©s a volontiers achetĂ© dans cette collection dâobjets anciens et non truquĂ©s. La vente Ă©tait trĂšs habilement dirigĂ©e par M. Denis, comÂŹ missaire priseur Ă Fontenay-le-Gomte. M. Glouzot, pour les livres, M. Ledoux^ pour les objets dâart et les curiositĂ©s, avaient Ă©tĂ© choisis comme experts. J EF. r>ry A mon ami. Monsieur A... de L. V... Jusque vers la moitiĂ© du XVIIe siĂšcle, il n'existait pas plus en France que dans les pays Ă©trangers d'armĂ©e proprement dite. Avant la fin du Moyen-Age, lâarmĂ©e se composait de quelques Forces Permanentes , de V ArriĂšre-Ban, des Francs- Archers et des Milices. Les Forces Permanentes consistaient en petits corps de cavalerie dits Compagnies d'ordonnances, â formĂ©s sous Charles VI en 1439. On les nommait ainsi Ă cause des ordonnances qui les avaient créées â et en dĂ©tachements dâinfanterie dits Mortes-Payes , occupant les chĂąteaux forts et dont les gouverneurs des villes et des provinces faisaient leurs estafĂźers. V ArriĂšre-Ban comprenait tous les possesseurs de terres nobles, gentilshommes ou annoblis mĂȘme les ecclĂ©siastiques possĂ©dant un fief. Ils devaient marcher et fournir sous leurs banniĂšres un nombre de cavaliers armĂ©s dĂ©terminĂ© par lâimportance de leurs fiefs. TouÂŹ tefois, Ă dater de Philippe-Auguste il fut interdit aux abbĂ©s de serÂŹ vir en personne aux armĂ©es. Ce service ne comportait pas de solde et Ă©tait une cause de ruine pour la noblesse. Lâinstitution de lâarÂŹ riĂšre-ban subsista presque jusquâĂ la RĂ©volution ; en quelques proÂŹ vinces, une convocation fut faite en 1759. Les Francs-Archers avaient Ă©tĂ© créés sous le rĂšgne de Charles VII par lâordonnance de MontilslĂšs-Tours en 1448. CâĂ©taient des fantassins fournis, Ă©quipĂ©s et soldĂ©s par les paroisses rurales. Us Ă©taient exempts de taille et devaient tous les dimanches sâexercer Ă tirer de l'arc. A leur crĂ©ation, LE RECRUTEMENT DE LâANCIENNE ARMĂE 227 ils portaient un casque, un justaucorps en cuir matelassĂ© de laine, une dague, une Ă©pĂ©e, un arc et une trousse pour 17 carÂŹ relets ou flĂšches. Les Francs-Archers marchaient sous la conÂŹ duite de gentilshommes et formaient la rĂ©serve. Vers la fin du XVIe siĂšcle, les Francs-Archers disparurent. Louis XI reconnut les inconvĂ©nients dâun pareil systĂšme, et en 1480 il rĂ©unit dans un camp 10,000 hommes choisis dans les bandes de Francs-Archers et dâaventuriers en y joignant quelques CompaÂŹ gnies dâordonnances. Ces troupes furent exercĂ©es et partagĂ©es en bandes de 1000 hommes. Au bout de 10 ou 12 ans, cette institution disparut sauf quelques bandes qui subsistĂšrent. Louvois rĂ©tablit cette institution des Francs-Archers sous le nom de Milice, et la Milice dura jusquâĂ la RĂ©volution. Ordinairement les Milices Ă©taient fournies, Ă©quipĂ©es, soldĂ©es par les villes. Elles furent plus gĂ©nĂ©ralement composĂ©es du Tiers-Etat. CâĂ©tait la troupe auxiliaire de l'infanterie. Il fallait avoir de 16 Ă 40 ans pour ĂȘtre acceptĂ© comme milicien. Les Intendants des provinces en tenaient le contrĂŽle, et dans les appels fixaient le nombre Ă fournir par chaque commune. Les enrĂŽlĂ©s tiraient au sort ceux qui devaient partir. La durĂ©e du service Ă©tait de 6 ans. A son dĂ©part, chaque soldat recevait de sa commune 3 livres dâargent, des vĂȘtements çt du linge. LâEtat fournissait le reste de lâĂ©quipement. Les miliciens ne servaient quâen temps de guerre ; Ă la paix on les conservait sans les libĂ©rer, et les cadres Ă©taient maintenus de maniĂšre Ă pouvoir rentrer promptement en campagne. A cause de leur poltronnerie habituelle, les nobles appelaient les miliciens Francs-Taupins. Les jeunes gens du Tiers-Etat tenaient beauÂŹ coup Ă devenir officiers de milice pour avoir le droit de porÂŹ ter lâuniforme et lâĂ©pĂ©e le dimanche, et d'assister Ă la parade militaire. En cas de guerre â ils Ă©taient frĂ©quents â le Roi faisait lever en vertu de commissions, lâArriĂšre-Ban, les Francs-Archers et les Milices. AprĂšs la conclusion de la paix, ces bandes Ă©taient licenciĂ©es. Au XVIe siĂšcle on formait en temps de guerre des RĂ©giments ; 1a. paix survenant, la plupart des officiers et soldats Ă©taient congĂ©diĂ©s. 2'?8 LE RECRUTEMENT DK LâANCIENNE ARMĂE C'est au XVIIe siĂšcle que les RĂ©giments reçurent une organisation rĂ©guliĂšre et devinrent permanents. Le Roi nommait les officiers mais le recrutement nâavait pas encore dĂ©crĂ©tĂ© et les soldats ne pouvaient ĂȘtre fournis que par des enrĂŽlements volontaires. Le nombre des Bataillons ou des Compagnies augmentait ou diminuait suivant les besoins. Le capitaine d'une compagnie une fois pourvu de la Commission pour la lever Ă©tait tenu de fournir au Roi un certain nombre d'hommes en Ă©tat de servir, habillĂ©s, Ă©quipĂ©s et armĂ©s. Le Roi lui payait pour chaque homme reconnu propre au service dâabord une prime de levĂ©e puis une solde journaliĂšre en argent et en prestations. La Compagnie portait le nom de son capiÂŹ taine et Ă©tait conduite Ă la monstre Revue devant un CommisÂŹ saire des guerres qui lâagrĂ©ait Le capitaine devait tenir sa compagnie au complet et pendant les quartiers dâhiver, il avait Ă se procurer le nombre de recrues nĂ©cessaire pour remplacer les morts, les disÂŹ parus, les dĂ©serteurs. Le plus souvent les capitaines confiaient cette besogne Ă leurs Lieutenants ou Sous-Lieutenants1. Seuls, les enrĂŽlements spontanĂ©s â ils Ă©taient frĂ©quents â sâopé raient directement par officiers ; parfois ils se faisaient rares et il fallait alors organiser une sorte de chasse Ă lâhomme. Dans ce cas les chefs de corps entretenaient Ă fonctions permaÂŹ nentes surtout dans les grandes villes des recruteurs dits Racoleurs. Ces espĂšces dâentrepreneurs de levĂ©es, qui surtout Ă Paris taisaient profession, comme on disait en argot du mĂ©tier, de faire des hommes », achetaient les hommes au plus bas prix possible pour les revendre le plus cher possible aux capitaines des RĂ©giments. Ils avaient pour cela recours Ă une foule de hideuses supercheries. Les Racoleurs sâadressaient Ă tous, aux Ă©tudiants, aux ouvriers, aux commissionnaires, etc. etc., sous prĂ©texte de leur trouver une conÂŹ dition ou de leur donner de lâouvrage. LâĂ©lĂšve en mĂ©decine devienÂŹ drait chirurgien, le sĂ©minariste serait fait aumĂŽnier. Ceux qui parÂŹ mi les victimes avaient quelque ressource se rachetaient encore aisĂ©ment des mains des racoleurs. Vivant dans lâĂ©cume des citĂ©s poÂŹ puleuses, ils avaient parfois pour domicile une maison de prostiÂŹ tution, pour bureau de recrutement un cabaret et pour dĂ©pĂŽt un four », câest-Ă -dire un lieu Ă©cartĂ© oĂč ils gardaient sous clefs jusquâĂ la nuit les malheureuses victimes quâils avaient saisies et enivrĂ©es en les faisant boire Ă la santĂ© du Roi. Moyennant le prix, ils les li- ' Camille Rousset, Vie de Louvois . tome i, page 183, et gĂ©nĂ©ral Susanne, Histoire de lâancienne Infanterie française , tome n, p. 221. „VJS A LA belle jeimssi] m 1 ol,r fbrmer unc Nouvelle' Compagnie. D U ROI, i N F A N T E RI E- C O M PAG N 1 E de Mon] leur D E Ma S Q V I SA ,S T. D ÂŁ P A R L E R O /. Ă -*** X fait lavoir il routes per tonnes , de quelque qualitĂ© fit condition quelles puiffĂ«nt ĂȘtre , qui voudront prendre Parti dans le DU ROI, Infanterie , Oompagnic de Mon freur de M a i%iy M ». âą; quâelles n'auront qu'Ă s'adrelĂźcrsu Sieur de *ud te on y a la facilite dâapprendre les MathĂ©matiques 5c je ! >-.Te»n , la»»* qu'd ca fcoĂ»te rien. Les Enfants de Famille feront diftingĂŒcs. par un p * crie» xr> *âą L 'i*** âą ^TambpUIrs. Le Sieur de ROM! OR T engage au lf. pour . rĂŻcOmfĂč&SiĂŻjfct qMonfieur Capitaine audit Les i r... ' e >.> a v- ... 7s . "\ .-'"V- . c e ,*ĂŽ 'Sar c y ~ V - . A^.uc ' V'v >VV ** -* 4-^V f »>ji> l> iU%. C° f' j . âą * & Ă,** >.-âą=âą 4,,^^ * * v'*Ă©VU»rf- V- ;.n **'H. r C v. .>-Ăźuiâv..V J lir a Ai. ; âą k -s * c * â .1 * \M â ' * V U ftttll j » i I - '» fiĂ ' J'fiiXâ4'J\i *»> » *;» i\ { il * .v» i'»* U* Ht* ,u lĂč** ir/ĂŻ' * Sf\ '- rcVo!. ' Vi l* - .âą ; Kj âą = * * âąĂźs>. * $JI âą - »â„ * *». A i y âą ' ' Ăźiwt ;,-' âąâąâąâą' v- v ;.HiS f>- m ** ' / A*'4i / . / , , . . . yjT' .. v. â âąâą . '* '-âą' "V 'i > v , >Ăż, âąâą i/ - 'âą Vv ;;... . ' Bffs» -/-âe DĂ©charmes, mĂšre du gĂ©nĂ©ral de division de ce nom, Ă©tait fille du docteur Boucher, le distinguĂ© mĂ©decin dont les vieux Yonnais se souviennent. L' Avenir-Indicateur N° du 8 juin nous apprend enfin la mort de notre compatriote M. CHABOT-KARLEN, inspecteur-gĂ©nĂ©ral au ministĂšre de l'Agriculture, chevalier de la LĂ©gion d'honneur et du MĂ©rite agricole, officier dâAcadĂ©mie. Nous apprenons de mĂŽme, au moment de mettre sous presse, celle du gĂ©nĂ©ral POTIRON dk BOISFLEURY, qui avait Ă©pousĂ© Mllc de Pui- berneau, fille de l'ancien et tant regrettĂ© dĂ©putĂ© de la Roche-sur- Yon. DĂ©cĂ©dĂ© Ă Montpellier, oĂč ses obsĂšques ont eu lieu sous la prĂ©sidence de Mgr de CabriĂšres, le gĂ©nĂ©ral de Boisfleury a Ă©tĂ© inhumĂ© Ă FougerĂ© VendĂ©e. CHR0N1QUE-BIB LIOGRAPĂIE 249 BIBLIOGRAPHIE iciielieu a Lvçox, sa jeunesse, son Ă©piscopat , par lâabbĂ© L. Lacroix, docteur Ăšs-lettres, premier aumĂŽnier du lycĂ©e Michelet, direc- ' teur de la Revue du ClergĂ© Français. Un volume in-12. Prix 3 fr. 50. â Paris. Librairie Victor Lecoffre, rue Bonaparte, 90. De nos jours la jeunesse des grands hommes est l'objet de nomÂŹ breuses Ă©tudes bien souvent, en effet, une jeunesse laborieuse et active a prĂ©parĂ© les succĂšs de lâĂąge mĂ»r. Câest ce que prouve claireÂŹ ment le bel ouvrage de M. Lacroix. Il lâa fait dâailleurs en sâentourant de tous les documents qui pouvaient lâaider, en compulsant non seuÂŹ lement les manuscrits et imprimĂ©s des bibliothĂšques publiques, mais encore les archives de la lamille de Richelieu, oĂŒ une permisÂŹ sion gracieuse lâa laissĂ© pĂ©nĂ©trer. Tout dans ce livre est exact et cependant que de faits surprenants nous sont Ă chaque instant rĂ©vĂ©lĂ©s. 11 nous montre un Richelieu abÂŹ solument inconnu Câest un prĂ©lat aimable, sĂ©duisant par le charme de sa jeunesse et les grĂąces de son esprit, doux et aftable pour tous ceux qui lâapprochent, rĂ©gulier dans ses moeurs, sincĂšrement pieux, juste et ferme dans son administration, mais en mĂȘme temps acÂŹ cueillant, hospitalier et serviable pour tous ses amis. Chose plus surprenante encore ! il a dĂ©jĂ choisi les hommes quâil chargera plus tard dâexĂ©cuter ses desseins. Ce sont des amis quâil sâest attachĂ©s pendant son Ă©piscopat et quâil a pu former de longue main. Aussi, quand il arrive au pouvoir, en 1624, il y vient avec un programme nettement arrĂȘtĂ© et un personnel dont lâintelligence et le dĂ©voueÂŹ ment lui sont connus depuis longtemps. Souvenirs du Bocage VendĂ©en. â Le R. P. Roux, chanoine rĂ©gulier de Latran, avait publiĂ© lâan dernier Fleurettes du Bocage VendĂ©en. Il vient de faire paraĂźtre Ă lâImprimerie de LigugĂ© un nouveau recueil de vers, sous ce titre Souvenirs du Bocage VendĂ©en , ornĂ© dâeaux fortes de lâĂ©minent maĂźtre M. O. de Rochebrune et de jolies vignettes. Câest un rĂ©gal des yeux. Câest surtout un rĂ©gal de lâesprit et une joie du cĆur. Dans sa lettre de dĂ©dicace au Mi3 de la Rochejaquelein, le R. P. Roux dit Henri de La Rochejaquelein, plus que tout autre, per- 250 CHRONIQUC-BlBLIOGRAPHIlĂŻ sonnifie lâamour du troue et de lâautel. Cette sublime idĂ©e faisait battre le cĆur de la VendĂ©e. » A l'heure oĂč certains Ă©crivains de mauvaise foi sâacharnent Ăč contester le double caractĂšre catholique et royaliste de la guerre de VendĂ©e, le R. P. Roux a fait Ćuvre dâhistorien â quoique poĂšte â en rĂ©tablissant la vĂ©ritĂ©. Nous lui en sommes profondĂ©ment reconÂŹ naissant. Il faut lire ce livre dâun bout Ă lâautre. Lecture bien Ă©motionnante et bien rĂ©confortante. PensĂ©es admirables et vers magnifiques ! On se sent revivre ces jours glorieux, pendant lesquels les gĂ©ants de la VendĂ©e â comme les appelait NapolĂ©on â Ă©crivirent une des plus belles pages de lâhistoire de France. Le recueil contientune cinquantaine de poĂ©sies dont voici quelques titres L'Ăąme dâun peuple. â Ccithelineau. â Vive le Christ 1 Vive le Roi! â Rende z-moi mon Dieu ! â La messe au fond des bois. â Pierre Bibard. â Les soldats de Marigny . â Henri de la Rocheja- quelein. â La Maudite. â Mort de Slofflet. â Charelte. â EspĂ©rance. Tous les lettrĂ©s, tous les artistes, tous les catholiques, tous les bons Français voudront voir ce beau volume, lire cet Ă©mouvant ouvrage qui se trouve chez lâauteur 10 fr., Ă Notre-Dame de Beau- chĂȘne par Cerizay. â Si nous en jugeons par les premiĂšres bonnes feuilles quâa bien voulu nous communiquer le R. P. BlutĂ©, lâaimable directeur de lâimÂŹ primerie de lâabbaye de LigugĂ©, le volume de notre distinguĂ© comÂŹ patriote, M. le comte de Chabot, La chasse Ă travers les Ăąges, s'annonce comme un gros succĂšs, tant par lâĂ©rudition du texte que par la multiplicitĂ© et lâintĂ©rĂȘt des gravures dont il est ornĂ©. En bon VendĂ©en quâil est, M. de Chabot y a donnĂ© une large place au Bas-Poitou. Nous espĂ©rons pouvoir en fournir quelques preuves dans un prochain numĂ©ro. â Le 1er volume de la nouvelle Ă©dition des MĂ©moires d'Outre- Tombe , publiĂ© par notre Ă©minent compatriote, M. Edmond BirĂ©, vient de paraĂźtre chez Garnier. Nous en donnerons de mĂȘme quelques pages dans notre prochain fascicule. â Du mĂȘme lettres inĂ©dites de Lamennais Ă Montalembert, â dans la Gazette de France , du 21 mars. Lacomtesse de Beaumont, la marquise de Cusline et la Duchesse de Duras dâaprĂšs un rĂ©cent livre de A. Bardoux, â dans la Gazette du 30-31 mai. CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIE 251 Une amie de la reine Hortense La marquise de Cernay, par H. Thirria, â dans l'Univers du 3 mai ; Les deux frĂšres Lamennais, dang celui du 30-31 . â Dans le Bulletin de la SociĂ©tĂ© des Antiquaires de lâOuest t. ix, 4e trim. 1897 Chantoceaux et les Tiffailles , rĂ©plique de M. A. RiÂŹ chard Ă lâarticle de M. LiĂšvre. M. Richard conclut que 1° Le Sellense castrum de GrĂ©goire de Tours et le Castrum celsum delĂ Chronique de Saint-Maixent, ne sont quâune seule et mĂȘme localitĂ©, qui est Chantoceaux ; 2° Chantoceaux fut le siĂšge dâun Ă©vĂȘchĂ© temporaire. FormĂ© pour le duc Austrapius avec quelques paroisses distraites de lâĂ©vĂȘchĂ© de Poitiers ; 3° Les TaĂŻfales, meurtriers d'Austrapius, occupaient larĂ©gion qui de leur nom sâest appelĂ© le pays de Tiff auges ; 4° Les lieux dits du Poitou portant le nom de Tillaille le doivent Ă leur occupation primitive par des TaĂŻfales. â M. Joseph Rousse, le distinguĂ© conservateur de la BibliothĂšque publique de Nantes, a rĂ©uni en brochure in-4° de 13 p., Nantes, Guistâhau, 1898, la prĂ©cieuse notice quâil a consacrĂ©e dans la Revue Nantaise au gĂ©nĂ©ral vendĂ©en Louis GuĂ©rin, sous ce titre Un chef d' insurgĂ©s bretons. GuĂ©rin est nĂ©, en effet, Ă Saint-Hilaire-de-ChalĂ©ons, oĂč faut il lâaÂŹ vouer? son nom est aujourdâhui presque ignorĂ© 1 Digne lieutenant de Charette, il succomba glorieusement Ă la tĂȘte des siens, le 25 sepÂŹ tembre 1795, Ă lâattaque de Saint-Cyr-en-Talmondais. â M. lâabbĂ© II. Boutin, vient de clore, en mĂȘme temps que la. trĂšs intĂ©ressante notice consacrĂ©e Ă Saint-Laurent-sur-SĂšvre , le IIIe volume des si prĂ©cieuses Archives du diocĂšse de Luçon , dont il poursuit la publication avec une remarquable Ă©rudition. Ce volume, nous aimons Ă le rappeler, est entiĂšrement consacrĂ© Ă Mortagne et Ă son canton. Silhouettes de dĂ©putĂ©s. â M. RenĂ© Vallette a, sur lâaimable demande de la direction de ce journal, publiĂ© dans le VendĂ©en de Paris , de mai dernier, les silhouettes Ă la plume des nouveaux dĂ©putĂ©s de la VendĂ©e. Nous nâen citerons quâune, celle de M. le docÂŹ teur Bourgeois, afin de bien prouver au public vendĂ©en le peu de cas que nous taisons ici de la mesquine et sourde guerre menĂ©e contre nous par la VendĂ©e historique ; 252 C1IR0NIQU E-BIBLIOGRAPHIE Le docteur Paul Bourgeois. Le vĂ©tĂ©ran de la reprĂ©sentation vendĂ©enne. MĂ©decin et poĂšte, joue avec une Ă©gale habiletĂ© du chalumeau et de la lancette. Petit dis dâun officier du grand Charette, dĂ©fend avec une semÂŹ blable vaillance les intĂ©rĂȘts de sa circonscription. TrĂšs intelligent, trĂšs sympathique, a dĂ©couragĂ© tous ses conÂŹ currents. Entre temps, maire de la Verrie et vice-prĂ©sident du Conseil gĂ©nĂ©ral. Ne compte partout que des amis. » * Profitons de l'occasion pour donner une juste satisfaction Ă M . Deshayes, dĂ©putĂ© et maire de Luçon, et le fĂ©liciter de tenir, comme il nous lâĂ©crit, aussi ardemment Ă son Ă©vĂȘchĂ© quâĂ ses faĂŻences. â A lâoccasion de la fĂȘte du 137° eu garnison Ă Fontenay, le capitaine Rossignol a composĂ© une belle et martiale cantate publiĂ©e pari ' Avenir Indicateur, et dont nous aimons Ă redire ces deux jolis couplets Avides dâhonneur et de gloire, Casque en tĂȘte, aiquebuse en main, Nos aĂŻeux suivaient le chemin Qui les menait Ă la victoire. La victoire leur a souri, Pour eux facile Ă©tait la tĂąche Car ils suivaient le blanc panache Le panache du roy Hem y. Nous sommes la vaillante race De ces ancĂȘtres valeureux, FidĂšles et dĂ©vouĂ©s comme eux. Nous jurons de suivre leur trace. Quant au grand jour du dĂ©vouement Nous marcherons Ă la frontiĂšre, Nous redirons leur cri de guerre Dieu 1 la France et le rĂ©giment. â La Revue historique de l'Ouest , dont lâaimable et savant direcÂŹ teur vient dâĂȘtre brillamment réélu dĂ©putĂ© de Vannes, continue la publication do curieuses Notes d'Etat civil extraites par notre ami, le marquis de SurgĂšres, des Registres des paroisses de lâarrondissement de Nantes, dont les archives ont Ă©tĂ© dĂ©truites pendant la RĂ©volution. GRAPHIE 253 Le n° de mars-avril contient celles de la paroisse de Vieille-Vigne. Nous y relevons de nombreux noms appartenant au Bas-Poitou âą tels ceux des Puitesson, Baudry-cC Asson, Darrot, de Puiberneau, de Gazeau , de Monsorbier , Servanteau de la BruniĂšre, de Chabot , de Rorthays, e te... â De notre collĂšgue et ami, M. A. de la BouraliĂšre Chapitre ré trospectif sur les dĂ©buts de V imprimerie Ă Poitiers Paris, Paul et Guillemin, 1898, grand in-3° de 50 p. avec fac-similĂ©. Curieux chapitre de savante bibliophilie, qui devait servir dâintroÂŹ duction Ă lâĂ©tude que lâauteur prĂ©pare sur les Imprimeurs et les libraires de Poitiers au XV P siĂšcle , et dont la publication se trouve retardĂ©e par diverses causes. Nouvelle rĂ©ponse au premier travail de M. Claudin discutĂ© ici mĂŽme et avec tant dâautoritĂ©, par notre ami E. Bourloton. â M. lâabbĂ© ChĂątry, lâaimable et fin poĂšte vendĂ©en, vient de ciseler k la mĂ©moire du tant regrettĂ© curĂ© de Pouzauges, M. lâabbĂ© Brouard, une StĂšle mortuaire », faite de nombreuses et jolies strophes, qui dĂ©butent par celle-ci Sur ce lĂ©ger granit de rimes cadencĂ©es, Je voudrais Ă©lever un monument pieux Au PrĂȘtre juste et bon, dont toutes les pensĂ©es Fleuraient, comme un encens qui monte vers les cieux. Le tout est Ă lire et Ă conserver prĂ©cieusement1. â Le Courrier de la VendĂ©e, des Sables dâOlonne, a commencĂ© dans son numĂ©ro du 12 mai dernier la publication en feuilleton de la Biographie du GĂ©nĂ©ral Collineau, par M. Ludovic Vallette, le regrettĂ© frĂšre de notre directeur. â De notre confrĂšre et ami, H. Renaud, sous le pseudonyme Henri de la MaldemĂŽe dans le VendĂ©en du 19 juin Souvenirs VenÂŹ dĂ©ens. â Un dĂ©barquement sur la cĂŽte de Saint- Eilaire-de-Riez 11-13 aoĂ»t 1795. â A lâoccasion de lâinauguration du monument quâon vient dâĂ©lever Ă Nantes au gĂ©nĂ©ral Mellinet, notre excellent compatriote et ami Emile Grimaud, le chantre si noblement inspirĂ© de la grande Ă©popĂ©e VendĂ©enne, a publiĂ© dans la Semaine Religieuse les charmantes stroÂŹ phes que nous nous faisons un grand plaisir de reproduire ici 1 In-8° do 4 p., Nantes, imp. Emile Grimaud, avec portrait de M. lâabbĂ© Ambroise Brouard, chanoine honoraire de Luçon, curĂ© de Pouzauges septembre 1870 â avril 1898. â AVRIL, MAI, JUIN TOME XI. 17 254 Cil HO NI QUE- BIBLIOGRAPHIE Avant lâinauguration. Nantais, soldats et chefs, nous Ă©tions dans lâattente. JâĂ©coutais, au moment oĂč lâheure enfin sonnait Un ami me disant Ă mi-voix sous la tente Certes, je connaissais ce beau nom ! Mais Ă©tant nĂ© bien loin des rives de la Loire, Jamais je nâavais vu les traits du BalafrĂ©, Si ce nâest sur la toile oĂč resplendit sa gloire, Chef-dâĆuvre que jâavais maintes fois admirĂ©. Or, un soir de NoĂ«l, jâentrais Ă Notre-Dame, OĂč lâon allait chanter la messe de minuit. Assis au premier rang, je recueillais mon Ăąme. Lorsquâun fidĂšle y vint prendre place sans bruit. JâĂ©prouvai â souvenir vivant que rien nâefface â Le plus respectueux et le plus noble Ă©moi Ce sillon martial qui labourait sa face, Mâapprenait que jâavais le HĂ©ros prĂšs de moi ! 11 suivait, trĂšs pieux, les phases de lâolfice, Par la beautĂ© du culte et des chants captivĂ©. Quand le prĂȘtre Ă©leva lâhostie et le calice, Ses deux genoux touchaient humblement le pavĂ©... J'assistais Ă la fin dâune fiĂšre Ă©popĂ©e, Fin digne du grand cĆur de lâillustre vieillard Ses mains, qui nâavaient plus Ă porter haut lâĂ©pĂ©e, Se joignaient pour prier â comme priait Bayard ! » Emile Grimatjd. 29 mai i89S. â La pĂ©riode Ă©lectorale a fait Ă©clore Ă Luçon un nouveau journal hebdomadaire ayant pour titre L'Ălecteur vendĂ©en et pour rĂ©dacÂŹ teur M. Henri Bourgeois. Ce journal a vĂ©cu, lâespace... de trois numĂ©ros. â De notre collaborateur et ami C. Puichaud RĂ©cits poitevins Niort, 1898, in-Sâ de 20 p.. Reproduction des intĂ©ressantes pages prĂ©cĂ©demment publiĂ©es dans le supplĂ©ment littĂ©raire de la Revue de l'Ouest , de Niort. â M. Louis des Aspremont lisez L. Brochet a publiĂ© dans Y Avenir- Indicateur juin 1898, le rĂ©cit des Deux siĂšges de FonÂŹ tenay par l'armĂ©e vendĂ©enne 16-25 mai 1793L chronique-bibliographie 255 â M. C. Leroux-Cesbron vient de faire paraĂźtre chez Plon l vol. in-18° de 295 p. les Souvenirs dâun maire de Village, avec une exÂŹ quise prĂ©face de notre ami RenĂ© Bazin. Curieux et original ouvrage, qui a tout lâattrait d'un roman de moeurs et est une utile contribution Ă lâhistoire intime et vraie des choses et des gens de la campagne. â De M. lâabbĂ© F. Uzureau, chapelain du Champ des Martyrs Tableau de la Province d'Anjoxi 1762-1766 ; Angers, LachĂšse et Lie 1398, in-8° de 80 p. Exlr . des MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© nationale d'A- griculture d'Angers. Manuscrit inĂ©dit â dont la publication est d'un vif intĂ©rĂȘt pour lâhistoire du pays dâAnjou. Bouquinerie vendĂ©enne. â De la Revue des autographes dâaoĂ»t 1898 330. Anjou. â VendĂ©e. â Lettre originale-, Angers, 12 juillet vers 1460, 1 p. in-fol. 12 tr. Lettre de la Chambre des Comptes dâAnjou au roi RenĂ© pour le prier de ne pas aliĂ©ner au profit de M. dâEstoges la forĂȘt de Moli- herve MalliĂšvre, VendĂ©e, c. de Saint-Laurent-sur-SĂšvre, acquise de M. de MaillĂ©. 331. Anjou. â VendĂ©e. â 3 piĂšces. â 1° Lettre originale de Jean Fournier , sieur de la GuĂȘriniĂ©re, chancelier dâAnjou et de Provence, Ă RenĂ© dâAnjou. Angers, 21 avril vers 1460, 1 p. in-4 obi. Il lui demande dâintercĂ©der auprĂšs du roi de France pour les haÂŹ bitants de la Roche-sur-Oyon La Roche-sur-Yon. 2° Lettre originale de M. de ChauviniĂšre, gentilhomme vendĂ©en, Ă RenĂ© dâAnjou j Angers, 22 sept, vers 1460, 1 p. in-4. Il se dĂ©fend d'avoir empĂȘchĂ© les gens de la principautĂ© de la Roche- sur-Yon de payer au roi RenĂ© ce qui lui est dĂ». 3° Lettre originale des gens de la Chambre des Comptes dâAnjou au roi RenĂ© -, Angers, 26 avril vers 1460, 1 p. in-fol., cachet. 15 Relative aux empiĂštements dâun procureur de la Roche-sur-Yon. â Notre confrĂšre et ami Gustave Guitton a rĂ©uni en brochure pet. in-4° de 83 p. la jolie comĂ©die en 2 actes, publiĂ©e par lui en feuilleton dans le Patriote de la VendĂ©e sous ce titre Pierrot Bû cheron . â Dans le n° de juin du toujours si aimable VendĂ©en de Paris Souvenirs VendĂ©ens. â Morlagne-sur-SĂšvre, intĂ©ressante notice historique signĂ©e Le Chercheur ». 256 â Nous sommes heureux dâannoncer Ă nos lecteurs lâapparition dâune nouvelle revue littĂ©raire dans nos provinces de lâOuest. Le Mercure Poitevin dont le premier numĂ©ro paraitra le 1er juillet prochain, rĂ©digĂ© par une Ă©lite de littĂ©rateurs et dâartistes, de la Vienne, des Deux-SĂšvres, de la Cliarente-lnfĂ©rieure et de la VendĂ©e est une tribune ouverte oĂč toutes les opinions se donneront libreÂŹ ment carriĂšre . Voici, le sommaire du 1er numĂ©ro Aux Lecteurs du Mercure Poitevin >, par P. Corneille â PrĂ©face, par Gaston Deschamps. â Marine et La barque du patron Murat, poĂ©sies, par J. Philippe. â Criminelle Vertu , nouvelle, par P. CorÂŹ neille. â Discours dâouverture Ă un cours dâesthĂ©tique religieuse, par Gustave Boucher. â Le Théùtre rĂ©volutionnaire Ă Parthenay, par H Clou/.ot. â Vieux logis et ???, poĂ©sies, par Constant Roy. â â La ronde des Korrigans, poĂ©sie, par J. Philippe . â Les Artistes Poitevins au Salon de 1898, par L. Tider-Toutant. â Impressions de Grand Prix, par Gaston Duplantier. â Lettres Poitevines , par Jan Duc. â Chronique littĂ©raire ; Chronique théùtre ; Informations. A ce nouveau confrĂšre, nous adressons les meilleurs souhaits de bienvenue. Nous souhaitons une Ă©gale bienvenue au Pays Poitevin, revue ilÂŹ lustrĂ©e dâethnographie et dâart populaire, dont le 1er numĂ©ro va incessamment paraĂźtre Ă Poitiers. Le Pays Poitevin sera dirigĂ© par nos aimables et Ă©rudits collĂšgues MVI Gustave Boucher et Constant Roy. Câest assez dire les succĂšs qui lâattendent. R. DE ThIVERĂAY. Le Directeur-GĂ©rant K. VALLETTKâ. Vannes. â Imprimerie LAFOLYE, 2, place des Lices. Dans les lusses du chĂąteau de Noirmoutier. au moment de son exĂ©cution. LA MORT DE DâELBĂE Noirmoutier , Janvier 1794 Suite et fin' La Commission militaire. LâexĂ©cution Les reprĂ©sentants du peuple, agents dĂ©signĂ©s par le ComitĂ© de Salut public, pour procĂ©der Ă lâanĂ©antisseÂŹ ment systĂ©matique de la VendĂ©e, avaient opĂ©rĂ© dĂšs le lendemain de la prise de Noirmoutier, sans dĂ©semparer. Les massacres duraient depuis trois jours. La garnison, trompĂ©e par la promesse de la vie sauve, avait Ă©tĂ© expĂ©diĂ©e la premiĂšre ; les dĂ©nonciations, les visites domiciliaires, la battue aux lapins, » avaient fait sortir des maisons, des bois et des rochers de lâĂźle, un dĂ©luge de prĂȘtres et de femmes Ă©migrĂ©es, dont le sort Ă©tait fixĂ© dâavance. Leurs cadavres encombraient le bois de la Chaise, le faubourg de Banzeau, les dunes de la Claire ; le sang innocent arrosait le pied de lâarbre de la libertĂ©. LâexĂ©cution du gĂ©nĂ©ralissime des VendĂ©ens devait terÂŹ miner la fĂȘte.». La commission soi-disant militaire » dĂ©tachĂ©e de lâĂ©tat- major de Dutruy avait Ă©tĂ© installĂ©e le 14 nivĂŽse 3 janvier, Voir la livraison de janvier 1898. TOME XI. â JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE. 18 258 LA MORT DE DâELBĂE et commençait Ă fonctionner dĂšs la matinĂ©e du 15 nivĂŽse 4 janvier. Sa mission Ă©tait nettement dĂ©finie. Carrier Ă©crivait le 2i frimaire 11 dĂ©cembre 1793 an ComitĂ© de Salut public. AussitĂŽt que la nouvelle de la prise de & NoirmoutiĂ©r me sera parvenue, jâenverrai sur-le-champ un ordre impĂ©ratif aux gĂ©nĂ©raux Dutruy et Haxo, de mettre Ă mort, dans tous les pays insurgĂ©s, tous les individus de tout sexe qui sây trouveront indistinctement et d'achever de tout incendier1. » Dutruy, dont la brigade nâopĂ©rait pas contre NoirmoutiĂ©r, sâĂ©tait rendu Ă Nantes pour confĂ©rer avec Carrier* ; il en avait reçu lâautorisation de suivre lâexpĂ©dition en amateur, on ne sait trop pour quel motif » dit Aubertin. Il Ă©tait revenu de Nantes avec des instructions particuliĂšres et traĂźnant Ă sa suite la commission militaire chargĂ©e dâopĂ©rer Ă NoirmoutiĂ©r, selon la formule de Carrier. La Commission procĂ©dait rapidement et par fournĂ©es, ne retenant que quelques chefs dans lâespoir dâen obtenir des renseignements utiles. Leurs noms, prĂ©noms et quelques indications dâĂ©tat-civil Ă©taient notĂ©s, et cette courte formalitĂ© judiciaire remplie, les condamnĂ©s Ă©taient livrĂ©s sans dĂ©la au hussard FĂ©lix, ordonnance dâun des gĂ©nĂ©raux, brute sanÂŹ guinaire, bon ouvrier de rĂ©volution, qui sâĂ©tait spontanĂ©ment offert pour lâoffice de bourreau. Câest lui qui organisait les pelotons dâexĂ©cution et achevait de sa main les victimes manquĂ©es. Les noms des membres de cette commission sont restĂ©s jusquâici inconnus. ExĂ©cuteurs serviles ou collaborateurs convaincus des Ă©gorgeurs, leurs noms mĂ©riteraient de venir sâajouter Ă la liste des bourreaux de la VendĂ©e. Ni lâadjudant gĂ©nĂ©ral Au- * Lettre de Carrier. Baguenier Desormeaux, Documents sur NoirmoutiĂ©r s, Revue du Bas-Poitou , 4e livraison 1892, p 528. â Piet, lâaide-de-camp favori de Dutruy, Ă©tait du voyage ; il dĂźna chez Carrier avec son gĂ©nĂ©ral. LA MORT DIS Ă»'eLBĂE 259 bertin, ni lâaide de camp de Dutruv, Piet, ne les ont donnĂ©s1. A peine si ce dernier dans ses mĂ©moires signale lâexistence et mentionne la terrible et sinistre besogne de la Commission militaire du 14 nivĂŽse 3 janvier. Lorsque lâadjudant gĂ©nĂ©ral Aubertin quitte lâĂźle avec sa colonne le 17 nivĂŽse 6 janvier les massacres ne sont pas terminĂ©s, la Commission fonctionne encore et le gĂ©nĂ©ralisÂŹ sime doit y comparaĂźtre le dernier. Mais rien dans le rĂ©cit cependant trĂšs circonstanciĂ© de Piet ne vient Ă©tablir cette comparution ; au contraire, il en ressort nettement que dâElbĂ©e et ses compagnons ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă la mort sans j ugement et par ordre verbal des reprĂ©sentants. Ces derniers nâauraient mĂȘme pas condescendu au simulacre judiciaire quâapportait le tribunal militaire. Cependant la note ajoutĂ©e Ă la copie de lâinterrogatoire est formelle, et ne paraĂźt laisser subsister aucun doute; elle est ainsi conçue. Ledit dâElbĂ©e a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă mort par la Commission militaire et a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ© sur la place de lâĂźle de la Montagne avec avec Boisy, Duhoux et Wieland. » Turreau Ă©crivait de Nantes Câest ici que jâai appris que dâElbĂ©e avait Ă©tĂ© fusillĂ©, en vertu dâun jugement de la Commission militaire qui nous suit. » Sans aller plus loin, ces deux principaux tĂ©moignages sufÂŹ fisent pour Ă©tablir, sinon le jugement tout au moins la comÂŹ parution du gĂ©nĂ©ralissime devant la Commission militaire. * Lâaide-de-camp de Outruy devait cependant bien les connaĂźtre. Il fut lâun des membres du ComitĂ© rĂ©volutionnaire de bonne trempe » qui foncÂŹ tionna Ă Noirmoutier du 14 nivĂŽse 3 janvier 1794 au 11 florĂ©al 3 mai 1794 Ă©poque oĂč ce comitĂ© fut transformĂ© sans changement de personnel en ComÂŹ mission militaire. Ces dates sont Ă©tablies par un rĂ©glement de comptes duÂŹ dit ComitĂ© adressĂ© Ă Bourbotte par son prĂ©sident Collinet. Ce document, produit par M. Baguenier Desormeaux, Documents sur Noirmoutier, p. 199, sâinscrit en faux contre lâallĂ©gation de Piet qui fait dater la crĂ©ation du ComitĂ© rĂ©volutionnaire seulement du jour du dĂ©part des reprĂ©sentants. Sur les Commissions militaires et ComitĂ© de surveillance de Noirmoutier, voir M' Viaud-Grand-Marais, Revue de Bretagne et de VendĂ©e aoĂ»t et sep tembre 1881 M. Alfred LalliĂ©, Les Commissions militaires de Vannes, Lafolye, 1898. 260 LA MORT DE DâeLBĂE Dans sa simplicitĂ© brutale et vĂ©ridique, la note de lâinÂŹ terrogatoire ne parle que de condamnation et dâexĂ©cution, et se tait sur le jugement. Les missionnaires de 1793 avaient imposéà tous la passivitĂ© par la peur et se vautraient dan^ lâarbitraire ; seuls ils Ă©taient arbitres de la vie et de la mort; le tribunal de parade reÂŹ cevait des ordres et ne rendait pas do jugements'. La mort sans phrases, sans grimace juridique, des vaincus peut encore se comprendre, il nâen est pas de mĂȘme de cet acte de fantaisie barbare qui fit pĂ©rir, Ă cĂŽtĂ© des chefs venÂŹ dĂ©ens et sous les balles rĂ©publicaines, lâofficier rĂ©publicain,, manifestement innocent, Wieland. Les reprĂ©sentants Ă©taient logĂ©s dans la maison de Lebre- ton aĂźnĂ©, bon patriote de Noirmoutier, quâils avaient ramenĂ© Ă la suite de lâarmĂ©e et nommĂ© prĂ©sident de la municipalitĂ©. La veille de lâexĂ©cution, ils y soupaient avec lâĂ©tat-major et, comme de coutume, lâon avait beaucoup bu. Lâentretien sâanimait sur les prĂ©paratifs du lendemain et la solennitĂ© quâexigeait le supplice des derniĂšres victimes. Il fallait un grand exemple ». D'ElbĂ©e, de Boisy et Duhoux dâHauterive devaient tous trois ĂȘtre fusillĂ©s au pied de lâarbre de la libertĂ©, devant lâarmĂ©e entiĂšre. Ce chiffre impair dĂ©plut Ă lâun des conventionnels et comme lâivresse rĂ©veillait la brute, il regrettait que la partie ne fut pas carrĂ©e. Des 1500 victimes massacrĂ©es en trois jours, il ne restait pas un royaliste oubliĂ©, et dĂ©jĂ les regards se portaient sur Lebreton, leur hĂŽte, qui tremblait5. âą Il reste acquis que les Conventionnels ont tenu Ă procĂ©der eux-mĂȘmes Ă lâinterrogatoire de dâElbĂ©e dont ils ont envoyĂ© copie au ComitĂ© de Salut puÂŹ blic le 19 nivĂŽse 8 janvier. Aucune trace nâest restĂ©e des jugements ou condamnations de la Commission militaire du 14 nivĂŽse. 2 Ce qui sauva Lebreton, ce fut la dĂ©couverte dans les papiers de Tinguy d'une lettre de Mm> Mourain de lâIIerbaudiĂšre Ă Ckarette. Elle donnait une liste des partisans de la RĂ©publique Ă Noirmoutier et Lebreton Ă©tait du nombre. Les reprĂ©sentants eurent le cynisme de lui dĂ©clarer que sans cette espĂšce de certificat d.* cvisme, câĂ©tait fait de lui. » LA MORT DE DâELBĂE 261 Eh ! s. n. d. D, dit Bourbotle, nâavons-nous pas ce traĂźtre de Wieland. Wieland Ă©tait ce chef de bataillon des chasseurs de la Manche, commandant de la place de Noirmoutier, qui surpris par Gharette, avait rendu l'Ăźle le 12 octobre 1793. Gharette avait envoyĂ© Ă Pajot 180 volontaires de la Manche, exĂ©cuteurs des reprĂ©sailles de Machecoul et fusillĂ©s pour ce motif, mais il avait mĂ©nagĂ© leur chef. TraitĂ© avec Ă©gards, Wieland avait refusĂ© de prendre parti pour la cause royaliste et Noirmoutier Ă©tait devenu pour lui une prison trĂšs douce. DĂšs leur arrivĂ©e, les reprĂ©sentants avaient fait mettre Wieland au cachot et saisi sa correspondance. Des lettres lâinvitant Ă venir passer la soirĂ©e en petit comitĂ© auxquelles il rĂ©pondait en termes courtois1 suffirent pour confirmer les soupçons de trahison qui pesaient sur lui. Son arrĂȘt de mort fut prononcĂ©. Il serait fusillĂ© le lendemain avec les trois gĂ©nĂ©raux venÂŹ dĂ©ens, comme traĂźtre et agent de dâElbĂ©e. » Les historiens ont fixĂ© au 20 nivĂŽse an II 9 janvier 1 794 la date de lâexĂ©cution du gĂ©nĂ©ralissime dâElbĂ©e et de ses compaÂŹ gnons de supplice. Ils ont adoptĂ© la date portĂ©e sur la copie de lâinterrogatoire transmis par Piet, avec la mention postÂŹ ajoutĂ©e de la condamnation et de lâexĂ©cution. Lâinterrogatoire et lâexĂ©cution ne sont pas du mĂȘme jour et aucun de ces Ă©vĂ©nements nâa eu lieu Ă la date du 20 nivĂŽse an IL Jusquâici, il nây a pas un document ni une dĂ©duction qui soient venus confirmer cette date, au contraire, un certain nombre de tĂ©moignages se rencontrent pour lâinfirmer. Il faut compter en premiĂšre ligne la preuve quâapporte la lettre des reprĂ©sentants datĂ©e du jour de leur dĂ©part de NoirÂŹ moutier le 19 nivĂŽse 8 janvier annonçant au ComitĂ© de Salut public que tout est terminĂ©, ce qui fixe lâexĂ©cution au plus tard au 19 nivĂŽse 8 janvier. !La lettre saisie chez Pineau. Baguenier Desormeaux, Documents, p. 530. 262 LA MORT EE DâkLBĂE Le gĂ©nĂ©ral en chef Turreau avait quittĂ© Noirmoutier le 16 nivĂŽse 5 janvier. Il Ă©crivait de Nantes Ă son ami de Saint- B. que lâexĂ©cution de d'ElbĂ©e avait eu lieu deux jours aprĂšs son dĂ©part de lâĂźle, ce qui, par dĂ©duction, fixerait la date au 18 nivĂŽse 7 janvier. Dâun autre cĂŽtĂ© lâadjudant-gĂ©nĂ©ral Aubertin quitta lâĂźle le 17 nivĂŽse 6 janvier et nâapprit que plus tard le supplice de dâElbĂ©e qui devait ĂȘtre fusillĂ© le dernier. Ces tĂ©moignages1 permettent de circonscrire la date de lâexĂ©cution entre le 17 et le 19 nivĂŽse. Mais, sans conteste, dâElbĂ©e et ses compagnons nâont pas Ă©tĂ© fusillĂ©s le 20 nivĂŽse i II faut y joindre les documents suivants ProcĂšs-verbal de levĂ©e des scellĂ©s de la maison occupĂ©e par dâElbĂ©e Ă Noirmoutier. 11 Ă©tablit que la levĂ©e a Ă©tĂ© faite en vertu des ordres donnĂ©s par les reprĂ©sentants Ă Lebreton aĂźnĂ©, le 19 nivĂŽse 8 janvier jour de leur dĂ©part. ProcĂšs-verbaux de la municipalitĂ© de Noirmoutier. Communication de M. L. Troussier. Demande du 12 octobre 1796, par la veuve de Pierre Duhoux dâHauterive afin dâobtenir main-levĂ©e du sĂ©questre Ă©tabli sur les biens de son mari, fusillĂ© Ă Noirmoutier le 18 nivĂŽse an II 7 janvier 1794. ProcĂšs-verbaux. Communication de M. L. Troussier. En 1822. M. Jacobsen, maire de Noirmoutier, adresse au PrĂ©fet de la VendĂ©e une demande dâautorisation pour l'inhumat-ion des restes de dâElbĂ©e et de ses compagnons fusillĂ©s le 6 janvier 1794 17 nivĂŽse an II. ProcĂšs-verbaux. Communication de M. H. Jacobsen. Piet, Ă©tabli plus tard Ă Noirmoutier, a dĂ©livrĂ© soit comme maire, soit comme notaire, un certain nombre dâactes officiels et dâattestations relatifs Ă ces Ă©vĂ©nements. Dans aucun de ces documents, la date de lâexĂ©cution n'est donnĂ©e, et Piet, pour dĂ©signer le moment se sert dâune formule dilatoire. Par exemple, dans un acte de notoriĂ©tĂ© du 29 janvier 1807, pour le dĂ©cĂšs de M. de Boisy, oĂč Piet signe en qualitĂ© de notaire, tĂ©moin oculaire de la mort dudit sieur Boisy, il est dit Boisy fut exĂ©cutĂ© militairement, Ă la mĂȘme heure et en mĂȘme temps que M. dâElbĂ©e. » Communication de M. le comte de KervenoaĂ«l, arriĂšre-petit-fils du marquis de Boisy. Le certificat dĂ©livrĂ© le 8 brumaire an IV 29 octobre 1796 par Piet qui se dit tĂ©moin des faits » relatant lâexĂ©cution de ĂVieland porte seulement le matin de lâexĂ©cution. » Baguenier Desormeaux, Documents , p. 201. On constate de mĂȘme la suppression systĂ©matique de la date dans le mé moire de lâavouĂ© Legrand de vendĂ©miaire an IV Ă lâeffet dâobtenir une pension pour la veuve Wieland, mĂ©moire dont Piet a fourni les Ă©lĂ©ments Chassin, La PrĂ©paration , t. ni, p. 352. VendĂ©e Patriote, t. m, p. 491. Beauchamp, Histoire de la guerre de la VendĂ©e, t. ii, p. 447. Sur ce fait particulier, il est impossible de trouver Piet en flagrant dĂ©lit de chronologie. La date du 20 nivĂŽse {9 janvier 1794 donnĂ©e par lâunique document de Piet, nâa donc pas Ă©tĂ© confirmĂ©e. LA MORT DE dâĂ«LBĂE 263 9 janvier comme lâa fait croire jusqu'ici la date fausse transmise par le document de Piet. Une lettre de Nantes lue par le citoyen Minier Ă la SĂ©ance du Conseil gĂ©nĂ©ral de la commune de Paris du 19 nivĂŽse 8 janvier,, donnait des dĂ©tails sur la prise de Noirmoutier et se terminait ainsi. DâElbĂ©e Ă lâagonie, le temps presse, je ne peux tâen dire davantage. » Le mot Ă©tait justeâ, les derniĂšres heures ne donnĂšrent pas le repos Ă lâagonisant, obsĂ©dĂ© delĂ grossiĂšre curiositĂ© de ses bourreaux. Le lion mourant Ă©tait livrĂ© aux outrages, Ă dâodieuses plaisanteries qui ne cessaient point. Enfin las de cette agonie, dâElbĂ©e, rassemblant un reste de forces, sâĂ©crie De grĂące, Messieurs, faites-moi mourir, il est temps que cette tragĂ©die finisse ! » Le gĂ©nĂ©ralissime gisait sur son lit de douleur, et Mme dâElÂŹ bĂ©e nâavait pas un instant, pendant ces journĂ©es dâangoisse, quittĂ© son chevet. Lâheure de la sĂ©paration Ă©tait venue; un officier rĂ©publicain, pris de pitiĂ© devant cette grande inforÂŹ tune, veut Ă©viter Ă lâĂ©pouse le dĂ©chirement des suprĂȘmes adieux, il a lâidĂ©e dâentraĂźner Mmo dâElbĂ©e au bureau du comÂŹ mandant dâarmes, sous le prĂ©texte dâune entrevue avec son frĂšre Duhoux dâHauterive1. Est-ce Ă ce moment que le gĂ©nĂ©ralissime comparut devant la commission militaire ? Celle-ci siĂ©geait encore au moment mĂȘme des prĂ©paratifs de lâexĂ©cution ; le lieu de ses sĂ©ances Ă©tait le grand salon de la maison Jacobsen, dâoĂč les conÂŹ damnĂ©s devaient ĂȘtre conduits sur la place dâArmes, lieu dĂ©signĂ© pour lâexĂ©cution. LâarmĂ©e entiĂšre, sous les armes, formait le carrĂ© autour de lâarbre de la libertĂ©, peuplier Ă©norme transplantĂ© des bois de la Blanche sur la place dâArmes. Au pied de lâarbre Ă©taient 4 Avant dâĂȘtre portĂ© au supplice, dâElbĂ©e donna Ă la jeune Marie-Anne Masson, qui le servait, le mĂ©daillon quâil portait sur la poitrine. Cette reÂŹ lique est prĂ©cieusement conservĂ©e par les descendants de Marie-Anne Masson, qui possĂšdent Ă©galement V Imitation de JĂ©sus-Christ de Mm» dâElbĂ©e avec une priĂšre de sa main. 264 LA MORT DE dâELBĂĂ plantĂ©s quatre poteaux destinĂ©s aux quatre victimes1. Les reprĂ©sentants Bourbotte et L. Turreau avaient pris place au balcon de la maison Jacobsen. Triste et solennel cortĂšge que celui du glorieux vaincu dont la souffrance physique et la torture morale ont affaibli les forces, de ce mourant quâil faut porter au supplice pour achever, sous les balles rĂ©publicaines le peu de vie qui lui reste. Câest dans un des fauteuils du grand salon oĂč siĂšge la Commission que dâElbĂ©e est transportĂ© au pied de lâarbre de la libertĂ© On dit quâau moment oĂč les rangs des soldats allaient sâouvrir sur son passage, un prĂȘtre, vĂȘtu en paysan, sâavança et lui prĂ©senta un crucifix tenu cachĂ© sous ses vĂȘtements, et que lâon vit le front du martyr sâincliner devant le signe et la promesse du salut. Mme dâElbĂ©e, inquiĂšte, avertie par cette divination du cĆur qui ne trompe pas, se rend compte du malheur qui va la frapper. Elle a vu le rassemblement des troupes et surpris les propos de ceux qui se prĂ©parent Ă fusiller le gĂ©nĂ©ralisÂŹ sime des brigands ». Elle sâĂ©chappe, court Ă la place dâArmes, mais câest en vain quâelle essaie de parvenir jusquâĂ son mari. On mâa tromÂŹ pĂ©e, crie-t-elle, je veux mourir avec lui ! » Les soldats la repoussent violemment et les reprĂ©sentants, importunĂ©s par ses cris, se rĂ©pandent en menaces et en blasphĂšmes et donnent lâordre de lâĂ©loigner de leur prĂ©sence. Les apprĂȘts sont terminĂ©s. MM. de Boisy et Duhoux dâIIau- terive sont attachĂ©s au poteau qui leur est destinĂ©, il en reste un vacant et le destinataire, lâofficier rĂ©publicain Wieland, se fait attendre. Wieland comparaĂźt en ce moment devant la commission 1 La tradition fixe lâemplacement de lâexĂ©cution le long du mur de la maison Lebreton, mur du jardin de la Douane actuelle. M. Viaud-Grand- Marais marque lâemplacement au sud, le long du quai, les balles se perdant dans les marais salants. LA MORT DE ĂŒâELBĂE 265 militaire et essaie de gagner du temps. Il sâest muni dâun mĂ©moire justificatif quâil veut lire et rĂ©clame un sursis de vingt-quatre heures pour rĂ©pondre Ă ses accusateurs. Un des membres en rĂ©fĂšre aux reprĂ©sentants, mais il revient aussitĂŽt avec lâordre de couper court Ă tout dĂ©lai et de conduire le condamnĂ© au supplice. Wieland dĂ©bouche sur la place dâArmes, il tient encore son mĂ©moire Ă la main. A lâinstant il est saisi, ses vĂȘtements sont arrachĂ©s, on le garrotte, on le lie au poteau vacant. EffarĂ©, lâinfortunĂ© essaie de protester, un roulement de tambours se fait entendre pour la lecture de la sentence. Un homme Ă cheval lit les noms des condamnĂ©s, et Ă©nuÂŹ mĂšre les crimes dont on les accuse ils ont allumĂ© la guerre civile, et sont responsables de ses horreurs ». Wieland est dĂ©signĂ© comme le complice et lâagent de dâElbĂ©e, le traĂźtre qui a vendu Noirmoutier aux rebelles. » Wieland, sous cette flĂ©trissure, se dĂ©bat dans ses liens, Ă©branle le poteau auquel il est garrottĂ©, et, dans un appel dé sespĂ©rĂ© sâĂ©crie. . . Gela est faux, je n'ai jamais Ă©tĂ© traĂźtre ! » A ce cri de protestation, nulle voix parmi les compagnons dâarmes du rĂ©publicain ne sâĂ©lĂšve pour parler de justice et de pitiĂ© ; seuls vont y rĂ©pondre, sous lâinspiration de lâhonneur de la conscience et de la foi, de cette foi pour laquelle ils donÂŹ nent leur vie, les trois royalistes, ses compagnons de supplice. Le gĂ©nĂ©ralissime se soulĂšve pour protester contre lâinjusÂŹ tice par un dernier Ă©lan du cĆur. Non! M. Wieland nâest pas de notre parti, vous faites pĂ©rir un innocent I » En mĂȘme temps de Boisy et Duhoux dâHauterive attestent hau- terrtent que Wieland nâest pas un traĂźtre. Le feu du peloton dâexĂ©cution les surprend dans cette suÂŹ prĂȘme expression de gĂ©nĂ©rositĂ© et de pardon chrĂ©tien Les grands chefs vendĂ©ens sont morts, les uns sur le champ de bataille, les autres sur lâĂ©chafaud ou sous les balles du parti qui a triomphĂ© ; le gĂ©nĂ©ralissime de toutes les armĂ©es catholiques et royalistes ne pouvait envier une mort plus 266 LA MORT DE dâeLBĂE glorieuse1 II. Aucun de ces drames de l'histoire n'a mis dâailÂŹ leurs plus nettement en contraste et la grandeur dame des victimes et lâinfamie des bourreaux. Et pour ajouter le mensonge Ă la fĂ©rocitĂ© les reprĂ©senÂŹ tants Ă©crivaient Ă la Convention ce rĂ©cit calomniateur que Gouthon le paralytique venait lire Ă la tribune de sa voix douce. En prĂ©sence de lâarmĂ©e entiĂšre, tous ces nobles cheva- liers, ces fiers vengeurs de la Couronne et de lâĂglise, ayant Ă leur tĂȘte dâElbĂ©e leur gĂ©nĂ©ralissime, qui nous priaient Ă genoux de leur laisser la vie, ont Ă©tĂ© frappĂ©s du glaive exterminateur aux cris mille fois rĂ©pĂ©tĂ©s de Vive la RĂ©pu- blique et ses dĂ©fenseurs ! Ce nâĂ©tait pas assez dâĂŽter la vie, il fallait encore dĂ©shoÂŹ norer. Mais ces fourberies sont restĂ©es impuissantes Ă rayer de lâhistoire les actes et les paroles des victimes. LâhĂ©roĂŻsme des VendĂ©ens, artisans, paysans, bourgeois, nobles et prĂȘtres, de tout ce peuple levĂ© pour disputer la France Ă la RĂ©volution, a survĂ©cu aux mensonges, aux sophismes sans cesse renouvelĂ©s pour le dĂ©naturer et le flĂ©trir. Ah ! Français que vous ĂȘtes ! Que dâhĂ©roĂŻsme perdu 1 » I Les corps de dâElbĂ©e et de ses compagnons furent jetĂ©s dans les douves du chĂąteau. En !82t\ M. Jacobsen, maire de Noirmoutier, sollicita du prĂ©let de la VendĂ©e lâautorisation dâexhumer les restes des VendĂ©ens et de les transÂŹ fĂ©rer au cimetiĂšre ; le Conseil gĂ©nĂ©ral prit lâinitiative dâune souscription pour lâĂ©rection dâun monument Ă leur mĂ©moire. La direction des fortificaÂŹ tions reçut du Ministre de la guerre lâautorisation dâopĂ©rer les fouilles dans la contrescarpe du fossĂ© mais le gĂ©nie militaire mit du retard Ăą lâentreprise des travaux et les recherches nâĂ©taient pas encore commencĂ©es en 1824. Le prĂ©fet engageait le maire de Noirmoutier Ă les diffĂ©rer jusqu'il la prochaine session du Conseil gĂ©nĂ©ral oĂč des propositions seraient faites Ă ce sujet. Les recherches furent dĂ©finitivement abandonnĂ©es ; les dĂ©pouilles mortellos du gĂ©nĂ©ralissime et de ses compagnons attendentencore une sĂ©pulture chrĂ©tienne. II existe plusieurs versions sur lâendroit prĂ©cis oĂč les corps auraientĂ©iĂ© inhumĂ©s ; le rapport du chef du gĂ©nie Ă Noirmoutier transmis au MinistĂšre de la guerre Ă la date du 19 novembre 1822 donnerait lâemplacement exact. LA MORT' DE DâELBĂE 267 dit mĂ©lancoliquement Hoche Ă Charette. A quoi, le VendĂ©en rĂ©pond, Rien ne se perd, Monsieur1 1 » 11 nây a pas de sang- infĂ©cond ni de sacrifices stĂ©riles. LâinÂŹ comparable page de notre histoire oĂč la VendĂ©e a inscrit tant de noble vaillance et de pur dĂ©vouement, est Ă jamais fixĂ©e. Dans lâordre des rĂ©sultats, son courage religieux a imposĂ© Ă la RĂ©publique victorieuse le respect dĂ» aux consÂŹ ciences et le champ de bataille est restĂ© au vaincu. LâinsurÂŹ rection catholique, ce devoir sacrĂ©, a conservĂ© au pays la religion, cette derniĂšre et solide barriĂšre, qui subit les plus rudes attaques des instincts brutaux et des appĂ©tits dé chaĂźnĂ©s par la RĂ©volution. Aujourdâhui que les masques de grossiĂšre Ă©galitĂ© et de fraÂŹ ternitĂ© douteuse tombent, que les programmes imposteurs de philantrophie, de sociĂ©tĂ© nouvelle, dâĂ©mancipation de lâhuÂŹ manitĂ©, ont menti Ă leurs promesses, que les lĂ©gendes gonflĂ©es par les intĂ©ressĂ©s crĂšvent et que le bloc » sâeffrite ; aujourd'hui que les mots nouveaux de faillite de la RĂ©voluÂŹ tion, de rĂ©vision de son histoire, se font entendre et Ă©couter, le temps est venu de dresser le bilan des conquĂȘtes de de 1789. Il nâest plus besoin dâinsister davantage sur lâhonneur et la fidĂ©litĂ© des VendĂ©ens, ni dâattester une fois de plus ieur hĂ©roĂŻsme; câest maintenant de leur patriotisme quâil faut parler, car ces Français aimaient vĂ©ritablement la France et dâun amour sans convoitise, dĂ©sintĂ©ressĂ©, clairvoyant. FIN Mis dâElbĂ©e. Paul DeroulĂšde, La mort de Hoche , p. 212. LE CLERGE DE LA VENDĂE PENDANT LA RĂVOLUTION Suite1. Au nombre des 75 prĂȘtres qui sâembarquĂšrent aux Sables dâOIonne le 9 septembre 1792 avec M. Paillou pour . obĂ©ir Ă la loi de la dĂ©portation, se trouvaient plusieurs chanoines de Luçon M. de Landerneau, n° 1 du rĂŽle dâembarquement ; M. Gandillon, n° 34 ; M. Bouhier, n° 36 ; M. de Fontaines, n°41 ; M. Hamon, n° 43 ; M. Serin de LesnardiĂšre, n° 49 ; M. de Buor, n° 53 ; M. Sicard, n° 64. M. Charles-Alexis-Benjamin DE LANDERNEAU apparteÂŹ nait Ă une famille vendĂ©enne; il avait Ă©tĂ© baptisĂ© Ă Saint-Pierre- du-Chemin le 8 avril 1758, et joignait Ă son canonicat prĂ©bendĂ© le bĂ©nĂ©fice de la chapelle de Saint-Antoine de la CrĂ©anciĂšre en Saint-Denis la Chevasse. AprĂšs son refus de serment, son traitement fut fixĂ©, le 30 mars 1791, Ă 2154 1. 2 s. 9 d. plus 1 Voir la livraison de janvier 1898. â s ⊠LE CLERGĂ DE LA VENDĂE PENDANT LA RĂVOLUTION 269 86 1. pour son ex-bĂ©nĂ©fice de saint Antoine. Lorsque lâhorizon sâassombrit, il conforma sa conduite Ă celle de M. Paillou ; il le suivit Ă Fontenay quand un certain nombre de prĂȘtres furent mandĂ©s au chef-lieu du dĂ©partement par suite de dĂ©nonciaÂŹ tions ; il partagea les Ă©preuves de sa dĂ©tention, sâembarqua avec lui pour lâEspagne, et lâaccompagna jusquâĂ Astorga. Mais lĂ il se mit du cĂŽtĂ© des exilĂ©s qui crurent pouvoir reprocher Ă M. Paillou certaines prĂ©fĂ©rences pour quelques prĂȘtres, et il se sĂ©para de son chef. â Je ne puis louer M. de Landerneau de sâĂȘtre sĂ©parĂ© de vous, Ă©crivait Mgr de Mercy le 13 juin 1796. Je sens que cela doit faire mauvais effet. Sâil a de lâamitiĂ© pour moi, il rĂ©parera cette fausse dĂ©marche. Je voudrais quâil sĂ»t tout le grĂ© que je lui saurais sâil avait en vous toute la confiance quâil me doit. » Les dĂ©sirs du prĂ©lat ne se rĂ©alisĂšrent pas ; M. de LanÂŹ derneau continua Ă se tenir Ă lâĂ©cart, et les rapports avec M. Paillou ne furent repris quâaprĂšs le retour en France, en 1801. â Ce que vous me dites de M. de Landerneau mâa fait grand plaisir. Puissent les bonnes espĂ©rances que vous avez conçues se soutenir. Est-il dans le diocĂšse ? f Lettre de Jier de Mercy, 20 juillet 1 801. » Il nây Ă©tait peut-ĂȘtre pas encore, mais il se disposait Ă y arriver. En rentrant d'Espagne, M. de Landerneau se reposa prĂšs dâun an chez un ami, Ă Litran, prĂšs de Bordeaux, par Gastelneau de MĂ©doc. Câest de lĂ quâil prit un passe-port pour revenir Ă Luçon. 26 praiiial, an IX. Le PrĂ©fet du dĂ©partement de la VendĂ©e, vu le passe-port dĂ©livrĂ© par le commissaire gĂ©nĂ©ral de police de Bordeaux le 8 germinal dernier au citoyen Charles-Alexis Landerneau prĂȘtre pour se rendre Ă Luçon, Ă la charge de se prĂ©senter devant nous, et sur la demande de ce citoyen Autorise le citoyen Charles-Alexis-Benjamin Landerneau Ă rĂ©sider dans la commune de Luçon sous la surveillance des 270 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE autoritĂ©s cohstituĂ©es et Ă la charge par lui de se conformer aux lois de la RĂ©publique ». Arch . dĂ©p., de la VendĂ©e. Le nom de M. de Landerneau ne figure ni sur lâĂ©tat des prĂȘtres rĂ©sidant en VendĂ©e en lâan IX, ni sur les listes des pensionnaires de Tan X, ni dans la nĂ©crologie du diocĂšse ; il y a donc lieu de supposer quâil ne revint pas Ă Luçon, comme il en avait eu lâintention. M. Jean-AimĂ© GANDILLON, chanoine, Ă©tait nĂ©, le ^octoÂŹ bre 1747, au village de la Massoterie, prĂšs dâAizenay, oĂč son pĂšre, venu dâAuvergne, sâĂ©tait Ă©tabli chaudronnier. EnvoyĂ© au sĂ©minaire, il sây fit remarquer par son intelligence. Mgr Gaultier dâAncyze le prit en amitiĂ©, et lâappela prĂšs de lui comme secrĂ©taire, fonctions que Mgr de Mercy lui conserva, en y ajoutant un canonicat et la dignitĂ© de sous-doyen. M. Gandillon refusa le serment exigĂ© par la Constitution ciÂŹ vile du clergĂ© en 1790, et, le 25 janvier 1791, dutaporterau diÂŹ recteur du district les titres de son sous-dĂ©canat et des prieurĂ©s de Saint-Martin et de Sainte-Madeleine, de Saint- Laurent de FougĂ©rĂ© et de la chapelle des Gabards dont il Ă©tait titulaire, ĂŒn lui accorda un traitement proportionnel de 1333 livres 11 sols 6 deniers indĂ©pendamment de ses appoinÂŹ tements de chanoine. Le 1er avril 1792, la municipalitĂ© de Luçon lui dĂ©livra un certificat dâune annĂ©e et plus de rĂ©sidence. DĂ©noncĂ©, il fut mis en surveillance Ă Fontenay avec M. Paillou et dâautres, et lorsque les prĂȘtres insermentĂ©s durent quitter la France, il sâembarqua aux Sables dâOIonne pour lâEspagne, le 9 sepÂŹ tembre 1792, sur le Jean-François , dont nous connaissons dĂ©jĂ la laborieuse traversĂ©e. M. Gandillon suivit M. Paillou dans ses diverses rĂ©sidences jusquâĂ Madrid ; mais, au lieu de lâaccompagner Ă Astorga, il se mit Ă la tĂȘte des dissidents qui se fixĂšrent Ă Al Puente del Arsobispo Pont-lâArchevĂȘque. Il nâavait pas Ă©tĂ© sans conceÂŹ voir un peu de jalousie de lâĂ©lĂ©vation de M. Paillou au poste PENDANT LA RĂVOLUTION 271 suprĂȘme de reprĂ©sentant de Mgr de Mercy en Espagne. Sans fortune personnelle, il disposait nĂ©anmoins de ressources importantes par suite des crĂ©dits que lui ouvrait chez des banquiers espagnols son ami M. Cadou, riche nĂ©gociant de Nantes. Il avait mĂȘme fait des offres dâargent Ă Mgr de Mercy , qui en avait Ă©tĂ© touchĂ©, mais qui nâen avait pas moins mainÂŹ tenu ses pleins pouvoirs Ă M. Paillou, par les mains de qui arrivĂšrent du reste les remercĂźments du prĂ©lat Ă M. Gandil- lon. De lĂ une froideur marquĂ©e de la part de ce dernier envers M. Paillou, source de froissements inĂ©vitables. â Jâai profondĂ©ment Ă©tĂ© affectĂ© de ce que je vois de division entre vous et lâabbĂ© Gandillon, je voudrais ne vous voir Ă tous quâun mĂȘme cĆur, quâun mĂȘme esprit, comme vous nâavez tous quâune mĂȘme foi, quâune mĂȘme espĂ©rance ». Lettre de Mgr de Mercy, 17 juillet 1793. La sĂ©paration de Madrid fut une solution. AprĂšs un an de sĂ©jour Ă Al Puente del Arsobispo, M. GanÂŹ dillon regretta la scission et tĂ©moigna Ă M. Paillou le dĂ©sir de le rejoindre Ă Astorga. Les dĂ©marches faites en ce sens auprĂšs des autoritĂ©s espagnoles nâaboutirent pas. â Soyez mon interprĂšte auprĂšs de M. Gandillon et de ses associĂ©s, Ă©crit Mgr de Mercy le 25 avril 1794. Je suis fĂąchĂ© de la contraÂŹ riĂ©tĂ© quâils ont Ă©prouvĂ©e en nâobtenant pas la libertĂ© de vous rejoindre ; mais je sens que dans la circonstance il y a eu sagesse Ă leur refuser cette consolation; je ne doute pas quâils nâen aient fait gĂ©nĂ©reusement le sacrifice ; il faut savoir rester oĂč lâon est, parce que les dĂ©placements, quand ils ne sont pas forcĂ©s, ne sont jamais sans inconvĂ©nients ». M. Gandillon ne montra pas tant de rĂ©signation. Puisquâon refusait de le laisser aller Ă Astorga, il rĂ©solut de se rendre dans le diocĂšse de Santander, dont l'Ă©vĂȘque avait acquis une rĂ©putation justifiĂ©e de bienveillance et de charitĂ©. M8r de Mercy nâapprouva point ce projet Sâil en est temps encore, conÂŹ seillez Ă M. Gandillon de ne pas changer dâasile. Je crois bien quâil sera reçu avec bontĂ© par le saint Ă©vĂȘque de San- 272 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE tander ; mais il est rare de gagner a un changement. » Lettre du 14 novembre 1795. M. Gandillon ne quitta pas Pont-lâArchevĂȘque, comme nous lâapprend sa lettre du 16 mars 1796 Ă son ami de Nantes, M. Gadou. Cette lettre, interceptĂ©e par lâadministration franÂŹ çaise, fut remise au ministĂšre de la police gĂ©nĂ©rale, et comÂŹ muniquĂ©e avec demande de renseignements au commissaire prĂšs lâadministration centrale de la Loire-InfĂ©rieure. Gadou, Ă©crit le ministre, est lâagent de Gandillon et de plusieurs autres prĂȘtres dĂ©portĂ©s ; il leur envoie de lâargent ; il a mĂȘme invitĂ© Gandillon Ă emprunter en Espagne lorsquâil en aurait besoin, et quâil se charge de payer. Entre autres envois faits, il en signale un de 25091. 15 s. 3 d. Gadou partage les opinions fanatiques de ces ennemis dĂ©clarĂ©s de la RĂ©publique et traÂŹ vaille clandestinement Ă les faire rentrer en France. »Arch. dĂ©p. de la Loire-InfĂ©rieure. Tout en restant Ă Pont-lâArchevĂȘque, M. Gandillon nâen continuait pas moins de se plaindre. â Je suis bien fĂąchĂ© que M. Gandillon soit toujours tourmentĂ© et inquiet, Ă©crit M6r de Mercy, le 10 juin 1796 ; il est juste de lui laisser le soin de son bonheur et je dĂ©sire bien sincĂšrement quâil y parvienne. » Lors du mouvement des dĂ©portĂ©s français vers la fronÂŹ tiĂšre, mouvement arrĂȘtĂ© par le coup dâĂtat de fructidor, on fut inquiet de la situation de M. Gandillon â Pourquoi ne me dites-vous rien de Mi\l. Gandillon et Jourdain ? Que sont- ils donc devenus ? » {Lettre de Mgr de Mercy du 14 avril 1 798. M. Gandillon Ă©tait montĂ© un peu au nord, et sâĂ©tait arrĂȘtĂ© Ă Talaveyra de la Reyna. DĂšs que M»r de Mercy en fut informĂ©, il lui Ă©crivit, mais sa lettre fut interceptĂ©e par la police franÂŹ çaise. Câest Ă Talaveyra quâau mois de novembre 1800 M. Gandillon reçut, par lâentremise de son ami Gadou, lâautoÂŹ risation officielle de rentrer en France. Il se mit aussitĂŽt en route. Le il dĂ©cembre 1800 il Ă©crit de Saint-SĂ©bastien Ă M. Gavoleau, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©fecture de la VendĂ©e, pour le remercier de sa lettre et du passe-port quâelle con- PENDANT LA RĂVOLUTION 273 tient. Le cordon sanitaire contre la peste dâAndalousie l'a empĂȘchĂ© de le remercier de vive voix depuis six semaines. Il regrette que ses compagnons dâexil nâaient pas rempli la proÂŹ messe de fidĂ©litĂ© quâils avaient faite au gouvernement. Cette fidĂ©litĂ© est un devoir. Il se fixerait pour jamais en Espagne, sâil nâĂ©tait dĂ©cidĂ© Ă la promettre et Ă la tenir. Arch . dĂ©p. de la VendĂ©e. DĂšs le 7 novembre, M. Cadou avait Ă©crit Ă Cavoleau que M. Gandillon se rapprochait de la France, et quâil avait eu de ses nouvelles par le dernier courrier de Madrid, M. Gandillon espĂ©rait ĂȘtre Ă Bayonne vers le 25 novembre ; mais les pré cautions sanitaires prises Ă la frontiĂšre le retinrent jusquâau 11 dĂ©cembre Ă Saint-SĂ©bastien. Il nâarriva en VendĂ©e quâĂ la fin de janvier 1801. L'arrĂȘtĂ© du prĂ©fet de la VendĂ©e, du 11 pluviĂŽse an IX 31 janvier 1801 J, qui autorise son sĂ©jour, est ainsi conçu Le prĂ©fet de la VendĂ©e, vu la lettre du ministre de la police gĂ©nĂ©rale de la RĂ©publique en date du 23 vendĂ©miaire dernier par laquelle il nous prĂ©vient quâil permet au nommĂ© Gandillon, ex-chanoine de Luçon, de rentrer dans ses foyers, et nous autorise en consĂ©quence Ă le recevoir et Ă le placer sous la surveillance de la municipalitĂ© de son domicile, Ă la charge par lui de faire la promesse de fidĂ©litĂ© Ă laConstitution. Autorise le citoyen Gandillon, attendu quâil sâest conÂŹ formĂ© Ă la loi, Ă rĂ©sider dans la commune de GoĂ«x, arronÂŹ dissement des Sables, sous la surveillance du maire de cette commune. » Arch. dĂ©p. de la VendĂ©e. En rĂ©alitĂ© M. Gandillon rĂ©sida le plus souvent au chĂąteau de la GrouiniĂšre, chez son ami Cadou, dont le beau-frĂšre, M. Dorion, pĂšre dâun futur curĂ© de Saint- Gilles-sur-Vie, avait fait ses Ă©tudes chez un oncle de lâabbĂ© Gandillon, prieur d'A- vrillĂ© ; de lĂ les liens dâamitiĂ© entre les deux familles. M. Gandillon intervint frĂ©quemment auprĂšs de Cavoleau en faveur des prĂȘtres dont le retour nâavait pas Ă©tĂ© si bien accueilli que le sien ; dans une de ses lettres, du 14 pluviĂŽse TOME XI. â JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE. 19 274 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE an IX, il dit quâil a retrouvĂ© ses livres entre les mains de M Bonnard, homme vraiment honnĂȘte. » Arch. dĂ©part, delĂ VendĂ©e . Il desservit la paroisse de GoĂ«x, et, malgrĂ© son esprit de conciliation et de soumission, ne fut pas sans se heurter Ă des difficultĂ©s, comme le montre sa lettre Ă Cavo- leau, du 17 prairial an IX 6 juin 1801 La GrouiniĂšre, par Saint-Gilles-sur-Vie. â Vous vous plaiÂŹ gnez de mon silence, mon amy, je lâapprends par Mlle La ProutiĂšre. Vous avez raison et je nâai pas tort ; vous lâaurez vu par ma derniĂšre lettre. La vĂŽtre sâest Ă©garĂ©e. ArrivĂ© icy on me proposa de me charger de la paroisse de GoĂ«x ; je lâai fait pour nâĂȘtre pas oisif et dans la persuaÂŹ sion que je pourrais ĂȘtre utile. A dĂ©faut d'Ă©glise on choisit lâancien parquet qui est Ă lâextrĂ©mitĂ© des halles pour servir dâoratoire. Les halles servent dâabri au peuple qui sây asÂŹ semble pour les offices. Ne doit-on pas les regarder comme lieu destinĂ© au culte pour le temps que dure lâoffice les jours de dimanche et de fĂȘtes ? Le maire de la commune me prie de vous le demander, afin que nous puissions savoir Ă quoi nous en tenir. Il n'y a pas eu et il nây aura jamais, tant que je serai chargĂ© de la paroisse, la moindre infraction aux lois, je dois prĂȘcher leur observation et jâen donnerai lâexemple tant quâon ne me demandera rien de contraire Ă mon opinion religieuse. Pourrais-je descendre sous les halles sans sortir de leur enceinte pour y faire lâaspersion et toutes les autres cĂ©rĂ©moÂŹ nies qui se font dans lâintĂ©rieur des temples? Jusquâicy jâai cru devoir mâen abstenir. On a trouvĂ© mauvais que je prĂȘÂŹ chasse du palier dâun mauvais escalier Ă la porte du parquet mais sous le couvert des halles. Câest le seul endroit dâoĂč lâon puisse se faire entendre. Je nây soupçonnais pas la moindre difficultĂ©. Des gens au tonde 1793 qui ne manquent pas dans les communes des environs lâont trouvĂ© fort mauÂŹ vais. Gâest selon eux un lieu public. En ce cas je dois mâabs- tenirdây faire lâoffice, et comme il est impossible de trouver PENDANT LA RĂVOLUTION 275 dans la commune un autre local, il serait dĂšs lors de nĂ©cessitĂ© de renoncer Ă lâexercice du culte catholique. Tous les habiÂŹ tants et ceux des communes voisines le verraient avec bien de la peine, et il en pourrait rĂ©sulter des inconvĂ©nients que je dĂ©sire surtout Ă©viter. Quoiquâil en soit, je me retirerais sans balancer pour conserver la paix, le seul bien qui me reste, et dont je ferais difficilement le sacrifice, si le premier venu pouvait me susciter des difficultĂ©s uniquement fondĂ©es sur sa maniĂšre de voir et de penser. Jâai cru devoir faire sonner une] clochette Ă la porte du parquet ou sur le palier dont je vous ai 'parlĂ©, pour annoncer que lâoffice va commencer. Si câest une faute jâavoue francheÂŹ ment que je lâai commise. Je croyais devoir le faire 1° parce que je regardais ce lieu comme particuliĂšrement affectĂ© au culte pendant la durĂ©e des offices ; 2e parce que je sais quâon sonne les cloches dans beaucoup dâendroits et notamment dans les environs de Fontenay ; je les ai entendues. Câest beaucoup que notre clochette se fasse entendre du bout des halles, tant elle est petite ; elle a nĂ©anmoins blessĂ© le tympan de certains terroristes qui sont venus ici. A Saint-Gilles comme aux Sables on Ă©lĂšve la prĂ©tention dâexiger la promesse de fidĂ©litĂ© Ă la Constitution de la part de tous ceux qui cĂ©lĂ©breraient dans leurs temples en a-t-on le droit? Ne suffirait-il pas de prouver quâon sâest mis en rĂšgle? M. Cadou vous dit tout ce quâon peut de plus obligeant. Adieu, mon amy ; vous connaissez tous les sentiments que je vous ai vouĂ©s ; câest pour la vie. Gandillon » La rĂ©ponse Ă cette lettre ne parvint pas Ă M. Gandillon qui Ă©crivit une seconde fois dans le mĂȘme sens, le 11 messidor suivant. A la suite de la premiĂšre lettre, le prĂ©fet, Merlet, a Ă©crit de sa main le sens de la rĂ©ponse Ă faire Le son des cloches servant Ă annoncer la rĂ©union des sectateurs dâun culte quelconque est interdit. 276 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE A lâĂ©gard des halles qui remplacent aujourdâhui lâĂ©glise, je ne vois aucun inconvĂ©nient Ă cet usage pourvu que cela ne gĂȘne en rien les marchands et les acheteurs, et que le public ne soit pas habituĂ© Ă en faire un lieu de rendez-vous pour ses affaires ou ses plaisirs; auquel cas on ne pourrait le priver de sa jouissance. Au surplus, le maire de la comÂŹ mune doit ĂȘtre consultĂ© sur le principal objet de cette lettre et il devra sâexpliquer si les halles sont ou non closes ; car, si elles sont ouvertes, lâexercice du culte ne pourra avoir lieu. Ce serait lui donner une publicitĂ© sujette Ă des inconvĂ©nients et que ne tolĂšre pas la loi. » Arch . dĂ©p. de la VendĂ©e. Cet incident nâaltĂ©ra pas la confiance de lâautoritĂ© en la sagesse de M. Gandillon, puisque dans le rapport que leprĂ©fet adressa au ministre en juillet suivant, le desservant de CoĂ«x figure avec cette mention Gandillon, ancien chanoine de Luçon, ami du gouvernement, mĆurs excellentes, instruit. » Arch. nat. P19. 865. Dâautre part la rĂ©conciliation avec M. Paillou Ă©tait sincĂšre depuis longtemps. â Jâai prĂ©venu vos dĂ©sirs Ă lâĂ©gard de M. Gandillon, Ă©crit Msr de Mercy Ă M. Paillou le 12 aoĂ»t 1801. Je lui ai Ă©crit le 15 juillet, en lui envoyant une lettre de lâabbĂ© de Rozand vous aurez vu ma lettre, car je vous lâai adressĂ©e dĂ©cachetĂ©e, je dĂ©sire bien quâil en soit satisfait et quâil ne reste plus rien de ses anciennes prĂ©ventions contre vous et contre moi. Renouvelez-lui les assurances de mon amiÂŹ tiĂ©, de mon estime et de la satisfaction que me donne son zĂšle. »> M. Paillou donna bientĂŽt Ă M. Gandillon une preuve Ă©claÂŹ tante de sa confiance personnelle. AprĂšs avoir acceptĂ© lâĂ©vĂȘchĂ© de la Rochelle, il nomma M. Gandillon son grand vicaire dans la VendĂ©e. Cette nomiÂŹ nation avait le plein agrĂ©ment de lâadministration civile, car le nouveau grand vicaire Ă©tait des mieux notĂ©s Ă la prĂ©fecture. Il rĂ©unit lâestime gĂ©nĂ©rale et se montre partout aussi dĂ©vouĂ© au gouvernement quâaux intĂ©rĂȘts de lâEglise. » {Arch. dĂ©part, de la VendĂ©e. PENDANT LA RĂVOLUTION 277 Les Annonces politiques et littĂ©raires relatent cet incident dans leur n° du 25 germinal an XII 15 avril 1805 j Mer lâEvĂȘque de la Rochelle a nommĂ© pour son grand vicaire dans la VendĂ©e et pour remplir la place quâil occupait lui-mĂȘme avant son Ă©piscopat, M. lâabbĂ© Gandillon, ancien chanoine de Luçon, et qui depuis son retour dâEspagne a desÂŹ servi la succursale de GoĂ«x. On pense que ce choix dâun VendĂ©en ne peut quâĂȘtre agrĂ©able Ă toute la VendĂ©e. M Gandillon dâailleurs est connu par ses rares talents en tout genre, particuliĂšrement dans lâadministration oĂč il s'est instruit pendant treize annĂ©es de secrĂ©tariat Ă lâĂ©cole de MM. les Ă©vĂȘques Gauthier etde Mercy. Son adresse est Ă M. l'abbĂ© Gandillon , vicaire gĂ©nĂ©ral du diocĂšse de la Rochelle , Ă la GrouiniĂšre, par Saint-Gilles. » Câest en effet de la GrouiniĂšre que le grand vicaire pour la VendĂ©e administra cette partie du diocĂšse de la Rochelle. Une correspondance suivie et quelques voyages y suffirent, particuliĂšrement pendant lâhiver quand M*r Paillou rĂ©sidait Ă la Rochelle. M. Gandillon mourut grand vicaire, Ă la GrouiniĂšre, en 1824. Deux autres chanoines de Luçon, MM. Bouhieret Jourdain, avaient Ă©tĂ© les fidĂšles compagnons de M. Gandillon en EsÂŹ pagne. M. François-RenĂ©-Hilaire BOUHIER Ă©tait syndic du diocĂšse, lorsquâil entra au Chapitre en fĂ©vrier 1768, en donnant sa dĂ©mission de chapelain de la chapelle des Rousse- leau desservie en lâĂ©glise de Soullans Arch. de la fabrique de Saint- Gilles- sur -Vie. Il avait tout prĂšs de 60 ans lorsquâil refusa le serment. Son Ăąge le dispensait dâobĂ©ir Ă la loi de dĂ©portation, mais il ne voulut pas se sĂ©parer de ses confrĂšres et sâembarqua avec MM. Paillou, Gandillon et autres, le 9 septembre 1792, aux Sables dâOlonne. En Espagne, il fit dâabord partie de la colonie dirigĂ©e par M. Paillou, puis, au moment de la scission, il suivit M. Gandillon Ă Pont-lâArche- mourut dans cette ville en octobre 1795. â Je sens 278 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE mieux que je ne peux lâexprimer la douleur que mâa causĂ©e la nouvelle delĂ mort du digne et excellent abbĂ© Bouhier. Jugez-en, mon cher ami, par celle que vous ressentez vous- mĂȘme et par lâestime et lâamitiĂ© que vous me connaissiez pour cet excellent homme. Nous devons le croire dans le sein de Dieu qui lâa trouvĂ© mĂ»r pour lâĂ©ternitĂ© ; mais la foi nous commande de prier pour lui et la charitĂ© nous lâordonne. Câest un devoir que nous remplirons tous avec confiance, mais qui ne nous dĂ©fend pas de regretter, et pour la gloire du diocĂšse et pour notre bonheur particulier, un homme aussi prĂ©cieux. En mĂȘme temps que je sens votre juste douleur et que je la partage, je conçois facilement celle de ses compaÂŹ gnons, MM. Gandillon et Jourdain, et la mienne en devient plus sensible. » Lettre de Mer de Mercy, du 14 novembre 1795. M. Augustin JOURDAIN, chanoine semi-prĂ©bendĂ©, Ă©tait en outre titulaire des deux chapelles des Vigneaux et des Vin- cendet. Le 25 fĂ©vrier 1791, le Directoire du DĂ©partement, qui avait fixĂ© son traitement comme chanoine, lui accorda en en outre une somme annuelle de 225 1. reprĂ©sentant la moitiĂ© du revenu de ses autres bĂ©nĂ©fices. Son refus de serment lâobligea dâobĂ©ir Ă la loi de dĂ©portation. Il accompagna en Espagne MM. Paillou et Gandillon, et sâattacha Ă ce dernier lors de la sĂ©paration qui conduisit le groupe dissident Ă Pont- lâ ArchevĂȘque, puis Ă Talaveyra de la Reyna. Six lettres de M. Jourdain Ă M. Brumault et de Beauregard, conservĂ©es dans les archives de la famille de Gurzon Ă Poitiers, nous apprennent que, dans cette derniĂšre ville, les prĂȘtres lu- çonnais avaient trouvĂ© asile chez les P. Franciscains. La derniĂšre lettre, du 4 juillet 1802, tĂ©moigne que M. Jourdain ne sâempressa pas de rentrer en France Câest une espĂšce de hasard que je sois encore Ă Talaveyra. Tous mes prĂ©paÂŹ ratifs Ă©taien-t faits pour en partir avec deux de nos messieurs, dâici dnns la semaine de la PentecĂŽte, lorsquâil survint Ă un PENDANT LA RĂVOLUTION 279 de mes compagnons de voyage une indisposition dâabord, puis quelques autres obstacles qui nous firent remettre notre dĂ©part Ă une quinzaine de jours. Dans cet intervalle, il nous survint dâautres raisons assez fortes de diffĂ©rer encore davanÂŹ tage, et aujourdâhui il y a bien apparence que nous ne pouÂŹ vons plus penser Ă partir avant le mois de septembre. » Il ne reste aucune trace du retour de M. Jourdain dans le diocĂšse. Les renseignements sont assez rares sur le chanoine Pierre-RenĂ© SERIN DE LESNARDIĂRE. AprĂšs avoir reÂŹ fusĂ© le serment constitutionnel, il dut prĂ©senter Ă lâadminisÂŹ tration, en janvier 1791, les baux Ă ferme des chapelles de Sainte-Catherine du Pinier, de Lavaud, des Aymards et de la stipendie de Gourges, pour permettre de fixer son traiteÂŹ ment qui, outre ses appointements de chanoine, fut augÂŹ mentĂ© de 209 1. AprĂšs avoir obtenu de la municipalitĂ© de Luçon un certificat de rĂ©sidence depuis plus dâun an 28 mars 1792, la loi qui dĂ©portait les prĂȘtres insermentĂ©s le fit partir pour lâEspagne. Il sâembarqua aux Sables le 9 septembre 1792 fit partie du groupe qui accompagna M. Paillou et qui le suivit dans ses cantonnements successifs. Le 23 nivĂŽse an II, le citoyen Gourmaud, boucher Ă Luçon, lui rĂ©clamait le paiement dâune note de 130 1. 6 sols pour viande fournie du 6 avril 1791 au 9 fĂ©vrier 1792 ; le 5 vendĂ©miaire an VII, la citoyenne Suzanne Rigolage, veuve Levraud, de Saint-Michel en lâHerm, adressait Ă lâadministration dĂ©partementale de la VendĂ©e une requĂȘte Ă fin dâĂȘtre payĂ©e dâune rente constituĂ©e de 300 1., dont le chanoine Ă©tait dĂ©biteur envers elle, et elle appuyait cette pĂ©tition de la recommandation de ses deux sĆurs rĂ©publicoles. Arch . dĂ©p. de la VendĂ©e . Le silence observĂ© depuis lors dans les documents sur le compte de M. de LesnardiĂšre, permet de supposer quâil mouÂŹ rut en exil, vers 1800. M. Henri-Louis DE BUOR, chanoine, nĂ© Ă La FlĂ©viĂšre, 280 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE commune de VairĂ©, le 10 dĂ©cembre 1758, fils de Louis-FranÂŹ çois de Buor, chevalier, seigneur de la MulniĂšre, et de dame» Jacquette-Marie MassĂ© des Longeais, appartenait Ă une faÂŹ mille dâancienne noblesse du pays. Il ne prĂȘta pas le serment civique, et Ă©prouva quelques difficultĂ©s Ă toucher le traiteÂŹ ment qui lui avait Ă©tĂ© reconnu par la loi. Sur la reprĂ©sentation faite par le sieur Henri-Louis Buor, prĂȘtre, ci-devant chanoine de Luçon, qui, sâĂ©tant prĂ©sentĂ© cejourdâhuy chez le sieur Laval, trĂ©sorier du district, pour recevoir le quartier de son traitement Ă©chu le 1er de ce mois, le dit sieur Laval a refusĂ© de le lui dĂ©livrer sur le fondement que le certificat que lui a donnĂ© le sieur Maigre, maire de Luçon, de sa rĂ©sidence depuis six mois dans le royaume, porte que le sieur Buor sâest absentĂ© de la ville de Luçon, depuis le 8 dĂ©cembre dernier jusquâau 2 janvier prĂ©sent mois, que cette difficultĂ© nâest pas fondĂ©e, soit Ă raison du peu de temps que lâabsence a durĂ©, soit parce quâil est certain, ainsi que lâexposant lâaffirme, quâil a passĂ© le temps de cette abÂŹ sence chez M. Raufray la BajonniĂŽre dans la paroisse de lâIle dâOlonne, district des Sables, pour quoi il demande que lâAdÂŹ ministration autorise le dit receveur Ă lui payer son traiteÂŹ ment. Le Directoire est dâavis quâil y a lieu dâautoriser le receÂŹ veur Ă dĂ©livrer audit sieur Buor son quartier. Du 7 janvier 1792 » Arch . dĂ©p. VendĂ©e. M. de Buor ne bĂ©nĂ©ficia pas longtemps de cet acte de justice, car le dĂ©cret pris contre les prĂȘtres insermentĂ©s lui fit quitter la France peu de mois aprĂšs. Il sâembarqua aux Sables-dâOlonne pour lâEspagne avec dâautres de ses confrĂšres, le 9 septembre 1792, en compagnie de M. Paillou. Mais pour des motifs restĂ©s obscurs, il se sĂ©para bientĂŽt de ses compagnons. â DâaprĂšs ce que vous mâavez mandĂ© de M. de Buor, je ne peux mâaffliÂŹ ger quâil vous ait quittĂ©. Dieu veuille quâil nâoublie pas ses devoirs pour obtenir sa tranquillitĂ© et que nous nâaĂŻons pas Ă pleurer sur lui. » Lettre de Mgr de Mercy Ă M. Paillou, jan PENDANT LA RĂVOLUTION 281 vier 1 793. M. de Buor se rendit en Angleterre oĂč il retrouva son frĂšre, curĂ© de BouffĂ©rĂ©, dĂ©portĂ© comme lui. Pendant ce temps, RenĂ© Savignac et Marie Bitard sa femme, propriĂ©taires Ă Luçon, rĂ©clamaient au Directoire du district le payement, sur les biens de M. Henri-Louis deBuor, dâune somme de 2300 1., savoir 2000 1. pour le capital dâune rente de de 100 1., et 300 1. pour trois annĂ©es dâarrĂ©rages de ladite rente assise sur un jardin et deux petites mottes situĂ©es Ă Luçon 13 nivĂŽse an 11. Le Directoire les renvoya Ă se pourvoir devant lâadministrateur des biens nationaux. Arc h. dĂ©p. VendĂ©e. , AprĂšs le coup dâĂtat de brumaire, MM. de Buor demanÂŹ dĂšrent augouvernement anglais des passe-ports pour rentrer en France. Je ne sçais sâils les avaient obtenus,» Ă©crivait Mer de Mercy Ă M. Paillou le 14 mai 1801. Dans une lettre suivante, du 17 juin,Mer dit Vous aurez bientĂŽt les deux frĂšres Buor ; ils sont partis de Londres le 16 mai, prenant la route dâAnvers oĂč ils sont prĂ©venus que le prĂ©fet, sur lâoffre de la promesse, leur donnera des passe-ports. Sans M8r lâarÂŹ chevĂȘque de Bordeaux, ils nâen eussent pas eu pour partir de Londres. » La lettre du 20 juillet nous renseigne encore Messieurs Buor, que M. Irland a laissĂ©s Ă Anvers, devraient ĂȘtre arrivĂ©s, si les circonstances du moment ne les ont pas arrĂȘtĂ©s. » Le chanoine revint sans encombre. Il est portĂ©, en mai 1802, sur lâĂ©tat des pensionnaires ecclĂ©siastiques ; il habitait les Sables et VairĂ©, et touchait 800 1. de pension. Arch. dĂ©p. VendĂ©e . Il resta en dehors du ministĂšre paroissial, et mourut Ă VairĂ© le 20 novembre 1832. M. Claude-Aubin RAGE DE VOISSAN Ă©tait encore un Dauphinois, entrĂ© dans le chapitre de Luçon par lâinĂ©puisable bienveillance de Mer de Mercy Ă lâĂ©gard de ses compatriotes. Voissan est une petite commune de lâIsĂšre oĂč lâon voit encore les ruines dâun chĂąteau seigneurial. M. de Voissan Ă©tait 282 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE pourvu dâun canonicatĂ Luçon avant 1785, car, le 27 octobre de cette annĂ©e, M. le chanoine de Buor lui remit la maison canoniale appelĂ©e le Dauphin, sise en la Vieille rue. Le refus du serment produisit pour lui les mĂȘmes effets civils que pour les autres chanoines. Lâadministration lui rĂ©clama les baux Ă ferme de ses trois bĂ©nĂ©fices de Sainte-Croix, de la sainte Vierge et de Saint-Eloy, et ajouta Ă son traitement de chanoine une rente de 62 1. reprĂ©sentant la moitiĂ© de leur revenu. M. de Voissan quitta la VendĂ©e en 1792, et se rendit dans son pays natal. Mais Grenoble ne fut pas plus sĂ»r pour lui que Luçon. En septembre 1792, il gagna ChambĂ©ry, quâil quitta bientĂŽt pour le Valais, puis pour la BaviĂšre ; en octobre, il Ă©tait Ă Munich. La nostalgie lây prit vite, et, Ă tous risques, il se dĂ©cida Ă revenir en DauphinĂ©. â M. de Voissan estrentrĂ© en France » Lettre de Mgr de Mercy, 7 mars 1793. â » M. de Voissan est rentrĂ©, il y a apparence quâil est en prison Ă GreÂŹ noble ». Lettre du 1er juin 93. â LâabbĂ© de Voissan, aprĂšs avoir Ă©migrĂ©, a eu lâimprudence de rentrer ; aprĂšs avoir subi une longue prison Ă Grenoble, il en est sorti avec vingt- quatre autres, la chaĂźne au cou, pour ĂȘtre embarquĂ© hors du royaume. Câest tout ce que jâen sais, et vous voyez combien jâen suis affligĂ©, a Lettre du 15 avril 1794. Les documents conservĂ©s aux Archives DĂ©partementales de lâIsĂšre confirment absolument les nouvelles envoyĂ©es Ă M. Paillou par M6' de Mercy. Voissan avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© peu aprĂšs son retour Ă Grenoble. Le 14 mars 1794, on le transporta de la prison Sainte-Marie Ă la Conciergerie de cette ville, puis on le prĂ©para Ă la dĂ©portation en compagnie de vingt autres prĂȘtres. En quittant Grenoble, ils furent conÂŹ duits par douze gendarmes qui ne firent preuve en cette ocÂŹ casion dâaucune humanitĂ©, Ă plus forte raison dâaucune conÂŹ venance. InsultĂ©s, maltraitĂ©s, on les traĂźna dans des charrettes, enchaĂźnĂ©s de court, attachĂ©s par sept, en sorte que lâun ne pouvait pas faire un mouvement sans entraĂźner les six autres. On leur avait adjoint deux galĂ©riens. En cet Ă©tat, ils traver- PENDANT LA RĂVOLUTION 283 sĂšrent Moiran, La CĂŽte, Bourgoin, Lyon, Tarare, Roanne, Saint-Just, Thiers, Clermont, Saint-LĂ©onard, Libourne, et arrivĂšrent Ă Bordeaux le 7 avril ; on les interna au fort du HĂą. Put-il embarquĂ© ? câest probable, mais nous nâavons pu en avoir la preuve. Nous le retrouvons en DauphinĂ© sous le gouvernement consulaire. Dans une lettre du 16 juin 1802, de BĂ©viers prĂšs de Grenoble, son ancien confrĂšre et compatriote, M. Belluard de Riveau, Ă©crit au prĂ©fet de la VendĂ©e Le citoyen Claude-Aubin Rage de Voissan, mon confrĂšre, rĂ©sidant actuellement Ă Grenoble, lieu de sa naisÂŹ sance, dĂ©sirerait pareillement que vous voulussiez bien lui adresser comme Ă moi un certificat de la pension que lui ont accordĂ©e les administrateurs du dĂ©partement de la VendĂ©e dâaprĂšs lâĂ©tat des revenus du chapitre de Luçon dont il Ă©tait membre. » Nous ignorons la date de sa mort. Mer de Mercy avait encore amenĂ© avec lui Ă Luçon, en quaÂŹ litĂ© de secrĂ©taire, un prĂȘtre du DauphinĂ©, lâabbĂ© Etienne- BenoĂźt VILLOING, quâil pourvut dâun canonicat dans sa cathĂ©drale. M. Villoing ne prĂȘta pas le serment schismatique et ne se sĂ©para de son Ă©vĂȘque que quelques semaines avant son dĂ©part de Paris. â M. Villoing a quittĂ© fort tard Paris ; je crois quâil est du cĂŽtĂ© dâOrlĂ©ans ; il me laisse ignorer sa reÂŹ traite ; je nâai eu de ses nouvelles quâindirectement, je sais quâil se porte bien. » Lettre de M*r de Mercy du 22 octobre 1792. Dans l'intervalle il Ă©tait revenu Ă Luçon, y avait Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©, et avait Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© de prise de corps par le DirecÂŹ toire du dĂ©partement affligĂ© des dĂ©sordres occasionnĂ©s par les suggestions perfides des prĂȘtres non assermentĂ©s » dĂ©cret du 9 mars 1792. M. Villoing ne se laissa pas prendre, et, aprĂšs sâĂȘtre cachĂ© au chĂąteau de la BoutetiĂšre prĂšs Saint- Philbert du Pont-Charault, il avait gagnĂ© lâAnjou et lâOrlĂ©aÂŹ nais. Il envoya bien de ses nouvelles Ă son Ă©vĂȘque, mais en exigeant tant de discrĂ©tion de sa part que Monseigneur ne fait pas mention de lui dans ses lettres. Puis, en 1796, il cessa 284 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE toute correspondance et ne donna signe de vie que lorsque les circonstances politiques lui eurent rendu toute sĂ©curitĂ©. â AprĂšs quatre ans de silence, M. Villoing vient de mâĂ©crire. Il est en Normandie, en bonne maison, prĂ©cepteur dâun jeune enfant, mais toujours avec sa bravoure ordinaire, tourmentĂ© de la peur et gardant le plus strict incognito. Sâil a eu raison dans un temps, je ne peux lâexcuser aujourdâhui, et, en lui rĂ©pondant, je ne lui ai pas dissimulĂ© ma façon de penser, et de mon mieux je lui ai rappelĂ© ses devoirs quâil connaĂźt sĂ»reÂŹ ment et quâil aime, mais quâil nâa pas toujours le courage de remplir ». Lettre de M*T de Merci / du 5 novembre 1800. â M. Villoing, qui nâa pas quittĂ© la France, mâa fait connaĂźtre ses dispositions, et jâai consenti quâil restĂąt oĂč il est jusquâĂ mon retour ou que jâen dĂ©cide autrement » Lettre du 20 juillet 1801. Avant de reparaĂźtre au grand jour, M. Villoing tint pruÂŹ demment Ă sâassurer que les lois rĂ©centes ne lui mĂ©nageaient aucune surprise dĂ©sagrĂ©able, et, le 27 vendĂ©miaire an XI, il obtint du prĂ©fet de la VendĂ©e lâattestation quâil nâĂ©tait inscrit sur aucune liste dâĂ©migrĂ©s du dĂ©partement, et quâil nâavait jamais Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme Ă©migrĂ©. » Arch . dĂ©p. VendĂ©e. RassurĂ©, il put se rendre aux ordres de Mr de Mercy qui, nommĂ© Ă lâarchevĂȘchĂ© de Bourges, lui rendit auprĂšs de lui ses fonctions de secrĂ©taire. Avec M. Jean-LĂ©on RODIER, nous rentrons dans la sĂ©rie des prĂȘtres originaires du diocĂšse, Ă qui les Dauphinois avaient pourtant laissĂ© quelques prĂ©bendes. M. le chanoine Rodier Ă©tait originaire de Benet, dâune famille aisĂ©e, dont plusieurs membres avaient dĂ©jĂ figurĂ© avec honneur dans les rangs du clergĂ© de Luçon. En 1772, un Pierre Rodier Ă©tait sous-doyen et chanoine du Chapitre. La mĂȘme annĂ©e, Jean- LĂ©on, son neveu, prĂ©cĂ©demment vicaire aux Herbiers, avait Ă©tĂ© nommĂ© curĂ© de lâAiguillon-sur-Vie, oĂč il ne resta quâun an, pour entrer Ă son tour au Chapitre de la cathĂ©drale. PENDANT LA RĂVOLUTION 285 Gomme ses confrĂšres, il refusa de prĂȘter le serment constiÂŹ tutionnel, et, le 15 janvier 1791, il fournit au Directoire du district les titres de ses bĂ©nĂ©fices de Sainte-Catherine et de la Motte sis Ă Challans et Ă Sallertaine, pour la fixation de son traitement Souvent dĂ©noncĂ© Ă lâautoritĂ©, il fut mandĂ© et incarcĂ©rĂ© Ă Fontenay, comme prĂȘtre sexagĂ©naire et infirme en vertu de l'arrĂȘtĂ© du 9 mars 1792 Arch. dĂ©p. VendĂ©e . Ces rigueurs nâapaisĂšrent pas ses ennemis ; en fĂ©vrier 1793, une pĂ©tition de citoyens de la commune de Fontenay-sur-VendĂ©e rĂ©clama lâĂ©loignement de Rodier, ci-devant chanoine Ă Luçon, actuelÂŹ lement logĂ© Ă Fontenay chez les citoyennes Gaspard. OuĂŻ le procureur gĂ©nĂ©ral syndic, le Directoire du dĂ©partement arrĂȘta, conformĂ©ment Ă lâarticle 6 de la loi du 26 aoĂ»t 1792 relative aux ecclĂ©siastiques qui nâont pas prĂȘtĂ© le serment, ou qui aprĂšs lâavoir prĂȘtĂ© lâont rĂ©tractĂ© et ont persistĂ© dans leur rĂ©tractation, que Rodier sera tenu de sortir de la RĂ©publique dans le dĂ©lai fixĂ© par lâarticle 4 de ladite loi et que le prĂ©sent arrĂȘtĂ© sera notifiĂ© audit Rodier par le Directoire du district de Fontenay, avec sommation de sây conformer. » [Arch. dĂ©p. VendĂ©e . Mais on Ă©tait au dĂ©but de la guerre civile, et ces arrĂȘtĂ©s Ă©taient plus faciles Ă prendre quâĂ faire exĂ©cuter. M. Rodier ne fut pas mis en demeure dây obĂ©ir. Lâapproche de lâarmĂ©e vendĂ©enne avait affolĂ© les autoritĂ©s ; les prĂȘtres suspects, dĂ©tenus Ă Fontenay, furent conduits en masse au donjon de Niort, puis ramenĂ©s Ă Fontenay, oĂč la prise de la ville par les VendĂ©ens, le 25 mai 1793, les remit en libertĂ©. La plupart suivirent leurs libĂ©rateurs. Lorsquâon Ă©tablit peu aprĂšs, Ă ChĂątillon-sur-SĂšvre, le Conseil supĂ©rieur de lâarmĂ©e catholique et royale, M. Rodier fut nommĂ© membre du comitĂ© ecclĂ©siasÂŹ tique ; il avait reçu antĂ©rieurement, de Mr de Mercy, les pouvoirs de vicaire gĂ©nĂ©ral dans le diocĂšse ; en cette qualitĂ©, il procĂ©da Ă la nomination de plusieurs curĂ©s, notamment de celui de Sallertaine 1er novembre 1793. 286 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE Les succĂšs des armĂ©es rĂ©publicaines mirent bientĂŽt la dé route dans les rangs des VendĂ©ens. Un certain nombre de prĂȘtres se rĂ©fugiĂšrent Ă Noirmoutier, qui fut pris Ă son tour, victoire qui fut suivie de nombreuses etsanglantes exĂ©cutions. M. Rodier rĂ©ussit Ă se cacher pendant quelques jours ; mais sa retraite fut dĂ©couverte, et il fut fusillĂ© sur-le-champ, sans jugement et sans formalitĂ©s prĂ©alables, ainsi que le constate le procĂšs-verbal du juge du paix de Noirmoutier Arch . dĂ©p. VendĂ©e. Cette exĂ©cution sommaire eut lieu sur la place. du ChĂąteau le 14 nivĂŽse an II 3 janvier 1794, au pied de la maison de Mms veuve Merland ; le corps fut enterrĂ© Ă quelques pas de lĂ , dans la douve, et, lorsque les douves furent creusĂ©es en 1845, les ossements furent exhumĂ©s et dĂ©posĂ©s dans le cimetiĂšre de la paroisse. M. lâabbĂ© Jacques CHABOT, chanoine semi-prĂ©bendĂ©, nĂ© Ă Cheffois le 15 janvier 1741, avait Ă©tĂ© pourvu dâun cano- nicat au chapitre de Luçon en ne prĂȘta pas le serment constitutionnel, dut apporter Ă la municipalitĂ©, le 15 janvier 1791, les titres concernant le prieurĂ© du BoupĂšre dont il Ă©tait bĂ©nĂ©ficier, et vit son traitement canonial augmentĂ© de 377 1. par an, somme Ă©quivalente Ă la moitiĂ© du revenu de son prieurĂ©. Il continua de rĂ©sider Ă Luçon, sa dĂ©claration Ă la municipalitĂ© de cette ville en date du 18 juin 1792 en fait foi. Lorsque les prĂȘtres insermentĂ©s furent condamnĂ©s Ă lâexil. M. Chabot se rendit Ă Fontenay et dĂ©clara au maire, Germon, que nâĂ©tant pas assujetti au serment en raison de son Ăąge, il comptait se retirer Ă Luçon dans sa famille et sâengageait Ă se conformer aux lois. Mais le chanoine se trompait de dix ans, il nâavait que 50 ans, et la loi nâĂ©tait adoucie quâen faveur des sexagĂ©naires et au-delĂ . Quatre jours aprĂšs son entrevue avec le maire de Fontenay, le 10 sepÂŹ tembre 1792, M. Chabot sâembarqua aux Sables-dâOlonne, avec trente-huit autres prĂȘtres, sur le navire Y Bear eux Hasard, en partance pour lâEspagne. Il resta peu de temps dans ce PENDANT LA RĂVOLUTION 287 pays, oĂč il craignait quâune rĂ©volution ne lui suscitĂąt de nouvelles Ă©preuves, et il passa en Angleterre Arch . de Londres, Laityâs Direction. RentrĂ© en France au Concordat, il est notĂ© par le prĂ©fet de la VendĂ©e dans son rapport du Il thermidor an IX, comme exerçant Ă Luçon ; a fait la proÂŹ messe, mais vieux et infirme. » Il mourut prĂȘtre habituĂ© Ă Luçon le 25 juin 1808. Le chanoine François CHEVREUX, originaire de la ChĂąteigneraye, avait atteint la soixantaine lorsque la RĂ©voÂŹ lution vint troubler sa vie toute de discrĂštes vertus et de piĂ©tĂ© modeste. Ayant refusĂ© le serment, il eĂ»t Ă©chappĂ© par son Ăąge aux lois rigoureuses du moment, si sous la Terreur, il eĂ»t Ă©tĂ© possible dâĂȘtre prĂȘtre sans ĂȘtre suspect. On le mit en prison et, en novembre 1795, la citoyenne Luce Chevreux, dont le frĂšre ex-chanoine est dĂ©tenu en rĂ©clusion, » obtint du Directoire du DĂ©partement les meubles, effets et linges qu'elle avait recueillis dans la succession de ses pĂšre et mĂšre, et quâelle avait portĂ©s chez sondit frĂšre, comme lâattestait un certificat de la municipalitĂ© de Luçon ».Arch. municip. Luçon. Quelques mois plus tard, en florĂ©al an III, La RĂ©- veilliĂšre-LĂ©peaux, conventionnel influent de Maine-et-Loire, quâon avait intĂ©ressĂ© au sort du frĂšre et de la sĆur, rĂ©clama Ă lâadministration du dĂ©partement de la VendĂ©e deux conÂŹ trats de rente viagĂšre due au citoyen François Chevreux et Ă Luce Chevreux sa sĆur. » On promit de faire des recherches, tout en exprimant la crainte que ces titres aient Ă©tĂ© dĂ©truits lors de la prise de Fontenay, en mai 1793, oĂč lâon avait transÂŹ portĂ© les archives des districts voisins. CâĂ©tait du reste Ă lâintervention de La RĂ©veillĂšre-LĂ©peaux que M. Chevreux avait dĂ» dĂ©jĂ son Ă©largissement. â Jâai Ă©tĂ© rĂ©joui des nouvelles que vous me donnez de lâabbĂ© Ghe- vreux », Ă©crivait M5'- de Mercy Ă M. Paillou le 16 janvier 1796. Libre, le chanoine et sa sĆur eurent Ă lutter avec les difÂŹ ficultĂ©s matĂ©rielles de la vie, et ce nâest quâen 1803 quâils 288 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE purent espĂ©rer une lĂ©gĂšre amĂ©lioration de leur sort comme le montre cette correspondance. Luçon, 8 thermidor an X. Au citoyen MaziĂŽre, chef de division de la prĂ©fecture Ă Fontenay. Voudriez-vous encore, mon bon ami, obliger un pauvre diable qui a grand besoin de trouver des moyens pour vivre. Le bon vieillard Ghevreux, ex-chanoine Ă Luçon, me demande un certificat constatant et sa qualitĂ© dâex-chanoine, titre en vertu duquel il a prĂ©cĂ©demment droit Ă la pension ecclĂ©siasÂŹ tique, et la somme Ă laquelle cette pension avait pour lui Ă©tĂ© fixĂ©e ; je ne puis, et ce nâest pas moi qui doit lui donner pareil certificat, jâai pensĂ© que lâarrĂȘtĂ© du dĂ©partement qui a dans le temps fixĂ© le traitement de tous nos ex-chanoines lui serÂŹ virait et serait la meilleure piĂšce quâil pĂ»t employer. Si vous pouviez mâen adresser une expĂ©dition, je vous en aurais obligation. Sâil est quelques dĂ©boursĂ©s et droits pour ce je vous en tiendrai compte suivant votre avis. Cette piĂšce est du 22 ou 23 dĂ©cembre 1790. Je suis bien sincĂšrement votre affectionnĂ©. ClĂ©menceau, notaire. » Contre lâusage, lâadministration rĂ©pondit aussitĂŽt; dĂšs le surlendemain, M. MaziĂšre expĂ©dia lâextrait du registre du receveur du dĂ©partement, M. Laval, et le mĂȘme jour le pré fet Ă©crivit au maire de Luçon. 10 thermidor an X. Je vous adresse, citoyen maire, un extrait dâun compte rendu le 15 florĂ©al an II par le citoyen Laval, receveur du district de Fontenay, qui prouve que le citoyen François Chevreux, prĂȘtre, ex-chanoine de la cathĂ©drale de votre ville, avait droit Ă une pension de 2412 1. 17 s. 8 d. Je ne puis vous PENDANT LA RĂVOLUTION 289 procurer pour lui d'autres piĂšce ; aucun registre, aucune minute capables de me donner connaissance des pensions que le dĂ©partement accordaaux ecclĂ©siastiques nâont Ă©chappĂ© au dĂ©sordre du 25 mai 1793. » M. Chevreux ne profita pas de cette bienveillance ; lâabsence de son nom sur les listes et Ă©tats des pensionnaires du gouvernement tĂ©moigne quâil mourut avant la fin de lâannĂ©e 1803. LâabbĂ© François-Pierre DE RIEUSSEC, vicaire-gĂ©nĂ©ral et chanoine, Ă©tait Ă©tranger au diocĂšse de Luçon ; il Ă©tait nĂ© Ă Lyon en 17541 et avait Ă©tĂ© appelĂ© Ă Luçon par Mr de Mercy qui le tenait en haute estime et amitiĂ©. Il refusa le serment, et, titulaire du prieurĂ© de Bellenoue et de la chapelle Saint- Nicolas en Belleville, il oblint du district de Fontenay, en fĂ©vrier 1791, un traitement provisoire de 3000 1. En juillet suivant, il adressa au mĂȘme district une pĂ©tition, comme fondĂ© de pouvoirs des ecclĂ©siastiques de la ville de Luçon non fonctionnaires publics, tendante Ă ce que, sans Ă©gards ' Ă la rĂ©quisition du sieur Rodrique Ă©vĂȘque, il soit permis aux prĂȘtres connus et domiciliĂ©s Ă Luçon de dire la messe dans lâĂ©glise de lâhĂŽpital comme dans les autres sans quâil soit nĂ©cessaire de faire vĂ©rifier leur qualitĂ© de prĂȘtres ». Vu ladite pĂ©tition, ensemble la dĂ©claration de M. lâEvĂȘque au procureur de la commune de Luçon, datĂ©edu23de ce mois, Le Directoire arrĂȘte que ladite pĂ©tition sera communiquĂ©e tant Ă M. lâEvĂȘque du dĂ©partement de la VendĂ©e qu'aux adÂŹ ministrateurs de lâhĂŽpital et Ă la municipalitĂ© de Luçon pour y rĂ©pondre chacun Ă son Ă©gard et donner leur avis dans le plus bref dĂ©lai, et ĂȘtre ensuite par le Directoire donnĂ© tel avis quâil appartiendra. » . Arch . dĂ©p. delĂ VendĂ©e. La marche des Ă©vĂ©nements ne permit pas de terminer cette affaire, et força bientĂŽt M. de Rieussec a pourvoir Ă sa sĂ»retĂ© 1 Cette famille Ă©tait encore reprĂ©sentĂ©e Ă Lyon, en 1-845, par M. Rieussec, neveu du chanoine et prĂ©sident de chambre Ă . la cour royale. ! TOME XI. â JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE 20 290 LE CLERGE DE LA VENDĂE personnelle. Il se rĂ©fugia dâabord chez Mme la GtĂź,,e de la BouteliĂŽre Saint-Mars prĂšs Saint-Philbert-du-Pont-Charault, avec M. Villoing ; puis, lorsque cet asile ne fut plus lui-mĂȘme sans danger il se dĂ©cida Ă gagner la Suisse, dâoĂč il entretint avec Msr de Mercy une correspondance suivie, et donna des preuves dâun zĂšle que le malheur ne dĂ©courageait pas. â M. de Rieussec est Ă Fribourg », Ă©crivait lâĂ©vĂȘque de Luçon Ă M. Paillou le 6 novembre 1792. Les lettres du prĂ©lat vont nous donner jusquâĂ la fin lâitinĂ©raire de lâexil de son vicaire gĂ©nĂ©ral. - M. de Rieussec est toujours Ă Fribourg, il ne se porte pas trop bien ». Lettre du 11 janvier 1793. â LâabbĂ© de Rieussec a quittĂ© Fribourg, je viens de recevoir une lettre de lui du 27 mars datĂ©e de LiĂšge, oĂč il venait dâarÂŹ river Ă bon port aprĂšs bien des dĂ©sagrĂ©ments et des fatigues. Il ne me mande pas le lieu oĂč il se fixera ; il me le mandera et Ă vous quand il y sera ; il paraĂźt que ce ne sera pas loin de LiĂšge. » {Lettre du 15 avril 1794. M. de Rieussec ne savait guĂšre lui-mĂȘme oĂč il allait se fixer, son activitĂ© le portant Ă aller toujours du cĂŽtĂ© oĂč il pouvait y avoir quelque chose Ă faire. â LâabbĂ© de Rieussec me mande de Bruxelles quâon est plein dâespĂ©rance dans ce pays-lĂ et que, dâaprĂšs les donnĂ©es quâils ont, il espĂšre que la VendĂ©e nous sera ouverte cet automne ; ainsi-soit-il I » [Lettre du 13 mai 1 794. Mais les succĂšs de lâarmĂ©e venÂŹ dĂ©enne furent de courte durĂ©e, et lâinvasion de la Belgique par les Français mit bientĂŽt ces illusions Ă nĂ©ant. Deux mois plus tard Msr de Mercy Ă©crivait, le 27 juillet 1794 Sâil est vrai, comme on le craint, quâon soit obligĂ© dâabandonner Bruxelles, je ne sais ce que deviendra la multitude de prĂȘtres qui sont dans ce pays, et particuliĂšrement lâabbĂ© de Rieussec dont jâai eu des nouvelles du 20 juin et qui alors paraissait encore tranquille. » Et, Ă la fin de la mĂȘme lettre Gomme tous les autres Ă©migrĂ©s, lâabbĂ© de Rieussec est sorti de Bruxelles le 27 juin, jâignore oĂč il est allĂ©... Lâempereur a abandonnĂ© le Brabant parce que le Brabant nâa pas voulu se PENDANT LA RĂVOLUTION 29 i dĂ©fendre. LâabbĂ© de Rieussec a Ă©tĂ© obligĂ© de fuir de Bruxelles la veille que les rĂ©gicides y sont entrĂ©s, je nâen ai pas eu de nouvelles depuis, je sais seulement quâil est en sĂ»retĂ© ». Lettre du 2 5 aoĂ»t 1 794. Les nouvelles vinrent bientĂŽt. â LâabbĂ© de Rieussec est actuellement Ă La Haye, et Dieu veuille quâil y soit longtemps tranquille ». Lettre du 8 octobre 1794. â LâabbĂ© de Rieussec est toujours Ă la Haye. » Lettre du 14 octobre 1794. â Depuis que lâabbĂ© de Rieussec m'a Ă©crit deux fois de la Haye, je nâen entends plus parler. » Lettre du 8 janÂŹ vier 1795. M. de Rieussec Ă©tait dĂ©jĂ passĂ© en Angleterre oĂč sa pré sence lui paraissait plus utile aux intĂ©rĂȘts quâil voulait servir. Dans son Histoire de la VendĂ©e, M. lâabbĂ© Deniau parle du rĂŽle important que lâancien vicaire gĂ©nĂ©ral de Luçon joua dans les nĂ©gociations entamĂ©es pour ramener la concorde entre Puisaye et dâHervilly, et dit que les lettres que lâabbĂ© Ă©crivit dans ce but aux deux chefs royalistes sont des chefs- dâĆuvre de raison, de nobles sentiments et de dĂ©vouement Ă la cause royale. » Ce fut en pure perte, et M. de Rieussec, pour se consoler de cette dĂ©ception, rĂ©solut de prendre part Ă la funeste expĂ©dition de Quiberon. â Le 10 mai, lâabbĂ© de Rieussec me mandait quâon croyait Brumault heureusement arrivĂ© en VendĂ©e. Lui-mĂȘme se disÂŹ posait Ă partir avec lâĂ©vĂȘque de Dol et dâautres prĂȘtres, mais le moment nâĂ©tait pas venu. » . Lettre de Mgr de Mercy du 25 juin 1 795. LâabbĂ© partit de Londres le 8 juin. Il mâa Ă©crit de Sou. thampton le 10 juin, veille de son embarquement. » Lettre du 25 juillet 1 795. Mgr de Beauregard raconte dans ses MĂ©moires que, dans la traversĂ©e dâAngleterre Ă Quiberon, il aperçut le bĂątiment qui portait lâĂ©vĂȘque de Dol, lâabbĂ© de Rieussec et dâautres prĂȘtres. Il les salua avec le porte-voix, et ce fut l'abbĂ© de Rieussec qui lui cria Nous allons nous revoir ; je vous porte 292 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE quelques effets et de lâargent ; votre frĂšre va vous rejoindre. » On sait quel dĂ©sastre, malentendu ou trahison, termina cette expĂ©dition fatale, mais on nâen connut pas de suite toute lâĂ©tendue. â Je suis dans des inquiĂ©tudes mortelles sur le compte de lâabbĂ© de Rieussec, qui faisait partie du dĂ©barqueÂŹ ment du 26 juin Ă Quiberon. » Lettre de Mgr de Mercy du 28 aoĂ»t 1795. â Les Anglais avaient effectuĂ© un dĂ©barqueÂŹ ment Ă la baie de Quiberon,, et de ce dĂ©barquement Ă©tait lâĂ©vĂȘque de Dol, lâabbĂ© de Rieussec et une vingtaine de prĂȘtres. Mgr lâĂ©vĂȘque de Dol et le plus grand nombre de ses prĂȘtres ont Ă©tĂ© pris et fusillĂ©s ; lâabbĂ© de Rieussec sâest sauvĂ© heuÂŹ reusement. » Lettre du 3 octobre 1 795. â Il paraĂźt certain que lâabbĂ© de Rieussec a Ă©tĂ© fait prisonnier, mais son sort est incertain, et cette incertitude est un tourment continuel pour moi. » Lettre du 19 novembre 1795. â Vous devez savoir Ă prĂ©sent tout ce que nous avons Ă craindre pour lâabbĂ© de Rieussec; il nâest que trop sĂ»r quâil a Ă©tĂ© au moins fait priÂŹ sonnier Ă Quiberon. » Lettre du 5 dĂ©cembre 1795. Tl y avait prĂšs de cinq mois quâon nâavait plus rienĂ craiudre pour lâabbĂ© de Rieussec. Fait prisonnier en effet Ă Quiberon, jetĂ© dans la prison dâAuray, il fut envoyĂ© Ă Vannes avec quinze autres prĂȘtres, sur des charrettes, dans la soirĂ©e du 27 juillet, aprĂšs ĂȘtre passĂ©s devant une commission militaire. Le funĂšbre convoi arriva Ă Vannes vers minuit, et les conÂŹ damnĂ©s furent enfermĂ©s dans des cachots au-dessus dâune ancienne porte de ville. Le lendemain matin, Ă 9 heures, on vint leur annoncer quâils seraient passĂ©s par les armes Ă 10 heures. Conduits, les mains liĂ©es, sur la promenade de la Gaienne, on les fit placer sur une seule ligne, et on les fusilla'. Comme M\l. Brumault de Beauregard et Irland, le chaÂŹ noine PALLU DE LA FAYE Ă©tait originaire du diocĂšse de Poitiers ; un de ses frĂšres Ă©tait chanoine de Sainte-Radegonde 1 Sur le monument de Qaiberon, qui porte le nom des victimes, on a gravĂ© Ă tort de I\ tus sec. PENDANT LA REVOLUTION 293 dans celte ville. Les deux frĂšres sâabstinrent de prĂȘter le serÂŹ ment schismatique, et nâattendirent pas dây ĂȘtre contraints pour gagner la frontiĂšre. Ils se rendirent en Italie. â M. Pallu est toujours Ă Saint-Elpidio, prĂšs Fermo, dans la Marche dâAncĂŽne ; jâen ai souvent des nouvelles. Lettres de Mgr de Mercy du 8 juillet 1794 et 8 janvier 1795. De Venise, Mgr Ă©crit Ă M. Paillou le 16 juillet 1796 M. Pallu est ici avec moi et mâa bien priĂ© de ne pas lâoublier auprĂšs de vous. » Le chanoine me suivit par son Ă©vĂȘque lorsque celui-ci se retira en Autriche. â M. Pallu est dans lâEtat ecclĂ©siastique, dans la marche dâAncĂŽne, et je lây crois toujours ; on y a laissĂ© les prĂȘtres tranquilles. Lettre du 14 avril 1 798 J. La lettre suivante, du 14 mai, est moins affirmative M. Pallu Ă©tait allĂ© avec son frĂšre, chanoine de Sainte-Radegonde, dans lâĂtat ecclĂ©siastique ; je ne sais sâil aura pu y rester. » Il nâĂ©tait pas allĂ© bien loin M. Pallu est toujours Ă FloÂŹ rence. » Lettre du 8 fĂ©vrier 1800. Les deux frĂšres rentrĂšrent en France dĂšs que la situation politique le permit MM. Pallu, avec lesquels je me suis trouvĂ© Ă Venise et qui sâĂ©taient retirĂ©s Ă Florence, sont auÂŹ jourdâhui dans mon diocĂšse ; ils mâont Ă©crit de ChĂątellerault en sây rendant. Je vous les recommande, ce sont de dignes ouvriers bien Ă©prouvĂ©s. » {Lettre Ă M. Paillou du 14 mai 1801. Bien quâil nây ait pas loin de ChĂątellerault Ă Poitiers, les deux chanoines avaient eu le temps de changer dâidĂ©e en route, et, comme M. Paillou exprimait son Ă©tonnement de ne pas les revoir, Mgr lui rĂ©pondit, le 15 juillet 1801 Je suis Ă©trangement surpris que vous nâayez pas entendu parler de MM. Pallu. Se seraient-ils aussi laisser sĂ©duire Ă Poitiers. Ils nây Ă©taient nullement disposĂ©s. Je vous prie de leur Ă©crire afin de vous assurer de leurs intentions. » Du 20 juillet Lâadresse de M. Pallu de la Faye est chez M. Bonnet, marchand de fer, Ă Poitiers ; je ne conçois pas comment ces 294 LE CLERGE DE LA VENDEE Messieurs ne vous ont pas joint ou ne vous ont pas Ă©crit, dâaprĂšs les assurances contraires quâils mâont donnĂ©es et les engageÂŹ ments les plus formels pris avec moi. Ecrivez-leur pour le leur rappeler, et les sommer de leurs paroles. » M. Paillou Ă©crivit, mais MM. Pallu nâeurent pas lâair de sâen apercevoir ; Mr de Mercy Ă©crivit Ă son tour â Jâai Ă©crit Ă MM. Pallu pourles presser de vous joindre ou de sâexÂŹ pliquer ; je ne les crois pas capables dâavoir voulu me jouer ; il serait bien fĂącheux que le diocĂšse de Poitiers fĂ»t pour les nĂŽtres un puits perdu et quâaucun de ceux qui y vont nâen revĂźnt, pas mĂȘme M. Irland. Mais le moment viendra, jâesÂŹ pĂšre bientĂŽt, oĂč je ferai valoir mes droits, et je me souvienÂŹ drai de ceux qui auront refusĂ© le travail dans les temps difÂŹ ficiles. » Lettre du 12 avril 1801. Le moment ne vint pas ; Msr de Mercy ne revit jamais Luçon, ayant Ă©tĂ© nommĂ© Ă lâarchevĂȘchĂ© de Bourges. Ce nâest pas ici le lieu dâexpliquer le motif ou le prĂ©texte des dĂ©fections assez nombreuses dont se plaignait Mr de Mercy ; cette explication ne sera pas un chapitre des moins dĂ©licats de la vie du prĂ©lat. Quâil suffise de dire pour le moÂŹ ment que lâardeur avec laquelle Mgr de Mercy sâĂ©tait fait le champion du nouveau serment politique imposĂ© aux prĂȘtres parle gouvernement consulaire, et le zĂšle que mettait M. Paillou Ă seconder en ce sens les vues de lâĂ©vĂȘque, leur alié nĂšrent beaucoup de prĂȘtres dont la conscience nâĂ©tait pas encore mĂ»re pour les compromis mĂȘme licites, et qui, dĂ©jĂ victimes dâun refus de serment, ne se sentaient aucun enÂŹ traĂźnement Ă en prĂȘter un nouveau. On verra quelle influence eurent ces divergences de vues sur le schisme de la petite Eglise. Au surplus, MM. Pallu, comme beaucoup dâautres prĂȘtres, aprĂšs tant dâĂ©preuves traversĂ©es et de misĂšres subies, jetaient lâancre dans le premier port qui sâouvrait Ă eux. M. Pallu de la Faye ne revint pas dans le diocĂšse, et une lettre de Mgr de Mercy, du 19 septembre 1801, en donne la PENDANT LA REVOLUTION 295 raison au moins apparente Brumault me dit que M. Pallu trouvant une espĂšce de bĂ©nĂ©fice dans la desserte dâun hĂŽpital Ă Poitiers oĂč on le loge, sây est fixĂ©. Il mâen parle peu avanÂŹ tageusement, et me dit que les administrateurs du diocĂšse ne demanderaient pas mieux que de le voir partir, et quâil lui aurait donnĂ© la moins mauvaise de ses chemises pour voir son dĂ©part. » M. Pallu nâavait ainsi contentĂ© personne ; il nây prit garde, laissa dire, et mourut tranquille dans le poste modeste oĂč il avait enfin trouvĂ© le repos. Edgar Bourloton. A suivre. * Visions dâĂ CĂŽtĂ© Suite et /in'. Granville e premier contact rĂ©el avec la mer... Nul site nâest pins joliment disposĂ© pourservir de cadre au premier baiser * donnĂ© Ă la grande bleue. Les falaises immenses, la vieille ville grise qui, accroupie en haut, ceinturĂ©e de ses remparts, regarde la foule Ă©lĂ©gante massĂ©e Ă ses pieds sur la plage, lâĂ©troit casino en terrasse suspendu Ă la falaise puis la mer dont nulle expression ne dĂ©peint la beautĂ©, parce que cette beautĂ© est inexprimable, et que je regarde recueillie dans un silence passionnĂ©. Pour mieux la contempler, pour lâadmirer davantage, pour en voir encore plus, je me juche partout sur ce joli pont aĂ©rien jetĂ© comme un ruban ajourĂ© entre les deux falaises, sur les talus qui montent, oĂč lĂšvent souffle avec rage, faisant tournoyer les passants en les dé pouillant de leurs vĂȘtements, comme des bobines que lâon dĂ©vide ; mais quâimporte. Jusqu'aux confins de lâhorizon la mer Ă©tale, ondule et se balance, serpentine et mousseuse, pleine de menaces et de sourire, l'air accort et pervers, et je reste ravie, plus entiڏ rement, plus profondĂ©ment conquise encore, comme lâon est conquis par ces ĂȘtres troubles etcharmants dont les trahisons sĂ©ductrices ont plus dâattraits que, des autres, les caresses fidĂšles. i Voir la livraison de dĂ©cembre 1897. VISIONS dâa CĂTĂ 297 De Granville Ă Saint-Malo Toutes les demi-heures on change de train, mĂ©thodiqueÂŹ ment. Tous les employĂ©s de la voie sont muets quand ils ne sont pas invisibles. Aucune plaque pour mettre les voyageurs dans le bon chemin ; Ă vous de vous dĂ©brouiller juste. â Evidemment câest un sport. Il le faut pour quâune aussi large place soit laissĂ©e Ă lâiniÂŹ tiative personnelle. Cependant des torrents de pluie tombent du ciel brouillĂ©, en mĂȘme temps que des torrents dâanglaises recommenÂŹ cent Ă inonder la terre. Le sport en question devient dâautant plus difficile Ă pratiquer. Les Anglaises y ont une supĂ©rioritĂ© trop Ă©vidente ; on se dĂ©courage. BientĂŽt elles dĂ©tiennent le record. Il nây a plus rien Ă faire. Elles trottent, solides sur leurs pieds dĂ©mesurĂ©s, encomÂŹ brent les marchepieds quâelles franchissent alertes, emÂŹ plissent les filets, se carrent dans les coins, s'installent avec candeur et sans gĂȘne, tout ça sous la pluie, sans ĂȘtre crottĂ©es et sans sâessouffler. % Je les contemple, envieuse, ces Anglo-Saxonnes. Mais aussi, Latines impratiques que nous sommes, pourquoi ne pas adopter en voyage, nous dont les pieds sont cambrĂ©s et fins, nous dont les lignes sont joliment courbes, la jupe courte quâelles portent loutes, la jupe Ă©laguĂ©e de ces flots dâĂ©toffe qui Ă©chappent Ă nos bras alourdis, qui boivent les flaques dâeau Ă chaque descente, qui nous transforment en bancs dâĂ©ponges portatifs. DĂ©cidĂ©ment il se pourrait bien que ces Anglais fussent un grand peuple. Quand on voit des femmes dâune nation ne se laisser gĂȘner par rien, considĂ©rer comme des articles impropres Ă lâexÂŹ portation le souci de lâesthĂ©tique et celui de la commoditĂ© du prochain, quand elles montrent aussi carrĂ©ment leurs jambes 298 VISIONS dâa cĂŽtĂ© et rentrent aussi dĂ©libĂ©rĂ©ment leur cant », le tout pour conquĂ©rir plus largement leurs aises, on imagine de quoi les hommes sont capables. Ces gens-lĂ sont une force , câest indĂ©niable. On comprend que, le moment venu, rien ne les arrĂȘte et quâalors tous, sans barguigner, savent faire table rase de tout !.. Quelle philosophie rageuse peut, en un jour de pluie, inspiÂŹ rer une longue jupe mouillĂ©e. Saint-Malo Une ville d'un seul bloc, qui, Ă travers les siĂšcles a gardĂ© son originalitĂ©, sa personnalitĂ©. Les maisons sây serrent les coudes, Ă©ternellement en Ă©veil, Ă©ternellement en bataille, toujours inquiĂštes, regardant la mer par-dessus les remparts, avec les yeux de leurs fenĂȘtres longues et Ă©troites. Pendant des siĂšcles et des siĂšcles, du large est venu lâenÂŹ nemi, du large il reviendra peut-ĂȘtre encore, qui sait ! Et touÂŹ jours Saint-Malo en dĂ©fiance se serre raidi entre ses tourelles de granit. Dans cette enceinte Ă©troite, derriĂšre ces murs massifs quâau- jourdâhui, ĂŽ I anomalie !.. ceinture du cĂŽtĂ© du port un ruban de jardins fleuris, naquirent des ĂȘtres combatifs quâeniÂŹ vrĂšrent les souffles puissants des espaces infinis, soldats de lâaction, soldats de lâidĂ©e, toujours enfiĂ©vrĂ©s de lâardeur de la conquĂȘte, toujours hypnotisĂ©s par les hauteurs et les Ă©tendues â Chateaubriant, Jacques Cartier, Lamennais, Duguay-Trouin et la lĂ©gion glorieuse des autres, pĂȘle-mĂȘle de cerveaux puissants et de coeurs hĂ©roĂŻques. Par un contraste inouĂŻ, Saint-Malo, cette citadelle Ă©pique du passĂ©, dont lâimmuable et dure jeunesse a dĂ©fiĂ© le temps, sert de trait dâunion entre les deux plus suprĂȘmes expresÂŹ sions de la modernitĂ© Ă©lĂ©gante et du luxe sensuel, ParamĂ© et Dinard. VISIONS D'A CĂTĂ 299 A ParamĂ© Dans un poĂšme dâinoubliable grĂące, ThĂ©ophile Gautier chanta un jour sur sa lyre la symphonie du blanc majeur. A ParamĂ© la mer, sur le sable des grĂšves, mâa rythmĂ© et chantĂ© le grand concerto du bleu ; mais oĂč est lâinstrument pour redire le chef-dâĆuvre ? Ma plume nâest quâun bout de roseau, Ă peine y pourrait-on tailler un chalumeau de pĂątre. Faut-il essayer tout de mĂȘme ? Oui, allons. Câest la gamme du bleu tout entiĂšre qui Ă©grĂšne ses notes lĂ -bas. Elles les unit en accords, les dĂ©tache en pizzicati, les pleure en mĂ©lodie, les concentre en une harmonie surhuÂŹ maine. Il ne sâagit pas ici de ce bleu immobile et passif, de ce bleu spĂ©cial et amputĂ© quâAlfred de Musset trouvait bĂȘte, mais du bleu total complet, se chauffant jusquâau violet, et se refroiÂŹ dissant jusquâau blanc, dâun bleu vivant, remuant, chatoyant, qui naĂźt, se transforme, Ă©volue, meurt, comme un ĂȘtre. Il est partout dans la voĂ»te cĂ©leste ; dans lâair lĂ©ger qui le reflĂšte ; dans la mer, surtout, oĂč gĂźt son Ăąme. Quâon se figure en haut, en dessus des tĂȘtes, des couches dâĂ©ther floues, transparentes telles des Ă©tendues superposĂ©es couleur bleu de cobalt, innombrables, donnant aux cieux une singuliĂšre profondeur. LĂ -bas, au zĂ©nith, elles sâabaissent se pressent les unes contre les autres, foncent et, par un fil de lumiĂšre, se faufilent Ă une dĂ©mesurĂ©e bande glauque. Puis, tel un manteau royal jetĂ© en tapis sur le passage de quelque dieu et dont les plis mouvants rempliraient lâespace, une Ă©tendue sans bornes de peluche moelleuse, indigo, glacĂ©e de lapis. Dessus, çà et lĂ , des incrustations de saphirs, bizarreÂŹ ment disposĂ©es, dont les feux se heurtent, tantĂŽt sombres comme ceux des diamants noirs, tantĂŽt aveuglants de blanÂŹ cheur lueurs Ă©lectriques oĂč le prisme se dĂ©compose. Plus loin, des applications Ă©tranges de satin reluisant bleu turquin, serties dâĂ©meraude ; des frous-frous de moire azur 300 VISIONS dâa CĂTĂ qui retiennent de rigides lames dâacier bleui; des coupons de brocart presque verts gerbĂ©s de turquoises, des dĂ©ploieÂŹ ments de lampas presque mauves saupoudrĂ©s de rubis. Vers les grĂšves, comme une bordure de fleurs cyanides, frissonnant sous le vent, des avalanches de vagues iris sâĂ©talent sur des nappes de vagues pervenche et des flots de bluets sâeffeuillent sur des ondulements de myosotis. Enfin, la teinte se dissout, pour ainsi dire, comme un tissu qui s'Ă©lime ; elle devient de plus en plus tendre, de plus en plus transparente. Elle pĂąlit, se dĂ©grade, meurt et sâanĂ©antit enfin sur le sable, dans lâĂ©cume des remous, qui font au royal manteau une ruche dâincomparables et mousseuses dentelles. Oh 1 sur ce tapis de rĂȘve, sur ce tapis dâinfini, que la nature semble avoir tissĂ© avec toutes les soies Ă©parses, brodĂ© de toutes ses pierres prĂ©cieuses, qui a les froides flexiÂŹ bilitĂ©s de lâacier, les douces caresses des regards azurĂ©s, se rouler, sâenfoncer, jusquâĂ ne plus rien voir que sa maÂŹ gnificence, jusquâĂ ne plus rien sentir que son enveÂŹ loppement. A Dinard Lâair limpide et tiĂšde, les courbes molles des baies, les vagues caressantes, les villas somptueuses ombragĂ©es dâarbres rares, tout ce luxe accumulĂ© parla nature et lâart, qui de partout surgit et que lâon respire, ce luxe qui est ici le maĂźtre, le roi, le dieu Ă©voque aux heures solitaires je ne sais quelles splendeurs paĂŻennes cruelles et prestigieuses. On cherche, dans ces bosquets embaumĂ©s de fleurs Ă©tranges, les dieux de marbre aux socles enguirlandĂ©s de roses ; sur la mer les galĂšres rapportant de tous les coins du monde Ă un patriciat ploutocrate ou privilĂ©giĂ© quelques Ă©toffes plus soyeuses, quelques mets plus rares. Et la comprĂ©hension vient des monstrueuses et parti- VISIONS DâA CĂTĂ 301 culiĂšres voluplĂ©s des dĂ©cadences, oĂč les joies des unitĂ©s sâexaltent des douleurs du nombre, oĂč les dĂ©tresses sans mesure alimentent les appĂ©tits sans frein. Dinan. La Rance et ses bords sont des endroits pittoresques cĂ©lé brĂ©s par tous les BĂŠdeker. Les guides l'appellent une Suisse en petit. Le pays, qui semble en effet disposĂ© pour le sage agrĂ©ment des yeux, est une succession de sites aimables, faits de rochers gentiment Ă pic, de coins confortablement ouatĂ©s de mousses, Ă©lĂ©gamÂŹ ment pomponnĂ©s de fougĂšres et de bruyĂšres roses. Les arbres y sont bien venus, sans ĂȘtre gigantesques ; ils y ont des airs avenants. La Rance elle-mĂȘme murmure aux touristes des paroles dâaccueil. Par exemple, il faut ĂȘtre Anglais pour jouir pleinement de tous ces avantages. Autrement la nature se renfrogne et fait la renchĂ©rie et les hĂŽteliers bien davantage ! Lâexploitation du Français y prend des proportions dâart subtil et compliquĂ© qui sent la vengeance. En effet, les AnÂŹ glais qui ne possĂšdent ni notre vanitĂ© ni notre insouciance, fuient dâune ville oĂč on les Ă©corche; nul snobisme, nulle considĂ©ration ne saurait illusionner leur sens pratique de la vie. Or, Ă Dinan, ils colonisent. Ceci prouve que les Dinanais ont compris ce britannique Ă©tat dâĂąme et quâils le respectent. Seulement, avec les Français, ce quâils se rattrappent !... Encore un vieux chĂąteau. Un puits embastionnĂ©, celui-lĂ . Il est et a toujours dĂ» ĂȘtre une prison, mĂȘme au temps oĂč la reine Anne y tenait ses assises. Dans une curieuse Ă©glise de granit gris, aux arceaux reliĂ©s par des sĂ©ries de clefs de voĂ»te pressĂ©es, bizarres, toutes disÂŹ semblables, se dresse une stĂšle de marbre noir derriĂšre laÂŹ quelle le cĆur de Duguesclin se pulvĂ©rise. En mĂȘme temps que moi, un groupe dâAnglais la contemple silencieux, resÂŹ pectueux, presque Ă©mu. 302 VISIONS d'a CĂTĂ Ce peuple a une telle religion de la force que lorsquâelle sâincarne en un homme, celui-ci fĂ»t-il un ennemi, le frisson du divin le saisit. PremiĂšre statue de Dugueselin. On en trouvera partout maintenant, Ă Saint-Brieux, Ă Rennes, etc. TrĂšs justement les Bretons sont fiers de leur hĂ©ros ; si fiers, quâils lui renient lâhonneur le plus grand qui soit. Tel lâOdin de leur Walhala, ils le posent sur un socle, sans un nom, sans une date. On sent que lâĂąme de ce guerrier indé pendant et fidĂšle est la concrĂ©tion de ces Ăąmes de fer. Câest lâArmorique elle-mĂȘme Ă©rigĂ©e de marbre. Chacun ici doit connaĂźtre cette effigie ou la reconnaĂźtre. HĂ©las ! oui, on la reconnaĂźt ; tout y est la stature ramassĂ©e, les jambes lourdes et presque torses, la disgrĂące du masque !.. On a mĂȘme aggravĂ© ce portrait dâun grand casque plantureuÂŹ sement empanachĂ© qui a lâair si bĂȘte!... Partout oĂč lâon gloÂŹ rifie le hĂ©ros, ce saladier le suit. Les uns lâen ont Ă©crasĂ©, les autres lâont plantĂ© Ă cĂŽtĂ© de lui. Et partout se dresse un Dugueselin figĂ©, grotesque pantin de bois non articulĂ©, sans la tlamme du regard sous le front bas, sans le mouvement, sans la vie. 11 reste laid seulement, et combien. HĂ©las ! aucun PromĂ©thĂ©e nâa su reprendre aux cieux un peu du feu divin de cette grande Ăąme. Pourtant seule la flamme de cet Ă©clair eĂ»t pu Ă©blouir assez la vision pour quâelle ne perçût plus lâinharmonie de ces lignes Ă©crasĂ©es. Aussi, Ă regarder lâeffigie, une tristesse me venait. Je penÂŹ sais Ă cette sotte manie quâont les peuples de statufier ainsi Ă tort et Ă travers ceux qui lui reprĂ©sentent un sentiment ou une idĂ©e. Pourquoi soumettre de nouveau ces pauvres Grands Ă la trahison du rĂ©el ? Alors que libĂ©rĂ© par la mort, haussĂ© par la pensĂ©e, Ă©largi par le rĂȘve, le hĂ©ros fait corps avec lui, pourÂŹ quoi lâen dissocier violemment pour lâenfermer de nouveau dans la prison de la forme ? Pourquoi, du demi-Dieu quâil Ă©tait devenu, le rapetisser jusquâĂ en refaire un homme? VISIONS DâA CĂTĂ 303 Un penseur, un hĂ©ros sont et doivent ĂȘtre plus grands que nature. SitĂŽt disparus, tels des mythes, ils devraient prendre place dans un PanthĂ©on dâabstractions. A vouloir ramener lâimage devant nos yeux, ou bien, comme lâEurydice antique, elle sâĂ©vanouit aussitĂŽt que nous lournons la tĂȘte, ou, comme lâapparition du JĂ©hovah biblique, elle fait mourir quelque chose en nous. Aussi bien, la statuaire est par-dessus tout lâexaltation de la forme .. Tous les hĂ©ros nâont pas la plastique dâun Murat, la grĂące dâun Marceau ; tous les poĂštes nâont pas le masque dâun Lamartine ou dâun Victor Hugo. Laissons donc les hĂ©ros dans leur nimbe, sur leur nuage. Notre rĂȘve les y sculpteraĂ son grĂ© selon lâĂąme quâil leur aura devinĂ©e. Ainsi nous arriverons sĂ»rement Ă nous rapprocher bien davantage de cette rĂ©alitĂ©, mĂ©prisante de la forme, qui est, ou leur personnalitĂ©, ou lâidĂ©e quâils reprĂ©sentĂšrent. Est-ce dans cet esprit quâont agi les Dinanais, Duguesclin Ă part, en juchant trĂšs hautsurdes colonnes qui nâen finissent pas les tout petits bustes de leurs grands hommes locaux ? En ce cas-lĂ , bravo !... car ces illustres inconnus peuvent y ĂȘtre laids tout Ă leur aise ; personne ne sâen aperçoit Ă cette hauteur ; tout de mĂȘme lâeffet gĂ©nĂ©ral est plutĂŽt bizarre. A la porte dâune vieille maison, sous lâauvent fait de poutres capricieusement entrecroisĂ©es, pend, Ă cĂŽtĂ© de la traditionÂŹ nelle touffe de gui du pays dâArmor, une singuliĂšre vannerie ronde en forme de nasse que le soleil a rĂŽtie, que la pluie a dĂ©lavĂ©e. Quâest-ce que cela signifie ? Le gui, je le sais, câest le signe antique de lâhospitalitĂ© gaĂ©lique, devenu surtout celui de la beuverie ;mais la nasse en osier ? Je mâinforme... Ici, Madame, me rĂ©pond-on, on vend du Ghamilla... Je comprends de moins en moins. On me fait voir et lâon me verse une liqueur noirĂątre, Ă©paisse, sucrĂ©e, terriblement enivrante, paraĂźt-il. 11 ne vous en faudrait pas une bolĂ©e pour vous mettre parterre, ma petite dame, me dit lâhĂŽte goguenard... » l 304 VISIONS d'a cĂŽtĂ© Jâen suis persuadĂ©e, mais nâen tenterais lâaventure pour rien au monde !... Pouah !... Cependant, les Latins, mes ancĂȘtres sâen enivrĂšrent avec dĂ©lices chez ces Celtes lorsquâils envahirent leur pays, car cette boisson nâest autre que lâhydromel antique, fait de miel fermentĂ©, tout comme au temps de Jules CĂ©sar. La nasse en osier, qui dehors fraternise le gui,- symbolise la ruche, genĂšse de cette liqueur. Mais comme tout change en ce siĂšcle, mĂȘme au pays de Bretagne ! Les amateurs de cette ivresse disparaissent de jour en jour, remplacĂ©s par les adoÂŹ rateurs de lâalcool de pommes de terre, voire mĂȘme de lâalcool de bois. On ne vend presque plus de Ghamilla, Madame, me dit tristement lâaubergiste. Tout le monde aujourdâhui prĂ©fĂšre le fil en quatre. » HĂ©las ! \ Saint-Brieuc En arrivant sur une promenade, mon premier regard tombe sur une statue de Duguesclin, badigeonnĂ©e dâun enduit chocolat. Cela sâĂ©caille... horreur ! Je passe tĂȘte baissĂ©e, je ne veux pas voir. Un peu plus loin je lis sur une plaque indicatrice Rue du Combat des Trente. Bois ton sang, Beaumanoir! » Une ville quelconque, Saint-Brieuc, avec quelques vieilles rues quelques vieilles maisons ventrues, basses sur leurs piliers, grognonnes, hargneuses comme des bull-dogs. Une cathĂ©drale du XIIIe siĂšcle, en granit naturellement, assez belle. Lâexcursion classique au port du LĂ©guĂ© sâimpose 11 est situĂ© Ă lâembouchure du GouĂ« et, paraĂźt-il, dans un site dâun charme tout particulier. Les rives du petit fleuve, qui jusquâĂ la mer toujours sâĂ©largissent, sont couronnĂ©es lĂ de vieilles ruines, de castels dĂ©mantelĂ©s, qui leur donnent quelque analogie avec celles entre lesquelles le Rhin majestueux sâĂ©coule. VISIONS DâA CĂTĂ 305 Le soleil du matin laisse tomber devant soi de lĂ©gĂšres draperies de brume. De temps en temps, un souffle de vent les entrâouvre et, par la dĂ©chirure, fuse lâĂ©blouissement dâun rayon. Mais vite les brumes se rejoignent, comme des voiles de sanctuaire Ă©teignant lâĂ©clat dâun ostensoir dâor. Le port du LĂ©guĂ© est loin. Je cherche un vĂ©hicule pour mây conduire. TĂąche difficultueuse, Saint-Brieuc, quelque prĂ©fecture quâil puisse ĂȘtre, garde un petit air ingĂ©nu de grand village. Il me semble me promener Ă travers un dĂ©cor de aVĂąudeville de Scribe, du temps de la vogue des cabriolets. Cet Ă©tat de choses a une saveur archaĂŻque qui repose du fumet des civilisations trop avancĂ©es, cependant, l'heure venue, on lâĂ©changerait volontiers contre un peu plus de modernitĂ© ainsi, pour le moment, je souhaiterais trouver un fiacre. Il nây a pas de fiacres Ă Saint-Brieuc. Cependant, pour ĂȘtre juste, il faut convenir que deux loueurs de voitures y ont Ă©lu domicile un au sud, lâautre au nord de la ville mais, hĂ©las ! leurs remises sont Ă peu prĂšs aussi loin du centre que le port du LĂ©guĂ©. Le problĂšme reste entier. On mâindique un endroit, sur la place publique, oĂč celui du nord a ses bureaux. Jây vole. Câest une petite guĂ©rite ouverte Ă tous les vents Il y est inscrit sur un carreau Ici on demande des voitures par le tĂ©lĂ©phone ». Par tĂ©lĂ©phone!... et moi qui ne trouvais pas Saint-Brieuc ⊠assez moderne !... Je mâinstalle devant la tablette et jâopĂšre moi-mĂȘme car le bureau est vide. â AllĂŽ ! allĂŽ. Je voudrais une voiture. â Il nây en a pas, elles sont toutes Ă la noce ». Je reste si dĂ©confite que je fais pitiĂ© Ă un sergent de ville TOME XI. â JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE. 21 306 VISSIONS DâA CĂTĂ inoccupĂ©, lequel, depuis un moment, se distrait en contemÂŹ plant mes faits et gestes. Il mâaborde compatissant et poli â Madame voulait une voiture? Il n'y en a jamais les jours de mariage. â Ab! Et se marie-t-on beaucoup Ă Saint-Brieuc ? â Tous les jours, Madame, tous les jours. Pensez donc dans une prĂ©fecture ! » Il se rengorge. â Alors, Ă quoi bon ce bureau. â A faire ses commandes dâavance pour les Ă©poques oĂč lâon se marie moins, il y en a le carĂȘme par exemple ; et aussi, pour les petits moments entre les mariages ». Ce gardien de la sĂ©curitĂ© publique a un air candide qui mâinspire confiance. Je comprends que, sans danger, tous, mĂȘme un criminel, peuvent lui ouvrir leur cĆur. Mes intentions sont pures; je ne lâen consulte donc que plus volontiers sur lâoccurrence prĂ©sente â Pour aller au port du LĂ©guĂ©, comment faire ? â Câest cela que Madame voulait 1... mais rien nâest plus facile. Il y a un service de voitures admirablement organisĂ© Ă cet effet, ĂŒn part tous les quarts dâheure ». Il mâindique un carrefour Ă©troit, pavĂ© de petites pierres pointues, dont mes bottines ont gardĂ© le souvenir. Je mây transporte. LĂ sĂ©journe le plus extraordinaire coucou, Ă©troit et haut, qui ait roulĂ© sur le sol de ce monde subluna;re. Je ne le dĂ©crirai pas, câest impossible. Je me hisse jusqu'Ă ses banquettes, ascension pleine de pĂ©rils, et comme je suis toute la clientĂšle du cocher, un bonhomme claudicant et loquace, en blouse bleue armĂ© dâun fouet Ă©norme, il harangue les passants, les invitant Ă monte?, en des termes courtois et familiers dâun irrĂ©sistible comique. Quatre Messieurs obtempĂšrent et ascensionnent, puis une dame, avec infiniment de paquets. VISIONS DâA CĂTĂ 307 Ăa fait six ; nous sommes serrĂ©s. On part. A mi-roule, une pluie diluvienne s'abat el nous inonde. Le coucou, malgrĂ© sa toiture et ses rideaux de cuir, nous dĂ©fend mal contre lâaverse qui tourbillonne et sâinsinue. Hein ! vous ĂȘtes mouillĂ©s », nous dit le coche]- paterne. Si nous le sommes !... Nous ferions peut-ĂȘtre bien de retourner, ajoute-t-il dâun air entendu, le temps est pris, vous ne verrez rien lĂ -bas ». Nous ne demandons pas mieux. Lâeau qui sâamasse dans la caisse La changĂ©e en un bain de pied collectif et le venta dĂ©tachĂ© lâun des rideaux dont il nous giffle Ă tour de rĂŽle. La machine vire. Pendant cette manĆuvre, trois personnes trempĂ©es arrivent au pas gymnastique et prennent dâassaut le problĂ©matique espace qui reste. Ăn sâentasse invraisemblablement. De son siĂšge, le cocher nous contemple, nous compte puis dit dâun ton convaincu Vous nâĂȘtes pas serrĂ©s, pas vrai ; des jours on tient douze lĂ -dedans. > Telle a Ă©tĂ© mon excursion au port du LĂ©guĂ©. Rennes. La personne qui est ici la mieux logĂ©e est certainement ThĂ©mis. Pensez donc, elle octupe lâancien Parlement de Bretagne I... Et ce quâelle sây carre?... Jamais assurĂ©ment dans ses parvis divers tant dâor ne se releva en bosse. Jamais elle ne prononça ses arrĂȘts au milieu d'un dĂ©cor aussi somptueux. Jâai retenu une certaine chambre dâaudience oĂč tout autour de la porte une nuĂ©e dâamours dé gringole au milieu des guirlandes. C'est un vĂ©ritable poĂšme de grĂące mignarde. Tout cela, pour encader le verbiage de Messieurs en robes, gĂ©nĂ©ralement trop courtes, comme peut- ĂȘtre on les porlait au grand siĂšcle, mais qui nâont plus lâex- 308 VISIONS DA CĂTĂ cuse de montrer la jambe bien faite dĂ©couverte autrefois par la culotte. AccrochĂ©es au mur de la salle des Etats, aujourdâhui celle des assises, deux curieuses loggias en bois dorĂ©, peintes et repeintes, dĂ©corĂ©es comme des chasses. Dans lâune, celle du coin, se tenait la reine lors des sĂ©ances importantes du Parlement de Bretagne. Dans lâautre, celle au-dessus de la porte, quelques dames de la cour tout Ă fait privilĂ©giĂ©es. La tradition veut que Mm0 de SĂ©vignĂ© sây soit rĂ©jouie de la promulgation des dĂ©crets condamnant Ă la pendaison ces mauvaises gens de Bretagne » qui dĂ©fendaient si Ăąprement leurs libertĂ©s et leurs franchises. Il serait curieux de savoir quelles sont aujourdâhui, aux sĂ©ances cĂ©lĂšbres, les fĂ©minines prĂ©sences qui remplacent celle de la reine de France. Aussi celle de la cĂ©lĂšbre marÂŹ quise, une autre reine, car sa plume est un sceptre quâencore nulle Ă©pistoliĂšre ne lui a arrachĂ©. AprĂšs, bien aprĂšs ThĂ©mis, le plus somptueusement logĂ© Ă Rennes est Dieu assurĂ©ment. Entendons-nous cependant, car on lui a bĂąti un palais de ploutocrate parvenu. La cathĂ©drale est un grand Ă©difice, intĂ©rieurement couvert de fresques et dâor, tout en marbre jusquâen ses revĂȘtements muraux. Câest vaste, inharmonique, disproportionnĂ©, Ă©troit, lourd, inĂ©lĂ©gant et fastueux. Ces Ă©normes piliers de marbre, serrĂ©s les uns contre les autres, Ă©crasĂ©s par une voĂ»te dorĂ©e, ronde et comme abrĂ©gĂ©e devraient pousser, superbes colosses arborescents, ou sous quelque nef dĂ©mesurĂ©e, ou mieux encore sous la coupole des cieux. Ils rĂ©clament lâespace qui allĂšge, le soleil qui Ă©clate, les larges vĂ©lums de pourpre qui flottent en rĂ©chauffant la froideur des reflets marmorĂ©ens. Ils Ă©voquent les temples assyriens oĂč, dans leurs danses sacrĂ©es, tournoyaient, onÂŹ duleuses et lascives, les prĂȘtresses de Dagon ou de Baal. Ils VISIONS DâA CĂTĂ 309 appellent les parfums violents, lâĂ©clat des gemmes, les chaÂŹ toiements des tiares, les mollesses des soies. Au lieu de cela, sur les fresques murales, se dĂ©roule la sĂ©vĂšre et chaste hagiographie bretonne. Ce ne sont que thĂ©oÂŹ ries de vierges pudiques, de solitaires Ă©maciĂ©s, dâĂ©vĂšques rigides, drapĂ©s dâĂ©toffes pĂąles, Ă peine nimbĂ©s. Dans un paysage granitique et dĂ©solĂ©, oĂč poussent quelques lis glacĂ©s, ils sâen vont raidis vers la croix douloureuse, la croix du suppliciĂ©, que l'on a dorĂ©e magnifiquement et qui en crie de rĂ©volte. Cette discordance de choses enfante une telle discordance de pensĂ©es, quâen vĂ©ritĂ© 1 on se demande en quel singulier temple lâon est Est-ce Btial ou JĂ©sus que lâon adore ici ? ĂŒ vous toutes Ă©glises du pays dâArmor, oĂč si volontiers le genou flĂ©chit, parce que sous vos voĂ»tes de fruste granit flotte cette atmosphĂšre de lui faite des supplications des petits, des priĂšres des douloureux, des sĂ©culaires espĂ©rances de tous ces humbles, unissez vos voix dâairain pour renier cette soeur paĂŻenne, magnifique et bĂątarde. Reniez-la au nom de lâart, reniez-la au nom de lâidĂ©e. Elle est dissonnante, elle est laide, elle est surtout vide du divin, ĂŒu en sort le cĆur glacĂ©, sans quâaucune flamme dâadoration ait pu jaillir, sans que les lĂšvres aient Ă©tĂ© touchĂ©es par ce symbolique et ardent charbon de priĂšre qui brĂ»le et purifie... EIN. B e RenĂ©e Monbrun. HONORAT PRĂVOST SEIGNEUR DU CHASTELLIER-PORTAUT Vice- Amiral de la flotte de la Rochelle PENDANT LES GUERRES DE RELIGION 1568 h Poitou fut certainement une des provinces oĂč le protesÂŹ tantisme rencontra ses plus fervents adeptes. Au seiziĂš- âą* â ^ me siĂšcle, une grande part in de sa noblesse avait embrasÂŹ sĂ© la religion rĂ©formĂ©e, et cette noblesse ne marchandait Ă sa nouvelle croyance et au triomphe de la libertĂ© de conscience, ni ses biens, ni son sang A ce titre, il peut paraĂźtre intĂ©resÂŹ sant dâĂ©tudier la trop courte vie dâun de ceux qui occupĂšrent une place distinguĂ©e dans les guerres de religion. Pendant ces luttes intestines qui ensanglantĂšrent la France, beaucoup pĂ©rirent les armes Ă la main, et nous voyons maintenant comÂŹ bien leur activitĂ© et leur bravoure, mieux employĂ©es et dĂ©gaÂŹ gĂ©es du fanatisme et de l'esprit de parti, eussent Ă©tĂ© profitaÂŹ bles Ă la France et Ă la royautĂ©. HonorĂąt PrĂ©vost, seigneur du Ghastellier-Portaut, fut un de ceux-lĂ . NĂ© au manoir du Ghastellier-Portaut prĂšs do Mouil- leron en Poitou, il Ă©tait le troisiĂšme des six enfants1 de Louis PrĂ©vost, Ă©cuyer, seigneur du Ghastellier-Portaut, et de Pau le 1 AndrĂ© du Chesne, Histoire des Chasteigner . HONORAT PRĂVOST 311 Chabot, dame de Pressigny1. Son pĂšre mourut jeune, et sa mĂšre, restĂ©e veuve avec ses enfants mineurs, leur fit donner une Ă©ducation trĂšs soignĂ©e. 11 en profita tout particuliĂšrement, puisquâau tĂ©moignage dâun de ses contemporains, la Popeli- niĂšre, il passait pour un homme d'un rare savoir. » AndrĂ© Rivaudeau, auteur de la tragĂ©die dâ Aman » reprĂ©sentĂ©e Ă Poitiers le 24 janvier 1561, et qui fut maire de Fontenay-le- Comte, publiant la Doctrine d'EpictĂšte stoĂŻcien Ă Poitiers en 1567 la dĂ©dia Ă HonorĂąt PrĂ©vost, son bon seigneur et ami », en ces termes En voyant mon Ćuvre approuvĂ©e par votre tĂ©moignage et recommandation , je mĂ©prise tous les ZoĂŻles et faux aristotes de France. » AprĂšs avoir fait dans sa jeunesse la guerre en Italie avec Soubise dont il Ă©tait lâami et le confident, il fut attachĂ© Ă la personne du roi de Navarre, Antoine de Bourbon. Jean de Parthenay lâarchevesque, seigneur de Soubise, jouissait alors dâun grand crĂ©dit auprĂšs de la reine-mĂšre Cadherine de MĂ©di- cis ; et, partisan convaincu du protestantisme, son appui Ă©tait trĂšs utile aux huguenots. Ami, comme je lâai dit, de Soubise, particuliĂšrement distinguĂ© du prince de CondĂ© et de Chat il Ion auxquels il Ă©tait dĂ©vouĂ©, HonorĂąt PrĂ©vost de Chas- tellier-Portaut se trouvait en position de jouer un rĂŽle marÂŹ quant au sein du parti de la rĂ©forme, quâil avait embrassĂ©. Aussi, lorsque CondĂ© se fut emparĂ© d'OrlĂ©ans aprĂšs le masÂŹ sacre de Vassy 1er mars 1562, il fut un des premiers qui obĂ©irent au manifeste par lequel ce prince appelait aux armes ses coreligionnaires avril 1562. Il accourut Ă OrlĂ©ans oĂč on lui donna le titre de mestre-de camp. On sait comment se passa cette premiĂšre guerre de religion. CondĂ© et Coligny, se voyant bientĂŽt dans lâimpossibilitĂ© de tenir la campagne, retinrent prĂšs dâeux leurs plus affectionnĂ©s et se mirent sur la dĂ©fensive dans OrlĂ©ans. La guerre civile se dĂ©chaĂźna, sur 1 Pressigny en Gatine. Les seigneurs de Pressigny avaient haute, basse et moyenne justice. Soixante-quinze arriĂšre fiefs relevaient de Pressigny. Gatine historique et moderne , par B. Ledain. 312 HONORAT PRĂVOST chaque province isolĂ©ment, jusquâĂ ce que dâAndelot entrĂąt en France avec un secours quâil Ă©tait allĂ© chercher chez les princes protestants de lâautre cĂŽtĂ© du Rhin. GondĂ© et les siens vinrent se rĂ©unir aux Allemands et amenĂšrent avec eux sous les murs de Paris toutes leurs forces Ă la fin de mai. Ce ne fut quâun simulacre de siĂšge, car, quelques jours aprĂšs, ils Ă©taient obligĂ©s de rĂ©trograder pour aller se faire battre Ă Dreux par lâarmĂ©e royale. HonorĂąt PrĂ©vost faillit ĂȘtre tuĂ© pendant le sĂ©jour de lâarmĂ©e devant Paris. Dans la nuit du 3 dĂ©cembre, il y. eut une Ă©chaffourĂ©e causĂ©e par des reĂźtres qui, ayant bu plus que de coutume sinon plus que de raison », sâen allĂšrent donner dans un corps de garde catholique. En courant apaiser cett'e alarme, Ghastellier-Portaut pris par ces réßfres pour un ennemi, fut dangereusement blessĂ© et un capitaine qui lâaccompagnait fut tuĂ© sur la place1. Quelques mois aprĂšs, le duc de Guise ayant Ă©tĂ© assassinĂ© devant OrlĂ©ans, la pacification dâAmboise mettait un terme Ă la preÂŹ miĂšre guerre de religion. AussitĂŽt aprĂšs la guĂ©rison de sa blessure, HonorĂąt PrĂ©vost du Ghastellier-Portaut vint rejoindre lâamiral de Chatillon Ă la cour. Si la pacification dâAmboise avait arrĂȘtĂ© les hostiÂŹ litĂ©, lâĂ©tat aigu des esprits et les querelles journaliĂšres entre huguenots et catholiques faisaient assez prĂ©voir le peu de durĂ©e de ce simulacre de paix. La reine-mĂšre et la cour faiÂŹ saient momentanĂ©ment bonne figure Ă lâamiral ; mais, il nâen Ă©tait pas de mĂȘme des chefs catholiques, qui lui reprochaient ouvertement dâavoir su et ordonnĂ© le lĂąche assassinat du duc de Guise. Chastellier-Portaut Ă©tait compris dans cette accusaÂŹ tion. ĂŒn savait que Poltrot de MĂ©rĂ©. lâassassin, avait Ă©tĂ© enÂŹ voyĂ© Ă lâamiral par Soubise et prĂ©sentĂ© par Ghastellier- Portaut. Bien que Chatillon eut favorablement accueilli ce prĂ©tendu nĂ©ophyte gagnĂ© Ă la religion rĂ©formĂ©e, les Ă©vĂ©neÂŹ ments, son grand et loyal caractĂšre suffisaient Ă le laver de 1 La PopeliniĂšre, tome i, liv. IX, p. 340. â ThĂ©odore de BĂ©ze, Hist. ecclĂ©- siast., tome n, p. 214. HONORAT PRĂVOST 313 lâimputation dâun crime si odieux. NĂ©anmoins, il Ă©tait permis aux catholiques de supposer que Chastellier-Portaut, confiÂŹ dent de Soubise, en amenant Poltrot de MĂ©rĂ© Ă lâamiral, avait dĂ» lui dĂ©voiler le complot et le rĂŽle destinĂ© au futur assassin. De plus, lâorgueil et lâinsolence des chefs catholiques ne connaissaient plus de bornes. Une circonstance entrâautres venait de leur montrer en quelle suspicion Ă©tait tenu le parti huguenot et lâappui quâils pouvaient attendre de la cour. DâAndelot, frĂšre de l'amiral de Chatillon, avait succĂ©dĂ© Ă son frĂšre en 1552 comme colonel gĂ©nĂ©ral de lâinfanterie. Plusieurs mestres-de-camp, Brissac, Strozzi et Charry refusaient ouverÂŹ tement obĂ©issance Ă un colonel hĂ©rĂ©tique. Cet acte dâindisciÂŹ pline avait donnĂ© lieu Ă des rĂ©clamations, et le roi avait paru favoriser ses mestres-de-camp. Lâun -dâentrâeux surtout, Charry, ancien ami et lieutenant de Montluc, honorĂ© de la confiance du duc de Guise, rĂ©cemment nommĂ© capitaine des gardes du roi, nouveau corps constituĂ© par la reine-mĂšre, avait montrĂ© vis-Ă -vis de dâAndelot et des chefs protestants une morgue et une insolence au delĂ de toutes limites. Chas- telier-Portaut le retrouva Ă la cour. Charry avait tuĂ© autrefois Ă la suite dâun duel son frĂšre MĂ©ry PrĂ©vost en PiĂ©mont, au siĂšge de la Mirande1, oĂč ils servaient ensemble. La haine de parti jointe Ă cet ancien grief poussĂšrent HonorĂąt Ă se venger du meurtrier de son frĂšre. En effet, le 30 dĂ©cembre au matin, Charry sortait de son logement de la rue des Trois-Chande- liers avec le capitaine basque la Tourette et un soldat de son rĂ©giment pour se rendre au Louvre, lorsque Chastellier- Portaut, accompagnĂ© de deux gentilhommes rĂ©formĂ©s Bric- maut et le fameux de Mouvant et, dâaprĂšs BrantĂŽme dâun soldat de dâAndelot nommĂ© Constantin, lâattaqua sur le pont Saint-Michel. Te souvient-il, Charry du tort que tu me tiens, lui dit-il en l'abordant, mets lâĂ©pĂ©e Ă la main ? Le combat * En 1559, dit la PopeliniĂšre. 314 HONORAT PRĂVOST sâengagea aussitĂŽt de part et dâautre, et bientĂŽt. Charry et ses deux seconds furent Ă©tendus sans vie sur le pavĂ©. Au cliqueÂŹ tis des Ă©pĂ©es le peuple sâĂ©tait Ă©mu, la foule sâamassait ; des cris au Huguenot. » se faisaient entendre de tous cĂŽtĂ©s. Les trois protestants se firent jour lâĂ©pĂ©e Ă la main au travers de la populace sur le quai des Augustins, et gagnĂšrent la porte de Nesles oĂč des chevaux prĂ©parĂ©s les attendaient. Le peuple de Paris et le parti des Guise poussĂšrent des cris de fureur Ă la nouvelle dâune si outre cuidĂ©e hardiesse ». La cour s'Ă©mut, et, si lâon doit en croire un chroniqueur contemporain, la reine-mĂšre, qui apprit lâĂ©vĂ©nement en la salle du Conseil, reÂŹ procha publiquement Ă dâAndelot de lâavoir ordonnĂ©. Quoi quâil en soit, Chastellier et ses compagnons Ă©taient en sĂ»retĂ©, on ne put que procĂ©der contre eux; le parlement les conÂŹ damna Ă mort, ils furent exĂ©cutĂ©s en effigie, et des funĂ©railles magnifiques furent faites Ă Notre-Dame aux trois victimes. Cet incident, qui eut un si grand retentissement, montre combien chaque parti ne respirait que haine et dĂ©sir de venÂŹ geance. Aussi on ne peut sâĂ©tonner que dâune chose, câest que la deuxiĂšme prise dâarmes des protestants nâait point eu lieu avant le mois de septembre 1567. 1 Comme dans la premiĂšre guerre, chacun des deux partis s'empressa de solliciter du secours de lâĂ©tranger. Le prince de CondĂ©, qui tenait Chastellier-Portaut en trĂšs haute estime, et le jugeait comme un chroniqueur nous le peint naĂŻvement, habile homme qu'on n'eut jamais pris par le bec 2 », lâenvoya avec un nommĂ© Francourt, avocat distinguĂ© du parti, auprĂšs des princes protestants allemands. Il serait injuste dâenvisaÂŹ ger leur mission avec lâopinion que nous inspire aujourdâhui lâidĂ©e dâappeler lâĂ©tranger en France. A cette Ă©poque, il nây * De Thou , Lxv. XXXV.â La Popelmiere, tom. i. Liv. X, p. b75. Le LaÂŹ boureur, tom. i, p. 3/9, d 'AubignĂ©, t. i, Liv. IV, ch. ni, p. 202. BrantĂŽme, Disc. LXXX1X. L'Ătoile, journal dâun Bourgeois de Paris. Relation des amÂŹ bassadeurs VĂ©nitiens, t. 11, p. 70. * Le Laboureur, additions aux mĂ©moires de Castelnau 1. 1», liv . IV, p. 20. BrantĂŽme, Disc, lxxviii. HONORAT PRĂVOST 315 avait point Ă proprement parler dâinfanterie nationale malgrĂ© la tentative du Francs-Arcliers eu 1445 et celle plus rĂ©cente des lĂ©gions en 1533 ; les troupes mercenaires, tirĂ©es principaÂŹ lement de Suisse et dâAllemagne, formaient lâĂ©lĂ©ment constiÂŹ tutif de cette arme. En outre, le dĂ©vouement Ă la croyance Ă©tait alors bien plus fort que le sentiment de la nationalitĂ© ; ceux qui professaient la mĂȘme opinion religieuse se regarÂŹ daient comme frĂšres ; de telle sorte, quâil semblait tout aussi naturel aux catholiques dâappeler Ă leur aide Italiens, Suisses et Espagnols, quâaux protestants, Anglais et Allemands. Quoi quâil en soit, la mission des deux envoyĂ©s fut difficile ; car la cour les avait devancĂ©s. Lansac, envoyĂ© par elle, sâefforÂŹ çait dâobtenir des princes des secours pour le roi, en leur persuadant que les Ă©dits obtenus par la religion Ă©taient obserÂŹ vĂ©s, et que les motifs du nouveau soulĂšvement Ă©taient pureÂŹ ment politiques. Le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg et le landgrave de Hesse, persuadĂ©s par Lansac, les reçurent fort mal ; toutefois, aidĂ©s par lâĂ©lecteur palatin duc des Deux- Ponts,ils parvinrent Ă force de nĂ©gociations et dâadresse Ă rĂ©usÂŹ sir, etobtinrentfioOOrettres et 3000 lansquenets. Jean Casimir, fils de lâĂ©lecteur, conduisait lui-mĂȘme cette armĂ©e Ă laquelle on devait payer Ă son entrĂ©e en France la somme de 100000 Ă©cus. Ce secours fut de peu dâutilitĂ©, car peu de temps aprĂšs son arrivĂ©e, la paix de Longumeau vint arrĂȘter les hostilitĂ©s mars 1568. Ce ne devait ĂȘtre quâune suspension dâarmes. Six mois aprĂšs, le prince de CondĂ© efcColigny, informĂ©s que le projet de la reine-mĂšre Ă©tait de les faire arrĂȘter, rĂ©solurent de se retirer Ă la Rochelle et dây assigner aux rĂ©formĂ©s un rendez-vous gĂ©nĂ©ral. Le comte de la Rochefoucault conclut, au nom du prince, avec les Rochelais un traitĂ© par lequel ils reconnaissaient CondĂ© comme chef et protecteur de la cause de toutes les Ăglises rĂ©formĂ©es du royaume ». Le 11 septemÂŹ bre 1568, le maire, le corps de ville et les bourgeois assemblĂ©s 1 La PopeliniĂšre, t. i, p. 36.â Le Laboureur , additions au mĂ©moire de Castelnau, d'AubignĂȘ, t. r, âą i v. IV. 316 HONORAT PREVOST Ă lâĂ©chevinage, jurĂšrent solennellement de rendre au prince toute obĂ©issance et service, et de nâĂ©pargner pour une si juste et sainte cause, oĂč il va de la gloire de Dieu, ni leurs biens ni leur vie ». Sept jours aprĂšs le 18 septembre CoudĂ© et Coligny faisaient leur entrĂ©e dans la Rochelle aux acclamations enthouÂŹ siastes des habitants. Ils furent presque immĂ©diatement rejoints par la reine de Navarre, Jeanne dâAlbret, accompaÂŹ gnĂ©e de son fils qui fut depuis Henri IV et dâun corps consiÂŹ dĂ©rable de cavalerie et de gens de pied. En mĂȘme temps une foule de gentilshommes accouraient Ă lâappel des princes*. La Rochelle, cette Sion des Huguenots » comme lâa appeÂŹ lĂ©e Henri Martin, citĂ© industrielle et commerçante, renferÂŹ mant dans son sein de hardis matelots, devenait dĂšs lors le boulevard de la cause ; elle en Ă©tait elle-mĂȘme le principal caissier, et voici comment depuis le commencement des troubles, les Rochelais avaient armĂ© en corsaires plusieurs de leurs vaisseaux qui, en croisant sur les cĂŽtes de NormanÂŹ die, de Bretagne et de Flandre, sâemparaient de tous les vaisÂŹ seaux frĂ©tĂ©s par des armateurs catholiques, quelque fĂ»t dâailÂŹ leurs leur nationalitĂ©; ces prises Ă©taient conduites en AngleÂŹ terre. LĂ , par l'entremise du cardinal de Ghatillon, chargĂ© dâaffaires du parti protestant auprĂšs de la reine dâAngleterre, on obtenait toujours quâils fussent vendus, et le tiers en revenait au profit de lâarmĂ©el * 3. Dans cette occasion on s'emÂŹ pressa de prĂ©parer une grande expĂ©dition, et Chastellier-Por- taut fut nommĂ© vice-amiral de la flotte de la Rochelle. Cette expĂ©dition4 Ă©tait considĂ©rable pour lâĂ©poque, car elle se com- l La PopeliniĂšre , de Thou, A. Darbot. ! De Thou , La PopeliniĂšre. A. Barbot , Henri Martin. ÂŁ 3 Le cardinal de Ghitillon avouait toutes prises catholiques pourvu que le tiers en vint Ă la cause ainsi appelaient-ils le profit de 1â rraĂ©e [La PopeliÂŹ niĂšre t. i, liv. XV. 4 Hist. de la Rochelle , ArcĂšre, La Noue. Disc, polit, et milit. dit que les prises de la Rochelle dans la 3' guerre civile se montĂšrent a 3,0C0,00G. Chastellier-Portaut est indistinctement appelĂ© dans les chroniques do lâĂ©poque Chastellier-Portaut ou le seigneur de la Tour cadet des Chastellier Portaut en Poitou. HONORAT PRĂVOST 317 posait de 8000 hommes, tant soldats que marins exercĂ©s, montant neuf bĂątiments bien approvisionnĂ©s. Elle mit Ă la voile le 15 octobre 1568 et fit sur les cĂŽtes de Bretagne de nombreuses prises. Elle jeta mĂȘme,, en passant devant le GonquĂȘt, une telle alarme dans le pays, quâon rassembla toutes les populations de la cĂŽte et toutes les troupes qu'on put rĂ©unir pour repousser une descente. Mais tel nâĂ©tait pas le but de lâexpĂ©dition, qui cingla directement sur Plymouth, chargĂ©e de dĂ©pĂȘches pour le cardinal de Chatillon. HonorĂąt du Chastellier-Portaut Ă©tait en outre porteur dâune lettre de Jeanne dâAlbret pour la reine Elisabeth et muni lui-mĂȘme de pleins pouvoirs pour nĂ©gocier un secours. A peine dĂ©barquĂ© il partit en poste accompagnĂ© de douze gentilhommes franÂŹ çais pour se rendre prĂšs de la reine d'Angleterre qui se trouÂŹ vait avec la cour au chĂąteau dâHampton-Court. Sa mission fut couronnĂ©e de succĂšs. En effet le 17 janvier 1569, les Ro- chelais accĂ©daient solennellement au traitĂ© dâalliance conclu avec la reine dâAngleterre qui leur promettait de lâargent et de lâartillerie. AprĂšs un court sĂ©jour Ă la cour dâAngleterre, HonorĂąt se hĂąta de reprendre la mer et de se diriger vers le Pas-de-Calais pour y continuer sa croisiĂšre, qui fut des plus heureuses et, lorsque le mauvais temps le força de venir relĂącher Ă lâĂźle de Wight, il ramenait une grande quanlitĂ© de prises et un butin considĂ©rable1. Au mois de fĂ©vrier suivant il remit Ă la voile et arriva Ă la Rochelle au commencement de mars. Sur terre rien nâavait encore Ă©tĂ© fait ; car, lâarmĂ©e cathoÂŹ lique commandĂ©e par le duc dâAnjou, et celle des protestants qui avaient Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es par lâhiver, venaient seulement de reprendre la campagne. Le prince de ConfiĂ© qui Ă©tait en marÂŹ che pour opĂ©rer sa jonction avec les forces protestantes du midi, instruit de lâarrivĂ©e de Chastellier-Portaut, le manda aussitĂŽt prĂšs de lui, de sorte quâil le rejoignit quelques jours seulement avant la bataille de Jarnac 1569. Presquâau com- » Voir note prĂ©cĂ©dente. 318 HONORAT PRĂVOST mencement du combat, CoudĂ© lui donna le commandeÂŹ ment de lâavant-garde, et lâordre de charger lâaile gauche des catholiques. Il se prĂ©cipita avec elle sur lâennemi, mais son cheval fut tuĂ© sous lui et il fut fait prisonnier. En mĂŽme temps le prince de CondĂ© Ă©tait lĂąchement assassinĂ© par Mon- tesquiou. Les protestants Ă©taient vaincus. Cent quarante gentilshommes rĂ©formĂ©s restaient sur la place, un plus grand nombre Ă©tait prisonnier. Le soir Ghastellier-Portaut Ă©tait reconnu par les amis de Charrv et tuĂ© de sang-froid par eux1 13 mars 1569. Comme pour rendre un dernier hommage Ă la haine et Ă la crainte quâil inspirait Ă ses adversaires, lâarrĂȘt du parlement de Bordeaux, dont il est question Ă propos de son frĂšre AndrĂ© et de son duel avec Gharry, le portait en premiĂšre ligne au nombre de ceux quâil atteignait, le condamnant Ă ĂȘtre traĂźnĂ© sur la claie, aprĂšs avoir eu la tĂȘte tranchĂ©e, le corps mis en quartier et les armoiries brisĂ©es par la main du bourreau, triste fin qui comme celle de CondĂ© le mĂȘme jour prouve jusquâĂ quel point la guerre civile et religieuse obscurcissait chez la plupart les notions dâhonneur et dâhumanitĂ©. En effet le cadavre du chef de la cause protestante, dâun des premiers princes de sang, Ă©tait par dĂ©rision exposĂ© aux insultes de la troupe et portĂ© sur une Ăąnesse au bruit des chants grossiers dâun parti en dĂ©lire. Lâan mil cinq cent soixante-neuf Entre Jarnac et Chateauneuf, Fut portĂ© sur une anesse Cil qui vouloit oster la messe5 1 La PopeliniĂšre, t. i, liv. XV, de Thou. â dâ AubignĂ©, t. i, li v . V, ch. VIII. Le vol. 206 des manuscrits de Brienne contient le terrible arrĂȘt rendu le 6 avril 1509 par le parlement de Bordeaux contre 530 protestants de toutes classes et conditions des provinces de l'Ouest, condamnĂ©s Ă diflĂ©rentes peines ; 123 gentilshommes don t Bouchard dâAubeterre, et Ghastellier-Portaut condamnĂ©s Ă ĂȘtre traĂźnĂ©s sur la claie, Ă avoir la tĂȘte tranchĂ©e et le corps mis en quartier aprĂšs avoir vu leurs armoiries brisĂ©es par la main du bourreau. Ăź BrantĂŽme, Disc. LXXX, dâAubignĂ©, tome i. HO MO RAT PRĂVOST 319 Le cĂ©lĂšbre capitaine Sore, sous les ordres duquel la flotte protestante devint une vĂ©ritable puissance maritime, remplaça Ghastellier-Portaut comme vice-amiral. HonorĂąt PrĂ©vost mourait jçune encore, et les services, quâil avait rendus Ă sa cause comme capitaine et comme diplomate, permettent de penser que, sâil eut vĂ©cu, Henri IV qui eut le gĂ©nie et la gloire dâappaiser les querelles religieuses aurait pu rĂ©compenser dignement un de ses partisans les plus dĂ©vouĂ©s. Quoi quâil en soit, Ghastellier-Portaut servit sa cause avec fidĂ©litĂ©, et son mĂ©pris des richesses, sa fermetĂ© de caractĂšre, la haute estime dans laquelle le tenaient les princes, lui donnent une place plus quâenviable parmi les gentilshommes protestants, penÂŹ dant ces funestes guerres civiles. Gte RenĂ© de la BoutetiĂšre. O/ > zi UJ 3 O* O O -J sd ÂŁ S; c r* SD C SD bfl c3 V "O O S- c6 W â ÂŁ O 5^ h >â , Ă 5 » .s = gl-SjĂź'g E- ©ti-r- " O o ^ -© C -u Ć 3 !>> 1 ~ E SCR-SĂVRE 1792 â Collection , dans le MĂ©morial des Deux-SĂšvres 6, dans lâ Avenir-Indicateur1 , et dans cette Revue*, â tout cela ne semblait qu'une sĂ©rie dâallĂ©chantes amorces destinĂ©es Ă tĂąter l'opinion dâun public, auquel elle laisse achevĂ©es et prĂȘtes Ă paraĂźtre des oeuvres dâune valeur autrement considĂ©rable un Roman A cĂŽtĂ© de l'Amour ; des Nouvelles parmi lesquelles Les ĂȘtres vivants, Au cadran de l'amour, A travers les vaincues, les IldleusesJ, des Ă©tudes historiques M,oes Regain et de Bulkeley ; une comĂ©die en prose Hypnotisme ; un scĂ©nario de pantomime fLa PoupĂ©e, et tout un volume de poĂ©sies. Nous aimons Ă espĂ©rer que les unes et les autres verront prochaiÂŹ nement le jour, et ce ne sera certes pas le moindre hommage que les siens puissent ren dre Ă la mĂ©moire du dĂ©licat Ă©crivain qui n'est plus. Sur toutes ses Ćuvres, comme sur sa vie elle-mĂȘme, du reste, semÂŹ blait planer â funĂšbre obsession, â l'incessante hantise de lâau- delĂ , â de cet au-delĂ qui est venu si brutalement briser entre ses doigts habiles pinceaux et plume, pour lâamener parmi lâamerÂŹ tume des larmes et la mĂ©lancolie des fleurs, vers ce fils tant aimĂ©, dont elle partage aujourdâhui Ă lâombre de la Croix le dernier et apaisant sommeil. * A notre pauvre ami, Henri Normand, si justement abimĂ© de douleur par cette nouvelle et suprĂȘme Ă©preuve; Ă M. et Ăźdme Lacoulou- mĂšre, ses enfants, nous offrons le cordial, â mais combien insuffiÂŹ sant â tribut de nos profonds regrets et de nos vives sympathies. RENĂ VALLETTE. ' L'InexpliquĂ©, roman juillet 1897. 2 Conte mystique de NoĂ«l dĂ©cembre 1 8 J 7 5 RĂ©versibilitĂ© d'Ăąmes juillet. 1897. â Con'e de NoĂ«l VendĂ©en dĂ©cembre 1897; â Pays natal. Sentiers d Ćillets, Les Trois fleurs d'amour, poĂ©sies. * Mardi gras. â Pour le mariage de Colomhine, prologue de pantomime. â Lys en fleurs, po laie. â Les mystĂšres de saint GwenolĂ©. â Autour des fĂȘtes de P Lo u jean. i Les fĂȘles de Ploujean. 6 Chant de crapaud, p>ĂȘsiel dĂ©cembre 1896, â Enfantement mystique, conte de NoĂ«l dĂ©cembre 1897. 7 A cor et Ă cris, Les plis du drapeau, Sous te parapluie bleu, â Nouvelles. * Mmes de Grimouard, Mme de la Rochefoueaull, Ă©tudes historiques; â Visions d'Ă cĂŽtĂ©, notes de voyage eu Bretagne. â En VendĂ©e, Ivoire d'automne, PĂąques fleuries, Auc j runes Morts, Parois,.... poĂ©sies Sou./? d>ur>9 âamipottn LA VENDĂE QUI SâEN VA LE CHĂTEAU DE SĂINT-P0MPA1N BĂąti sur un coteau rocheux qui domine les sinueux mĂ©andres de lâAutise. le chĂąteau de SaiĂ»t-Pompain devait offrir aux regards des curieux une masse des plus imposantes. Malheureusement le souffle de la destruction a passĂ© sur lui avec encore plus de violence que sur son splendide voisin de Coulonges-les-Royaux. Un croquis fait en 1861 nous permet de constater que dĂ©jĂ , Ă cette Ă©poque il ne restait plus quâune partie de la façade surplombant au nord la route qui monte au village. Un Ă©troit pavillon rectangulaire, avec lucarne cintrĂ©e Ă fronton aigu, la flanquait sur lâarĂšte de lâouest et une petite tour circulaire en forme d'Ă©chauguette soutenue par des corbelets faisant offices de mĂąchicoulis coupait la rigiditĂ© de lâangle nord de cette façade. Quatre Ă©tages de fenĂȘtres superposĂ©es et de grandes diÂŹ mensions, sans tenir compte des lucarnes qui avaient dĂ» exister dans le principe, donnaient Ă cette muraille une hauÂŹ teur prodigieuse. Nous nous souvenons encore que les beaux profils moulurĂ©s, ornant les chambranles des baies Ă croix de pierre, nous avaient donnĂ© Ă supposer que le constructeur du chĂąteau de Coulonges-les-Royaux nâĂ©tait pas restĂ© Ă©trangĂšre / LA VENDĂE QUI Ăą;EN VA 40 i la direction de cette importante bĂątisse. Rien nây rappelle, il est vrai, la richesse architecturale et celte merveilleuse et si abondante ornementation de la demeure de Louis dâEstissac et dâAnne de Daillon ; mais nous y constatons nĂ©anmoins une sorte de confraternitĂ© gĂ©nĂ©rale dans la bonne exĂ©cution des moulures et le tracĂ© gĂ©nĂ©ral de lâensemble Ă©videmment Ă©levĂ© commeCoulonges dans la seconde moitiĂ© du XVIe siĂšcle. Il faut cependant reporter Ă une date bien antĂ©rieure les substructions qui existaient sous la plus grande partie du chĂąteau. Nous ne les avons jamais vues; mais notre savant collĂšgue, M. LĂ©o Desaivre, qui avait pu en photographier les dĂ©bris, il y a nombre dâannĂ©es, a bien voulu nous en adresser une Ă©preuve que nous reproduisons au bas de la planche. On se rendra compte bien vite que ces soubassements, employĂ©s sans doute comme caves et cuisines ainsi quâĂ Goulonges, doivent appartenir Ă la fin du XIIIe siĂšcle ou au commenceÂŹ ment du XIVe. CâĂ©taient les embases de la demeure fĂ©odale, dont il ne reste plus aucune trace et sur lesquelles sâest assis au XVIe siĂšcle ce qui reste de la bĂątisse actuelle. Ce n'est point sans raison que nous avons sous cette venÂŹ dĂ©enne rubrique donnĂ© lâhospitalitĂ© Ă un chĂąteau qui fait gĂ©oÂŹ graphiquement partie aujourdâhui du dĂ©partement des Deux- SĂšvres. Anciennement, en effet, la chĂątellenie de Saint-Pom- pain relevait immĂ©diatement de Vouvent, et faisait Ă ce titre partie du Bas-Poitou. Les anciens seigneurs avaient juridiction de haute , moyenne et basse justice. Leurs droits seigneuriaux sâĂ©tenÂŹ daient sur une quarantaine de petits fiefs environnants. Ils confinaient avec les forts avancĂ©s quâavaient Ă BĂ©celeuf les sires de Parthenay, avec les Rohan et les Jourdain de Villiers, les Lusignan de Benet, les Vivonne dâOulmes, la com- manderie de Cenan, lâabbaye de Nieuil, la chĂątellenie des LE CHATEAU DE SA1NT-P0MPAIN 405 MouliĂšres, les dâEstissac et les VignolleLahire, de Coulonges- les-Royaux. Ils eurent a soutenir au sujet du tiers des lots et ventes de la seigneurie, un procĂšs curieux Ă Ă©tudier, qui dura de 1518 Ă 1789, contre les puissants rivaux qui se sucÂŹ cĂ©dĂšrent dans la chĂątellenie des MouliĂšres les Chabot, les PrĂ©vost, les ParabĂšre, les Pompadour. Le marquis delĂ Carte, gouverneur militaire du Bas-Poitou, le dernier des acquĂ©reurs de 1764, en prĂ©parait la reprise lorsquâenfm le RĂ©volution vint prononcer un jugement sans appel. Les seigneurs de Saint-Pompain, nous dit feu M. lâabbĂ© Proust, dans les curieuses notes quâil a laissĂ©es sur cette loÂŹ calitĂ© et que M. LĂ©o Desaivre nous a obligeamment communiÂŹ quĂ©es, furent de tout temps les avouĂ©s de l'Ă©glise et sur tous lfmrs dĂ©nombrements, ils inscrivirent au premier rang de leurs prĂ©rogatives le droit de fondation premiĂšre et de pa- tronage dans lâĂ©glise paroissiale. On pouvait y voir il y a quelques annĂ©es, sous les couches de chaux la litre seigneuÂŹ riale avec des armoiries au champ d'argent , Ă une fasce de gueules, Ă la bordure de sable besantĂ©e d'or. Ils payaient de temps immĂ©morial Ă lâabbaye de Nieuil, dont Saint-Hilaire de Saint-Pompain ne fut longtemps quâune celle, une rente annuelle de 60 boisseaux de froment, en retour apparemment des services religieux que les P. P. Augustins rendirent jusÂŹ quâau XVIIIe siĂšcle. Par sa position, Saint-Pompain dut nĂ©cessairement se resÂŹ sentir des luttes politiques dont le Bas-Poitou fut le théùtre au moyen-Ăąge, ainsi que des guerres civiles du XVIe siĂšcle. PlacĂ© sur la route de Poitiers au Bas-Poitou, il Ă©tait un lieu de station entre Saint-Maixent et Fontenay ; dâanciens bĂątiÂŹ ments, de grandes hĂŽtelleries lâattestent encore, de mĂȘme que lâexistence dâun marchĂ© chaque semaine et de cinq foires Ă©taÂŹ blies de temps immĂ©morial. LâĂ©glise et le chĂąteau qui subisÂŹ saient ordinairement le mĂȘme sort, portent des traces non Ă©quivoques des guerres des Anglais et des protestants. Dâimportantes reconstructions appartenant Ă ces deux i 406 LA VENDĂE QUI sâeN VA Ă©poques, ne laissent pas douter qu'elles n'aient Ă©tĂ© faites pour rĂ©parer les dĂ©sastres de la guerre. Il est fort proÂŹ bable que Duguesclin guerroya dans notre plaine et quâun combat, ou pour le moins une sanglante escarmouche, a eu lieu entre Saint-Pompain et Benet, non loin des mĂ©tairies de lâEpineraie et de Massigny, en un lieu qui porte encore le nom de Champ de la Bataille. Il y a quelques annĂ©es, en perçant la route qui passe Ă cet endroit, les terrassiers mirent Ă dĂ©couvert des rangĂ©es de squelettes humains, enterrĂ©s Ă moins de cinquante centiÂŹ mĂštres de profondeur; ils y trouvĂšrent Ă©galement un tronçon dâarme et une piĂšce dâargent frappĂ©e Ă CantorbĂ©ry. Toute cette plaine est de mĂȘme joncbĂ©e de ruines de constructions qui datent au moins de la domination romaine. Dans les guerres du XVIe siĂšcle, les Saint-Pompain figurent honorablement dans maintes circonstances. En 1567, un cheÂŹ valier de Liniers, capitaine de 50 hommes dâarmes, est enÂŹ voyĂ© par le roi Charles IX avec hommes au secours de la ville de Chartres, attaquĂ©e par le prince, de CondĂ©. Ce mĂȘme Liniers fut tuĂ© Ă la bataille de Jarnac. Un Saint-PomÂŹ pain figure dans' les rangs de la noblesse française, faisant partie de lâarmĂ©e de Joyeuse, Ă la prise de ia Molhe Saint- IlĂ©raye et de Saint-Maixent. En 1587, un Saint-Pompain est gouverneur de lâĂźle de Mail- lezais, et concourt, avec Lavardin, Ă la prise du chĂąteau de Marans. Ce fut en 1081, que le chĂąteau de Saint-Pompain, aprĂšs ĂȘtre demeurĂ© pendant plus de trois cents ans dans la possession de cette derniĂšre famille qui, plus rĂ©cemment, a donnĂ©, entre autres personnages distinguĂ©s, lâhĂ©roĂŻque vice-roi de Buenos- Ayres, est passĂ© des mains de François de Liniers, Ă©poux de Louise de BĂ©chillon, en la maison des seigneurs de Pons, et par les femmes, des Pons aux Tourzel, et des TourzelĂ M. le duc de Lorges qui lâa lui-mĂȘme mis en vente en 1858. RachetĂ© une nouvelle fois par M. Amaury de Liniers, il fut LE CHATEAU DE SA1NT-P0MPA1N 407 bientĂŽt revendu parlui en dĂ©tail. A moitiĂ© dĂ©moli, pour en faire diminuer lâimposition, i l est menacĂ© dâune ruine prochaine et dĂ©finitive, et il nâest que temps dâen consacrer le souvenir. Il nâest guĂšre de vieux chĂąteaux qui nâaient fourni quelques sujets de lĂ©gendes plus ou moins merveilleuses. Celui de Saint-Pompain ne fait pas exception ; les grandâmĂšres ne manquent jamais, pour faire coucher leurs petits enfants, de les menacer des prisons du chĂąteau et des fantĂŽmes blancs que leurs aĂŻeux ont assurĂ© avoir entendu traĂźner avec fracas, de longues chaĂźnes dans les grandes salles du seigneur. Elles sâentretiennent souvent Ă la veillĂ©e, avec un ton de voix et un langage spĂ©cial, d'une mystĂ©rieuse caverne, dont lâouverture paraĂźt dans un endroit inaccessible des rochers du chĂąteau et que tout le monde connaĂźt sous le nom de trou de FarfaÂŹ det ; câest la demeure, assure-t-on, de nombreuses lĂ©gions dâesprits malfaisants. Câest au fond de cet antre que se rĂ©fuÂŹ gient pendant le jour les Chasses-Gallerys ; câest de lĂ que partent pendant la nuit les loups-garoux, les bĂ©liches des Avents et les chevaux mulets du Carnaval. Un ancien dĂ©nombrement nous signale au profit du seiÂŹ gneur de lâendroit, lâexistence dâun droit qui ne manque pas de poĂ©sie, et quâil nous paraĂźt intĂ©ressant de reâater ici Item, sur un prĂ© du seigneur des MouliĂšres, qui est situĂ© devant mon dit chĂąteau, lequel prĂ© est tenu recevoir Ă danser les nouvelles mariĂ©es par chacun an et dâannĂ©e en annĂ©e, le lendemain de Pasques oĂč elles sont tenues pour elles danser et chanter une chanson et leurs maris jetter un Ă©tui, chacun ayant un bas dĂ©pouillĂ©, tenu faire faire par un de mes sergents de bailler un bouquet de tleurs Ă celle qui sera jugĂ©e avoir le mieux chantĂ©, avec chacune un chaÂŹ peau sur leurs testes, et se doivent les dites nouvelles mariĂ©es et maris trouvez chacun an par chacun des dits jours, ou par faute quâil nây en aie de mariĂ©es en lâannĂ©e, les prĂ©cĂ©dents se doivent trouver et faire comme auparavant, Ă peine dâun escu dâamende payable sans dĂ©port quâils me donneront par chacun an... » 408 LE CHATEAU DE SAINT-POMPAIN Mais que les acquĂ©reurs de ces dĂ©bris dâun temps qui nâest plus, ajoute M. Proust, auquel nous empruntons ces curieux dĂ©tails, ne se laissent pas effrayer par ces rĂ©cits. Le procĂšs de trois cents ans est fini ; la puissance des farfadets est sinÂŹ guliĂšrement diminuĂ©e, les fantĂŽmes ne font plus retentir les salles du bruit de leurs chaĂźnes, et lâon peut paisiblement dormir au murmure monotone de la chaussĂ©e du moulin. Le nouveau seigneur ne verra plus danser les nouvelles mariĂ©es et lancer les pelotes des maris dans le prĂ© des Mou- liĂšres â le garde les prendrait â ; mais en retour, il verra ses grasses gĂ©nisses bondir dans la prairie et briller au soleil les cornes dorĂ©es de ses taureaux au large fanon. * * „ Avant de quitter Saint-Pompain le touriste fera bien dâaller donner un coup dâĆil Ă la si curieuse archivolte de la porte de lâĂ©glise ; il y lira avec peine le nom de lâartiste roman qui a exĂ©cutĂ© les sculptures de lâarchivolte Giglelmus fegit hoc. Malheureusement lâarchitecte auteur dâune restauration exé cutĂ©e vers 1860 n'a trouvĂ© rien de mieux que de dĂ©poser dans la cour du presbytĂšre la plupart des claveaux sculptĂ©s de cette archivolte, sous prĂ©texte qu'ils Ă©taient atteints de salÂŹ pĂȘtre, et de les remplacer par des pierres unies en bossage. Celles-ci attendent encore le sculpteur, pendant que la riche ornementation romane tombe en poussiĂšre sous les morsures de la pluie et de la gelĂ©e. Et câest ainsi que se restaurent beaucoup de nos plus intĂ©ressants monuments ! Terre-Neuve , 17 novembre 189 S. O. de Rochebrune. LE CLERGĂ DE LA VENDĂE PENDANT LA RĂVOLUTION Suite1. Parmi les simples chanoines, il en est sur qui le malheur des temps nâa laissĂ© que des renseignements assez vagues ; de ce nombre est Charles-Marie-Samuel BAUDRY DE BEAUMANOIR, de famille vendĂ©enne, nĂ© le 15 avril 1751 et installĂ© chanoine par Mer de Mercy le 23 ocÂŹ tobre 1789. Il Ă©tait titulaire des chapelles de Curzon, de Sainte- Catherine ou des Amand, de Saint-Denis ou de Malnac, de Pantefort et du PĂątis-Guillon, qui lui valurent un supplĂ©ment de traitement annuel de 500 L, moitiĂ© de leurs revenus. M. Baudry de Beaumanoir figure sur la liste des prĂȘtres dé portĂ©s pour refus de serment le 1er frimaire an II ; il se rĂ©fugia probablement en Angleterre. Le chanoine Joseph-Philippe QUĂRĂNET, vicaire gé nĂ©ral, Ă©tait dauphinois dâorigine, titulaire des chapelles de Saint-Nicolas et de Saint-Jean-lâEvangĂ©liste desservies en lâé glise de Belleville en Dourbe, diocĂšse de Lyon, et des chaÂŹ pelles de Saint Quentin et de Saint-Georges. Il prit possession de son canonicat dans la cathĂ©drale de Luçon le 21 septembre 1787. AprĂšs avoir refusĂ© le serment, il nâĂ©migra pas, mais sans plus attendre se retira Ă la Tour-du-Pin, son pays natal janÂŹ vier 1791. Il se cachait encore dans les environs deux ans plus tard Je ne sais comment il fait il est chez sa sĆur Ă la campagne, pendant quâelle est Ă Lyon; je crains quâil ne 1 Voir la livraison de septembre 188. I 410 LE CLERGĂ DE LA. VENDĂE concilie des choses inconciliables. » Lettre de Mgr de Mercy du Ier juin 17 93 J. On en sait encore moins sur le chanoine Jean-Pierre BA- BAULT DE CHAUMONT, titulaire de la chapelle de Saint- Gilles, dâun revenu de 70 I. AprĂšs avoir refusĂ© le serment, il partit pour lâĂ©tranger, et fut inscrit sur la liste des prĂȘtres dé portĂ©s dont les biens avaient Ă©tĂ© confisquĂ©s, liste envoyĂ©e au dĂ©partement le l*r frimaire an II. De la famille du chanoine DESTOUCHES, fils de N. DesÂŹ touches et de dame Souchet de Naile, on connaĂźt son frĂšre aĂźnĂ© chef dâescadre, et sa sĆur mariĂ©e Ă M. des Mores. 11 ne prĂȘta pas le serment schismatique et mourut avant dâavoir obĂ©i Ă lâarrĂȘt de dĂ©portation. Le chanoine Pierre COURTIN mourut Ă©galementde bonne heure, car on trouve aux Archives dĂ©partementales de la VendĂ©e une pĂ©tition des hĂ©ritiers de Pierre Courtin, ex-chaÂŹ noine de Luçon, Ă la date du 24 frimaire an III. Câest encore aux Archives dĂ©partementales que se rencontre le nom du chanoine Jacques BOULANGER, titulaire de la chapelle des Chevrets, paroisse de la FlocelliĂšre, sans autre indication concernant ce membre du Chapitre. M. Jean-Baptiste BRAZET, chanoine de Luçon avant 1788, nâa quâune brĂšve mention dans la correspondance de Mgr de Mercy, et elle nâest pas rassurante. Ce que vous me dites de Brazet, Mallet, Lacroix et Cadou mâa fait une peine extrĂȘme ; jâen ai pleurĂ© amĂšrement devant Dieu ; je nâen ai cependant pas Ă©tĂ© extrĂȘmement surpris. Demandons Ă Dieu quâil ies Ă©claire et les ramĂšne dans le bercail et quâil nous Ă©pargne dâautres scandales. » Lettre du 30 janvier 1796. LâabbĂ© Mallet nâĂ©tait pas du diocĂšse de Luçon, mais MM. LaÂŹ croix;, curĂ© de Grues, et Cadou, curĂ© do lâIle-dâYeu, ayant prĂȘtĂ© le serment schismatique, il est facile de conclure que M. Brazet en avait fait autant. PENDANT LA RĂVOLUTION 411 M. Jean-LĂ©on HAMON, chanoine hebdomadier, nĂ© Ă Sainte-Hermine le 3 novembre 1718, pourvu dâun canonicat depuis le 18 j uin 1748, fut la premiĂšre victime delĂ dĂ©portaÂŹ tion. En dĂ©cembre 1790 son traitement avait Ă©tĂ© fixĂ© Ă 10791. 15 s. 10 d. et, en avril 1792, il sâĂ©tait fait dĂ©livrer par la muniÂŹ cipalitĂ© de Luçon un certificat de rĂ©sidence depuis plus dâun an. Le refus de serment lâobligea Ă sâexpatrier. Il sâembarqua aux Sables-d'Olonne pour lâEspagne le 9 septembre 1792 Ă bord du Jean- François, bien quâil eĂ»t 74 ans ; mais ce navire fut assailli par une violente tempĂȘte dans le golfe de GasÂŹ cogne, et M. Hamon, emportĂ© par une vague, fut englouti dans les flots. M. Jean-Baptiste LE BRASSE, originaire du diocĂšse de Troyes, Ă©tait pro-secrĂ©taire de lâĂ©vĂȘchĂ© de Luçon avant 1789 ; il fut nommĂ© chanoine hebdomadier par le Chapitre le 23 mars 1790, en remplacement de M. Normand appelĂ© Ă la cure de ChĂąteau-Guibert. En dĂ©cembre suivant, son traitement fut fixĂ© Ă 1167 1. 13 s. 2 d. Son refus de prĂȘter le serment le rendit suspect, et il fut du nombre des prĂȘtres mandĂ©s Ă Fontenay le 9 mars 1792 pour se disculper des dĂ©nonciations portĂ©es contre eux Arch. nat. F. 19 481 *. 11 dĂ©clina cette invitation, et, trĂšs attachĂ© Ă Mgr de Mercy, se dirigea du cĂŽtĂ© oĂč il avait espoir de pouvoir le rejoindre, en Savoie. Une lettre de MonÂŹ seigneur du 6 novembre 1792 porte que M. Le Brasse Ă©tait auparavant Ă ChambĂ©ry ; il sâĂ©tait placĂ© secrĂ©taire chez un prĂ©sident du SĂ©nat ; jâignore ce quâil est devenu ». TrĂšs actif, dĂ©brouillard, M. Le Brasse avait rencontrĂ© M. de Rozan son confrĂšre, et avait quittĂ© le prĂ©sident du SĂ©nat de Savoie. Point de nouvelles de M. de Rozan et de son compagnon M. Le Brasse, je sais seulement quâils ont gagnĂ© lâItalie, je les crois Ă Rome. » [Lettre de Mgr de Mercy du iOnov. 1792. Les prĂȘtres français dĂ©portĂ©s ne recevaient pas Ă Rome lâaccueil quâils pouvaient espĂ©rer ; ils Ă©taient trop nombreux. M. Le Brasse nâeut pas besoin dâaller si loin pour trouver un 412 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE gĂźte; il sâarrĂȘta Ă Bologne. M. Le Brasse esta Bologne heureusement placĂ©. » Lettre de Mgr de Merci du 1 mars 119%. Il avait trouvĂ© asile chez les ThĂ©atins de cette ville et il y Ă©tait encore dix-huit mois plus tard. LâabbĂ© Le Brasse est toujours Ă Bologne. » Lettre de Mgr de Mercy du 8 octobre 1 794. Son humeur voyageuse devait souffrir dâun si long- sĂ©jour ; une lettre de Mgr de Mercy du 14 octobre 1794 annonce que l'abbĂ© Le Brasse va Ă Constantinople oĂč il a trouvĂ© par un hasard bien singulier une place avantageuse. » MonÂŹ seigneur ne donne aucun dĂ©tail sur cette situation en effet bizarre dâun prĂȘtre français en Turquie. â LâabbĂ© Le Brasse esta Venise attendant le moment de son embarquement pour Constantinople oĂč il trouve une vĂ©ritable fortune. » Lettre du 8 janvier il 95. â M. Le Brasse est Ă Venise avec lâespoir de partir Ă la fin du mois pour Constantinople. Je ne serai content que lorsque je lây saurai arrivĂ© Ă bon port et jouisÂŹ sant dâun sort heureux ; je suis sĂ»r quâau premier signe de ma part, il rejoindra les Ă©tendards. » Lettre du 18 fĂ©vrier 1 195. â M. Le Brasse est parti pour son grand voyage Ă Constantinople, mais avec la promesse de revenir au premier signal que je donnerai ; il nâest donc pas perdu pour nous. » Lettre du 25 avril 1 195. Puis plus rien que cette laconique mention dans une lettre du 8 fĂ©vrier 1800 Le Brasse se porte bien Ă Constantinople. » Rien nâindique quâil en soit revenu. M. Pierre-Charles-Alexis PERRIN, chanoine hebdo- madier, Ă©tait nĂ© le 30 aoĂ»t 1750 dans le diocĂšse de Langres. On ne sait comment il vint dans le diocĂšse de Luçon. Il refusa le serment en 1791, et, sur un arrĂȘtĂ© du Directoire du dĂ©parÂŹ tement de la VendĂ©e en date du 29 mai 1792, fut mandĂ© Ă Fontenay pour rĂ©pondre Ă des dĂ©nonciations. M. Perrin prit aussitĂŽt une autre direction ; il est Ă croire quâil sâembarqua directement Ă PaimbĆuf pour l'Espagne oĂč sa prĂ©sence nâest signalĂ©e quâen 1795, par la correspondance de Mrde Mercy. LA REVOLUTION 413 M. Paillou avait prĂ©venu Monseigneur que lâabbĂ© Perrin venait dâarriver Ă la Gorogne dans lâintention de passer en Angleterre. â Je ne sais si M. Perrin fait bien de changer d'asile, rĂ©pondit Msr de Mercy. Je lui en saurais mauvais grĂ© si câĂ©tait sans votre consentement, parce qu'alors ce serait sans le mien. 11 paraĂźt quâen Angleterre nos frĂšres craignent que leurs ressources ne diminuent ; les paiements se reÂŹ tardent ; il ne faut donc pas sans nĂ©cessitĂ© aller leur nuire en augmentant leur nombre. » Lettre du 5 dĂ©cembre 1795. M. Perrin se rendit aux raisons de M. Paillou. â Je suis bien aise que M. Perrin se soit arrĂȘtĂ© Ă la Gorogne. AuprĂšs de lui comme auprĂšs de nos frĂšres et bien chers enfants, soyez toujours le garant et lâinterprĂšte de ma tendresse paÂŹ ternelle. >â [Lettre du 10 janvier 1796. Lâair de la mer convenait Ă la santĂ© un peu Ă©prouvĂ©e du chanoine M. Perrin fait bien de rester Ă la Gorogne si sa santĂ© lâexige ; y trouvera-t-il des ressources ? » Lettre du 20 mars 1196. Une lettre suivante apprend quâil en trouva Je suis bien aise de la bonne fortune de lâabbĂ© Perrin. » Lorsque le Consulat eut rendu aux dĂ©portĂ©s lâespoir du retour, M. Perrin fut des premiers Ă quitter lâEspagne. Il avait connu jadis M. Gavoleau, ancien curĂ© de PĂ©ault, devenu secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©fecture de la VendĂ©e ; il obtint de lui des facilitĂ©s pour rentrer. Le prĂ©fet de la VendĂ©e Ă©crivit le 13 fructidor an VIII 30 aoĂ»t 1800 au ministre de la police gĂ©nĂ©rale Jâai lâhonneur de vous adresser mon avis pour la rentrĂ©e en France de Pierre-Charles-Alexis Perrin, prĂȘtre dĂ©portĂ© en Espagne. Les tĂ©moignages que jâai reçus sur sa moralitĂ© me persuadent, quâen lui donnant lâautorisation que je vous demande, vous rendrez Ă sa patrie un citoyen estimable qui gĂ©mit dâen ĂȘtre banni. » Arch . dĂ©p. VendĂ©e. I 414 LE CLERGE DE LA VENDEE Lâavis Ă©tait ainsi libellĂ© Le PrĂ©fet de la VendĂ©e, Vu la lettre de Pierre-Charles-Alexis Perrin, prĂȘtre dé portĂ© en Espagne, ConsidĂ©rant quâil rĂ©sulte des renseignements qui me sont parvenus et spĂ©cialement du tĂ©moignage du secrĂ©taire- gĂ©nĂ©ral de la prĂ©feclure qui jusqu'Ă ce jour a conservĂ© avec lui la liaison la plus intime, que les principes, les mĆurs et la conduile de Perrin avant lâĂ©poque oĂč il a Ă©lĂ© forcĂ© de quitter le sol de la France, offrent une garantie de son amour pour la patrie et de sa soumission aux lois qui la rĂ©gissent. Que la promesse de cette soumission est formellement exprimĂ©e dans sa lettre et que tout porte Ă croire quâil la conÂŹ firmera lorsquâil sera rentrĂ© sur le territoire français. Quâil est utile au maintien de la paix dans le dĂ©partement de la VendĂ©e de prĂ©senter au peuple lâexemple de quelques prĂȘtres qui expriment formellement la promusse dâĂȘtre fidĂšles Ă la Constitution et qui puissent lui persuader que la soumisÂŹ sion aux lois delĂ RĂ©publique nâest pas incompatible avec les dogmes du culte catholique. Invite le ministre de la police gĂ©nĂ©rale Ă autoriser Pierre- Charles-Alexis Perrin Ă rentrer en France Ă condition quâaus- sitĂŽt son arrivĂ©e et avant de commencer les fonctions de miÂŹ nistre du culte catholique, il fera la promesse de fidĂ©litĂ© Ă la Constitution. » [Arch. dĂ©p. VendĂ©e. Par prĂ©caution, M. Perrin sâempressa dâenvoyer dâEspagne la promesse demandĂ©e A Villafranca des Biersb en Espagne, le 6 dĂ©cembre 1800. Je soussignĂ© Pierre-Caarles-Marie Perrin, prĂȘtre franÂŹ çais, dĂ©portĂ© en Espagne, et ci-devant chanoine de Luçon, dé partement de la VendĂ©e, promets dâĂȘtre fidĂšle Ă la ConstituÂŹ tion française de lâan VIII, et dans le cas oĂč le gouvernement français voudra mâautoriser Ă rentrer dans ma patrie, je mâenÂŹ gage, sous peine d'ĂȘtre rĂ©exportĂ©, Ă renouveler la promesse PENDANT LA RĂVOLUTION 415 ci-dessus devant le maire de la commune que j'habiterai ou le sous-prĂ©fet de l'arrondissement . » Perrin. » if Le ministre de la police autorisa l'abbĂ© Perrin Ă se fixer dans la Vienne, le Maine-et-Loire, les Deux-SĂšvres ou la VenÂŹ dĂ©e. M. Perrin passa par Poitiers oĂč son optimisme fut un peu modifiĂ© sur la question de la promesse exigĂ©e par le gouverÂŹ nement ; il eut des scrupules et en fit part Ă M. Paillou, Ă qui Mgr de Mercy, trĂšs convaincu de la lĂ©gitimitĂ© de cet acte, Ă©criÂŹ vit le 15 juillet 1801 Quoi, câest parmi ceux que jâai le plus aimĂ©s que je trouve des ennemis, des contradicteurs, des disciples qui sâĂ©lĂšvent au-dessus du maĂźtre. MM. Baudouin, Perrin, Remaud sont du nombre de ceux sur lâamour et la docilitĂ© desquels jâeusse comptĂ© par prĂ©fĂ©rence. Ils ne conÂŹ naissent plus ma voix, ils suivent des pasteurs Ă©trangers! ils oublient le premier des devoirs, celui de lâobĂ©issance quâils doivent Ă leur Ă©vĂȘque, celui dâĂȘtre un avec lui tant quâil est un avec lâEglise. Encore si je leur demandais le sacrifice de leurs opinions ; mais non, je ne leur demande que de respecÂŹ ter la mienne, que de ne pas souffrir quâon en prĂȘche une contraire, parce que ce sont tout autant d'actes de schisme ; qu'ils attendent en paix le jugement du Saint-SiĂšge. » M. Perrin nâĂ©tait pas sans doute si irrĂ©ductible que le croyait Mer de Mercy, puisque dans une autre lettre du 10 septembre suivant. Monseigneur Ă©crit Ce que vous me dites de M Perrin mâa fait grand plaisir et je suis fort aise que ce soit par erreur que vous lâayez citĂ© au nombre des exaltĂ©s contre la promesse. » M. Perrin rentra en VendĂ©e le 6 octobre 1801, et, le lendeÂŹ main, le prĂ©fet du dĂ©partement lâautorisa Ă rĂ©sider Ă Nesmy. Du 21 vendĂ©miaire an X, Le PrĂ©fet du dĂ©partement de la VendĂ©e, Vu la lettre du citoyen Perrin, prĂȘtre rentrĂ© dâEspagne 416 LE CLERGE DE LA. VENDEE en date du 20 vendĂ©miaire prĂ©sent mois, par laquelle il deÂŹ mande dâĂȘtre autorisĂ© Ă rĂ©sider dans la commune de Nesmy, Autorise le citoyen Perrin, attendu quâil sâest conformĂ© aux lois, Ă rĂ©sider Ă Nesmy sous la surveillance de lâautoritĂ© municipale de cette commune. » Arch . dĂ©part. VendĂ©e. Au Concordat, M. Perrin fut nommĂ© curĂ© de Nesmy. Homme instruit et d'une bonne conduite, ami de la paix et du gouvernement », dit de lui le sous-prĂ©fet des Sables dans un rapport administratif. Il mourut Ă Nesmy en 1807. Le 24 avril 1787, M. le doyen du chapitre de Luçon commuÂŹ niquait aux chanoines une lettre de M. Sicard, prĂȘtre du dioÂŹ cĂšse de La Rochelle, demandant si on voĂčlait le recevoir hebdomadier de lâĂ©glise de Luçon. La compagnie le remercia et pria le doyen de lui mander quâelle y consentait et quâil pouvait venir Ă Luçon quand il le jugerait Ă propos. Marin-François SICARD avait alors 45 ans, Ă©tant nĂ© Ă Saint-Hilaire de Mortagne le 23 mars 1752. Il fut Ă©lu chanoine hebdomadier le 30 mai 1789 en remplacement de M. Victor- Louis Duchemin, 6e hebdomadier et dĂ©missionnaire du conÂŹ sentement de lâĂ©vĂȘque. LâannĂ©e suivante, lors de l'affaire de la ProutiĂšre, M. Sicard se trouvait lâhĂŽte de M. de LĂ©zardiĂšre- En janvier 1791 son traitement fut fixĂ© Ă 9001 9S. 6d. Il refusa le serment, fut mandĂ© Ă Fontenay avec d'autres par suite de dĂ©nonciations en mars 1792, et, le 9 septembre suivant, sâembarqua aux Sables-dâOlonne pour lâEspagne sur le Jean- François avec M. Paillou et de nombreux confrĂšres ; il est portĂ© le 04e sur le rĂŽle dâembarquement. M. Sicard ne quitta pas M. Paillou pendant lâexil, et rentra comme lui au Concordat. Le 30 florĂ©al an IX, M. Paillou Ă©criÂŹ vait de Luçon Ă Cavoleau, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©fecture Je dois vous dire avec confiance que le bonhomme Huet1 est comme Ă lâagonie. J'aurais bien un homme prudent ' Ancien curĂ© de Landevieille, 'exerçait le ministĂšre Ă Luçon. PENDANT LA RĂVOLUTION 417 Ă mettre Ă sa place ; câest M. Sicard, ancien hebdomadier de la cathĂ©drale et qui a la confiance de la ville ; il est dans de trĂšs bons principes, bien convaincu quâun ministre du culte est obligĂ© en conscience Ă maintenir lâordre et Ă donner lâexemple et le prĂ©cepte du respect et de la soummission qui sont dĂ»s au gouvernement, et Ă cet Ă©gard je crois pouvoir rĂ©pondre de sa conduite ; mais il craint quâen faisant la proÂŹ messe, cela ne lui occasionne des difficultĂ©s de la part de quelques tĂȘtes exaltĂ©es qui se trouvent encore par ci par lĂ . En consĂ©quence il dĂ©sire fort que M. le PrĂ©fet veuille bien se contenter des dispositions que je vous manifeste de sa part. Dans ce cas je vous prie de vouloir bien engager le maire Ă ne rien exiger de lui, ou ce qui serait peut-ĂȘtre le mieux, de lui envoyer une surveillance dâaprĂšs laquelle le maire ne lui demanderait rien. Il se nomme Marie-François Sicard; il est arrivĂ© dâEsÂŹ pagne depuis peu de jours. Je suis assurĂ© quâil rĂ©tablira ici la paix troublĂ©e par quelques divisions occasionnĂ©es presque toutes par de folles dĂ©votes. Paillou. » En thermidor suivant, dans les notes adressĂ©es par le prĂ©fet au ministre de lâintĂ©rieur, on voit que la recommandation de M. Paillou avait produit son effet Sicard, venu dâEspagne depuis peu, hebdomadier Ă la cathĂ©drale avant les troubles ; il est sage, prudent et bon prĂȘtre, et quelle que soit son opiÂŹ nion, il respectera lâordre et le gouvernement. » . Arch . Nat., F. 19, 8 65. M. Sicard fut nommĂ© bientĂŽt curĂ© de Luçon il mourut Ă ce poste en 1820, et fut enterrĂ©, selon son dĂ©sir, dans le cimeÂŹ tiĂšre de Simon-la-Vineuse. M. Eustache LĂGIER, chanoine hebdomadier, nĂ© le 5 avril 1732, refusa Ă©galement le serment. Son traitement fut fixĂ© provisoirement Ă 1000 1., le directoire du district dĂ©sirant ĂȘtre fixĂ© sur la valeur dâune maison, dâune rente de 9 1. et du TOME XL â OCTOBHE, NOVEMBRE, DĂCEMBRE. 28 418 LE CLERGE DE LA VENDEE âą montant des revenus de son hebdomade. Frappe par la loi do dĂ©portation, il ne put se rĂ©soudre Ă quitter le diocĂšse, et se rĂ©fugia au chĂąteau de Frosse, chez M. de Maynard. BientĂŽt obligĂ© de se mieux cachĂȘr, il voulut changer de retraite, fut arrĂȘtĂ© sur la route de Fontenay et conduit dans la prison de Brouage. Lâauteur de Y Histoire de Corps assure Ă tort quâil y fut mis Ă mort. M. LĂ©gier survĂ©cut Ă ces dĂ©boires, adhĂ©ra au Concordat, reçut du gouvernement consulaire une pension de 1000 1., et vint desservir Corps. Le rapport du prĂ©fet de la VendĂ©e, fin juillet 1801, sâexprime ainsi sur son compte LĂ©gier, exerçant Ă Corps, a fait la promesse peu de moyens, excellente moralitĂ©. » Il se retira ensuite Ă Luçon, oĂč il finit ses jours le 3 juin 1807. M. Jean-Joseph-Esprit MUSSET, nĂ© Ă LegĂ© Loire-Infé rieure' en 1773, fut nommĂ© chanoine hebdomadier le 21 mars 1787, en remplacement de M. Lacroix, dĂ©missionnaire. Il ne suivit pas lâexemple de ses confrĂšres, et prĂȘta le serment constitutionnel. On lit sur les registres des dĂ©libĂ©rations delĂ municipalitĂ© de Luçon, Ă la date du 6 avril 1791 M. Musset ci-devant chanoine hebdomadier de la cathĂ©drale, cĂ©lĂ©brant la messe chez les Capucins dudit lieu, prĂȘte le serment en pré sence de la municipalitĂ© et promet de veiller avec soin sur les fidĂšles qui viennent de lui ĂȘtre confiĂ©s. A l'issue de la messe, il adressa un discours. » Il venait dâĂȘtre Ă©lu curĂ© constituÂŹ tionnel de la GhevroliĂšre Loire-InfĂ©rieure. LâannĂ©e suivante, il devint prĂ©sident du district de Machecoul. Dans ces foncÂŹ tions il fit du zĂšle, comme on le voit notamment par la lettre quâil adressait, le 3 octobre, au procureur syndic du district Monsieur, Notre municipalitĂ© vient vous prier de lui envoyer deÂŹ main sans faute quatre ou six gardes nationaux ou soldats de ligne afin quâils puissent saisir quelques-uns de ces marÂŹ chands de procession. Câest vraiment un service nous rendre, PENDANT LA RĂVOLUTION 419 car les deux abbĂ©s commencent Ă faire du mal dans la paÂŹ roisse, dâautant plus quâils se dĂ©guisent'. En venant vers 3 ou 4 heures le matin, on peut les surprendre. » M. Musset ne fut pas un des derniers Ă abjurer. Il Ă©pousa peu aprĂšs une demoiselle T. dont il eut un fils et deux filles. La mort le surprit Ă Machecoul le 27 dĂ©cembre 1825. Le plus ancien chanoine hebdomadier du chapitre Ă©tait, en 1790, M. Joseph-Victor-Augustin COUPERIE, nĂ© Ă PĂ©ault le 17 avril 1730. M. lâabbĂ© Aillery a Ă©crit quâil avait prĂȘtĂ© le serment constitutionnel ; câest une erreur, ou du moins sâil le prĂȘta, il le rĂ©tracta aussitĂŽt, car il fut mandĂ© Ă Fontenay en mars 1792 pour se dĂ©fendre contre des dĂ©nonciations, et imÂŹ mĂ©diatement incarcĂ©rĂ©. Il mourut en prison au bout de quelques mois. âą M. Pierre DEBORDES, chanoine et sacriste du chapitre, avait pris sa retraite dans ce poste aprĂšs avoir Ă©tĂ© longtemps curĂ© de Saint-Jean de Fontenay. Lorsquâon rĂ©gla en dĂ©cembre 17901e traitement des chanoines, le Directoire du district, considĂ©rant qu'il est dâun Ăąge avancĂ©, attachĂ© depuis 27 ans au ministĂšre ecclĂ©siastique, » lui accorda un traitement de 354 1, pour sa pension viagĂšre de la cure de Saint-Jean de Fontenay etde la chapellenie de Sainte-Croix, et en outre une rente de 500 I. pour tenir lieu des anciens revenus de sa charge de sacriste de la cathĂ©drale Arch . clĂ©p. VendĂ©e. A son Ăąge, ce revenu Ă©tait maigre, et, le 4 fĂ©vrier 1791, il adressa une requĂȘte Ă lâadministration Ă lâeffet dâobtenir une somme de 100 1. qui lui restait due sur ses honoraires de 1790. » Le Directoire rĂ©pondit quâil y avait lieu dâajourner la dĂ©cision sur ce point. Arch. dĂ©p. VendĂ©e. M. DĂ©bordĂ©s revint Ă la charge et, le 16 mai suivant, vu ses infirmitĂ©s » sollicita un secours annuel de 150 1. Cette nouÂŹ velle rĂ©clamation nâeut pas plus de succĂšs que la premiĂšre. Ayant refusĂ© le serment, il fut dĂ©noncĂ© comme perturbateur, et, le 2 mars 1792, reçut lâordre de se rendre au chef-lieu du 420 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE dĂ©partement pour ĂȘtre interrogĂ© et surveillĂ©. LĂ , il fut incarÂŹ cĂ©rĂ© comme prĂȘtre sexagĂ©naire et infirme. DĂ©livrĂ© par lâarmĂ©e vendĂ©enne hors de la prise de Fontenay en mai 93, il parvint Ă se cacher, demeura dans le diocĂšse, et entretint une corresÂŹ pondance avec Msr de Mercy, comme en tĂ©moigne une lettre du prĂ©lat du 25 avril 1795 Ă M. Paillou Je vous ai mandĂ© que je ne croyais pas devoir solliciter pour ma cathĂ©drale les deux autels privilĂ©giĂ©s que dĂ©sire M. DĂ©bordĂ©s ; je ne le crois pas nĂ©cessaire ; il faut voir auparavant quel sera le moÂŹ ment oĂč la religion se rĂ©tablira en France ». Le sacriste, mĂȘme au milieu des Ă©preuves les plus dĂ©courageantes, ne cessait d'avoir la prĂ©occupation de ses anciennes fonctions. En 1803, il Ă©tait curĂ© du Temple Deux-SĂšvres. Mais ses infirmitĂ©s trahirent vite son zĂšle, et il se retira Ă Saint-Laurent-sur- * SĂšvre, avec une pension de 550 livres; il y mourut le 22 avril 1810. Le prĂ©fet de la VendĂ©e Ă©crivit au maire de Saint-Laurent le 10 mai On vient de mâannoncer que M. DĂ©bordĂ©, prĂȘtre du diocĂšse de La Rochelle, sorti derniĂšrement de Moulins, prĂšs GhĂątillon, Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ© le 22 avril dernier dans votre comÂŹ mune. Il jouissait dâune pension de lâEtat; envoyez-moi son extrait mortuaire. »Arch. dĂ©p. VendĂ©e . Les officiers du bas-choeur de la cathĂ©drale, comme on les appelait, organiste, musiciens, choristes, bedeaux, etc., suÂŹ birent Ă©galement le contre-coup de la tourmente rĂ©volutionÂŹ naire, et une place leur revient dans cette nĂ©crologie. RenĂ© CORNEAU, nĂ© le 17 mars 1750, Ă©tait entrĂ© au ChaÂŹ pitre comme enfant de chĆur Ă lâĂąge de7 ans. Le 30 novembre 1770, le Chapitre le reçut en qualitĂ© de serpent dans la musique de la cathĂ©drale aux appointements de 600 1., et lui accorda ensuite 5001. de rente viagĂšre en cas de maladie ou autres infirmitĂ©s. A la suppression du chapitre, il demeura Ă Ltiçon, et prĂȘta tous les serments qui lui furent proposĂ©s. Un docuÂŹ ment administratif montre que l'Etat lui versa jusquâĂ sa mort sa pension de 500 1. PENDANT LA RĂVOLUTION 421 3 brumaire an IX. Le citoyen Jacques-RenĂ© Corneau ex-musicien de la ci- devant cathĂ©drale de Luçon, pensionnaire ecclĂ©siastique, dont la pension a Ă©tĂ© rĂ©duite Ă 500 1., fait rectifier un extrait de baptĂȘme et de naissance pour Ă©tablir qu'il est nĂ© le 17 mars 1750 et non le 17 mars 1752, erreur qui a fait rejeter au TrĂ©sor public sa demande et ses piĂšces pour obtenir le premier seÂŹ mestre de lâan VIII de sa pension de retraite. » Arch . dĂ©p. VendĂ©e. Pierre DELESTRE, nĂ© le 14 septembre 1752, fut reçu comme basse au chapitre en 1773; le 12 mai 1777, on lui asÂŹ sura 400 1. ad vitam, rente viagĂšre qui fut portĂ©e Ă 600 1. le 21 octobre 1782. Pour avoir droit Ă cette pension, il prĂȘta Ă©ga- lementtous les serments requis, et mourutinstituteur Ă Luçon. Pierre ROSSIGNOL, nĂ© le 28 juillet 1744, Ă©tait organiste du chapitre depuis 1763 aux appointements de 620 1. ; on lui garantit une rente viagĂšre de 500 1., que lâEtat prit Ă son compte, aprĂšs prestation de serments successifs par le tituÂŹ laire. Antoine REY, nĂ© le 9 dĂ©cembre 1746, entra comme haute- taille dans la musique du Chapitre en 1776; il touchait 600 1. dâappointements. Le 18 avril 1777, il se fit assurer une pension viagĂšre de 500 1., en faveur de laquelle il ne refusa aucun serÂŹ ment, et quâil toucha jusquâau 29 octobre 1807, date de sa mort. Claude VILNET, est portĂ© au nombre des employĂ©s de la cathĂ©drale au titre de musicien, depuis 1757, avec 720 1. dâapÂŹ pointements, et 400 I. de rente viagĂšre. Louis-Simon HILARIOT Ă©tait basse-contre Ă la cathĂ©drale depuis 1782 il touchait 700 1. par an et avait obtenu la garanÂŹ tie de 720 1. de rente. A la RĂ©volution, il se retira Ă Noirmou- tier oĂč il se fit arpenteur, et oĂč il prĂȘta tous les serments caÂŹ pables de lui conserver sa pension. Il revint mourir Ă Luçon en aoĂ»t 1804. 422 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE Les deux bedeaux, Antoine BRUNET et Pierre CHATIN, dit la BontĂ©, nâĂ©taient pas si bien pourvus que leurs collĂšgues du bas-ĂŽhĆur. Le 22 mars 1791 ils adressĂšrent au directoire du district une pĂ©tition portant que attendu leur pauvretĂ© et la perte de leur Ă©tat qui les rĂ©duisait Ă la plus affreuse indigence, ils demandent que lâadministration leur accorde telle gratification quâelle jugera Ă propos. & La requĂȘte fut renvoyĂ©e Ă la municipalitĂ© de Luçon et il y a tout lieu de croire quâelle nây reçut pas un accueil favorable. En dehors du clergĂ© paroissial et du chapitre, la ville de Luçon possĂ©dait^ en 1790, plusieurs Ă©tablissements religieux le SĂ©minaire, les Capucins, les couvents des Ursulines, de lâUnion chrĂ©tienne; des Filles de la Sagesse, et lâhĂŽpital desÂŹ servi par les sĆurs de Saint-Vincent de Paul. Le 12 mars 1612, Richelieu, Ă©vĂȘque de Luçon, acheta, dans la rue qui va de la cathĂ©drale au champ de foire, une maison dite de la Souche, pour y Ă©tablir un sĂ©minaire. Mgr de Colbert trouva lâemplacement trop restreint, et acquit Ă lâextrĂ©mitĂ© de la ville un terrain plus vaste oĂč il commença la construcÂŹ tion dâun nouveau sĂ©minaire, encore existant. Mgrde Barillon lâacheva et y ajouta deux ailes en 1674, pour en faire un sé minaire et un collĂšge en mĂȘme temps. Ce collĂšge fut dirigĂ© conjointementpar des Lazaristes etpar des prĂȘtresdu diocĂšse; les premiers y professĂšrent la thĂ©ologie, les seconds enseiÂŹ gnĂšrent les humanitĂ©s, la rhĂ©torique et la philosophie. En 1790, le sĂ©minaire avait depuis trois ans pour directeur M. Logerot, lazariste, qui occupait la chaire de thĂ©ologie. Le 29 octobre de la mĂȘme annĂ©e, M. Pichard du Page, proÂŹ cureur gĂ©nĂ©ral syndic du dĂ©partement, rĂ©clama Ă la municiÂŹ palitĂ© de Luçon une description sommaire de lâemplacement du sĂ©minaire, le chiffre approximatif de ses revenus, les noms, Ăąges et qualitĂ©s du supĂ©rieur et des autres fonctionÂŹ naires de la maison, avec les honoraires de chacun dâeux, ainsi que le nombre de leurs annĂ©es de service. » Cet Ă©tat PENDANT LA REVOLUTION 423 * intĂ©ressant nâest pas parvenu jusquâĂ nous, si tant est quâil ait Ă©tĂ© fourni. M. Logerot refusa le serment et nâattendit pas la loi de dĂ©portation pour se mettre en sĂ»retĂ© ; il rĂ©solut de se rendre en Allemagne et partit dans des conditions particuliĂšres. Mme Poitevin de la Rochette qui habitait Luçon et que la ré volution effrayait pour ses deux jeunes fils, se dĂ©cida Ă les lui confier pour les mettre en sĂ»retĂ©, sous la garde d'un domesÂŹ tique de confiance, Jean Breton. Les quatre voyageurs parÂŹ tirent de compagnie le 0 janvier 1792, et ne sâarrĂȘtĂšrent quâĂ Menden, non loin de Cologne. Deux lettres de M. Logerot nous font connaĂźtre les mĂ©comptes de cette Ă©migration. La premiĂšre est adressĂ©e en 1797 au maire de Luçon. Citoyen, La lettre que vous lisez vient dâun rĂ©fractaire qui a assez bonne opinion de votre humanitĂ© pour espĂ©rer que vous lui rendrez le service quâil rĂ©clame. Il y avait Ă Luçon, quelque temps avant la guerre de la VendĂ©e, une personne qui jouissait dâune rĂ©putation mĂ©ritĂ©e ; on lâappelait Madame de la Rochette. Elle avait deux fils enÂŹ core enfants, pour la vie desquels elle avait eu de justes inÂŹ quiĂ©tudes ; jâĂ©tais directeur au SĂ©minaire depuis trois ans; comme je me trouvais sans place par le refus du serment nommĂ© civique, elle me proposa dâĂȘtre leur instituteur, et enÂŹ suite de les accompagner hors de France; jâacceptai .et je partis avec eux , le 6 janvier 1792, suivant le calendrier dâaÂŹ lors. Jâai Ă©tĂ© fidĂšle aux engagements que jâavais pris avec elle, par pure envie de rĂ©pondre Ă la confiance quâelle me tĂ©moiÂŹ gnait. Je leur aiservi de prĂ©cepteur, de guide, jedirais presque de pĂšre aussi longtemps quâil mâa Ă©tĂ© possible, sans le plus lĂ©ger dĂ©dommagement; enfin, jâai appris dâune maniĂšre trop certaine quâils nâavaient plus de mĂšre, et que, de tous leurs proches de la VendĂ©e, il ne leur restait que la plus jeune de leurs sĆurs. 424 LE CLERGĂ DE LA VENDEE Comme jâignore oĂč elle habite et que je nâai aucun moyen de lui donner de nos nouvelles, je vous conjure, citoyen, de lui faire part du contenu de celte lettre. Les frais du port seÂŹ ront peut-ĂȘtre considĂ©rables, mais il est Ă©vident que ce sera Ă elle Ă vous les rembourser. En attendant l'issue de ma tentative, je vous souhaite, citoyen, la paix, la tranquillitĂ©, la santĂ© et tous les autres biens qui peuvent vous rendre heureux. Logerot, prĂȘtre. » Le maire de Luçon rĂ©pondit sans doute Ă cette lettre puisque, le 30 janvier 1798, M. Logerot Ă©crivit Ă Mlle de la Rochette, mariĂ©e Ă M. de Chantreau Menden, le 30 janvier 179Q, Citoyenne, Le prĂ©fet adressa Ă M. Micheau l'autorisation de rĂ©sidence le li ventĂŽse, et, quelques mois aprĂšs, dans son rapport au ministre de lâintĂ©rieur, le nota ainsi A fait la promesse, instruit, bonnes mĆurs ; son zĂšle religieux est peut-ĂȘtre trop actif. » M. Micheau fit, publiquement adhĂ©sion au Concordat le 27 avril 1803, et fut nommĂ© desservant de Bournezeau, oĂč il mourut. M. lâabbĂ© HILAIRET, rĂ©gent de seconde, dut mourir vraiÂŹ semblablement avant le dĂ©part pour lâexil ; aucun document- ne rappelle son nom. Les renseignements sont plus nombreux sur le rĂ©gent de troisiĂšme, M. Pierre PITAUD, nĂ© Ă Soullans le 6 mars 1767, de RenĂ© Pitaud, menuisier et de Jeanne Petit. Le pĂšre nâĂ©tait pas un ouvrier ordinaire; sans fortune, il ne put que vĂ©gĂ©ter dans son bourg natal. MĂ©canicien, sculpteur, peintre, musiÂŹ cien, poĂšte, il inventa un moulin Ă battre le blĂ©, fabriqua un orgue Ă trois jeux, des clavecins, des serinettes, peignit des portraits etdes paysages, et traduisit en vers les sept psaumes de la pĂ©nilence. Le fils fit dâexcellentes Ă©tudes au sĂ©minaire de Luçon, et y obtint le prix de mĂ©rite » dĂ©cernĂ© au meilÂŹ leur Ă©lĂšve. Il nâĂ©tait que diacre lorsquâil fut appelĂ© Ă la chaire de troisiĂšme au sĂ©minaire. Le 28 janvier 1791, il Ă©crivit au greffier de la municipalitĂ© de Luçon quâil se proposait, le diÂŹ manche 30, pour obĂ©ir aux dĂ©crets du 20 dĂ©cembre dernier, de prĂȘter le serment civique avec les limites que lui presÂŹ crivaient sa conscience et la sainte Eglise catholique, apostoÂŹ lique et romaine. » Arch . muicip. Luçon Le dimanche, il refusa de prĂȘter le serment pur et simple exigĂ© par lâAssemÂŹ blĂ©e nationale, et, lors de l'Ă©lection de lâĂ©vĂȘque constitutionÂŹ nel, quitta le sĂ©minaire pour devenir prĂ©cepteur du jeune Martial de Chabot, ĂągĂ© de huit ans II alla habiter au chĂąteau de Mme de Chabot, Ă Saint-Philbert-du-Pont-Gharault. Peu de mois aprĂšs, on fit courir contre les nobles les plus sinistres menaces, et Mmf> de Chabot rĂ©solut dâĂ©loigner son fils et le 430 LE CLERGĂ DE LA VENDĂE prĂ©cepteur en aoĂ»t 1791. LâabbĂ© pensait que cette absence serait de courte durĂ©e, et il refusait dâaccepter les 2000 1. que Mm* de Chabot mettait Ă sa disposition. Les deux yoyageurs se dirigĂšrent vers le nord, sĂ©journĂšrent Ă Lille et gagnĂšrent la Belgique, oĂč M. Pitaud fut ordonnĂ© prĂȘtre Ă Tournay, par Mer lâĂ©vĂȘque de Gand. De lĂ ils allĂšrent en Allemagne et se fixĂšrent en Westphalie. M. Pitaud eut le chagrin de perdre son Ă©lĂšve en 1796; ils nâavaient plus de ressources et lâabbĂ©, qui avaient appris l'allemand et qui le parlait couramment, courait les environs, donnant pour le plus modique salaire des leçons de lecture, dâĂ©criture, de français, de latin. Il rĂ©usÂŹ sit enfin Ă se placer chez un major prussien avec la charge de lâinstruction de deux enfants. Lorsque les exilĂ©s purent sonÂŹ ger Ă revenir en France, M. Pitaud sâadressa au prĂ©fet de la VendĂ©e A Soest, pays de Prusse, par Wesel, le 5 septembre 1800. Citoyen, DĂ©sirant retourner dans ma patrie pour lui offrir les serÂŹ vices dont mes petits talenls me rendent capable soit comme instituteur dans quelque maison, soit en qualitĂ© de maĂźtre de langue pour lâallemand, je prends la libertĂ© de mâadresser Ă vous pour vous prier de me faire passer un passe-port. Rn 91 jâĂ©tais diacre et rĂ©gent de troisiĂšme au collĂšge de Luçon ; je ne suis ni Ă©migrĂ© ni dĂ©portĂ©, je suis sorti de France en qualitĂ© de gouverneur dâun enfant. Les certificats des diffé rentes villes ou bailliages oĂč jâai demeurĂ© depuis le commenÂŹ cement de la guerre, attestent que je nâai pas portĂ© les armes contre ma patrie. Jâai lâhonneur dâĂȘtre avec une trĂšs grande considĂ©ration Votre trĂšs humble et trĂšs obĂ©issant serviteur, Pitaud, ministre de langue, originaire de Soidlans, district de Challans, ĂągĂ© de 33 ans , taille 5 pieds , cheveux noirs. » pendant la rĂ©volution 431 Sur la rĂ©ponse favorable du prĂ©fet, lâabbĂ© revint en VendĂ©e et se rendit Ă Saint-Jean-de's-Monts. LĂ , en 1802, il obtint la restitution de quelques biens qui nâavaient Ă©tĂ© ni saisis, ni vendus, et fut nommĂ© vicaire Ă Beauvoir. Il y resta jusquâau 15 juillet 1806, et alla remplacer Ă la cure de Saint-Gervais le P. Martin, ancien prieur des Trinitaires de Beauvoir qui avait Ă©tĂ© nommĂ© Ă ce poste au retour de la dĂ©portation. Six ans lui avaient suffi pour faire de ses paroissiens ses amis, lorsque Mgr Paillou lui offrit la cure de Beauvoir. M. Pi- taud supplia son Ă©vĂȘque de ne pas lâenlever Ă sa paroisse, et Monseigneur se rendit aux vĆux unanimes du pasteur et du troupeau. La cure de Beauvoir Ă©tant redevenue vacante en 1818, lâautoritĂ© diocĂ©saine porta de nouveau son choix sur M. Pitaud, qui renouvela sa respectueuse rĂ©sistance. Mais il ne put tenir contre la lettre quâaprĂšs de longues recherches lui adressa Mg1, Paillou r Vous ĂȘtes le vingt-deuxiĂšme Ă qui jâoffre la cure de Beauvoir, jâavais bien pensĂ© Ă vous tout le premier, mais comme dans une autre circonstance vous mâaviez tĂ©moignĂ© le dĂ©sir de rester Ă votre cher Saint- Gervais, jâavais voulu chercher ailleurs pour Ă©pargner Ă vous et Ă votre paroisse une sĂ©paration si pĂ©nible pour lâun et pour lâautre. Dans mon embarras, je reviens Ă vous, je me jette Ă vos genoux, mon cher curĂ©, ne me refusez pas ; ces refus me chagrinent et jettent de lâamertume sur mes vieux ans. Acceptez, je vous en prie, vous me rendrez un vrai service. » La rĂ©ponse nâĂ©tait pas douteuse ; M. Pitaud fut dĂ©solĂ©, mais il se rĂ©signa Monseigneur, votre lettre mâa profonÂŹ dĂ©ment touchĂ©. Gomment pourrais-je contrister aussi moi le cĆur de mon Ă©vĂȘque ? Non, Monseigneur, et malgrĂ© le proÂŹ fond attachement que jâai pour ma chĂšre paroisse, qui me le rend bien, je dois lâavouer, jâaccepte Beauvoir et je suis prĂȘt Ă mây rendro aussitĂŽt que Voire Grandeur mâaura adressĂ© mes pouvoirs. BĂ©nissez-moi. » Lâinstallation du nouveau curĂ© de Beauvoir eut heu le 432 LE CLERGĂ DE LA. VENDĂE PENDANT LA RĂVOLUTION 17 juillet 1818. Lorsque les difficultĂ©s qui avaient retardĂ© lâapÂŹ plication du Concordat de 1817 furent aplanies, M. Soyer fut nommĂ© Ă lâĂ©vĂȘchĂ© de Luçon rĂ©tabli en octobre 1821. Il appela prĂšs de lui comme chanoine titulaire M. Darnaud curĂ© de ' D. de Fontenay et nomma M Pitaud Ă la cure de Fontenay. Celui-ci pria Mgr de vouloir bien jeter les yeux sur un plus digne pour occuper ce poste, un des premiers du diocĂšse mais lâĂ©vĂȘque insista, et M. Pitaud prit possession de sa nouvelle paroisse le 28 dĂ©cembre 1825. LĂ comme ailleurs il sâattacha rapidement tous les cĆurs par la distinction de ses maniĂšres, lâaffabilitĂ© de sa piĂ©tĂ© et de son zĂšle, et ramena Ă lâĂglise un grand nombre dâanti-concorÂŹ dataires, membre de la petite Eglise. x\ la fin du carĂȘme de 1829, dĂ©jĂ fatiguĂ© et malade, il voulut quand mĂȘme faire en chaire la priĂšre du soir. A peine avait-il commencĂ© le pieux exercice quâil se trouva plus mal et dut regagner la cure oĂč lâattendait prĂ©cisĂ©ment le docteur R.... de Coulonges, venu pour se confesser. Le docteur eut juste le temps de lui prendre la main ; le curĂ© de tomba dans ses bras sans conÂŹ naissance et expira deux heures aprĂšs ; câĂ©tait le 5 avril 1829, il avait G2 ans. Le rĂ©gent de quatriĂšme au sĂ©minaire de Luçon Ă©tait M. Birotheau, acolyte, parent probable du curĂ© de la Roche- sur-Yon. M. Emmanuel Huet, professeur de cinquiĂšme, sixiĂšme et septiĂšme, nâĂ©tait pas dans les ordres, pas plus que M. Gul- nement, rĂ©gent des petites Ă©coles. A suivre. Edgar Bourloton. ClichĂ© Ăźle M. li Ironncl . Lâancienne porte des vieilles prisons Ă la Rarhe- fur- Yon. LES CENT JOURS DANS LâOUEST LA ROCHELLE & LA ROCHE-SUR-YON » Souvenirs recueillis et mis en ordre PAR Mm* RenĂ©e MONBRUN - »-s*= Pasquier Bignet, chanoine de Luçon, et Mathieu de Cha- bannes, prĂȘtre, passaient, devant Ătienne Viau, notaire Ă Tours, un marchĂ© pour faire son tombeau, avec Jean Rembert, joaillier en cette ville. Non moins que lâorigine de l'Ă©vĂȘque de Luçon, la renommĂ©e quâavaient au dĂ©but du XVIe siĂšcle les artistes tourangeaux explique le choix fait par les exĂ©cuÂŹ teurs testamentaires en sâadressant Ă lâun dâeux. DâaprĂšs le contrat, quâon trouvera plus bas publiĂ© in- extenso *, le monument devait ĂȘtre en cuivre, tout dâune piĂšce, de 10 pieds de long sur 5 de large. Le dĂ©funt y serait repré sentĂ© Ă lâantique, câest-Ă -dire, en style renaissance, revĂȘtu de ses habits pontificaux et accompagnĂ© de ses armoiries. La commande comprenait en outre un aigle manificquement Ă lâenticque », destinĂ© Ă servir de pupitre dans lacathĂ©drale de Luçon. Le tout Ă©tait livrable en cette Ă©glise le jour de NoĂ«l suivant. Lâimportance de ces ouvrages ressort de leur poids total fixĂ© Ă quatre milliers environ. Chaque cent de cuivre ouvrĂ© devait ĂȘtre payĂ© 30 livres tournois, ce qui fait pour les deux travaux environ 1200 livres, somme fort Ă©levĂ©e pour lâĂ©poque. Câest exactement le prix que fut payĂ©, la mĂȘme annĂ©e, Ă Guillaume RĂ©gnault, lâĂ©lĂšve et le digne successeur de Michel Colombe, et Ă son collaborateur Guillaume Chaleveau, le magnifique tombeau des Poncher, qui, quoique trĂšs mutilĂ©, est cependant un des chefs-dâĆuvre du MusĂ©e du Louvre3. 1 Gallia christiana, t. n, col. 1411-12 ; du Tressay, Histoire des moines et des Ă©vĂȘques de Luçon ; Ballereau, op. cit. * PiĂšce justificative I. 1 Louis de Grandmaison, Les auteurs du tombeau des Poncher , dans RĂ©union des SociĂ©tĂ©s des Beaux-Arts des dĂ©partements , 21* session, 1897, p. 89. Remarquons cependant que, pour le tombeau des Poncher, le transÂŹ port Ă Paris devait ĂȘtre payĂ© en plus 100 livres, au lieu quâici le transport Ă Luçon est compris dans la somme de 1200 1. ET CLAUDE CONTENT 453 En rencontrant ce document, jâespĂ©rais que les deux moÂŹ numents en question subsistaient encore, ou tout au moins qu'il en survivait quelque dessin. Il nâen est rien malheuÂŹ reusement. M. LĂ©on Ballereau, membre de la SociĂ©tĂ© franÂŹ çaise dâarchĂ©ologie et architecte Ă Luçon, a eu lâobligeance de mâinformer quâil nâexistait aucune trace de ces Ćuvres, dĂ©truites par les protestants dĂšs est donc impossible de se rendre compte de leur valeur artistique, probablement trĂšs importante, si lâon en juge par la date et le lieu oĂč elles furent exĂ©cutĂ©es, ainsi que par le prix quâelles furent payĂ©es. Sera-t-on plus heureux en ce qui concerne lâartiste chargĂ© de ces travaux? Il ne semble pas que le nom de Jean RemÂŹ bert, le joaillier qui sâengage Ă livrer le tombeau et lâaigle en question; ait Ă©tĂ© signalĂ© jusquâĂ prĂ©sent. Il paraĂźt dans un autre contrat du 5 septembre 1527, mais lĂ il ne sâagit plus dâune Ćuvre dâart, on est en prĂ©sence dâun simple acte de commerce Jean Rembert associe un bourgeois de Tours dans la propriĂ©tĂ© de la tierce partie qui lui appartient dâun rubis balais de 82 carats, achetĂ© Ă Paris, en commun avec deux autres personnes, pour la somme de 527 Ă©cus dâor1. Mais est-ce bien Rembert qui devait se charger du travail quâil sâengage Ă livrer et Ă PIĂCES JUSTIFICATIVES I MARCHĂ POUR LE TOMBEAU DE LANCELOT DU FAU 1523. Le lundi septiesme jour de septembre lâan mil cinq cens vingt et trois, personnellement establis et deuement soubzmis en la court du Roy, nostre sire, Ă Tours, vĂ©nĂ©rables et discrectes personnes Maistres Pasquier Bignet, chanoine prĂ©bendĂ© en lâĂ©glise de Lusson, et Mathieu de Chabanes, prestres, exĂ©cuteurs du testament de feu bon mĂ©moire RĂ©vĂ©rend PĂšre en Dieu Messire Lancelot du Fau, na- guĂšres dĂ©cĂ©dĂ© Ă©vesque dudict lieu de Lusson, dâune part, Et Jehan Rembert, marchant jouellier, demourant audict Tours, en la paroisse Sainct-Estienne, dâautre part. Lequel Jehan Rembert promist et promect de bonne foy faire faire et construire une tumbe de cuyvre, toute dâune piĂšce, de dix piedz de long et cinq piedz de large, quy est la grandeur d'une de pierre quy est mise et assise en Ćuvre, en la nef de lâĂ©glise dudict Tours, devant le Cruxiflz, et prĂšs le grant coffre out sont receuz les parÂŹ dons en ladicte Ă©glise de Tours1, tailler dessus Ă l'enticque lâymaige dudict delfunct en pontificat, emprainte dessus, avec ses armes et escripture telle que lui sera devisĂ©, selon le pourtraict [qui] sera devisĂ© entre eux, En oultre ung aigle maniĂŒcquement Ă lâenticque, de la fourme de lâun de deux ou trois patrons que ledict Rembert leur envoiera dedans ung moys prouchain venant et de celluy qui myeulx leur semblera, pour servir de poupitre ou cueur de ladicte grant Ă©glise de Lusson ; âą 11 parait impossible de dĂ©terminer de quel tombeau il sâagit. Sur les tombeaux de la cathĂ©drale de Tours, cf. L. Palustre, Notes sur la cathé drale de Tours , dans le Bulletin de la SociĂ©tĂ© archĂ©ologique de Touraine , U xi 1 897 , p. 303. ET CLAUDE CONTENT 457 Le tout poisant quatre milliers ou environ, au poix dudict Tours; et ledict poix faict rendra, fournyra et livrera ausdis exĂ©cuteurs en ladicte Ă©glise de Lusson, le plus prĂšs de lâentrĂ©e de ladicte Ă©glis eque le charroy pourra ariver et aproucher, pour le pris et somme de trente livres tournois pour chacun C3nt de cuyvre ouvrĂ© en la maÂŹ niĂšre dessusdicte, et conduira ledict Rembert, ou fera conduire, mectre et asseoir ladicte tumbe en ladicte Ă©glise, sur la sĂ©pulture dudict deffunct RĂ©vĂ©rend PĂšre en Dieu Messire Lancelot du Fau, naguĂšres dĂ©cĂ©dĂ© Ă©vesque dudict lieu, comme dit est, et ledict aigle ou cueur de ladicte Ă©glise ; et fourniront lesdis exĂ©cuteurs de mac- zons, pierre, chaux et sable quâil y conviendra Ă leurs propres coustz et despens, et feront les despens audict Rembert, son home et leurs chevaulx, durant le temps quâilz vacqueront Ă faire faire ladicte assiete ; et le tout faire et acomplir dedans Nouel prouchain venant ; Sur quoy, en fut baillĂ©, paiĂ© et avancĂ© content, en court pardevant ledict notaire, par lesdis exĂ©cuteurs audict Rembert, la somme de cinq cens livres tournois en or et monnoie de prĂ©sent ayant cours, dont etc., quittant etc. -, et le reste lesdis vĂ©nĂ©rables Maistres Pas- quier Bignet et Mathieu de Ghabanes, exĂ©cuteurs susdis, paieront ou feront paier audict Rembert, en faisant ladicte assiete, et icelle parÂŹ faite audict lieu de Lusson ; et par deffaut de ce faire et acomplir par chacune desdictes parties, tous coustz etc., amendes etc. Et ad ce estoit prĂ©sent honorable home Sire Claude Content, marÂŹ chant orfeuvre, bourgeois dudict Tours, lequel Ă la priĂšre et re- queste dudict Jehan Rembert seâ constitua son pleige et caucion de faire et acomplir le contenu cy-dessus, et asemblablement Pierre Bruneau, apoticaire demourant audict Tours, se constitua pleige et caucion desdis exĂ©cuteurs de parfaire le reste dudict paiement, ainsi et en la maniĂšre dessusdicte. Et quant Ă tout, etc., obligeant etc., renonçant etc., prĂ©sens vé nĂ©rable personne Messire Pierre BĂ©atrix, prestre, vicaire en lâĂ©glise parroichiale Sainct-Pierre-du-Boille dudict Tours, et Jehan Rousseau, orfeuvre, demourant audict Tours1, tesmoings. {SignĂ© E. Viau. {Archives dâ Indre-et-Loire, 2* registre dâĂtienne Viau pour 1523, fol. 121-122. i Sur les orfĂšvres du nom de Rousseau, cf. Giraudet, op. cit ., p. 350-35'. 458 LA TOMBE DE LANCELOT DU FAU II ACQUISITIONS FAITES PAR CLAUDE CONTENT, orfĂšvre A Tours, en 1527 et 1528. I. 23 mars 1527, n. st. â Achat de Guillaume Giroust, bourgeois, garde de la monnaie de Tours, de vignes dans la paroisse de Chis- seau', au fief des Arpentis, pour la somme de 105 livres tournois. Ă Archives dâIndre-et-Loire , registre de Viau pour 1526, fol. 340-341. II. 4 janvier 1528, n. st. â Achat pour 16 livres tournois dâun quarÂŹ tier de prĂ©, en la paroisse de Saint-Martin-le-Beau1 2, prairie du Gros- Ormeau, fief du Coudray, joignant dâautres biens que possĂ©dait lâacÂŹ quĂ©reur Ibidem , registre 1 du mĂȘme notaire pour 1527, fol. 237. III. 30janv. 1528, n. st. â Achat, avec clause de rĂ©mĂ©rĂ©, de la veuve et du fils de Robert Gervaise, marchand-bourgeois de Tours, de deux corps de maison, avec leurs dĂ©pendances, situĂ©s Ă Tours, en la paroisse, prĂšs et vis-Ă -vis lâĂ©glise Saint-Pierre-du-Boile3 * *, au fief do l'archevĂȘchĂ© de Tours, joignant par le derriĂšre au pavĂ© de la rue du Chapeau-Blane'% et par le devant Ă celui de la Grand-Rue8, les- dits bĂątiments chargĂ©s de 20 sous tournois de rente annuelle envers lâarchevĂȘchĂ© de Tours et Ă©galement de 20 sous t. envers le chapelain de la chapelle en lâĂ©glise Je Tours La vente a lieu moyennant 1300 livres tournois, dont 1000 liv. payĂ©es comptant6 *. 1 Canton de BlĂ©rĂ©, arr. de Tours Indre-et-Loire. â Canton dâAmboise, arr. de Tours. 3 LâĂ©glise Saint-Pierre-du-Boile est aujourdâhui en grande partie dĂ©truite, elle se trouvait Ă , lâangle ouest de la rue Colbert, autrefois la tirand-ltue, et de la rue Saint-Pierre, depuis peu rue Jules-Moinaux. * Cette rue nâest citĂ©e ni dans Logeais, les Rues de Tours 1870, ni dans lâouvrage sous le mĂȘme titre de M. lâabbĂ© L. BossebĆuf 1888 ; des textes citĂ©s ici, il semble rĂ©sulter quâil sâagit de la rue actuelle du Petit-Saint-Jean. * Aujourdâhui la rue Colbert. » 6 Le paiement des mille livres donnĂ©es comptant laisse soupçonner quelque procĂ©dĂ© usuraire ; il comprend notamment 3? marcs, 2 onces et demi dâarÂŹ gent blanc en b tasses Ă double souage vert, 2 grands pots Ă double souage vert, 2 petits pots Ă un souage vert, une aiguiĂšre gauderonnĂ©e vert, une aiguiĂšre vieille, le tout Ă©valuĂ© au prix de 14 livres tournois le marc, ce qui fait la somme de 452 livres, 7 sous, G deniers tournois. ET CLAUDE CONTENT 459 {Ibidem, registre 1 du mĂŽme notaire pour 1527, fol. 263 et suiv. â Le mĂȘme jour, Content donne cette maison Ă bail aux vendeurs pour 20 annĂ©es moyennant 40 livres tournois par an. Ibidem , registre 2 pour 1527, fol. 351 v°. IY. 24 fĂ©vrier 1528, n. st. â Achat pour 11 livres tournois de vignes et terres, en la paroisse de Saint-Martin-le-Beau, au clos du Boulay, au fief du Coudray, dont partie touche aux vignes appelĂ©es les Plantes, appartenant dĂ©jĂ Ă Cl. Content. Ibidem, registre 1 de Viau pour 1527, fol. 306-307. I. LA LĂGENDE DE SAINT LIENNE Hagiographie VendĂ©enne Or, en 994, la seigneurie de la Roche-sur-Yon ne posÂŹ sĂ©dait guĂšre que son chĂąteau, fiĂšrement campĂ© sur la colline; les premiers arbres delĂ forĂȘt lâisolaient du reste du pays. Quelques toits de chaume se groupaient Ă lâintĂ©rieur des hautes murailles, abritant les habitants malÂŹ heureux, dont la vie tout entiĂšre se consumait en plaintes sur les calamitĂ©s passĂ©es et en craintes pour celles Ă venir. Câest alors quâIngĂ©lĂ©nus obtint les reliques de saint Lienne, en grande vĂ©nĂ©ration dans la ville de Poitiers. PrĂšs de la chapelle qui fut construite en lâhonneur du saint, sâĂ©leva un monastĂšre et la chĂ©tive bourgade devint florissante; les glorieuses couleurs de France brillaient sur sa banniĂšre, elles flottaient superbes au sommet de ses murailles, semblant attendre lâennemi et lui dire Tu nâiras pas plus loin. » Ecoutez maintenant , habitants de la citĂ© lyonnaise , la lĂ©gende du grand saint Lienne. Saint Lienne naquit au IVe siĂšcle nous ne connaissons pas le lieu de sa naissance; tel un ruisseau bienfaisant dont on ignore la source. 11 fut un des disciples de saint Hilaire, le 1 Au moment oĂč lâon vient, dans le but dây restaurer son culte, de placer dans lâune des chapelles de lâĂ©glise de la Roche-sur-Yon la statue de son ancien patron saint Lienne, nous avons pensĂ© faire Ćuvre dâactualitĂ© en empruntant ce joli chapitre au tout rĂ©cent ouvrage de notre distinguĂ© collaborateur, M. lâabbĂ© Rousseau, dont nous signalons dâautre part le trĂšs vif intĂ©rĂȘt. N. D. L. D. ClichĂ© le M. l'abbĂ© L. Rousseau. La Statue de Saint Lienne de M. Eulcoms en l'Ă©glise de la Roche-sur- \ on * LA LEGENDE DE SAINT LIENNE 461 grand Ă©vĂȘque de Poitiers, et fit sous sa conduite de tels progrĂšs dans la vertu que le maĂźtre, pour rĂ©compenser la puretĂ© des mĆurs de son Ă©lĂšve et les connaissances quâil avait acquises dans les sciences sacrĂ©es lui confĂ©ra la dignitĂ© sacerdotale. Les belles qualitĂ©s quâil montra, dans lâaccomÂŹ plissement des fonctions ecclĂ©siastiques, lui mĂ©ritĂšrent lâaffection toute particuliĂšre de son saint protecteur qui lui ouvrait familiĂšrement son Ăąme et lui confiait ses plus intimes pensĂ©es. CâĂ©tait le temps oĂč lâempereur Constance persĂ©cutait les catholiques par la terreur, la confiscation des biens, lâexil et des cruautĂ©s de tout genre, sâils refusaient dâembrasser lâariaÂŹ nisme. Hilaire se dressa contre lâerreur, comme un rempart inĂ©branlable, et attira sur lui toute la fureur de lâhĂ©rĂ©sie. On lui tendit mille embĂ»ches, et il fut exilĂ© en Phrygie. Lienne accompagna le confesseur hĂ©roĂŻque, partageant toutes les persĂ©cutions quâil eut Ă endurer pour la dĂ©fense de la foi. Il le suivit Ă SĂ©leucie, ville dâIsaurie, oĂč saint Hilaire fut convoÂŹ quĂ© Ă un concile, puis Ă Constantinople, oĂč le vaillant Ă©vĂȘque demanda audience Ă lâempereur, par trois requĂȘtes publiques, pour y dĂ©fendre la vĂ©ritĂ© contre ses adversaires. Ceux-ci, craignant dâĂȘtre vaincus, sollicitĂšrent l'empereur de renvoyer en Gaule lâennemi de leurs doctrines ; et Hilaire, victorieux, revint dans sa ville Ă©piscopale, avec son disciple Lienne, qui recueillit au passage sa part des transports avec lesquels saint JĂ©rĂŽme embrassa le confesseur du Christ. AprĂšs le retour de son maĂźtre dans les Gaules, Lienne lâaida beaucoup Ă combattre et Ă dĂ©jouer la perfidie des Ariens. Lienne reprit alors sa place dans le clergĂ© de la ville Ă©piscoÂŹ pale, oĂč il Ă©tait honorĂ© de la dignitĂ© dâarchiprĂȘtre, toujours prĂȘt Ă rendre au saint Ă©vĂȘque les services quâil attendait de son affection. Le souvenir de saint Lienne Ă©tant mĂȘlĂ© intimement aux derniers instants de saint Hilaire, nous allons en traduire le rĂ©cit dâaprĂšs le prĂ©cieux manuscrit du XI siĂšcle, n* 106, de la LA LĂGENDE DE SAINT LIENNE 462 BibliothĂšque nationale, auquel il faut ajouter les manuscrits et tous des XII* et XIIIe siĂšcles, reproduiÂŹ sant des auteurs de cette Ă©poque, et enfin Vincentde Beauvais Hist. lib. XIV, c. LXI. A peine rentrĂ© dans la ville de Poitiers, lâadmirable pontife se retira, pour se prĂ©parer Ă la mort, dans la maison oĂč sa femme et sa fille avaient rendu le dernier soupir. Cette demeure lui Ă©tait chĂšre. Il y transforma en oratoire le lieu mĂȘme oĂč sa fille expira entre ses bras. Au milieu de disÂŹ ciples choisis, il aimait Ă y passer de tranquilles heures, deviÂŹ sant des choses divines ; et câest lĂ quâil voulut mourir. Sentant sa fin prochaine, il manda prĂšs de lui Lienne, archiprĂȘtre de Poitiers, le confident de toutes ses pensĂ©es. Le soleil avait disparu, depuis longtemps, derriĂšre les colÂŹ lines, et la nuit Ă©lendait sur la ville le manteau argentĂ© des Ă©toiles. Hilaire pria son fidĂšle ami de sortir et de prĂȘter lâoreille, pour savoir si lâon entendait du bruit dans la citĂ©. Lienne obĂ©it et revint, disant quâon distinguait le murmure d'une foule immense. Alors, le bienheureux pontife commença avec lui un entretien suprĂȘme sur les joies de lâĂ©ternelle patrie; il semblait y puiser de douces consolations et des forces nouÂŹ velles, comme avant le combat, le guerrier anime son courage en regardant la couronne promise Ă la victoire. Une seconde fois, il ordonne Ă Lienne d'Ă©couter si le calme rĂšgne enfin dans la ville. Le disciple docile ouvre la porte, et annonce que tout bruit a cessĂ©. CâĂ©tait l'heure marquĂ©e sans doute par une vision cĂ©leste ; car, peu d'instants aprĂšs, une lumiĂšre Ă©blouisÂŹ sante pĂ©nĂštre dans la petite chapelle, et enveloppe, de sa splendeur, lâautel devant lequel gisait le mourant, Ă©tendu sur la cendre. Un parfum dâune suavitĂ© incomparable remplit ce lieu, mettant au cĆur de saint Lienne, de saint Just et des autres clercs, accourus prĂšs du lit de leur pĂšre, une joie toute cĂ©leste. Puis, la lumiĂšre miraculeuse s'Ă©teint, et Hilaire apparaĂźt mort, sur le pavĂ© du temple. C'Ă©tait la nuit du 12 au 13 janvier de lâan 368. ClichĂ© de M. l'abbĂ© Rousseau. Portail de lâancienne chapelle de Saint Lienne r? la lioche-snr-Von. 4 * i , la lĂ©gende de saint lienne 46f DĂšs lâaurore, la nouvelle se rĂ©pandit dans la citĂ© en pleurs Pendant trois jours, le peuple vint contempler, sur le lit funĂš bre, la figure rayonnante de son Ă©vĂȘque. Lienne ne quitta U mortelle dĂ©pouille du maĂźtre, quâau moment oĂč elle fut cachĂ© sous le sanctuaire de lâĂ©glise Saint-Jeanâ et Saint-Paul, dans h crypte creusĂ©e par les soins dâHilaire, entre les tombeaux dâAbra, sa fille aimĂ©e, et de son Ă©pouse, dont la tradition ne nous a pas conservĂ© le nom. Saint Lienne, privĂ© de son pĂšre et de son maĂźtre, embrassa alors la profession monastique, et devint le premier abbĂ© do Saint-Hilaire-le-Grand. Nous ne savons pas combien dâannĂ©es il gouverna sa communautĂ© ; mais, dâaprĂšs un brĂ©viaire maÂŹ nuscrit de Saint-Hilaire-de-la-Gelle; nous sommes certain quâil ne se borna pas Ă former Ă la vertu les religieux soumis Ă sa paternelle autoritĂ©. A lâexemple de saint Hilaire et de saint Martin, il Ă©vangĂ©lisa les peuples dĂ©laissĂ©s de la campagne. Enfin, cĂ©dant Ă . lâattrait qui, depuis longtemps, lui faisait dĂ©sirer une solitude plus profonde, il se retira dans le petit couvent de Saint-Hilaire-de-la-Celle, quâil avait probablement fondĂ©. Il voulait rendre le dernier soupir dans ce lieu bĂ©ni, oĂč le sublime docteur, quâil regardait comme un pĂšre, Abra, la fille du saint Pontife, fleur virginale dont le parfum embauÂŹ mait encor lâhumble sanctuaire, dans les murs duquel elle sâĂ©tait Ă©panouie dans la mort pour le jardin du ciel, cĂč l'Ă©pouse vĂ©nĂ©rĂ©e de saint Hilaire, avaient pris leur vol vers la demeure Ă©ternelle. Saint Lienne fit plus encor par ses admirables vertus que par sa parole. Depuis lâenfance, sa vie nâavait Ă©tĂ© quâun chant dâamour envers Dieu. Ainsi lâoiseau, qui doucement abritĂ© sous lâaile de la Providence, dit aux bois et aux vallons la chanson matiÂŹ nale et lâhymne du soir. Sa gracieuse innocence captiva le cĆur dâHilaire ; son humilitĂ©, son abnĂ©gation, son dĂ©voueÂŹ ment Ă toute Ă©preuve, lui attirĂšrent lâestime et lâaffection de tous. Il avait quittĂ©, pour le service de Dieu un avenir brillant TOME XI. â OCTOBRE, NOVEMBRE, DĂCEMBRE. 31 LA LĂGENDE DE SAINT LIENNE 400 dans le monde ; câest pourquoi sa retraite dans le cloĂźtre produisit une sensation profonde. Il se fĂźt alors autour de la cellule du bienheureux un concours pieux de fidĂšles, qui venaient lui demander le secours de ses priĂšres et de sa puisÂŹ sance miraculeuse; car d'Ă©clatants prodiges avaient portĂ© au loin la renommĂ©e de ses vertus. Un ange ayant annoncĂ© Ă saint Hilaire sa fin prochaine, un messager cĂ©leste apprit aussi Ă saint Lienne, de la part de Dieu, le terme de son pĂšlerinage ici-bas et lui rĂ©vĂ©la quâune fiĂšvre violente serait le signal de lâappel divin. Le docile apĂŽtre attendit le jour de lâĂ©preuve, il la supporta avec une ferveur si pleine amour, quâil fut, depuis ce temps, invoquĂ© par tous ceux qui souffrent de la fiĂšvre, que Dieu lui donna le pouvoir de guĂ©rir. Il sâendormit, un soir, souriant Ă son rĂȘve, quâil acheva dans lesjoiesde lâimmortalitĂ©, le preÂŹ mier jour de fĂ©vrier, vers l'an 380. Son corps fut inhumĂ© dans lâĂ©glise de Saint-Hilaire-de-ia-Gelle, non loin du lieu oĂč avait reposĂ©, avant et aprĂšs la mort, son pĂšre et maĂźtre vĂ©nĂ©rĂ©. 11 futaussi le premier, qui eĂ»t la dĂ©votion de choisir sa sĂ©pulÂŹ ture, prĂšs du lit de saint Hilaire selon lâexpression usitĂ©e dans ces siĂšcles de foi naĂŻve, oĂč lâon considĂ©rait la mort comme un sommeil. Cy-finict la lĂ©gende trĂšs vĂ©ritable du grand saint Lienne chrestiens, f aides VaumĂčne d'une priĂšre a, celui qui l'eserivit. La ville de Poitiers, qui conserve encore de chers et nomÂŹ breux vestiges du pontife qui fut sa gloire, a vu disparaĂźtre, au contraire, tous ceux de son fidĂšle disciple. Nous espĂ©rons faire revivre, Ă la Roche-sur-Yon, son culte jadis florissant ; puissent ces humbles lignes ressusciter aussi son souvenir vĂ©nĂ©rĂ©, dans la capitale du Poitou. La basilique de Saint- Hilaire possĂšde le bras du bienheureux docteur, et nous avons perdu les reliques de saint Lienne. Le monastĂšre qui gardait le tombeau du pieux archiprĂȘtrea disparu. Un couÂŹ vent de CarmĂ©lites sâĂ©lĂšve, croyons-nous, Ă Poitiers, sur le lieu quâil occupait ; mais lĂ du moins, les hymnes pieuses se ClichĂ© de M. Ivonnel. LA. LĂGENDE DE SAINT LIENNE 469 font toujours entendre. A la Roche, le vieux chĂąteau qui donnait asile, en son enceinte, au petit sanctuaire de saint Lienne a Ă©tĂ© renversĂ© ; les pierres de la chapelle dispersĂ©es ; Ă leur place des casernes sont construites, et un soldat, accomplissant aussi un devoir sacrĂ©, poursuit sa marche rĂ©guliĂšre et monotone, lĂ oĂč jadis le moine priait dans les grands cloĂźtres sombres. AbbĂ© L. Rousseau, AumĂŽnier du LycĂ©e de la Roche-sur-Yon. UN CALICE 1794 A. M . lâabbĂ© Ch. Courteaud. L'Ă©glise dâAdilly, dont vous paissez les Ăąmes, Laide et nue au dehors, est pareille Ă ces femmes Qui, des grĂąces du corps nâayant pas hĂ©ritĂ©, RachĂštent ce dĂ©faut par l'intime beautĂ©. Quand, aprĂšs un coup dâĆil Ă sa façade grise, Nous entrĂąmes, un cri vous marqua ma surprise Autels, vitraux, blasons des seigneurs du pays, âąlâallais portant sur tout des regards Ă©bahis, Et jâadmirais comment le temple le plus triste Peut sâembellir, sâil a pour pasteur un artiste Le plomb vil, grĂące Ă lui, se change vite en or. â A prĂ©sent, dites-vous, venez voir mon trĂ©sor. » Et, dans le choeur ouvrant une Ă©troite sortie, Vous conduisiez rres pas vers votre sacristie. Dâabord, sous les rayons que projette le soir, Devant moi vous placiez un brillant ostensoir, Celui qui montre Dieu dans les grands jours de fĂȘte. , â 11 est beau, nâest-ce pas ? Mais jâai mieux, ĂŽ poĂšte, Dont pour nos chers martyrs le luth a tant vibrĂ©. » De lâarmoire un objet, dâun blanc voile entourĂ©. Sort, et, respectueux comme au saint Sacrifice, Vous faites au soleil resplendir un calice. MĂ©disant â c Son aspect m'inspire du remords !... Ceux qui me lâont transmis dorment au champ des morts, i Remontons jusquâaux jours du gigantesque drame. Ma bisaĂŻeule1 Ă©tait dâune trĂšs noble dame2 Elodie-Pauline Muguet. \1â* de Chasleigner. UN CALICE 471 Simple femme de chambre, â un cĆur haut et chrĂ©tien. Veuve1, dans un faubourg elle avait pour tout bien Une humble maisonnette, et pour toute famille, â Par sa tante Ă©levĂ©e â une petite fille. * Au fort de la Terreur par qui tout tremble ou fuit, Elle offre Ă sa maĂźtresse un coin de se rĂ©duit. Souvent, lorsquâen Poitiers qui s'endort le bruit cesse, Quelque abbĂ© rĂ©fractaire y cĂ©lĂ©brait la messe. Murmurait-il bien bas Que Dieu soit avec vous ! » Pour lâentendre il avait deux femmes Ă genoux. Un gobelet dâargent tenait lieu de calice, Une table en sapin, dâautel du sacrifice. Or, une nuit, la troupe envahit la maison Nos chrĂ©tiennes, soudain conduites en prison, Refusaient de nommer aux juges les bons prĂȘtres. . . Et celle quâhonorait un long passĂ© dâancĂȘtres, Et sa digne compagne, un matin, sans effroi, Allaient subir le sort de la Reine et du Roi ; Mais Ă lâexĂ©cuteur la noble prisonniĂšre â Permettez que je marche au couteau la derniĂšre, Afin que mon amie arrange mes cheveux. » Et le bourreau daigna rĂ©pliquer Je le veux. » Vous aviez dit ; et moi DâoĂč vient votre remords? » â Devant ce vase saint jâhĂ©site Ă vous rĂ©pondre. . . âą Pour quâon le transformĂąt, jadis je lâai fait fondre! . . Quelle faute ! Toujours je mâen repentirai ! » â Ce vase ! il vous valut dâĂȘtre au ciel consacrĂ© ! Le sang de votre aĂŻeule ! il fut une semence U DRAPEAU BLANC THOUZEAU, fils dâun marchand de grains de la Garnache, sâattacha de bonne heure au gĂ©nĂ©ral de Charette, dont il devint un des aides de camp. AprĂšs la reprise dâarmes qui suivit la paix de la Jaunais, il fut nommĂ© chef de la division des marais de la VendĂ©e, en remplacement de Pajot, tuĂ© au combat livrĂ© prĂšs le chĂąteau du ChĂątenay, en Saint-Denis-La-Chevasse. Ce jeune homme, qui avait vaillamment fait toute la guerre vendĂ©enne, ne survĂ©cut pas longtemps Ă cet avancement trĂšs mĂ©ritĂ©. Le gĂ©nĂ©ral de CouĂ©tus, qui dĂ©sirait alorsa paix, avait instruit l'officier rĂ©publicain qui commandait Ă Ghallans des pourparlers qui avaient lieu, et lui avait en mĂȘme temps fait savoir quâil avait fixĂ© sa demeure au chĂąteau de la Roche- LâEpinay, en attendant la rĂ©ponse du gĂ©nĂ©ral Hoche. Or, par un de ces actes de dĂ©loyautĂ© trop communs aux dĂ©magogues qui terrorisaient prĂ©sentement le pays, on profita de cette communication reçue en apparence de bonne foi, pour arrĂȘter le gĂ©nĂ©ral de CouĂ©tus, le divisionnaire Thouzeau, plusieurs officiers subalternes et trente cavaliers royalistes. Traduits aussitĂŽt aprĂšs devant une commission militaire, ils furent pourla plupart condamnĂ©s Ă mortet fusillĂ©s. Thouzeau avait par malheur conservĂ© sur lui une ancienne commission des gĂ©nĂ©raux de Charette et de CouĂ©tus, qui le dĂ©lĂ©guait pour aller Ă lâĂźle dâYeu, informer le comte dâArtois de lâĂ©tat de choses actuel. Ce document suffit Ă le perdre. AprĂšs la mort de Charette, la femme de Thouzeau â une paysanne aussi honnĂȘte que jolie â rapporta au chĂąteau de Fonteclause une somme de mille louis que le gĂ©nĂ©ral vendĂ©en avait naguĂšre cachĂ©e chez elle. TINGUY le chevalier RenĂ© de1 II gentilhomme poitevin, prit part Ă lâinsurrection vendĂ©enne et se distingua surtout Ă I RenĂ©-Henri de Tinguy, chevalier, seigneur de la SanvagĂšre, fils aĂźnĂ© de Jean-Abraham de Tinguy, et de dame Perrine Bruneau de la GirouliĂšre. II se destina d'abord Ă lâĂ©tat Ă©cclĂ©siastique et fut pourvu de la chapellenie de Saint-Antoine, dans lâĂ©glise de Saint-Denis-la-Chevasse, dont il rendit hommage Ă Charles-Antoine Durcot de Puitesson, chevalier, seigneur de AUTOUR DU DRAPEAU BLANC 485 la prise de Noirmoutier, ce qui lui valut dâĂȘtre nommĂ© par Charette commandant et gouverneur de lâĂźle. Il ne jouit pas longtemps de ces honneurs. Les rĂ©publicains revinrent en effet bientĂŽt Ă la charge et l'Ăźle fut de nouveau attaquĂ©e par terre et par mer. Le 25 dĂ©cembre 1793, quarante gabarres nantaises chargĂ©es de troupes de dĂ©barquement mouillĂšrent Ă lâentrĂ©e du Gois, tandis que des frĂ©gates et des corvettes foudroyaient les forts de lâĂźle et quâune batterie Ă©tablie Ă la Barre de Monts couvrait de projectiles le village de la Fosse. RĂ©duit Ă se dĂ©fendre avec une garnison de quinze cents hommes dĂ©jĂ excĂ©dĂ©s par les fatigues du service, de Tinguy songea Ă capituler et en fit part au conseil militaire quâil avait rĂ©uni. Le commandant de la cavalerie Massip fut du mĂȘme avis ; mais Dubois, de Soullans, commandant en second et plusieurs autres officiers, escomptant les secours que devaient amener soit Charette, soit les Anglais, opinĂšrent pour quâon se dĂ©fendĂźt jusquâĂ la derniĂšre extrĂ©mitĂ©. Puitesson et ChauchĂ©, le 13 octobre 1769. LâabbĂ© de la SauvagĂšre nâĂ©tait encore que dans les ordres mineurs ; il renonça Ă lâĂ©tat ecclĂ©siastique, se dĂ©mit de sa chapellenie en 1789, et Ă©pousa demoiselle ThĂ©rĂšse-Ursule du Plessis de GrĂ©nĂ©dan. Lors de lâinsurrection du marais de Chailans, au mois de mars 1793, RenĂ© de Tinguy se mit Ă la tĂȘte de la paroisse de Bouin, avec Ardouin et Frisaye. M. Guerry de la FortiniĂšre sâĂ©tant emparĂ© de Noirmoutier, le 17 mars, laissa le commandement de BarbĂątre Ă M. de la Roche-Saint-AndrĂ©, qui lut remplacĂ© au bout de quinze jours par RenĂ© de Tinguy, chargĂ© de dĂ©fendre le passage du Gois avec cinq cents hommes seulement. 11 dut se retirer devant les troupes rĂ©publicaines du gĂ©nĂ©ral Beysser. Ce dernier, devenu maĂźtre de Noirmoutier, conduisit Ă Nantes, et y laissa en Ă©tat dâarrestation madame de Tinguy, qui fut jetĂ©e dans la prison des Saintes-Claires, avec les deux religieuses de BĂ©vier, madame de Rorthays et la femme Taconnet. Le 11 octobre, Charette Ă son tour sâempara de Noirmoutier, et y laissa RenĂ© de Tinguy gouverneur au nom du Roi. Lorsque les rĂ©publicains reparurent, la dĂ©fense avec une garnison absoluÂŹ ment insuffisante ne tarda pas Ă devenir impossible. Sur la parole donnĂ©e du gĂ©nĂ©ral Haxo, le gouverneur consentit une capitulation honorable. Mais la parole du gĂ©nĂ©ral rĂ©publicain ne fut pas respectĂ©e. RenĂ© de Tinguy fut fusillĂ© dans les fossĂ©s du chĂąteau, le lendemain de la mort du gĂ©nĂ©ral dâElbĂ©e et ses bourreaux eurent la sauvagerie de lui arracher la langue avant son exĂ©cution. Ext. de La Maison de Tinguy, notice gĂ©nĂ©alogique et historique. Poitiers, Oudin, 1 896. 486 AUTOUR DU DRAPEAU BLANC DâElbĂ©e Ă©tait dans lâĂźle mais couvert de blessures ; il ne put que conseiller dâenvoyer chercher de lâaide auprĂšs de Gharette. Quatre officiers lui lurent immĂ©diatementdĂ©pĂȘchĂ©s, mais aucun dâeux ne put arriver jusquâĂ lui. Pendant ce temps, les patriotes dĂ©barquĂšrent, dans la nuit du Ier au 2 janvier 1794, trois cents hommes entre la BassotiĂšre et la Fosse. Averti par une patrouille, lâĂ©tat major vendĂ©en y envoya immĂ©diatement quelques ceniaines d'hommes. Mais les rĂ©publicains, au nombre de neuf cents, ne lĂąchĂšrent pas pied. Le lendemain cinq mille autres patriotes traversaient le Gois Ă marĂ©e basse et sâemparaient du poste de la BassotiĂšre. Les gĂ©nĂ©raux Haxn et Dutruy, arrivĂšrent enfin eux-mĂȘmes Ă la tĂȘte des troupes de rĂ©serve et la mĂȘlĂ©e devint gĂ©nĂ©rale. De part et dâautre on se battit avec acharnement. Mais, deÂŹ vant la supĂ©rioritĂ© du nombre, les royalistes durent bientĂŽt Ă©vacuer tous les forts de la cĂŽte et se replier sur la ville. Câest alors que le gĂ©nĂ©ral Haxo, dont les troupes avaient elles- mĂȘmes Ă©tĂ© trĂšs Ă©prouvĂ©es, proposa au gouverneur de capiÂŹ tuler, faute de quoi tous les soldats vendĂ©ens et tous les habiÂŹ tants de lâĂźle seraient passĂ©s au fil de lâĂ©pĂ©e. Le chevalier de Tinguy sâĂ©tant assurĂ© quâil Ă©lait impossible de continuer la lutte, malgrĂ© les rĂ©solutions gĂ©nĂ©rales de mourir les armes Ă la main, se dĂ©cida Ă capituler, mais Ă condition que soldats et habitants auraient la vie sauve et que personne ne serait inÂŹ quiĂ©tĂ© dans lâĂźle, soit pour ses opinions, soit pour les faits anÂŹ tĂ©rieurs Ă la capitulation. Les troupes rĂ©publicaines entrĂšrent donc dans la ville, les royalistes dĂ©posĂšrent leurs armes et furent conduits dans une Ă©glise oĂč lâon enferma avec eux un nombre considĂ©rable dâhabitants. Le lendemain, un officier rĂ©publicain vint annoncer aux prisonniers qu'on allait les mettre en libertĂ©, mais quâau- paravant on devait les faire passer devant un comitĂ© qui leur remet trait des passeports pour retourner chez eux. Un immense en de joie accueillit cette nouvelle â joie, hĂ©las ! AUTOUR DU DRAPEAU BLANC 4K? trop hĂątive â , car on apprit bientĂŽt que tous les prisonniers prĂ©cĂ©demment sortis de lâĂ©glise avaient Ă©tĂ© traduits devant un ignoble tribunal, condamnĂ©s Ă mort, et mitraillĂ©s en masse sur la cĂŽte. * Le chevalier de Tinguy fut menĂ© sur la place publique, au pied de lâarbre de la libertĂ© et fusillĂ© avec dâElbĂ©e, lâĂ©pouse de celui-ci, Duhoux dâHauterive, de Boisy, Pineau et plusieurs autres officiers, dix-huit prĂȘtres et des femmes. H. DE LA FONTENELLE DE VAUDORĂ. A suivre. AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON INAUGURATION DU MONUMENT ERIGE PAR LâASSOCIATION DES ANCIENS ĂLĂVES Ă la mĂ©moire de leurs Camarades MORTS POUR LA FRANCE Celle solennitĂ© a en lien le 9 octobre 1898, sons In prĂ©sidence de M. Roger-Butin , inspecteur des Beaux-Arts. La statue , repré sentant La Gloire inscrivant, sur ses tablettes, le nom des hĂ©ros, est due au ciseau de V. Fulconis , /'artiste dĂ©licat et apprĂ©ciĂ©, que la VendĂ©e tout entiĂšre connaĂźtra bientĂŽt. Elle se dĂ©tache avec bonheur sur V Ă©difice aux lignes sĂ©vĂšres , dessinĂ© par M. Boudaud, arÂŹ chitecte de la Ville. De nombreux et remarquables discours ont Ă©tĂ© prononcĂ©s, selon l'usage. Notre distinguĂ© collaborateur , M. Louis , prĂ©sident de V Association, prend la parole. Les cinÂŹ quante ans qu'il a passĂ© au lycĂ©e vendĂ©en, lui donnaient une indiscutable autoritĂ©. M. Roger Ballu fait vibrer, Ă son tour, les sentiments patriotiques de l' auditoire . et comme la poĂ©sie , chez nous, ne perd jamais ni sa place ni ses droits, M. PertuzĂš, nous la prĂ©sente, dans une ode de grande allure. Nos lecteurs conÂŹ naissent dĂ©jĂ , par le Messager, le LibĂ©ral de la VendĂ©e, le Populaire, le compte-rendu de cette fĂȘte dont nous rappelons en quelques lignes le souvenir. La cĂ©rĂ©monie avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e d'un service religieux Ă la chaÂŹ pelle du LycĂ©e. LâaumĂŽnier, notre Ă©loquent ami , M. l'abbĂ© Rous- AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON 489 seau , a /aiĂŻ couler les larmes de son auditoire , dans une oraison funĂšbre, dont il veut bien donner la primeur Ă la Revue du Bas- Poitou, aucun journal ni compte rendu ne lâayant encore reproÂŹ duite. Cette marque de sympathie nous est d'autant plus agrĂ©able, que ce discours Ă©tant le seul qui contienne les notes recueillies au ministĂšre de la Guerre, par les soins de M. Cazac, proviseur du LycĂ©e, louchant les noms inscrits sur la pierre du monument , il constitue un prĂ©cieux document pour le Livre dâOr de la VendĂ©e, ouvert Ă tous les dĂ©vouements , Ă tous les mĂ©rites et Ă toutes les gloires. LA CĂRĂMONIE PATRIOTIQĂE AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON l'oraison funĂšbre de m. l'abbĂ© rousseau Menientote operum patrum , quĂŠ fecerunt in jenerationibus suis. Souvenez-vous de vos pĂšres, et des exploits quâils ont accomplis dans leur temps. Macch. liv. I. Messieurs, Lorsque lâEglise verse des priĂšres et des pleurs sur le cercueil de ses fils., elle murmure ces mĂ©lopĂ©es lugubres qui sâharmonisent avec nos larmes, et semblent ĂȘtre les douloureux Ă©chos de nos gĂ©missements. Aujourdâhui, unisÂŹ sant ses accents aux vĂŽtres, elle entonne un chant triomphal, semblable Ă celui que fait entendre la patrie, quand reÂŹ viennent ses enfants couronnĂ©s par la victoire. HĂ©las ! ces joies ont Ă©tĂ© chĂšrement payĂ©es, le sang de France a coulĂ© sur la terre ennemie, des morts sont restĂ©s lĂ -bas; les mĂšres, en deuil, pleurent sur la sanglante hĂ©catombe; cependant, elles seront lĂ , pour saluer les vainqueurs au passage, fiĂšres dâaÂŹ voir donnĂ© au pays des soldats pour dĂ©fendre son sol et revendiquer ses droits. Câest ainsi, Messieurs, quâune pensĂ©e de deuil plane sur cette religieuse assemblĂ©e; nous pleurons des enfants, des frĂšres et des amis, tombĂ©s glorieusement pour la France. Mais nous songeons, avec un lĂ©gitime orgueil, Ă la gloire quâils font rayonner autour du foyer qui les a vus naĂźtre, sur ce lycĂ©e, oĂč leurs jeunes Ăąmes ont compris la devise sublime Dieu et Patrie. Le village natal, cette maison, qui sâĂ©tait faite pour eux toute paternelle, oĂč revenait souvent leur cĆur, embaumĂ© par de printaniers souvenirs, ont eu leur dernier AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON 491 soupir dans une derniĂšre pensĂ©e ; comme le guerrier grec mourant sous les murs de Troie, charmait les affres de lâaÂŹ gonie par la douce image du pays âą Et dulces moriens reminiscitur Argos. Ils ne dormiront pas leur Ă©ternel sommeil, Ă lâombre de la croix, oĂč leurs ancĂȘtres se reposent des fatigues et des douÂŹ leurs de la vie ; mais si nous nâavons pas la triste consolation de ramener leurs cendres, nous donnons, du moins, Ă leur nom, sur cette vieille et noble terre de VendĂ©e, la place gloÂŹ rieuse quâils ont mĂ©ritĂ©e. Mourir pour la patrie, Câest le sort le plus beau, le plus digne dâenvie. Peu importe cette expression surannĂ©e; lâamour du solde France nâa quâun mot, et en le redisant toujours, il ne le rĂ©pĂšte jamais. Je suis fier, Messieurs, dâĂȘtre ce matin votre interprĂšte, pour proclamer leurs noms si chers, dans la chapelle, oĂč nos frĂšres ont fait sans doute leur premiĂšre communion, oĂč ils se sont agenouillĂ©s, demandant Ă Dieu de devenir plus tard des chrĂ©tiens, des hommes de cĆur et de devoir; le ciel lĂ©sa exaucĂ©s, ils sont tombĂ©s dans l'accomplissement de leur gé nĂ©reux sacrifice. Nous allons les suivre au chemin douloureux du nouveau Calvaire, dans lequel ils ont marchĂ©, sur les traces du Christ- RĂ©dempteur, notre MaĂźtre et notre exemple Ă tous, qui a souffert avant dâentrer dans sa gloire; nous irons ensuite porter un solennel hommage au pied du monument que vous avez Ă©levĂ© Ă leur mĂ©moire; ainsi que lâĂ©tendard de Jehanne la Pucelle dâOrlĂ©ans, ils ont Ă©tĂ© Ă la peine, il est bien juste quâils soient Ă lâhonneur. Relisons ensemble la liste glorieuse de nos morts; presque tous ont Ă©tĂ© frappĂ©s en pleine jeunesse, au moment oĂč les 492 AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON portes de lâespĂ©rance sâouvraient joyeuses et toutes grandes sur un riant avenir. LĂ©on Lesire, sous-lieutenant au 98 rĂ©giment d'infanterie, blessĂ© le 16 avril 1855, sous les murs de SĂ©bastopol, sucÂŹ combe dix jours aprĂšs, Ă lâĂąge de 22 ans. LĂ©on Boscal de BĂ©ais de Mornac, lieutenant au 100 rĂ©giÂŹ ment dâinfanterie, tuĂ© Ă lâassaut de MalakofT, le 8 septembre 1855, Ă 9 heures du soir ; il avait 27 ans et Ă©tait nĂ© au village de Beaufou, en VendĂ©e. Alexandre Chauveau , VendĂ©en aussi, Luçonnais, capitaine au 95 rĂ©giment dâinfanterie, atteint par une balle Ă la tĂȘte, en attaquant une batterie russe, le 7 juin 1855. Câest lĂ , Messieurs, une premiĂšre Ă©tape dans la voie hé roĂŻque et sanglante que nous avons Ă parcourir. Si les dé pouilles mortelles de nos frĂšres sont restĂ©es en CrimĂ©e, nos regrets sâadoucissent aujourdâhui, la Russie nâest-elle pas une terre presque française? La mer a rĂ©clamĂ© sa part de victimes, elles sont parties saluĂ©es par le drapeau en deuil, inclinons-nous Ă notre tour, elles ont noblement conquis leur place ! Ludovic , de la Roche-sur-Yon, embarquĂ© enseigne de vaisseau Ă bord de la corvette La Bayonnaise , mort au mouillage de Port-de-France, Ă 27 ans. Jules Decharme , Yonnais dâorigine, voit le navire qui lâemÂŹ portait vers les pays lointains sâenfoncer dans les flots du canal de Mozambique, et pĂ©rit dans le terrible naufrage le 9 mai 1862; il avait 21 ans. Auguste Deproge , chirurgien de marine, Ă©tait parti pour la Martinique ; il apprend que le cholĂ©ra fait Ă la Guadeloupe dâĂ©pouvantables ravages; il demande Ă secourir les malheuÂŹ reux Ă©pidĂ©miques, et Ă peine dĂ©barquĂ©, Ă 21 ans, il est fouÂŹ droyĂ© par le flĂ©au quâil venait combattre. Nous arrivons Ă lâannĂ©e 1870. Grande pitiĂ© est en terre de France; la patrie ravagĂ©e, Ă©touffant sous les pieds de lâen- i AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON 493 vahisseur, appelle ses enfants; le lycĂ©e de la Roche-sur-Yon vient ajouter une page glorieuse au sanglant martyroÂŹ loge. Tous nâont pas Ă©tĂ© frappĂ©s sur le champ de bataille, les hĂŽpitaux rĂ©clamaient du secours, et ceux qui sont morts au chevet de leurs camarades blessĂ©s, atteints par les maladies contagieuses, ont aussi sacrifiĂ© leur vie au service du pays. Charles Billaud , des Herbiers, VendĂ©e, mĂ©decin de la maÂŹ rine, meurt Ă lâhĂŽpital de Toulon, ĂągĂ© de 28 ans. Il avait usĂ© ses forces en luttant, aux Antilles, contre la fiĂšvre jaune. En 1865, sans y ĂȘtre obligĂ© par ses fonctions, il se prodiguait dans les ambulances civiles, oĂč les mĂ©decins ne suffisaient pas Ă soigner les cholĂ©riques, et,le 13 septembre 1870, il sucÂŹ combe Ă©puisĂ©. Victor Bouchaud, Ă©lĂšve en pharmacie, fait des prodiges de dĂ©vouement prĂšs des typhiques de la malheureuse armĂ©e de Sedan ; comme pour se venger, la fiĂšvre typhoĂŻde lâemporte, au Havre, le 16 octobre 1870. Albert Vincent du 30e de marche, meurt Ă lâarmĂ©e de lâEst, vers le 20 octobre 1870. Ernest Renard , capitaine de mobiles, entre, pour ĂȘtre agrĂ©able Ă son pĂšre, dans les contributions indirectes, mais il nepeut rĂ©sister Ă la voix du canon qui lâentraĂźneau Mexique; lĂ , une action dâĂ©clat lui vaut un ordre du jour, la mĂ©daille militaire et le grade de sergent major. Il reprend sa place au foyer de la famille, jusquâau moment oĂč le clairon affolĂ© de la patrie en danger lâappelle encore aux armes. Il part, capitaine de mobiles. A Saint-Quentin son chef demande des hommes courageux pour opĂ©rer une reconnaissance pĂ©rilleuse ; il se met au premier rang, malgrĂ© ses forces anĂ©anties par de nomÂŹ breuses nuits passĂ©es Ă encourager ses soldats malades. Il revient mourant, sa mission remplie, et le lendemain il se reposait dans la paix de Dieu, Ă 36 ans. Victor Daviau, mobile de la VendĂ©e, tombe Ă Ghampigny le 30 novembre 1870. Le sergent LĂ©opold Dupont, et le caporal Edouard Vielle- 494 AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON fond, de la Roche-sur-Yon, sont frappĂ©s par le mĂȘme obus, dans la terribâe journĂ©e du 20 novembre, oĂč le sang vendĂ©en a rougi Ă grands flots le sol de Ghampigny. Ils avaient lâun et lâautrĂȘ un peu plus de 20 ans. Ernest Havard, capitaine au 86» dâinfanterie, avait Ă©tĂ© blesÂŹ sĂ© trĂšs griĂšvement Ă Sedan ; il mourut, chevalier de la lĂ©gion dâhonneur, dans ses foyers, en 1871. Emile Cabailhe, marĂ©chal des logis au 39 cuirassiers, dĂ©corĂ© de la mĂ©daille militaire, sâest Ă©teint chrĂ©tiennement dans sa famille, Ă la suite des souffrances et des privations endurĂ©es pendant la guerre. Raoul Deshorties de Beaulieu , chef dâescadron au 2* rĂ©giÂŹ ment de lanciers, succombe le 9 dĂ©cembre 1870 aux blessures reçues Ă Patay, prĂšs dâOrlĂ©ans. Emile Bernard Saint-Elme, sâĂ©tait engagĂ© Ă Brest peu de temps avant la guerre, dans lâinfanterie de marine. A lâarmĂ©e du Rhin, il est fait prisonnier une premiĂšre fois; un prĂȘtre a 1 heureuse chance de le sauver de la captivitĂ©, en lui donÂŹ nant un costume ecclĂ©siastique, et Bernard vient redemander une place dans un rĂ©giment de ligne. Il tombe de nouveau au pouvoir de lâennemi ; dĂ©guisĂ© en paysan, il s Ă©vade encore, et sous OrlĂ©ans, victime dâune hĂ©roĂŻque tĂ©mĂ©ritĂ©, il meurt percĂ© parles baĂŻonnettes de lâennemi. Suivons maintenant nos frĂšres sur la terre africaine, deveÂŹ nue française. La France , insultĂ©e par le coup dâĂ©ventail donnĂ© Ă son ambassadeur, ne veut pas garder ce soutlletsur sa joue ; elle crie Ă ses fils de venger son injure. Us sont veÂŹ nus, belles el nobles gĂ©nĂ©rations militaires, sous la conduite de gĂ©nĂ©raux dont la plupart ont Ă©tĂ© de fiers chrĂ©tiens. Leurs exploits sont restĂ©s dans la mĂ©moire du peuple, joyeux de reÂŹ dire le couplet du chansonnier On parlera de leur gloire. Sous le chaume bien longtemps ; Le peuple dans cinquante ans Ne connaĂźtra plus dâaulre histoire. AU LYCĂE DE LA ROCHE-SUR-YON 495 Nous les savons par cĆur, Messieurs, les admirables pages Ă©crites dans nos hĂ©roĂŻques annales, par ces nouveaux CroisĂ©s, combattant pour le Christ et la France. Trop jeune pour fournir les premiers soldats, le lycĂ©e de la Roche-sur-Yon, a voulu, Ă son tour, sa part de pĂ©rils et de dĂ©vouement. Jules Agut , lieutenant au 2e zouaves, a bataillĂ© pendant prĂšs de dix ans sous le soleil brĂ»lant de lâAlgĂ©rie ; campagnes interrompues par la guerre dâItalie, oĂč, Ă Palestro, le drapeau de son rĂ©giment fut dĂ©corĂ© de la LĂ©gion dâhonneur. De 1863 Ă 1865, Jules Agut commande ses zouaves au Mexique, et il revient mourir en 1867, sur le sol africain, Ă Tlem- cen. % Emmanuel Mercier ColombliĂšre , capitaine commandant au premier chasseur dâAfrique, aprĂšs avoir fait la campagne de France, va soumettre les tribus rĂ©voltĂ©es profitant de nos dĂ©sastres pour nous arracher la conquĂȘte. Devant Mangou- rah, Ă 3 heures du soir, le 17 avril 1871, il tombe, tuĂ© dâun coup de feu. La Roche-sur-Yon, sa petite patrie, est Ă bon droit fiĂšre de lui. Voici Un autre nom yonnais qui rĂ©clame sa part de gloire Henri Oreillard, engagĂ© volontaire pour la durĂ©e de la guerre, part lui aussi pour lâAfrique, et meurt le 22 aoĂ»t 1871, Ă lâhĂŽÂŹ pital de Cherchell. Emmanuel Bouhier, vendĂ©en, marĂ©chal-des-logis au 2 ré giment des chasseurs dâAfrique, pendant des manĆuvres, se noyĂ© dans un affluent du ChĂ©liff, accomplissant un service commandĂ©. Nos expĂ©ditions lointaines ont emmenĂ© des enfants de France, dont les dĂ©pouilles mortelles sont ensevelies sur la terre Ă©trangĂšre; le lycĂ©e a eu lâhonneur dây ĂȘtre encore gloÂŹ rieusement reprĂ©sentĂ©. LĂ©on Ducour, caporal au rĂ©giment expĂ©ditionnaire du Tonkin, engagĂ© volontaire, est emportĂ© Ă Tuyen-Quang, ĂągĂ© de 20 ans. 496 AU LYCEE DE LA ROCHE-SUR-YON Auguste Esnard, dont nous avons retrouvĂ© plus tardivement la trace, est tombĂ© sur les murs de Puebla au Mexique. AmĂ©dĂ©e Baudrouet , sergent-fourrier, au Tonkin, dans le premier rĂ©giment dâinfanterie de marine, succombe, Ă©puisĂ© de fatigue, le 16 fĂ©vrier 1898. Son commandant Ă©crivait sur lui des lignes que je veux reproduire ici, elles peuvent s'adresser Ă tousnos morts Il avait lâhonneur dâappartenir Ă cet admirable corps de sous-officiers, oĂč les hĂ©ros aussi modestes que sublimes ne se comptent plus. Partout oĂč le sang de France a coulĂ©, oĂč il y avait de la gloire Ă conquĂ©rir, de lâhĂ©roĂŻsme Ă dĂ©ployer, ils ont eu Ă cĂŽtĂ© de nos officiers une belle et large part. » Ces paroles sont la brĂšve et vĂ©ritable histoire de nos frĂšres, je nây ajouterai pas un seul mot. Ai-je rempli, Messieurs, la tĂąche difficile que vous mâaviez confiĂ©e, dâĂ©lever les Ă©loges Ă la hauteur du mĂ©rite ? Je sais, du moins, que jây mis tout mon cĆur. Mandataire de lâEglise catholique , je viens , en son nom, apporter Ă la mĂ©moire des hĂ©ros et des martyrs de la patrie, la palme, symbole de la victoire, et les fleurs, images de lâimmortalitĂ© car vous nâen doutez pas, Messieurs, lorsque leurs yeux se sont fermĂ©s ici-bas, ils se sont rouverts lĂ -haut ; leur ange gardien a trempĂ© dans leur sang ses ailes blanches, et, tout empourprĂ©, il a priĂ© le Tout-Puissant de recevoir, dans le repos et la splendeur des cieux, ces enfants pleins de foi dans sa misĂ©ricorde et sa justice ; le Christ SauÂŹ veur, qui a pleurĂ© et souffert pour la RĂ©demption humaine, connaĂźt le prix des larmes et du sang rĂ©pandus au service des grandes, des saintes et nobles causes, et il a couronnĂ© vos camarades, dans son royaume bĂ©ni, oĂč nous les rejoindrons un jour. Et vous, jeunes Ă©lĂšves qui remplacez ici la phalange gloÂŹ rieuse, souvenez-vous que vous avez Ă recueillir un splendide hĂ©ritage ; la vie offerte au devoir est une semence qui germe pour le jour de la grande moisson, et, lorsquâĂ votre tour AU LYCEE DE LA ROCHE-SUR-YON 497 Dieu et la Patrie vous appelleront, dites simplement Me voici! et partez sans regarder en arriĂšre. Mementote operum patrum , quĂŠ fecerunt in generationibus suis. Songez Ă vos pĂšres, aux exploits quâils ont accomplis dans leur temps. Tous sont morts en soldats, Mais la patrie est comme une terre Ă©puisĂ©e, Qui veut le sang des siens pour unique rosĂ©e, Sans savoir si lâon doit voir les Ă©pis germer, Quâimporte, il faut toujours la servir et l'aimer. Saint-Yon. I , ornĂ© de 60 gravures d'aprĂšs Yuillemin. Prix reliĂ© en percaline avec sujets en couleurs, 10 fr. â A. Maine et Fils, Ă©diteurs Ă Tours. Depuis dix annĂ©es dĂ©jĂ , M. Gustave Toudouze passe presque tous les ans deux mois dans le petit port de Camaret, prenant des notes et des aquarelles dâaprĂšs nature, notant les mots, les phrases, les intonations des pĂ©cheurs. Câest lĂ quâil a conçu et exĂ©cutĂ© son Bateau-des-SorciĂšres ; on peut donc dire que ce roman est une oeuvre dâobservation profonde et sincĂšre, par-dessus laquelle rayonne cette aurĂ©ole de poĂ©sie que la terre de Bretagne inspire Ă tout arÂŹ tiste, et qui se dĂ©gage d'elle tout naturellement comme les rayons du soleil. La plupart de ces Ă©pisodes pittoresques, il les a vus lui-mĂȘme ; il a partagĂ©, avec toute la vivacitĂ© de son Ăąme impressionnable, les Ă©motions de ces braves gens. A lâĂ©qoque du cholĂ©ra il Ă©tait Ă CamaÂŹ ret, et il est restĂ© un mois au milieu de lâĂ©pidĂ©mie. Câest ainsi quâil a pu, dans son Bateau-des-SorciĂšres, dĂ©crire de visu ces tableaux de dĂ©solation. LâĂ©pisode du corbeau mort lui est arrivĂ© Ă lui, pendant le cholĂ©ra -, les mots des pĂȘcheurs, il les a entendus ; le chien MisĂšre, il lâa connu ; les feux allumĂ©s Ă Kerlocâh, il les a vus Ă©galement, une nuit en revenant de Crozon. Du reste, dit-il, lorsque je travaille un roman, je le vis entiĂšreÂŹ ment ; et on dirait que la nature, complice, vient mâapporter dâelle- mĂŽme son aide et son concours. » * ⊠* La Rociie-qui-Tue, par Pierre Mael. Un volume petit in-4°, ornĂ© de 58 gravures dâaprĂšs Scott. Prix reliĂ© en percaline avec sujets en couleurs, 10 fr. â A. Marne et Fils, Ă©diteurs Ă Tours. A TRAVERS LES LIVRES 499 Voici un beau et fier livre, La Roche-qui-Tue, par Pierre MaĂ«l, * * superbement Ă©ditĂ© par la maison Marne. Câest le rĂ©cit passionnant dâun Ă©pisode des guerres de la RĂ©voluÂŹ tion. La scĂšne se passe çn Bretagne, oĂč une puissante association patriotique, la Roche qui-Tue, composĂ©e de marins et dâhommes de la cĂŽte, a pris sur elle de conserver le territoire breton de toute tenÂŹ tative dâinvasion anglaise. A la tĂȘte de lâassociation se trouve'nt les deux frĂšres Prigent de Bocenno, deux hĂ©ros quâanime de son propre hĂ©roĂŻsme une jeune et mystĂ©rieuse crĂ©ature, dont lâhistoire est Ă la fois pleine de douleurs et de gloire. Câest elle, la comtesse Ameline de Kergroaz, assassinĂ©e par son propre mari et miraculeusement arrachĂ©e Ă la tombe, qui sous le nom de Mapiaouank, est lâĂąme et lâinspiratrice de la formidable lĂ©gion. AprĂšs de sanglantes pĂ©ripĂ©ties, Kergroaz, le mari dâ Ameline, traĂźtre Ă son Dieu comme Ă sa patrie, voit ses infĂąmes projets avorter deÂŹ vant lâindomptable courage des frĂšres Prigent et de la Roche-qui-Tue. Un glorieux combat soutenu sur les cĂŽtes de Bretagne contre la flotte anglaise qui sâĂ©loigne vaincue, achĂšve le rĂ©cit dans une apothĂ©ose. Tel est, dans ses grandes lignes, le sujet du roman de Pierre MaĂ«l. Jamais encore le brillant Ă©crivain nâavait produit un plus beau livre. Et tout ce roman a les grandioses allures dâune Ă©popĂ©e. Fond et forme y rĂ©pondent Ă lâidĂ©al de toute Ăąme française, et le cĆur du lecteur bat dâune ardente fiĂšvre Ă parcourir ces pages puisÂŹ samment Ă©crites et pensĂ©es. La Roche-qui-Tue affirme, sous une forme nouvelle et plus dramaÂŹ tique encore, le talent de lâauteur de Petit Ange. Nul doute que ce nouveau livre ne trouve le mĂȘme accueil chaleureux de la part des nombreux lecteurs de Pierre MaĂ«l. Le Sabre a la main, par Marcel Luguet. Un volume in-4° carrĂ©, ornĂ© de 36 gravures dâaprĂšs Alfred Paris. Prix reliĂ© percaline rouge, tranche dorĂ©e, 5 fr. A. Marne et Fils, Ă©diteurs Ă Tours. Le talent de lâauteur de ce charmant volume est suffisamment apprĂ©ciĂ© de tous les lecteurs, sans quâil soit nĂ©cessaire de fixer spé cialement lâattention sur ce roman, lâun des derniers sortis de la plume de M. Marcel Luguet. Nous dirons seulement que ce livre tout vibrant de patriotisme, oĂč sont exhaltĂ©s les plus nobles sentiÂŹ ments honneur et devoir, arrive particuliĂšrement Ă son heure. 500 A TRAVERS LES LIVRES Aucun drame dans cette simple et charmante histoire, par laquelle lâauteur a voulu prouver que les existences les plus obscures avaient aussi bien leur hĂ©roĂŻsme que les autres. Et Ă une Ă©poque oĂč lâon vit surtout lâargent Ă la main, il Ă©tait peut-ĂȘtre bon de dire que les plus honorables parmi les plus sages Ă©taient encore ceux qui vivent oĂč ont vĂ©cu le sabre Ă la main. Le talent de M. Luguet est plein de force et de dĂ©licatesse ; ce taÂŹ lent, il vient de le mettre au service dâune bonne action, ce qui fait que la valeur artistique de ce livre se trouve encore doublĂ©e dâune valeur morale. I * * + A la Pointe de lâĂpĂ©e, par Jacques Lemaire. Un volume ornĂ© de 47 gravures dâaprĂšs les dessins de Job. Prix reliĂ© percaline rouge, tranche dorĂ©e, 5 fr. â A. Marne et Fils, Ă©diteurs Ă Tours. C'est Ă la pointe de lâesprit quâil faudrait dire. M. J. Lemaire, dans une sĂ©rie de petites nouvelles Ă©gayĂ©es par lâhumoristique crayon de Job, nous fait assister aux exploits de lâhuissier de Zemmorah, Ă ceux de BĂ©darride, Ă la vengeance de Machicadour, etc. Lâauteur a prouvĂ© ni plus ni moins qu'on pouvait ĂȘtre infiniment spirituel en restant toujours correct, nous voulons dire fort convenable. A une Ă©poque oĂč les publications fourmillent de rĂ©cits quâil vaut mieux ne pas lire, câest un rĂ©gal de dĂ©guster les fines historiettes dĂ©taillĂ©es avec tant de charme par M. J. Lemaire. Que les jeunes gens qui se plaisent Ă conter des historiettes se procurent donc A la pointe de VĂšpĂše. Câest le modĂšle du genre. * + * Le DĂ©mon des Sables 1798, par M. Gustave Toudouze. Un volume in-8°jĂ©sus, illustrĂ© de 48 gravures dâaprĂšs Alfred Paris. â BrochĂ©, 7 fr. ; cartonnĂ© en percaline, tranches dorĂ©es, 10 fr. Hachette et Cu, Ă Paris . Faisant revivre, dans Le DĂ©mon des Sables , un roman vibrant, pittoresque, mouvementĂ© et amusant, les hĂ©ros civils et militaires qui suivirent Bonaparte en Egypte, Gustave Toudouze a fixĂ©, dans des types reconstituĂ©s dâaprĂšs les documents de lâĂ©poque et destinĂ©s Ă devenir lĂ©gendaires, ce quâil y a dĂ©plus admirable dans lâhumanitĂ©. â Lâamour de la patrie, lâendurance aux pires soulĂźârances, le dĂ©vouement, le courage physique et moral, lâenthousiasme. Grands et petits nâoublieront jamais les figures quâil a tracĂ©es et qui sâagitent au cours dâune action passionnante, pleine de scĂšnes tragiques ou joyeuses ; â la cantiniĂšre Pierrette, symbole de la MaternitĂ© et de la MĂšre-Patrie ; â le rude sergent Nicolas Goulot, A TRAVERS LES LIVRES 501 image du Devoir ; â Le Breton Plouhec, l'Auvergnat Chalinat, les provençaux Toucas, Palavas, reprĂ©sentant chacun une parcelle de la terre de France ; â Les Parisiens Gossin et Samois, lâĂ©clat de rire dans les moments les plus dĂ©sespĂ©rĂ©s ; â enfin, le jeune savant AndrĂ© Norcy, ou les inquiĂ©tants et farouches dĂ©fenseurs du sol sacrĂ© de lâĂgypte, Le PĂšre de la Terreur et L'Ange de la Mort. Cette Ćuvre qui fait pĂ©nĂ©trer le lecteur jusquâau cĆur des sombres hypogĂ©es de la vallĂ©e des Tombeaux, au milieu des momies des Pharaons, aprĂšs lâavoir conduit des Pyramides Ă Saint-Jean-dâAcre, sera le souvenir le plus Ă©clatant de ces temps hĂ©roĂŻques et la vĂ©ritable commĂ©moration de cette Ă©tonnante ExpĂ©dition dâĂgypte. De superbes dessins d'Alfred Paris, qui connait si bien lâAfrique et ses habitants, complĂštent admirablement le texte de l'auteur et contribuent Ă en faire un vrai volume dâart. Le Nouvel Agenda-Hachette » AprĂšs VA Imanach-Hachelte , univerÂŹ sellement apprĂ©ciĂ©; aprĂšs le Paris-Hachette, qui contient de si utiles renseignements et qui figure Ă la fois dans les bureaux du commerce, de lâindustrie, de la finance et sur les tables des salons, la grande maison dâĂ©dition du boulevard Saint-Germain vient de mettre en vente un troisiĂšme ouvrage qui complĂšte les deux premiers et qui est appelĂ© Ă rendre au public dâinapprĂ©ciables services V Agenda- Hachette. Il faut avoir en main ce volume Ă©lĂ©gant et lĂ©ger, facilement maÂŹ niable, pour lâapprĂ©cier comme il convient. NĂ©anmoins, nous allons en exposer le plan gĂ©nĂ©ral Avec un Agenda dâun jour Ă la page, pouvant servir aussi bien de livre de caisse quâĂ toutes les inscriptions journaliĂšres, dĂ©penses, Ă©chĂ©ances, recettes, visites, rendez-vous, etc., etc., se trouve un anÂŹ nuaire complet du commerce de Paris, soit 250 000 adresses cataloÂŹ guĂ©es dans un ordre parfait, soigneusement contrĂŽlĂ©es, et sans exception, des commerçants, fabricants, commissionnaires, financiers, et des professions libĂ©rales de Paris. En un mot, en faisant ses inscriptions journaliĂšres ou en tenant sa comptabilitĂ©, on a sous la main la liste la plus complĂšte et la plus exacte de tous les fabricants dâobjets dont on a besoin ou qui peuvent ĂȘtre demandĂ©s par la clientĂšle. Jusquâici tous les commerçants avaient un agenda, mais un trĂšs petit nombre, surtout en province, possĂ©daient un annuaire complet du commerce de Paris dont le meilleur marchĂ© est encore dâun priÂŁ 502 A TRAVERS LES LIVRES si Ă©levĂ© que les Annuaires quâils pouvaient consulter portaient souÂŹ vent une date ancienne. Aujourdâhui, avec V Agenda -Hachette, ils possĂšdent, et pourront possĂ©der chaque annĂ©e, lâAnnuaire le plus complet et le plus rĂ©cent du commerce de Paris, â et cela pour rien, puisquâils auront, rĂ©unis dans le mĂȘme volume, Agenda et Annuaire, au mĂȘme prix que lâAÂŹ genda seul quâils avaient lâhabitude dâacheter, câest-Ă -dire pour 3 Ce bon marchĂ© extraordinaire achĂšve dâexpliquer l'immense et lĂ©gitime succĂšs qui vient dâaccueillir cette publication. Ce succĂšs grandit tous les jours, et bientĂŽt, sur le comptoir du commerçant, aux bureaux de lâusine, dans le cabinet de travail de lâingĂ©nieur, de lâarchitecte, du mĂ©decin, dans lâatelier de la couturiĂšre ou de la moÂŹ diste, entre les mains de lâemployĂ© qui en fait son outil de travail, du voyageur de commerce qui, lâemportant et le consultant en voyaÂŹ ge, rĂ©alise une prĂ©cieuse Ă©conomie de temps, aux mains de tout le monde enfin on trouvera V Agenda-Hachette qui met chacun en relaÂŹ tions, si facilement, si pratiquement, avec tout le commerce et toute lâindustrie de Paris. â
* * Histoire de sainte Radegonde, reine de France et des Sanctuaires et PĂšlerinages en son honneur, par M. lâabbĂ© Em. Briand, curĂ© de Sainte-Radegonde de Poitiers. 1 vol. in-4° ornĂ© de prĂšs de 200 graÂŹ vures, 5 chromolitographies et trois cartes. â Librairie Oudin, Paris et Poitiers. Prix brochĂ©, 20 fr. reliĂ©, 25 fr. Le culte des Saints sâapproprie merveilleusement aux besoins des nations comme Ă ceux des particuliers. Or, Radegonde, hĂ©roĂŻque de saintetĂ© sur le trĂŽne comme dans le cloĂźtre, ne nous apparaĂźt-elle pas, avec son grand amour pour la France et le rĂŽle quâelle a jouĂ© dans l'histoire de sa monarchie, comme providentiellement indiquĂ©e Ă nos supplications au moment oĂŒ notre malheureux pays sâabĂźme dans toutes les dĂ©faillances ? Oui, et ce nâest pas en vain que lâEglise lâappelle la MĂšre de la PaÂŹ trie ». â A la cour de Clotaire, oĂč la civilisation naissante avait Ă lutter contre la brutalitĂ© des instincts, Radegonde, ange de saintetĂ©, rachetait, par ses priĂšres, ses mortifications et ses exemples, les dĂ©sordres quâelle ne pouvait empĂȘcher. Et bientĂŽt, en se retirant dans le cloĂźtre oĂč elle Ă©changea ses pré rogatives royales contre une vie dĂ©frayantes austĂ©ritĂ©s, elle sâoffrit elle-mĂȘme en holocauste pour ce peuple franc que sa belle-mĂšre Clotilde avait conduit au baptĂȘme. Sainte Radegonde vĂ©cut longtemps dâailleurs en communion de A TRAVERS LES LIVRES 503 pensĂ©es et de priĂšres avec sainte Clotilde, qui finissait ses jours dans un lieu de retraite Ă Tours. Le culte de ces deux grandes reines de France se trouve ainsi rĂ©uni dans le culte de sainte Radegonde, quâil importe de rĂ©pandre de plus en plus. Le curĂ© de la basilique qui conserve le tombeau de la sainte Reine objet de la vĂ©nĂ©ration constante dâinnombrables pĂšlerins, vient de publier une Histoire de sainte Radegonde, magnifiquement illustrĂ©e. Câest U'i superbe cadeau dâĂ©trennes qui satisfait le goĂ»t artistique en mĂȘme temps quâil fait mieux connaĂźtre et aimer la MĂšre de la paÂŹ trie française » Et nâest-il pas permis dâespĂ©rer que sainte RadeÂŹ gonde, reine de France, ardemment invoquĂ©e, obtiendra que Dieu daigne mettre un terme aux Ă©preuves de ce peuple qui est le sien ? Z. Z. Z. / CHRONIQUE - jiaaAAAAivw^*» â â Courrier archĂ©ologique. â Des fouilles trĂšs importantes pour lâhistoire du pays voisin dâAnjou ont Ă©tĂ© faites Ă lâabbaye de Saint-Maur-de-Glanfeuii. Entreprises Ă la demande du R. P. abbĂ© dom Edouard du CoĂ«tlosquet et dirigĂ©es par notre Ă©minent maitre et ami le R. P. de la Croix, membre non rĂ©sidant du ComitĂ© des travaux historiques, les recherches ont amenĂ© des rĂ©sultats considĂ©rables. Câest au R. P. de la Croix quâil appartient de signaler au monde savant ces curieuses dĂ©couvertes. Nous nous bornerons Ă dire pour aujourdâhui, que le dimanche 24 juillet 1898, en prĂ©sence des dĂ©lĂ©guĂ©s des SociĂ©tĂ©s savantes de la rĂ©gion, un procĂšs-verbal a Ă©tĂ© dressĂ© pour constater officiellement le rĂ©sultat des louilles. Aux termes de ce procĂšs-verbal, on a reconnu 1° Dans le prĂ©au du cloĂźtre et sous lâancienne Ă©glise abbatiale du XIIe siĂšcle, les vestiges trĂšs apparents de constructions gallo-romaines, nettement caracÂŹ tĂ©risĂ©es par des pans de murs en petit appareil avec chaĂźnes de briques, par la nature des mortiers, par de nombreux dĂ©bris de tuiles et de poteries, par des traces dâincendie et dâune salle bĂ©tonnĂ©e. La situation de ces ruines au- dessous du sol du XIIe siĂšcle, ainsi que leurs caractĂšres techniques, indiquent dâune maniĂšre indiscutable quâelles appartiennent Ă un Ă©tablissement gallo- romain trĂšs antĂ©rieur Ă la premiĂšre Ă©glise abbatiale. 2° Ils ont reconnu, dans la chapelle Saint-Martin, lâexistence, Ă cinquante centimĂštres au-dessous du niveau du carrelage actuel, dâun systĂšme de muÂŹ railles sâĂ©tendant sous les constructions du XIIe siĂšcle, et dessinant un Ă©diÂŹ fice primitif Ă chevet carrĂ©, composĂ© dâune nef principale de deux mĂštres cinq centimĂštres de largeur entre fondations, avec deux bas-cĂŽtĂ©s ou couÂŹ loirs latĂ©raux, de soixante-cinq centimĂštres de largeur. Ils ont reconnu en outre Ă lâintĂ©rieur de la nef principale de cet Ă©difice primitif, du cĂŽtĂ© de lâĂ©pĂźtre, etĂ cinquante centimĂštres Ă©galement au-dessous du sol, lâemplacement dâun sarcophage antique adjacent aux fondations. Ce sarcophage, en partie conservĂ©, leur ayant Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©, ils ont constatĂ© que les plats Ă©taient faits au taillant, les deux tĂȘtes Ă la pointe striĂ©es en double chevron, et que les arĂȘtes ne portaient aucune ciselure, caractĂšres D ';C > U V KRTES A R C H ĂO U Ă l'abbay Nymphe J 1 âą .. I IO . . ,>uus du K. P. du la Croix ; Saint -Ma ii r. irallo-romaine CHRONIQUE 505 distinctifs de lâĂ©poque avancĂ©e mĂ©rovingienne. Ce sarcophage avait Ă©tĂ© fouillĂ© et Ă©tait isolĂ© au milieu de sĂ©pultures toutes diffĂ©rentes. -H- Un trĂ©sor de quarante et quelques piĂšces d'or des rĂšgnes de Louis XIV et de Louis XV a Ă©tĂ© trouvĂ© aux environs de Fontenay, dans lâintĂ©rieur dâun soliveau dâune maison en dĂ©molition. Lâune dâelles, qui mesure 28 millimĂštres de diamĂštre, Ă lâeffigie de Louis XV et datĂ©e de 1723, dâune merveilleuse conservation, est entrĂ©e dans la collection dĂ©jĂ si prĂ©cieuse de M. O. de Rochebrune. -N- Une autre dĂ©couverte nous est signalĂ©e dans le VendĂ©en, par notre ami H. Renaud En creusant les caves de la maison quâun honorable propriĂ©taire de notre ville, M. Poiraud, fait construire Ă lâangle de la rue Travot et de la place des Bains, on lait depuis quelques jours des dĂ©couvertes assez intĂ©ressantes. Câest ainsi quâon a trouvĂ© des pots en terre dâune forme trĂšs curieuse et fort ancienne, ainsi que des ossements, ce qui nâa, du reste, rien dâextraordinaire, puisquâon se trouve lĂ Ă lâextrĂ©mitĂ©-est de lâancien cimetiĂšre des Sables. Mais ce qui Ă©veille Ă un trĂšs haut point la curiositĂ© de tous les passants, câest la mise au jour dâun mur de 1 m. 50 de largeur, allant dans la direction du Ce mur est construit en grand appareil, câest-Ă -dire en pierres taillĂ©es et venant du rocher rouge, d'aprĂšs les entrepreneurs, lesquelles pierres sont liĂ©es entre elles seulement avec du mortier. On a bien trouvĂ© aussi le mur dâune maison perpendiculaire Ă celui-ci, mais il est facile de voir que la construction de ce second mur n'est as la mĂȘme que celle du premier. On se demande donc ce que pouvait bien ĂȘtre celui-ci, qui a toutes les apparences dâun mur de fortification. Il est bon de rappeler quâen vertu de lâOrdonnance du 10 novembre 1472, signĂ©e sur 1a, requĂȘte de Cornalines, auquel il venait de donner la principautĂ© de Talmont, dont dĂ©pendait la ville des Sables, et datĂ© de la maison de chasse de Bine Chien , situĂ©e prĂšs du PuybĂ©liard, Louis XI avait exemptĂ© et affranchi les habitants des pa- roisses dâOlonne et de la Chaume de toutes tailles et aydes quelconques, v moyennant quâils seront tenus de aire clore et fermer de tours, portaulx et murailles, ladite ville des Sables, et y faire les fortifications advisĂ©es par les sires de Bressuire et du Fou. » Puis, Ă la suite de la prise et du sac des Sables par les protestants, en mars 1570, les habitants de la Chaume, zĂ©lĂ©s protestants animĂ©s par une ancienne jalousie et la diversitĂ© de religion, se vengĂšrent des Sablais en dé molissant les murailles et en dĂ©truisant une partie delĂ ville. a II est donc permis de supposer que le mur en question ne serait pas autre chose quâun reste des anciennes fortifications de la ville Ă©levĂ©es en vertu de lâordonnance de 1472. » -h- Signalons enfin les intĂ©ressantes fouilles qui ont Ă©tĂ© faites au mois d'octobre dernier sous le second dolmen inĂ©dit ? » de Xanton- Chassenon, par MM. Gharier-Fillon, le docteur Dussault, de la Ro- 506 CHRONIQUE chelle, LacouloumĂšre et Brochet. Ces fouilles ont rĂ©vĂ©lĂ© la prĂ©sence sous ce dolmen dâune quantitĂ© assez considĂ©rable dâossements, de dĂ©bris de poterie gauloises et romaines, etc... -K Le vĆu que M. RenĂ© Vallette formulait au CongrĂšs bibliograÂŹ phique international qui sâest tenu Ă Paris en avril dernier, parait avoir trouvĂ© un Ă©cho Ă Toulouse. M. lâabbĂ© Batiffol, en prenant la direction de l'Institut catholique vient, en effet, dây crĂ©er une chaire dâArchĂ©ologie chrĂ©tienne. -K La collection archĂ©ologique de M. NapolĂ©on Jolly, de Luçon, vient de sâenrichir, entre autres objets prĂ©cieux, dâun trĂšs intĂ©ressant maÂŹ nuscrit du XIVe siĂšcle, en parfait Ă©tat de conservation et illustrĂ© de superbes enluminures. -h Le musĂ©e de Niort sâest Ă©galement enrichi de plusieurs haches celtiques trouvĂ©es aux environs de Mareuil. -H- La fabrique de la paroisse de ChĂąteauneuf VendĂ©e met, paraĂźt- il, en vente la curieuse cloche XVe siĂšcle de son Ă©glise, dont notre collaborateur, M. lâabbĂ© Teillet, donnait rĂ©cemment ici mĂŽme la description . Tout en reconnaissant que cet objet dâart campanaire est digne de figurer dans lâun de nos musĂ©es, nous ne pouvons qu'exÂŹ primer une fois de plus le trĂšs vif regret de voir les Ă©glises se desÂŹ saisir si aisĂ©ment des prĂ©cieux souvenirs dont nos pĂšres avaient enrichi leurs trĂ©sors. A lâAcadĂ©mie Française. â RemarquĂ© avec plaisir dans la liste des nouveaux laurĂ©ats de lâAcadĂ©mie Prix de vertu Marie BĂ©nĂ©teau, de Saint-Gilles-sur-Vie. MĂ©daille de 500 fr. Prix Montyon Y Histoire de la littĂ©rature française au dix-sepÂŹ tiĂšme siĂšcle , de notre Ă©minent maĂźtre et ami, le R. P. Longhaye; 1000 fr.; â Jolies Ames, de notre confrĂšre et ami, Ch. Foley 500 fr. Brigandes , de M. AndrĂ© Godard 500 fr. Prix Marcelin GuĂ©rin 1000 fr. Ă notre trĂšs distinguĂ© confrĂšre M. L. Audiat, de Saintes, pour son rĂ©cent ouvrage ; Deux victimes des septembriseurs. CongrĂšs et SociĂ©tĂ©s savantes. â Le CongrĂšs catholique national a terminĂ©, le 3 dĂ©cembre, ses sĂ©ances. La rĂ©union de clĂŽture avait attirĂ© une foule trĂšs considĂ©rable Ă la salle de la SociĂ©tĂ© de GĂ©ograÂŹ phie, oh beaucoup de personnes nâont pu trouver place. Quatre discours, au cours de cette derniĂšre rĂ©union, ont Ă©tĂ© proÂŹ noncĂ©s, et le premier par notre jeune et distinguĂ© compatriote. CHRONIQUE 507 de lâAssociation de la Jeunesse catholique, sur la nĂ©cessitĂ© qui sâimpose aux catholiques de revendiquer hautement, comme citoyens, leurs droits et leurs libertĂ©s, et de lutter contre les adverÂŹ saires de lâEglise sur le triple terrain de la parole, de la presse, des manifestations, sans refuser jamais le combat ». -H- Le 37e CongrĂšs des SociĂ©tĂ©s savantes aura lieu en 1899, Ă TouÂŹ louse, durant la semaine de PĂąques. Nous tenons Ă la disposition de nos amis le programme des questions proposĂ©es par ce CongrĂšs. Art chrĂ©tien. â Les RR. PP. Maristes ont inaugurĂ©, le 2 octobre Ă Rome, une jolie Ă©glise dĂ©diĂ©e Ă Notre-Dame du Rosaire. Lâornementation, Ă la fois sobre et de bon goĂ»t, de ce bijou du style roman, est lâĆuvre dâun de nos compatriotes, M. Arthur GuĂ©niot, dont la famille habite la Roche-sur-Yon. -h- La statue de saint Lienne, ancien patron de lâĂ©glise de la Roche- sur-Yon, vient dâĂȘtre mise en place dans la chapelle Saint-Charles. Comme nos lecteurs peuvent sâen rendre compte par la reproducÂŹ tion que nous en donnons plus haut, son auteur, M. Fulconis, a trĂšs heureusement rendu lâexpression de caractĂšre que rĂ©vĂ©laient les anciens prĂ©lats chrĂ©tiens. AppuyĂ© sur la crosse abbatiale, le saint moine se tient debout dans une attitude simple, et semble haÂŹ ranguer son fidĂšle troupeau. La bĂ©nĂ©diction de cette statue doit avoir lieu le 1â' fĂ©vrier prochain, jour de la fĂȘte du saint. -h- M. Huysmans, le romancier bien connu, se retire auprĂšs des BĂ©nĂ©dictins de LigugĂ©, pour y fonder, dit-on, une colonie dâartistes chrĂ©tiens. Câest le cas de rappeler que LigugĂ© fut, du onziĂšme au dix-septiĂšme siĂšcle, un des prieurĂ©s extĂ©rieurs les plus florissants de lâabbaye de Maillezais. -H- Mme la comtesse de Courcy, nĂ©e de Saint-Germain, vient dâorner le petit bourg de la Meilleraye dâune magnifique statue du SacrĂ©- CĆur. Elle a de mĂȘme fait Ă©lever dans le joli parc qui entoure son chĂąteau de la Mothe, une grande et belle statue de de Lourdes. -K A Benet, le 5 novembre, baptĂȘme dâune cloche, par Mk1- lâĂ©vĂȘque de Luçon. Cette nouvelle cloche pĂšse 1130 kilos. Elle a Ă©tĂ© fondue^ dit son inscription, au moyen dâune subvention de 500 francs de la part des communes de Benet et de Lesson... Elle a eu pour parrain M. Pierre Giraud et pour marraine M110 Marie-Madeleine Giraud. Elle porte le nom de Marie-ImmaculĂ©e, comme lâancienne quâelle remplace, et qui avait Ă©tĂ© baptisĂ© du mĂȘme nom, en 1848. » 508 CHRONIQUE Le Poitou a lâExposition de 1900. â Par arrĂȘtĂ© ministĂ©riel en date du 24 septembre, notre confrĂšre, M. Gustave Boucher, directeur du Pays Poitevin et secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la SociĂ©tĂ© dâEthnographie nationale et dâart populaire , a Ă©tĂ© nommĂ© [membre du ComitĂ© dâadmission Ă lâExposition de 1900, groupe XII, classe 71. Ce groupe se propose dâorganiser, Ă lâExposition, des fĂȘtes provinciales, basĂ©es sur les traditions locales, dans le genre de celles qui eurent lieu Ă Niort en 1896, et Ă Saint-Jean-de-Luz en 1897, sous la direction de notre compatriote. M. Gustave Boucher Ă©tait donc tout dĂ©signĂ© pour les fonctions qui lui sont confiĂ©es. Sous son impulsion les fĂȘtes provinciales ne peuvent manquer dâavoir une trĂšs grande importance au point de vue des mĆurs en France, et serviront grandement la cause du rĂ©gionalisme. Le ComitĂ© doit, en effet, comme consĂ©cration de ses travaux, publier, sous le titre de La Tradition Nationale un ouvrage en 20 volumes illustrĂ©s, divisĂ© par rĂ©gions et reproduisant tout ce qui constitue la physioÂŹ nomie particuliĂšre de nos provinces chansons, danses, lĂ©gendes, coutumes, costumes, mobilier, etc. Ce sera lĂ un vĂ©ritable monument Ă©levĂ© Ă la gloire des petites patries et de la grande. Nous y apporterons personnellement notre plus dĂ©vouĂ© concours. Pour la Patrie. â Le onze septembre, aux Essarts, on a fĂȘtĂ© solennellement les VĂ©tĂ©rans de 1870. AprĂšs la remise du drapeau, a eu lieu la cĂ©rĂ©monie religieuse un service a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© pour les Ăąmes des camarades tombĂ©s au champ d'honneur. Câest lâabbĂ© Ch. Lhomme, curĂ© de Benet, ancien vicaire des Essarts et ancien soldat lui-mĂȘme qui a pris la parole, aprĂšs lâĂ©vangile. Il a Ă©loquement rappelĂ© lâhĂ©roisme des VendĂ©ens et invitĂ© ses auditeurs Ă se pĂ©né trer des sentiments qui animaient leurs pĂšres et qui en firent des gĂ©ants v et des martyrs . Ce mĂȘme jour on cĂ©lĂ©brait Ă Montaigu la fĂȘte des survivants de lâannĂ©e terrible et, aprĂšs une messe chantĂ©e avec le concours des sociĂ©tĂ©s philarmoniques de Montaigu et de Cugand, on inaugurait au cimetiĂšre le monument une belle pyramide, surmontĂ©e dâune croix Ă©levĂ©e Ă la mĂ©moire des victimes de la derniĂšre guerre dans le canton . Au pied du monument M. le chanoine de Suyrot, ancien aumĂŽnier des VĂ©tĂ©rans, a prononcĂ© un discours vibrant de foi et depatriotisme. -K A lâoccasion de la distribution des rĂ©compenses aux laurĂ©ats de la SociĂ©tĂ© de tir mixte du 84* territorial, distribution qui a eu lieu au théùtre de Fontenay, le dimanche 9 octobre, notre excellent ami M. le capitaine Henri de Villedieu, avocat Ă la cour dâappel de Paris, a CHRONIQUE 500 prononce un fort remarquable discours, dont nous regrettons de ne pouvoir publier ici que la trĂšs Ă©loquente pĂ©roraison ; Travaillons sans perdre courage, a-t-il dit; que la trahison des uni, la ca oinnie rĂ©pandue par les autres , ne diminuent pas notre foi dans la destinĂ©e du drapeau. Inclinons-nous tous devant ses couleurs, acceptons sans discuier la discipline quâil nous impose. Câest Ă cette seule condition que la France reprendra son rĂŽle providentiel, Ă lâavant garde de la civiliÂŹ sation, pour le triomphe de la justice et la dĂ©fense des opprimĂ©s ; car ne lâoublions pas, Messieurs, partout oĂč lâon voit passer le drapeau de la France, on sait quâun grand principe le prĂ©cĂšde et quâun grand peuple le suit. » Nos compatriotes. â A propos des rĂ©centes expĂ©riences de tĂ©lé graphie sans fil, faites Ă Paris et en province et notamment par notre distinguĂ© compatriote M. Emmanuel AimĂ©, l 'Eclair a justement rapÂŹ pelĂ© que la possibilitĂ© des communications Ă distance sans interÂŹ mĂ©diaire transmetteur, a Ă©tĂ© affirmĂ©e il y a prĂšs de cinquante ans dĂ©jĂ , par Jules Allix, inventeur et vulgarisateur des escargots sympaÂŹ thiques.'. M. Jules Allix,qui vit encore Ă Paris, est nĂ© Ă Fontenay, dâune honorable famille de nĂ©gociants du quartier des Loges. Les enfants Allix trois filles et un fils Ă©taient forts bien douĂ©s, et lâune des sĆurs de Jules avait un vĂ©ritable tempĂ©rament dâartiste avec une voix superbe; elle habita quelque temps Guernesey, auprĂšs de Victor Hugo, lâillustre proscrit. Jules Allix, hantĂ© de rĂȘves humanitaires, fit en 1871 partie de la Commune. Mais les conseils de guerre ne traiÂŹ tĂšrent que comme une simple et inolfensive manie sa participation plutĂŽt thĂ©orique Ă cette insurrection. -K M. Alfred Loquet, fils du sympathique architecte dĂ©partemental de la VendĂ©e, vient dâĂȘtre reçu Ă lâEcole centrale des Arts et ManuÂŹ factures avec le numĂ©ro 102 sur 234. -h- Le bulletin des FacultĂ©s catholiques de l'Ouest nous apprend que MM. Victor Fradet, Maurice Tournemire , Charles Gateau, Marius Guillery, Edouard Millet et Louis Vinet, appartenant tous au diocĂšse de Luçon, ont passĂ© avec succĂšs devant la FacultĂ© de thĂ©ologie dâAngers leurs examens dâauditeur ou de bachelier. -h- M. Emmanuel AimĂ©, le sympathique directeur du VendĂ©en de Paris », est nommĂ© secrĂ©taire-gĂ©nĂ©ral de Y AĂ©ro-Club de France. -K M. Pierre Bardin de Luçon, vient dâĂȘtre nommĂ© directeur de la maison dâautomobiles de Dion et Bouton. -H- Le Cercle central dâĂ©tudes sociales, dont M. l'abbĂ© Bordron est le dĂ©vouĂ© et distinguĂ© prĂ©sident, a ouvert Ă Paris la nouvelle sĂ©rie de ses rĂ©unions. -k Au CongrĂšs de la jeunesse catholique, qui sâest tenu en no- 510 CHRONIQUE vembre dernier Ă Besançon, notre distinguĂ© compatriote M. Henri Bazire, a prononcĂ© un trĂšs remarquable discours. -K Notre ami, le docteur Chevallereau, de Paris, vient d'Ăštre Ă©lu conseiller municipal de Charzais. -h- M. Emile Breteau, de Noirmoutier, entrĂ© depuis 18 mois Ă lâĂ©cole des Beaux-Arts, a obtenu une premiĂšre mention au conÂŹ cours dâanatomie. -h- Notre compatriote, lâexcellent tĂ©nor David a remportĂ© rĂ©cemÂŹ ment dans lâopĂ©ra de Mignon Ă la Renaissance de Nantes, de nouÂŹ veaux et mĂ©ritĂ©s succĂšs. Lazare Hoche et Quiberon. â A propos de la confĂ©rence de M. J. Philippe. â M. Jean Philippe, de Niort, a fait le 13 novembre, Ă la bibliothĂšque populaire de Fontenay, une confĂ©rence sur Lazare Hoche, quâil a, paraĂźt-il, qualifiĂ© Figure admirable de guerrier, exemple dâabnĂ©gation suprĂȘme et de dĂ©vouement Ă la patrie française, bien digne d'ĂȘtre donnĂ© en exemple aux jeunes gĂ©nĂ©rations . » {Avenir-Indicateur . Notre confrĂšre et ami, Edmond BĂ©raud, le distinguĂ© directeur de la Revue de l'Ouest , sâest immĂ©diatement inscrit en faux contre ces Ă©loges Non, parce que Hoche, qui avait au suprĂȘme degrĂ© le courage militaire, ignorait le courage civil. Sur le champ de bataille, il fut un hĂ©ros ; aprĂšs la bataille, il ne sut que courber la tĂȘte et trembla devant le pouvoir. Dans lâaffaire de Quiberon, il y eut capitulation, non pas Ă©crite, non pas mĂȘme verbale, faite dâaprĂšs toutes les rĂšgles. Mais il y eut capitulation en ce sens que, dâabord, le gĂ©nĂ©ral Humbert cria aux royalistes Rendez-vous , on ne vous fera aucun mal », que Hoche, ensuite, encouragea Sombreuil Ă se rendre, en se fiant Ă la loyautĂ© rĂ©publicaine. . La conscience de Hoche Ă©tait donc engagĂ©e, et Sombreuil avait le droit de dire b ses soldats, en sortant de son entrevue avec le gĂ©nĂ©ral rĂ©publicain Il y a capitulation. Moi seul en suis exceptĂ©. » Or, 4,000 soldats furent massacrĂ©s ! Et quand Sombreuil parut devant la commission militaire, il accepta la mort Ă laquelle il sâĂ©tait vouĂ© pour sauver ses compagnons, mais il jura quâon avait promis la vie aux prisonniers. * J'en appelle Ă votre tĂ©moignage , grenadiers 1 » sâĂ©cria-t-il. â C'est vrai », rĂ©pondirent ceux-ci et le prĂ©sident de la commission miÂŹ litaire, le chef de bataillon Laprade, se retira, dĂ©clarant quâil nâavait pas le droit de juger des prisonniers qui avaient capitulĂ©. » Les soldats et les officiers commandĂ©s pour lâexĂ©cution refusĂšrent Ă leur tour dâaccepter une tĂąche dâassassins; il fallut avoir recours Ă un bataillon de Paris. Hoche, dont la parole couvrait les prisonniers, protesta-t-il? Non, il eut CHRONIQUE 511 peur de passer pour suspect, et devant le dĂ©chaĂźnement des passions fuÂŹ rieuses, il n'hĂ©sita pas, il sacrifia sa conscience, Il se contenta, dans une lettre confidentielle Ă . Carnot 30 pluviĂŽse an IV Corresp. de Hoche, Rousselet dâappeler le gĂ©nĂ©ral Lemoine, qui avait nommĂ© les commissions militaires le buveur de sang », et partit prĂ©cipiÂŹ tamment pour Rennes, trois jours aprĂšs la capitulation pour ne pas ĂȘtre tĂ©moin des exĂ©cutions », comme il lâĂ©crivait Ă Rouget de Lisle Souvenirs, Page III. En dĂ©finitive, Hoche, dont la conscience Ă©tait torturĂ©e, nâeĂ»t pas le courage dâempĂȘcher la violation de la parole quâil avait donnĂ©e, il nâeut pas le couÂŹ rage dâĂȘtre loyal et humain. Il prĂ©fĂ©ra, comme Pilate, sâen laver les mains et fuir. Son abstention aprĂšs le combat, dit un auteur peu suspect, M. Albert Dupuy Revue des Deux-Mondes , 15 juin 1884, son inertie si contraire Ă sa nature, et si choquante au regard de sa vie tout entiĂšre, son adhĂ©sion silencieuse aux massacres de Vannes etdâAuray, tout se rĂ©unit ici contre sa mĂ©moire et lâaccuse. » , E. B. -H- Le 4 dĂ©cembre, notre sympathique collaborateur et ami M. Francis Eon a fait au théùtre de Fontenay une confĂ©rence trĂšs justement applaudie sur Le Chemineau , de Richepin. Théùtres et FĂȘtes. â Si nous sommes bien renseignĂ©, et nous avons quelque raison de croire lâĂȘtre, M. le docteur P. Corneille le trĂšs distinguĂ© directeur du Mercure Poitevin, aurait lâintention de faire lâĂ©tĂ© prochain reprĂ©senter en plein air dans le fĂ©erique dĂ©cor de lâancien chĂąteau de Fontenay, sa tragĂ©die d 'Erinna, qui a obtenu en septembre dernier Ă la Mothe-Saint-HĂ©ray un si lĂ©gitime succĂšs. Ajoutons quâune charmante pantomime inĂ©dite de notre excellent collaborateur et ami A. Bonnin, orchestrĂ©e avec son accoutumĂ© talent par le maĂ©stro fontenaisien Arthur de la VoĂ»te, servirait de prĂ©lude Ă cette exquise soirĂ©e dramatique. -K Une grande fĂȘte champĂȘtre et scientifique organisĂ©e par M. lâabbĂ© Piberne, curĂ© de la paroisse, a eu lieu le 25 septembre 1898 Ă LâOrbrie, prĂšs Fontenay. Notre aimable et distinguĂ© confrĂšre M. Emmanuel AimĂ©, ré dacteur en chef du VendĂ©en de Paris, y a fait une confĂ©rence accomÂŹ pagnĂ©e dâexpĂ©riences trĂšs applaudies sur le TĂ©lĂ©graphe sans fil. Le deuxiĂšme centenaire du prieur poĂšte Gusteau. â Nous avons le projet de cĂ©lĂ©brer, le 16 mars prochain Ă Fontenay, de concert avec M. lâabbĂ© Mouchard, qui vient dâen tracer pour la Revue, et sur documents inĂ©dits, une curieuse biographie, le deuxiĂšme centeÂŹ naire de la naissance de lâabbĂ© Gusteau, lâauteur des vieux et si populaires NoĂ«ls en patois poitevin. Nous reparlerons de ce projet dans notre prochain fascicule. 512 CHRONIQUE -H- Le dĂźner de la Moujette. â Le 4 dĂ©cembre, a eu lieu au ResÂŹ taurant Vantier, 8, avenue de Clichy, Ă Paris, le sixiĂšme banquet de l' Union fraternelle des VendĂ©ens de Pans. On y a mangĂ© la soupe aux choux, la moujette envoyĂ©e par M. le comte de Guerry, et la fressure expĂ©diĂ©e de VendĂ©e par M. RenĂ© Vallette. Puis on a chaleureusement applaudi les toasts de M. le prĂ©sident CorniĂšre, du contre-amiral Richard, de MM. Halgan, sĂ©nateur, Bourgeois et Guillemet, dĂ©putĂ©s ; du baron de Mesnard, ancien diploÂŹ mate, et de lâabbĂ© Bordron ; et aprĂšs avoir de mĂȘme fait fĂȘte au chansonnier vendĂ©en Canqueteau et Ă Mlle Lavigne, de lâOpĂ©ra- comique. . . et de Luçon, on a dansĂ© jusquâau jour. DĂ©corations. â A lâoccasion de la fondation d'une succursale de sa maison de librairie Ă Rome, M. Armand Marne, le cĂ©lĂšbre Ă©diteur de Tours, vient dâĂȘtre fait chevalier de lâordre de saint GrĂ©goire le Grand, par S. S. LĂ©on XIII. Nous lui adressons nos meilleurs compliments. Nouveaux Collaborateurs. â Trois noms nouveaux â et non des moindres â Ă ajouter Ă la liste de nos distinguĂ©s et dĂ©vouĂ©s collaÂŹ borateurs MM. Louis de Grandmaison, archiviste dâIndre-et-Loire-, A. Barrau, de la SociĂ©tĂ© des Gens de Lettres et Henri Bazire, docteur en droit. -K Nous envoyons Ă notre excellent dessinateur et ami, Gaston Girault, architecte Ă Epernay, que cloue depuis plusieurs mois au lit une douloureuse maladie, nos vĆux les plus ardents de prompte et complĂšte guĂ©rison, en mĂȘme temps que lâexpression de nos touÂŹ jours bien vives sympathies. Carnet mondain. â Le 26 septembre dernier a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©, dans la coquette Ă©glise de Faymoreau, le mariage de MUc Françoise de la BoutetiĂšre avec M. Maurice de Concourt. La bĂ©nĂ©diction a Ă©tĂ© donnĂ©e aux jeunes Ă©poux par M. lâabbĂ© Rous- selot, le vĂ©nĂ©rable curĂ© de Faymoreau, qui a, dans une touchante allocution, rappelĂ© les gloires des deux familles notamment lâalliance des Goncourt avec la famille de Jeanne dâArĆ et de saint François de Sales -, et la parentĂ© des PrĂ©vost de la BoutetiĂšre avec un Ă©vĂȘque de Poitiers au XIIIe siĂšcle, le cardinal-duc de la Fare, et le gĂ©nĂ©ral vendĂ©en de Sapinaud. M. lâabbĂ© LacĂŽte, de Niort, a excellemment exĂ©cutĂ©, durant la messe, plusieurs morceaux de chant, quâaccompagnait avec son accoutumĂ© talent notre ami G. DĂ©rĂ©. CHRONIQUE 513 M. le comte RenĂ© de la BoutetiĂšre conduisait la gracieuse mariĂ©e Ă lâautel. Venaient ensuite M. de Goncourt et sa mĂšre ; M. de Bau- dicourt et la comtesse de la BoutetiĂšre ; le comte Louis de la BouteÂŹ tiĂšre et Mme Becquey ; M. Joseph de Goncourt et la vicomtesse de MontferrĂ© ; le comte de Sapinaud et Mme J. de Goncourt ; M. de la Mairie et Mlle Germaine de la BoutetiĂšre ; M de Baudicourt et la comtesse Louis de la BoutetiĂšre ; le vicomte de MontferrĂ© et la comÂŹ tesse de Landrian, chanoinesse de BrĂŒnn -, M. Grellet de la Deyte et la vicomtesse dâAurelles de Montmorin ; le vicomte dâAurelles et la comtesse de Cholet ; le comte de Cholet et Mm de Maynard ; M. Becquey et MUo dâAurelles, etc. RemarquĂ© dans la nombreuse assistance princesse Jeanne BonaÂŹ parte, marquis et marquise de Cumont, marquise de Villeneuve, comÂŹ tesse de Villeneuve, Mmo et Mlle Pichard du Page, Mme de Pontlevoy, MM. et Mm6S Savary de Beauregard, Gaston Sabouraud, Bry, Pom- meraye, Jean et Pierre de Fontaines, de la MardiĂšre, Coyraud des Loges, Mm0etMlle Chabot de PĂšchebrun, Mlles de Clisson, Mme et Mlles de Saint-Didier, Mme et MUe Lucas, comte et comtesse de Mon- tauson, Mme de la Giclais, Bailly, etc. MM. de Chabot, de Grimoiiard, de Monti, de Ferrand, Joffrion, RenĂ© Vallette, Rampillon de la LargĂšre, Perreau de Launay, Pichard de la CaillĂšre, Morand, les lieutenants Pillard, dâAmbels, de Reboul, etc... A lâissue de la cĂ©rĂ©monie, un lunch merveilleusement servi rĂ©uÂŹ nissait, Ă lâombre des sĂ©culaires futaies de son magnifique parc, tous les invitĂ©s de Mme la comtesse de la BoutetiĂšre, et au champagne, M. Grellet delĂ Deyte, cousin de la mariĂ©e, portait en termes exÂŹ cellents la santĂ© des jeunes Ă©poux. Nous leur adressons de mĂȘme nos meilleurs vĆux de bonheur. P. S. â Notre prochain fascicule â le premier de lâannĂ©e 1899 â sâannonce comme exceptionnellement intĂ©ressant. Outre les travaux en cours de publication, tels que V Histoire du ClergĂ© VendĂ©en penÂŹ dant la RĂ©volution , celle dâun Drapeau de la Grande Guerre, l'Essai d'Epigraphie VendĂ©enne, etc. il, contiendra de nouvelles et inĂ©dites pages, et notamment le dĂ©but dâune importante Ă©tude dâhistoire locale, ornĂ©e de nombreuses illustrations, et dont nos lecteurs sauÂŹ ront certainement apprĂ©cier tout lâintĂ©rĂȘt. -K RĂ©pondant enfin aux dĂ©sirs qui nous ont Ă©tĂ© maintes fois expriÂŹ mĂ©s, nous espĂ©rons pouvoir prochainement donner Ă la Revue, et sans augmentation de prix, une pĂ©riodicitĂ© plus frĂ©quente. TOME XI. â OCTOBRE, NOVEMBRE, DĂCEMBRE- 34 514 ĂCROLOGIE NECROLOGIE Pierre LUGUET, propriĂ©taire, dĂ©cĂ©dĂ©, le 7 septembre 1898, au chĂąteau dâOleron, dans sa 89e annĂ©e. M. Pierre Luguet Ă©tait le pĂšre de notre trĂšs distinguĂ© maĂźtre et ami, M. Henri Luguet, professeur honoraire de la FacultĂ© des Lettres de Poitiers, auquel nous renouvelons lâassurance de nos plus douloureuses sympathies. M. Ernest MOLLER, dĂ©cĂ©dĂ© subitement le 26 septembre, en son chĂąteau de Chassenon, dans sa 73e annĂ©e. Le dĂ©cĂšs de M. Moller met en deuil les familles Querqui, Moller, Chevallereau et Raymond de Fontaines, auxquelles nous adressons nos sincĂšres condolĂ©ances. Mrne BABIN DES BRETINIĂRES, dĂ©cĂ©dĂ©e en son chĂąteau de Loge- Fougereuse, le 7 octobre 1898, dans sa soixante-douziĂšme annĂ©e. Mme Babin, s'est Ă©teinte, les mains pleines de mĂ©rites et de bonnes Ćuvres. Aussi la tristesse est-elle profonde dans la rĂ©gion quâelle habitait et oĂč tous lâestimaient et lâaimaient. Cette mort met en deuil les familles Brisson, Duret, Jolly, etc. auxquelles nous offrons nos plus vives condolĂ©ances. M. Valentin-Henri TEXIER, ancien conseiller dâarrondissement, notaire honoraire, dĂ©cĂ©dĂ© au Breuil-Barret, le 13 octobre, dans sa 85e annĂ©e. M. A. LIĂVRE, ancien pasteur, conservateur de la BibliothĂšque municipale de Poitiers, chevalier de la LĂ©gion dâhonneur, officier de lâInstruction publique, dĂ©cĂ©dĂ© subitement chez son gendre M. Dez, professeur au LycĂ©e Bufton, le 14 octobre 1898, dans sa 71e annĂ©e. NĂ© Ă Bazoges-en-Pareds, en 1828, M. LiĂšvre laisse de nombreux travaux dâhistoire et dâarchĂ©ologie qui tĂ©moignent dâune profonde Ă©rudition. Son Histoire des protestants du Poitou, Ćuvre de jeunesse, 1856-59 est plus particuliĂšrement connue. Mais il faut Ă©galement citer de lui L'Ă©glise et les philosophes au X VIIIe siĂšcle ; â Exploration archĂ©ologique du DĂ©partement de la Charente 1 vol. in-8° 1894 ; AngoulĂšme, histoire, institutions et Monuments. 1885, i nâ 12 GH ItOW QUE-NĂCROLOGIE 515 Deux fouilles dans la Braconne in-8° 1886 ; La misĂšre et les EpidĂ©mies Ă AngoulĂȘme aux XVIe et XVIIe siĂšcles in-8° 1886 ; Les Chemins Gaulois et Romains entre la Loire et la Gironde, in-8° 1892 ; Sanxay Poitiers, 1892, in-12 ; Le ChĂąteau et la ChĂątellenie de Bar- bezieux Paris, 1890, in-8°; Les AgĂ©sinates Paris, 1893, in-8a ; Les Puits funĂ©raires Poitiers, 1894,in-8° ; Les TaĂŻfales du Poitou Paris, 1897, in-8° ; Les tours et les chĂąteaux de GannĂȘ, commune de Vivonne Vienne, in-8°, 1890 Notes sur CouhĂȘ et ses environs 2 vol. in-8°, 1869-72, etc. Mma Vv* MARTY, nĂ©e Clara-ClĂ©mentine ROUSSEAU, dĂ©cĂ©dĂ©e dans sa 72' annĂ©e. Mme Marty laisse deux enfants M. le docteur Marty, mĂ©decin- major de lr* classe Ă lâhĂŽpital militaire de Belfort, chevalier de la LĂ©gion dâhonneur, et Mme Besson, auxquels nous exprimons nos sincĂšres condolĂ©ances. Mme Vve BLAMPLAIN, dĂ©cĂ©dĂ©e le 5 novembre, Ă lâĂąge de 71 ans, dans son chĂąteau de Sigournais. La mort de cette femme de bien sera vivement ressentie dans toute la contrĂ©e dont elle Ă©tait la Providence; elle causera non moins de regrets dans la sociĂ©tĂ© vendĂ©enne, oĂč elle tenait une des premiĂšres places par la bontĂ© de son cĆur, ses maniĂšres afĂŻables et le charme de son esprit. Mm9 Rose-Julie-Elisa MIGNET, veuve de M. François-Isidore BONNAUD, notaire honoraire, dĂ©cĂ©dĂ©e Ă Fontenay-le-Comte , le 6 novembre, dans sa 83* annĂ©e. Mm Henri NORMAND, nĂ©e Jeanne-Claire-Clety-Elvire LA- COMBE, Ă©pouse de M. Normand, avouĂ©, ancien lieutenant des mobiles vendĂ©ens, chevalier de la LĂ©gion d'honneur, dĂ©cĂ©dĂ©e Ă Fontenay, le 6 novembre, dans sa 47e annĂ©e. Ses obsĂšques ont eu lieu, le 7, Ă 2 heures du soir en lâĂ©glise Notre-Dame, au milieu dâune immense et sympathique assistance. Le char funĂšbre, qui lâa conduite au champ du repos, Ă©tait tapissĂ© de gracieuses couronnes de fleurs naturelles , parmi lesquelles figurait celle oflerte par la direction de la Revue du Bas-Poitou Ă sa trĂšs regrettĂ©e collaboratrice. M. Ambroise-Emilien-AimĂ©-Alexis VIAUD-GRAND-MARAIS, notaire Ă Nantes, dĂ©cĂ©dĂ© le 7 novembre 1898, Ă lâĂąge de 37 ans. Nous renouvelons Ă notre trĂšs distinguĂ© collaborateur M. le docÂŹ teur Viaud-Grand -Marais, son pĂšre, l'expression bien sincĂšre de nos douloureuses sympathies. 516 CHRONIQUE-NĂCROLOGIE M. l'abbĂ© François CLAVIER, vicaire Ă Beaufou, dĂ©cĂ©dĂ© le 14 noÂŹ vembre, dans sa 31e annĂ©e. M. Gabriel ESPIERRE, prĂ©sident de chambre Ă la Cour dâappel de Poitiers, dĂ©cĂ©dĂ© le 23 novembre, Ă lâĂąge de 58 ans. M. Espierre Ă©tait originaire de Fontenay, oĂč sa famille compte de nombreuses sympathies. Nous offrons Ă son frĂšre, M. Ernest Espierre, ancien maire et conÂŹ seiller gĂ©nĂ©ral de Fontenay, la nouvelle expression de nos sincĂšres condolĂ©ances. M. le docteur Paul F1LAUDEAU, officier dâAcadĂ©mie, dĂ©cĂ©dĂ© Ă la Roche-sur-Yon, le 25 novembre 1898, Ă lâĂąge de 64 ans. M. lâabbĂ© Auguste ARNAUD, curĂ© de BouffĂ©rĂ©, dĂ©cĂ©dĂ© le 27 noÂŹ vembre 1898, Ă lâĂąge de 75 ans. Mme AUDIGĂ, mĂšre de Mmc Henri DUCHAINE, dĂ©cĂ©dĂ©e Ă la suite dâune longue maladie. Cette mort met en deuil les familles Grassin-Delisle et V alenciennes auxquelles nous offrons nos respectueuses sympathies. M. lâabbĂ© Edmond GRAIZE, chanoine titulaire, aumĂŽnier de la prison, dĂ©cĂ©dĂ© Ă La Roche-sur-Yon, le 15 dĂ©cembre 1898, Ă lâĂąge de 63 ans. CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE 517 BIBLIOGRAPHIE Le premier volume de lâ Inventaire sommaire des Archives dĂ©parÂŹ tementales de la VendĂ©e antĂ©rieures Ă 1790, vient de paraĂźtre. Ce volume qui comprend la sĂ©rie A. B. C. des Archives et ne compte pas moins de 500 et quelques pages grand in-4° Ă 2 colonnes dâimpression, reprĂ©sente une somme dâĂ©rudit labeur, dont nous ne voulons pas ĂȘtre les derniers Ă vivement fĂ©liciter lâaimable et savant archiviste de la VendĂ©e, M. Gabriel Barbaud. LâInventaire proprement dit, qui vise tous les documents relatifs aux Actes du pouvoir souverain et du domaine public sĂ©rie A, aux justices royalee et seigneuriales et Ă la Maitrise des eaux et forĂȘts de Fontenay sĂ©rie B, Ă l 'Intendance de Poitiers et Ă l 'AssemblĂ©e proÂŹ vinciale du Poitou sĂ©rie C, est prĂ©cĂ©dĂ© dâune trĂšs prĂ©cieuse Ă©tude de M. Barbaud sur le Bas-Poitou en 1789 , et d'un Essai non moins utile sur le ressort des justices royales du Bas-Poitou , principaleÂŹ ment pour la partie correspondante au dĂ©partement de la VendĂ©e. Nous reparlerons, et avec plaisir, de ce colossal travail, appelĂ© Ă rendre aux historiens de notre rĂ©gion de signalĂ©s services, et dont quelques exemplaires seulement ont Ă©tĂ© mis dans le commerce au prix de 8 francs. â Les documents relatifs Ă lâĂźle de Noirmoutier et Ă son abbaye sont dispersĂ©s en plusieurs endroits ; ils ont Ă©prouvĂ© toutes les viÂŹ cissitudes qui ont accidentĂ© la vie de cette communautĂ© errante dont lâexode ne sâest terminĂ© quâen Bourgogne dans lâabbaye de Tournus. La principale Ă©tape des religieux fut Ă Carnauld, localitĂ© de Maine-et-Loire sise non loin de Saumur, qui a toujours conservĂ© des attaches avec les fils de Saint-Filibert jusquâau milieu du siĂšcle dernier. AliĂ©nĂ© Ă la famille Stapleton, le prieurĂ© est devenu proÂŹ priĂ©tĂ© particuliĂšre et est passĂ© avec une partie de ses titres entre les mains de la famille de Terrebasse qui heureusement a le culte des parchemins et nâa rien dĂ©truit. Non loin de Gunauld, Ă Gennes, habite un ancien Ă©lĂšve de lâĂ©cole des Chartes, M. Charles dâAchon, dont la vie sâĂ©coule dans lâĂ©tude du passĂ© et dans la recherche de tous les actes qui peuvent Ă©clairer notre histoire nationale. Il ne lui a pas Ă©tĂ© difficile dâavoir la clĂ© 518 CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE du chartrier de Cunauld, il a eu toutes les permissions quâil souhaiÂŹ tait et il a fait profiter son ami M. LĂ©on MaĂźtre de toutes les faveurs quâil obtenait. Nos deux Ă©rudits rĂ©unis ont compulsĂ©, retournĂ©, examinĂ© les parÂŹ chemins qui leur ont semblĂ© les plus vĂ©nĂ©rables et un beau jour, jour fortunĂ©, M. dâAchon a pu mettre entre les mains de son corÂŹ respondant trois piĂšces sur parchemin du plus haut intĂ©rĂȘt, que M. LĂ©on MaĂźtre sâest empressĂ© de livrer Ă la publicitĂ© avec un long et savant commentaire*. M. dâAchon se dissimule par modestie derÂŹ riĂšre son ami, mais il est Ă©vident que les VendĂ©ens lui doivent une bonne part de reconnaissance pour les lumiĂšres que sa dĂ©couverte va jeter sur les origines de Noirmoutier, de Saint-Philbert de Grand- lieu, de Beauvoir, et de bon nombre de localitĂ©s du Poitou. Les documents en question sont Ă citer. Le premier est une charte de lâĂ©vĂȘque de Poitiers Ansoald qui nâest pas autre chose que le titre mĂȘme de la fondation primordiale de lâabbaye bĂ©nĂ©dictine de NoirÂŹ moutier, datĂ© de la 2e annĂ©e du rĂšgne de Dagobert II, et dont M. LĂ©on MaĂźtre donne dans sa brochure une prĂ©cieuse reproduction photoÂŹ typique ; le second est un diplĂŽme des empereurs Louis Le Pieux et Lothaire pour le rĂ©tablissement du monastĂšre de Saint-Philbert de Noirmoutier, dĂ©truit sans doute par les Sarrazins vers 732, permetÂŹ tant aux religieux troublĂ©s dans leurs solitudes par les menaces des pirates, de choisir eux-mĂȘmes leur abbĂ©, les affranchissant de toutes contributions et de toutes corvĂ©es, approuvante construction dâune fortification autour du monastĂšre, les autorisant Ă appeler aux armes les colons libres et serfs de leurs domaines, exemptant ceux- ci de toute les corvĂ©es envers le fisc et le palais, etc. Ces deux documents Ă©taient inĂ©dits. Le troisiĂšme, qui nâavait Ă©tĂ© publiĂ© que d'une façon insuffisante, est relatif Ă la donation de Geilon aux religieux de lâabbaye de Saint-Philbert, comprenant le temporel du monastĂšre de Saint-Freigne, situĂ© dans le Poitou, lâAngoumois et la Saintonge. â Les gens qui nâont quâune incomplĂšte idĂ©e des travaux intellecÂŹ tuels, sâĂ©tonnent volontiers des justes lenteurs apportĂ©es dans la mise au jour de certaines Ćuvres littĂ©raires. Que de fois notamment nous avons entendu formuler ce sentiment Ă lâendroit de la nouÂŹ velle Ă©dition du Dictionnaire des familles du Poitou. Loin dâen faire un reproche Ă leurs savants auteurs, nous les fĂ©licitons, au conÂŹ traire et de tout cĆur, du soin quâils apportent dans la publication de cette Ćuvre considĂ©rable. 1 Cunauld , son prieurĂ© et ses Archives , in-8u de 29 p. Ext. de la BiblioÂŹ thĂšque de lâĂ©cole des Chartes t. L1X. 1898. CHRĂINIQUK-BIBLIOG R AP1IIE 519 Le 2e fascicule du tome IIIe qui vient de paraĂźtre Dreu Ă Esto, nous est une Ă©loquente preuve de lâĂ©rudition profonde et du consÂŹ ciencieux labeur, que ne cessent de mettre au service de cette mĂ©ritoire entreprise, MM. Beauchet-Filleau et leurs dĂ©vouĂ©s collaÂŹ borateurs. Si la place nous manque pour dire ici tout le bien que nous penÂŹ sons de ces nouvelles pages, nous tenons, du moins, Ă signaler hĂątivement le nom des principales familles du Bas-Poitou, dont on y retrouve la fidĂšle gĂ©nĂ©alogie, et parmi elles les Dreux de la Tu - dairiĂšre Aspremont ; Dreux de NancrĂš marquis de la FlocelliĂšre. Drolin Saint-Fulgent ; Drouault Saint-Jean-de-Monts et La Gar- nache, Drouet Moustier-sur-le-Lay ; Drouet de Mont g er mont ; Dubois Fontenay, Saint-Gyr-des-GĂąts, Rosnay, La Touche-Levrault ; Duchesne de Denant Fontenay et environs ; Dugast Beauvoir et Montaigu ; Duhoux d' Hauterive Noirmoutier ; Dupleix Sables dâOlonne et Beauvoir -, Dupont Fontenay ; Durand de Malvoisine, de Bellefond, de Challandry , et de Sallebeuf ; Durcot de la Rous- siĂšre et de Puitesson ; Durai de Chassenon ; Eschalard de la Bou- laye ; Escoubleau de Sourdis; Esgonniere du Thibeuf; Esnard Fon- tenay -, Espinasseau Puyraveau, Couteaux et BarbiniĂšre ; etc... â M. le baron de Brandois, le trĂšs sympathique conseiller gĂ©nĂ©ral du canton de la Mothe-Achard, nous a gracieusement offert la reÂŹ marquable Histoire gĂ©nĂ©alogique de la maison de Foucher , que vient de dresser, sur piĂšces authentiques Ă©manant des Archives naÂŹ tionales, du dĂ©partement de la VendĂ©e, et de celles aussi du chĂąteau de la Mothe-Achard, notre trĂšs Ă©rudit collĂšgue, M. le comte Auguste de Loisne, associĂ© correspondant national de la SociĂ©tĂ© des AntiÂŹ quaires de France grand in-4° de 228 p. tirĂ© Ă 100 exemplaires sur papier de Hollande. Abbeville, imp. Foudrinier, 1898. Nous nous bornerons pour aujourdâhui Ă enregistrer cette simple mention bibliographique, nous rĂ©servant de consacrer prochainement Ă ce prĂ©cieux volume et Ă lâillustre famille dont il redit lâhistoire, une notice plus complĂšte. â Notre compatriote et ami H. Boutet, lâexquis graveur des Parisiennes, vient de rĂ©unir en un charmant volume in-4° de 68 p., une collection de cent de ses plus dĂ©licieuses pointes-sĂšches. Nous espĂ©rons pouvoir prochainement consacrer Ă lâaimable artiste et Ă son oeuvre une plus dĂ©taillĂ©e notice. Mais nous tenons dĂšs aujourdâhui Ă lui adresser avec tous nos remerciements, toutes nos plus vives fĂ©licitations Un menhir chrĂ©tien. â M. le comte de Mont' vient de faire Ă©lever 520 CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE sur son domaine du Theil une croix en granit de Bretagne, dont le » piĂ©destal est un menhir trouvĂ© sur les bords du Gebron. La vue de ce menhir a inspirĂ© Ă notre excellent ami M. Emile Grimaud, le chantre bien connu de la grande Ă©popĂ©e vendĂ©enne, quatre strophes que nous dĂ©tachons du charmant article publiĂ© Ă ce propos dans Le GĂątinais, de Parthenay, par M. lâabbĂ© Courteaud, curĂ© dâAdilly A M. le comte de Monti de RezĂ©. Vous eĂ»tes, mon cher hĂŽte, une divine idĂ©e, Lorsquâau bord du chemin qui mĂšne Ă votre Theil, Devant ces chĂȘnes nains au feuillage vermeil, Vous mĂźtes une croix comme on fait en VendĂ©e. Au sommet du granit quâon prend pour un menhir Et que lâon aperçoit trĂšs loin dans la campagne. Souffre un Christ naĂŻf, sculptĂ© dans la Bretagne, Quâon ne peut, lâayant vu, ne pas sâen souvenir. Le plus beau des conseils est gravĂ© sur la roche, Et ces mots au soleil brillent sous le carmin Aime Dieu, disent-ils, puis va ton chemin... Oui, passant, aime Dieu, tu vivras sans reproche. Au bout de cette route oĂč lâon boit tant de fiel, Si pour le Roi des rois qui voulut le Calvaire, Ton amour gĂ©nĂ©reux, ĂŽ chrĂ©tien, persĂ©vĂšre. Il paĂźra tous tes maux par tous les biens du Ciel ! Elle est Ă©galement de M. Emile Grimaud cette charmante Carte de visite » , glissĂ©e sous la porte de son vieil ami, M. lâabbĂ© FranÂŹ çois ChĂątry », au cours dâun voyage en Poitou CARTE DE VISITE A MON VIEIL AMI lâaBBĂ FRANĂOIS CuATRY. A la cure de Saint-Mesmin Je viens un instant prendre gĂźte, Soudain la rime en moi sâagite, Et me voilĂ crayon en main. Ah ! câest un maĂźtre en fantaisie, LâhĂŽte de cet aimable lieu ! . tl brĂ»le dâamour et pour Dieu, Et pour la fine PoĂ©sie. Du grand siĂšcle le grand distrait Dut le doter, Ă sa naissance Leur style est de la mĂȘme essence, Et François de Jean a lâattrait. CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE 521 Qui donc sait chanter plus Ă lâaise ? Avec un petit air moqueur. Il a des traits qui vont au cĆur... On lâadore en son diocĂšse. Jâen fais autant, et je le dis. Et je demande au divin MaĂźtre, Quand nous serons morts, de me mettre PrĂšs de ce frĂšre au Paradis. Emile GrimaâJd. Saint- Mesmin-le- Vieux, 18 octobre 1898 â Le magnifique ouvrage de notre distinguĂ© compatriote et ami, M. le comte de Chabot, La Chasse Ă travers les Ages, dont nous avons rendu compte dans un prĂ©cĂ©dent fascicule, obtient dans la presse un vif et mĂ©ritĂ© succĂšs que le public ratifie lui-mĂȘme avec empressement. Nous citerons notamment les Ă©logieux articles qui lui ont Ă©tĂ© rĂ©cemment consacrĂ©s par M. Bellecroix, dans la Chasse illustrĂ©e , par M. Romain, dans le Sport Universel, et par M. Ch. Diguet, dans l'AutoritĂ©. â Nos lecteurs trouveront encartĂ© dans ce fascicule le prospectus dâun nouveau et charmant volume de notre collaborateur et ami M. lâabbĂ© L. Rousseau, aumĂŽnier du lycĂ©e, sur Saint-Lienne et les origines de la Roche-sur-Yon in-4e de 134 p. La Roche-sur-Yon, Raoul Ivonnet. 1898, -ornĂ© de plusieurs gravures. Les Ćuvres de M. lâabbĂ© Rousseau sont de celles qui se recomÂŹ mandent toutes seules et il me semble superflu dâĂ©numĂ©rer ici tout ce qui fait une nouvelle fois le charme de ces pages, qui constituent non seulement un prĂ©cieux livre dâhistoire, mais parÂŹ dessus tout une bonne et religieuse action. En faisant revivre cette vieille figure des premiers siĂšcles, par qui fut illustrĂ©e lâĂ©glise Yonnaise, M. Rousseau a, en .effet, voulu avant tout contribuer Ă la restauration de son culte en VendĂ©e, restauration que le sympathique archiprĂȘtre de la Roche-sur-Yon, M. lâabbĂ© Deval, poursuit avec un pieux et inlassable zĂšle. Ce livre est donc tout Ă la fois une Ćuvre de foi et une Ćuvre dâart ; et Ă ce double titre le public vendĂ©en ne peut manquer de lui faire un sympathique accueil. â Notre ami E. Bourloton Fontenac vient de rĂ©unir en volume les monographies parues dans le Patriote de la VendĂ©e sous le titre Cent ans de LĂ©gislature. » Ce coquet livret, aussi pĂ©tillant dâesprit que savamment docuÂŹ mentĂ©, se recommande aux lettrĂ©s et bibliophiles VendĂ©ens. En vente Ă la librairie H. Cormeau, Fontenay. Prix 1 fr. 50. 522 CHRONIQUK-BIBLIOG KAPHIE â Le Rapport de V archiviste dĂ©partemental de la VendĂ©e, pour 1898, in-8°, Ivonnet. La Roche-sur-Yon, contient le trĂšs prĂ©cieux inventaire fait par M. Barbaud des piĂšces principales provenant des registres de lâĂ©tat-civil des quinze communes du canton de la Roche- sur-Yon. Parmi les innombrables familles citĂ©es, mentionnons les suivantes, qui appartiennent plus particuliĂšrement Ă lâhistoire du Bas-Poitou de BĂšchillon , de LĂ©zardiĂ«re , Guerry de Beauregard , de Rorthays, de Salto , de Tinguy, Bouhier, de RĂšgnon, de Morais, de Gazeau , de la Fontenelle , Chappot de la BrossardiĂšre , de Lespinay, de Buor, de ThurignĂ© , de Surineau, Baudry d'Asson, de Villeneuve, de MarbĂŠuf , de Montsorbier, de la Roche Saint- AndrĂ©, delĂ Taste, de SurgĂšres, de Memard, de la BassetiĂšre, etc... â Sous ce titre ThĂšses de Philosophie des XVI te et XVIIIe siĂšcles, M*1' Barbier de Montault vient de publier dans la Revue d' ArchĂ©ologie Poitevine un curieux article, oĂč il est fait mention de plusieurs thĂšses soutenues en Poitou. La premiĂšre, tirĂ©e sur satin, est ornĂ©e dâune superbe gravure reprĂ©sentant la dĂ©collation de saint Paul et les trois sources qui jaillissent aux trois bonds faits par sa tĂȘte, comme le rapporte la tradition de lâĂ©glise Saint-Paul-Trois-Fontaines, Ă Rome. Parmi les soutenants, au nombre de trente, tous Ă©lĂšves du collĂšge royal des JĂ©suites de Poitiers, figure un Fontenaisien, Jacob Gan- douard. Deux autres ont Ă©tĂ© passĂ©es Ă Fontenay mĂȘme. L'une dâelles porte en rubrique Se suasque ex universa phdisophia conclusiones D. D. D. Blasius Gar- nereau, Collegii regii Fonteniacensis Alumnus. » Elle se termine lias theses Duce Deo et auspice Ăei-Para, tueri conabitur Blasius Garnereau, Fonteniacensis Clericus atque Regii Collegii Fonteniacensis Alumnus, die Mercurii II Augusti, hora post meridiem secunda, in aula Collegii regii FonÂŹ teniacensis. » La date est donnĂ©e avec la signature de lâimprimeur Fon- teniaci. Ex typis Ambr. Cochon de Chambonneau , Regis Collegiique typographi 1779. » Lâautre est signĂ©e pour la gravure A Paris, chez Quillau, place de Cambray, Ă lâimage Saint-Maur. * Quant Ă lâimpression, elle est, comme la prĂ©cĂ©dente, due aux presses dâAmbroise Cochon de Chambonneau. » Itegis Collegiique Typographi, 1783. Les armes de la ville' sont justifiĂ©es par la dĂ©dicace au Maire et aux Ă©chevins de Fon- âą â Une fontaine jaillissante oĂč s'abreuvent deux licornes FKLI- iNGEMORVM. SCATVR1GO. CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE 523 tenay Majori ucbis vigilantissimo Decurionib usque sapientissimis suas theses philosophicas D. D. D. Collegii regii Fonteniaciensis alumni. » La souÂŹ tenance estfaite par deux clercs tonsurĂ©s, Ă©lĂšves du collĂšge royal de Fontenay. Has Theses. Deo duce et auspice Dei-Para, tueri conabuntur Jacobus Chaigne etFranciscus Josephus Girard, Fonteniacenses clerici tonsurati die 31 julii 1783, horapostmerediem secunda, in aula Collegii regii Fonteniacensis.» Dans un coin, nom de lâĂ©diteur S1" Gantrel cum Priui. Regis. Ces trois thĂšses sont la propriĂ©tĂ© de M. Joly-Guignard. â De lâinfatigable Ă©rudition de notre ami M. le marquis de Granges de SurgĂšres, pour paraĂźtre prochainement Les artistes Nantais du moyen Ăąge Ă la RĂ©volution . dâaprĂšs des notes et documents inĂ©dits, un beau volume in-8° de 500 pages environ, tirĂ© Ă petit nombre Prix de souscription 7 fr. 50, pour les non-souscripteurs 10 francs. Cet ouvrage est le fruit de vingt annĂ©es de labeur et de reÂŹ cherches dans les principaux dĂ©pĂŽts dâarchives de la ville de Nantes, archives dĂ©partementales, archives municipales, bibliothĂšque puÂŹ blique, Chambre des notaires et greffe du Tribunal civil. PrĂšs de trois mille artistes, groupĂ©s sous 1,800 noms de famille environ, y sont prĂ©sentĂ©s avec lâindication de leur origine, les phases de leur carriĂšre et la description de leurs Ćuvres connues, ainsi que celle de leur signature ou des marques figuratives et poinçons dont ils se servaient. â Du mĂȘme Les deux Reines , une dĂ©licieuse piĂšce de vers dĂ©diĂ©e Ă S. M. la Reine de Portugal. in-8° de 2 p. imp. Grimaud, Nantes. â Notre excellent ami H. Baguenier Desormeaux, sous la ruÂŹ brique Choses 'VendĂ©ennes », a commencĂ© dans le Mercure Poitevin , de dĂ©cembre 1898, une Ă©tude intĂ©ressante Ă plus dâun titre sur les LĂ©gendaires et documentaires » en matiĂšre dâhistoire vendĂ©enne. VendĂ©ens et Basques. â Le Pays Poitevin publie le toast quâa proÂŹ noncĂ© notre confrĂšre et ami G. Boucher aux fĂȘtes d ethnographie du pays Basque. En voici un passage trĂšs intĂ©ressant , Pourquoi un succĂšs si complet ? Pourquoi cet empressement au congrĂšs, contre toute attente ? Ah ! Messieurs, le secret en est simple. Il sâagissait de la patrie basque, de la religion de vos pĂšres, chose dont vous ne vous lassez jamais dâentendre parler. Religion, patrie, deux mots qui partout sonnent le ralliement des esprits dâĂ©lite et des cĆurs gĂ©nĂ©reux. Et oĂč sont-ils, ces cĆurs et ces esprits, plus nombreux quâen ce pajs bĂ©ni ? Ah ! Monseigneur, Messieurs, je donne libre cours Ă . mon inspiration ; laissez-moi vous entretenir Ă cĆur ouvert. Je vous parlais tout Ă lâheure dâĂ©motion. 11 en est une que je nâoublierai de ma vie câest celle que jâai ressentie au moment oĂč, assistant au jeu de pelote 524 CHRONIQUE-BIBLIOGRAPHIE et Y AngĂ©lus sonnant Ă votre vĂ©nĂ©rable Ă©glise, je vis tout ce peuple se lever, se dĂ©couvrir et se signer; oĂč je vis tous les joueurs, dans tout le feu de leur action, sâarrĂȘter subitement pour sâassocier Ă cet acte religieux et universel. Et tout cela si simple, si spontanĂ©, si visiblement habituel 1 A votre contact, Messieurs, au contact de vos compatriotes, jâai eu la claire vue dâun tempĂ©rament spĂ©cial auquel je suis fier de participer largement. Vous le savez, Messieurs, je suis Poitevin, et les circonstances mâont fait naĂźtre sur la limite du Bas et du Haut-Poitou, lĂ oĂč finit la VendĂ©e, lâhĂ©roĂŻque VendĂ©e, et oĂč commence une zĂŽne oĂč le septicisme et lâindifiĂ©rence ont trop de fidĂšles. Souvent mes compatriotes se sont Ă©tonnĂ©s de me voir si diffĂ©rent dâeux, mais comme ils sont bons, indulgents et aimables, ils mâont aidĂ© avec une sympathique surprise dans la lourde tĂąche que je me suis imposĂ©e. Jâai aujordâhui, de cette diffĂ©rence de caractĂšre, lâexplication vivante. Si je suis nĂ© Ăą Niort, ma double origine ancestrale est toute vendĂ©enne. Or, on vous lâexpliquait tantĂŽt en VendĂ©e lâon trouve de nombreuses colonies basques, et une ville entre autres, Les Sables-dâOlonne, affirme son origine euska- rienne. Nây a-t-il donc quâune simple coĂŻncidence entre vos revendications traditionalistes jamais abandonnĂ©es et celles des hĂ©ros vendĂ©ens ? Ătes-vous deux peuples semblables seulement par hasard ? Non, Messieurs, il y a plus. Il y a entre le VendĂ©en et vous parentĂ© Ă©vidente ; non pas identitĂ© dâidĂ©al, mais souvent identitĂ© dâorigine. Pour moi. Messieurs, je nâhĂ©site pas Ă le proÂŹ clamer, au milieu de vous je me suis senti Basque ! Je ne suis pas un Ă©tranger! En adressant mon respectueux hommage Ă lâillustre prĂ©sident de la dĂ©puÂŹ tation du Guipuzcoa et aux trĂšs distinguĂ©s membres des CortĂšs espagnols, je lĂšve mon verre et je bois aux Basques des deux versants, Ă leurs fueros , Ă leurs revendications rĂ©gionalistes, Ă leur autonomie intellectuelle! » â Nous recommandons dâune façon toute spĂ©ciale Ă nos lecteurs les RĂ©cits de guerre que M. Jules Claretie publie Ă la librairie du Figaro sous le titre Paris assiĂ©gĂ©, Câest lâhistoire merveilleusement illustrĂ©e par de Neuville, DĂ©taillĂ©, Meissonnier, etc., des tragiques Ă©vĂ©nements auxquels ont pris une si glorieuse part nos Mobiles vendĂ©ens, en 1870-71 . â De notre Ă©minent ami, M. Edmond BirĂ©, dans la Gazette de France La Vraie Jeanne d'Arc, par le R. P. dâAyroles 5 septembre; Walter-Scott et le Romantisme 19 septembre ; dans lâ Univers et le Monde La ComĂ©die d' Aujourd'hui, les Lettres et les MĆurs , par F. Lhomme, 20 septembre. â Notre savant collaborateur, M. G. Farcinet a publiĂ© dans la Numismatic-Circular , de Londres octobre 1898 deux curieuses notes de numismatique sous ces titres RĂ©ponse Ă une objection. â . XXXVIII. â Les Cent jours dans lâOuest, par Mm* RenĂ©e Monbrun . 433 XXXIX. â Chez Nous, â Mervent, par M. A. Barrau . 445 XL. â Le Tombeau de Lancelot du Fau, ancien Ă©vĂȘque de Luçon, par M. L. de Grandmaison . 451 XLI. â La LĂ©gende de saint Lienne, par M. lâabbĂ© L. Rousseau . 460 XL11. â PoĂ©sies Le Calice, par M. E. Grimaud. â La Rouil- larde, par M. Paul Eudel . 470 XLIIl. â Autour du Drapeau blanc. â Biographies inĂ©dites des chefs vendĂ©ens suite, par M. delĂ Fontenelle de VaudorĂ© . 476 XLIV. â La CĂ©rĂ©monie patriotique du lycĂ©e de la Roche- sur-Yon. V oraison J unĂšbre de l'abbĂ© Rousseau, par Saint-Yon . 488 XLV. â Chronique, par R. de Thiverçay . 498 Gravures I. â Richelieu recevant les premiers AcadĂ©miciens de Heim . 5 IL â Restitution du Temple de Minerve Ă Yzeures, eau- forte de M. O. de Rochebrune . 51 III. â Portrait du gĂ©nĂ©ral baron de Lespjnay. , , , . 95 534 TABLE DES MATIĂRES IV. â MĂ©daillon de Monseigneur de Lespinay . 97 V. â Croquis des ruines du chĂąteau de la TabariĂšre, prĂšs Chantonnay . 100 VI. â Portrait de Richelieu , d'aprĂšs le tableau de lâhospice de Luçon -, Paysages hollandais, des environs de Luçon ; croquis de M. Hanotaux, de lâAcadĂ©mie française . 103 VII. â Cachet armoriĂ© de la famille de Lespinay au XVIIIe siĂšcle . 113 VIII. â Le chĂąteau dâAspremont a Porte dâentrĂ©e du XIVe siĂšcle; b Tours du XVIe, â eaux-fortes de M. O. de Rochebrune . 125,131 IX. â MĂ©daille du Cardinal de Richelieu, par Varin. ... 149 X. â Portrait du comte de Mesnard, Ă©cuyer de la Duchesse de Berry . 181 XL â Le chĂąteau de Mesnard-la-BarotiĂšre, croquis Ă la plume. 176 XII. â Fac-similĂ© dâune ancienne affiche dâenrĂŽlement. ... 229 XIII. â Lieu prĂ©sumĂ© de 1a. sĂ©pulture du gĂ©nĂ©ralissime venÂŹ dĂ©en dâElbĂ©e, dans les fossĂ©s du chĂąteau de Noir- moutier . 257 XIV. â MĂ©daillon que dâElbĂ©e portait sur sa poitrine au moment de son exĂ©cution . 257 XV. â Crucifix des missions du P. de MontfortXV/// 269 XVI - Le drapeau des insurgĂ©s vendĂ©ens de ChĂątillon... 321 XVII. â Le chĂąteau de Saint-Pompain, eau-forte de M. O. de Rochebrune . 403 XVIII. â Lâancienne porte des vieilles Prisons, Ă la Roche- sur-Yon . 433 XIX. â La statue de saint Lienne, par M. Fulconis . 461 XX. â Le portail de lâancienne chapelle du prieurĂ© de Saint- Lien ne, Ă la Roche-sur-Yon . 463 XXL â La Roche-sur-Yon, autrefois et aujourd'hui . 467 XXII. â Les dĂ©couvertes archĂ©ologiques du R. P. de la Croix, Ă lâabbaye de Saint-Maur . 505 Vannes. â Imprimerie Lafolye, a, place des Lices, 0 Vf w Uy^T GETTY CENTER LIBRARY 3 3125 0071 amH > x 1 f jn wr »<âą 4t4' \ ĂŒ
Leshéros de Juillet. Les lunettes de John. Les manÚges de la vie. Les mariés de Vendée. (Anaïs et Didier Barbelivien) Les merveilleux nuages.
Une cabane dans les arbres en VendĂ©e On a tous essayĂ©, ou eu l'envie, Ă un moment de construire une cabane dans un arbre lorsqu'on Ă©tait enfant, pour s'y rĂ©fugier, profiter de la sĂ©rĂ©nitĂ© que procure la puissance des arbres. Ce rĂȘve d'enfant est rĂ©alisable au Domaine de la BoĂ«re, Ă Beaulieu sous la Roche en VendĂ©e. SituĂ© Ă 25 minutes des plages des Sables d'Olonne ou de St Gilles Croix de vie, Ă 1 heure du Puy du fou, Le Domaine de la BoĂ«re vous garantie un dĂ©paysement total. Venez passez un sĂ©jour dans une cabane dans les arbres, en pleine nature. Laissez le stress du quotidien Ă l'entrĂ©e du Domaine et profitez du calme du lieu. Vous pourrez vous reposer sur la terrasse Ă l'ombre des deux chĂȘnes qui la transperce en profitant de la vue plongeante sur la petite mare aux grenouilles. Une fois "posĂ©" vous pourrez aller profiter de la piscine couverte et chauffĂ©e pour continuer Ă dĂ©compresser. Vous ĂȘtes dĂ©jĂ beaucoup mieux, que diriez-vous d'une sĂ©ance de shiatsu ou d'un modelage relaxant pratiquĂ© par une praticienne diplĂŽmĂ©e. Elle est pas belle la vie! Une fois douchĂ©, un petit dĂźner au restaurant le cafĂ© des arts dans le bourg de Beaulieu mettra toute vos papilles en Ă©moi. Vous pourrez par la mĂȘme occasion visiter le bourg de cette charmante petite commune trĂšs dynamique culturellement et artistiquement. De retour au Domaine, le charme de la cabane fera le reste. aprĂšs une bonne nuit salvatrice, le petit dĂ©jeuner maison servi directement Ă la cabane vous prĂ©parera Ă une bonne journĂ©e. Le coq qui n'attendait que votre sortie sur la terrasse vous accueillera de son chant mĂ©lodieux Ă moins que ce soit les Ăąnesses qui vous saluent les premiĂšres. Dans tous les cas, un sĂ©jour dans une cabane dans les arbres reste un souvenir inoubliable pour les petits comme pour les grands.
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La Cavalerie56920 Saint GonnĂ©ryMorbihanA la ferme bio de la Cavalerie, Fabienne et RĂ©my vous invite Ă une cavale gourmande bio dormir dans une chambre d'hĂŽte confortable et spacieuse, avec entrĂ©e indĂ©pendante, garantissant votre intimitĂ©, et dĂ©guster au petit dĂ©jeuner les produits de la ferme confitures, miel, spĂ©cialitĂ© de sarrasin, cĂ©rĂ©ales, pain, jus de pomme maisonâŠ. une visite s'impose pour dĂ©couvrir le moulin Ă farine Ă meule de pierre et la presse Ă huiles. Enfin, Nous vous proposons aussi la location des nos vĂ©los pour des belle ba...lades. chemin de rando-ballade balisĂ©s En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLieu-dit CoĂ«t-Kra56420 PLAUDRENMorbihanVous pourrez profiter des jardins de CoĂ«t Kra en toute quiĂštude. Ils se situent dans le dĂ©partement du Morbihan, Ă une quinzaine de kilomĂštres de Vannes et du Golfe du Morbihan. C'est l'endroit idĂ©al pour visiter notre belle rĂ©gion soit dĂ©ambuler Ă la campagne, soit farniente Ă la plage ! Vous prendrez le temps d'observer la nature et les animaux, nous sommes trĂšs respectueux de la nature. Nous avons des hĂ©bergements insolites ainsi que des chambres d'hĂŽte. Tous sont bien Ă©quipĂ©s. Vous pourrez Ă©...galement profiter de notre table d'hĂŽte le soir. Nous accetons toute rĂ©servation Ă partir de 2 nuits. Nous cultivons nos terres et Ă©levons nos animaux selon les principes biologiques et de la permaculture. Vous pourrez vous initier Ă la permaculture. Et nous vendons nos fruits et lĂ©gumes de saison, des colis;de viande; de boeuf, de mouton et de veau, nos plantes aromatiques, notre miel, nos confitures... En savoir plusVoir nos hĂ©bergements4 la Villemain22680 Binic-Etables sur merCĂŽtes d'ArmorVous passerez vos vacances dans une grande maison avec 2 possibilitĂ©s de location soit vous la louer pour 6 personnes ,soit vous pouvez la louer jusque 12 personnes et passer un bon moment dans les 190m2 de la maison. Vous prendrez l'apĂ©ritif sur la terrasse, jouerez au babyfoot ou Ă des jeux de sociĂštĂ© ... Nous Ă©lĂ©vons nos volailles Ă l'ancienne en les nourrissant avec nos propres cĂ©rĂ©ales et disposons de notre propre abattoir rĂ©guliĂšrement contrĂŽlĂ© par les autoritĂ©s sanitaires. Notre gĂźte est situĂ© d...ans le dĂ©partement des CĂŽtes d'Armor, prĂšs de Saint-Brieuc et Ă proximitĂ© des plages de sable fin de Binic et celle d'Etables Sur Mer; d'ailleurs dans cette petite citĂ©, vous pourrez manger des crĂȘpes ou des crustacĂ©s les pieds dans l'eau ! Si vous aimez randonner, les chemins de randonnĂ©es des falaises de Plouha vous attendent. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsKermerrien29830 SAINT PABUFinistĂšreGisĂšle et Jean-Yves Begoc vous accueillent sur leur ferme laitiĂšre Ă Saint Pabu sur l'Aber BenoĂźt, dans le FinistĂšre Nord. Saint Pabu, station verte, est considĂ©rĂ©e comme la perle des Abers, " ces fjords Ă la bretonne". Leurs 2 gĂźtes en pierres de granit breton, typique de la rĂ©gion, sont situĂ©s Ă 2km des plages de sable blanc, entre terre et mer. Ils sont orientĂ©s plein sud et l'endroit est calme et paisible. L'un des gĂźtes a une capacitĂ© de 4 places et l'autre est prĂ©vu pour un couple. Vous serez non l...oin de Brest, de la sauvage Ăźle de Ouessant et de l'Ăźle MolĂšne, du Conquet... Nos 2 agriculteurs produisent du lait depuis 30 ans et le transforme en beurre, yaourt, flan et fromage frais. Vous pourrez en dĂ©guster sur place ou nous retrouver sur les marchĂ©s de Lannilis ou Ploudalmezeau. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsla grĂące vachĂšre79200 PompaireDeux-sĂšvresNous sommes producteurs de fromages de chĂšvres biologiques depuis plus de 30 ans dans un joli coin de campagne vallonnĂ©, bocager et encore prĂ©servĂ© "la gĂątine poitevine", en Deux-SĂšvres. Nous avons rĂ©novĂ© avec coeur et avec soin 2 gĂźtes "la cabrette" 2 Ă 4 pers et "la GĂątinelle" 5 Ă 7 pers, avec des matĂ©riaux sains et locaux en prĂ©servant tout leur caractĂšre ancien fournil Ă pain. Vous serez Ă la campagne, au calme, Ă 5 km de Parthenay citĂ©e mĂ©diĂ©vale et proche de destinations prestigieuses La Ro...chelle, Marais poitevin, Plages de VendĂ©e, Puy du Fou.Vous pourrez visiter notre ferme, participer Ă la traite des chĂšvres, visiter la fromagerie et vos enfants pourront caliner kouik, notre baudet du Poitou, Tina notre jument et gaĂŻa, notre chienne ou faire des cabanes dans les bois tout prĂšs des gĂźtes. De vrais vacances Ă la campagne, loin de la savoir plusVoir nos hĂ©bergementsle Syet22220 Minihy-TrĂ©guierCĂŽtes d'ArmorAu coeur d'un bois, sur les rives du Guindy, Ă 2 km de la capitale historique du TrĂ©gor ,Ă TrĂ©guier, en CĂŽtes d'Armor, nous vous proposons de faire de l'Ă©quitation, de vous faire dĂ©couvrir nos chemins de randonnĂ©e Ă cheval et de vous accueillir dans nos diffĂ©rents hĂ©bergements notre aire naturelle de camping,notre gĂźte de 4 personnes ainsi qu'un dortoir avec coin cuisine pouvant recevoir jusqu'Ă 15 personnes. Inutile d'apporter votre linge, tout fournissons tout le nĂ©cessaire. Nous sommes une ferme fami...liale, passionnĂ©e de'Ă©quitation d'ailleurs vous serez sur ferme Ă©questre. L'environnement est particuliĂšrement calme et vous disposerez d'une belle vue, le tout au milieu de nos chevaux. A proximitĂ© de notre gĂźte, vous trouverez la citĂ© de Lannion et prenez le temps de visiter le radome de Lannion. On vous expliquera comment s'est dĂ©roulĂ©e la 1Ăšre liaison satellite de France, entre la France et les Etats-Unis! Nous sommes Ă proximitĂ© du GR34 et des commerces. Comme balade, vous n'aurez que l'embarras du choix l'un des plus beaux villages de France Ploumanach; lĂźle de BrĂ©hat avec ses hortensias et ses agapanthes; TrĂ©guier et trĂšs belle cathĂ©drale...et bien sĂ»r nos sables de sable fin pour des instants de dĂ©tente . En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsDomaine de Selhac 34110 FrontignanHĂ©raultAu cĆur du vignoble du muscat de Frontignan nous avons créé dans les anciens bĂątiments des ouvriers 4 gites tout confort en pleine nature. Vous ĂȘtes au pied du massif de la gatdiole et Ă 3 km des plages de sable de la MĂ©diterranĂ©e ....En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsDomaine de Selhac 34110 FrontignanHĂ©raultAu cĆur du vignoble du muscat de Frontignan nous avons créé dans les anciens bĂątiments des ouvriers 4 gites tout confort en pleine nature. Vous ĂȘtes au pied du massif de la gatdiole et Ă 3 km des plages de sable de la MĂ©diterranĂ©e ....En savoir plusVoir nos hĂ©bergements1 LA BIAIZE 22640 PLESTANCĂŽtes d'ArmorUn corps de ferme qui n'attendait qu'un coup de baguette magique pour devenir une maison d'hĂŽtes confortable, en adĂ©quation avec l'identitĂ© de la rĂ©gion. Cette maison est situĂ©e Ă 4 km de Lamballe, 22 km du Val AndrĂ©, 35 km d'Erquy et Cap FrĂ©hel, 38 km de Dinan. Annie et Vincent vous accueillent dans leur maison qui dĂ©voile toute son Ăąme, dans une atmosphĂšre pleine de charme. Faute de trouver l'Ă©lixir de jeunesse, prenez soin de vous, profitez de l'espace SPA, de massages.. Une salle de rĂ©union est di...sponible. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsVoir nos Nat'Box1 La Haute Chapelette BonnĆuvre44540 VALLONS DE L'ERDRELoire-Atlantique Afin de nous diversifier, nous avons eu l'idĂ©e de proposer aux touristes des cabanes dans nos vieux chĂȘnes. Nous avons fait appel Ă une entreprise française qui respecte scrupuleusement nos arbres qui peuvent bien sĂ»r toujours grandir et la nature. Vous Ă©couterez en toute quiĂštude le chant des oiseaux et le bruit du vent dans nos arbres ! Nous avons 3 cabanes , l'une peut accueillir une famille entiĂšre de 5 personnes. Pour vous restaurer, nous pouvons vous propo...ser des paniers apĂ©ritifs ou des paniers repas. Vous n'aurez plus qu'Ă profiter de ce moment de pure dĂ©tente... En outre, nous Ă©levons un troupeau de chĂšvres et transformons leur lait en confiture de chĂšvre nature, au beurre salĂ©... Vous aurez l'occasion de dĂ©guster nos produits. Nous sommes situĂ©s en Loire Atlantique, Ă quelques kilomĂštres de Nantes , du Parc Naturel de BriĂšre, de GuĂ©rande. Et encore plus proche de chez nous Angers et les chĂąteaux de la Loire. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsEcosse35400 Saint-MaloIlle-et-VilaineValĂ©rie et Jean-Luc, producteurs de lĂ©gumes biologiques et propriĂ©taires de 5 gĂźtes Ă Saint-Malo, vous accueillent les bras ouverts dans un Ă©crin de verdure oĂč vous pourrez apprĂ©cier le chant des oiseaux et le calme de la campagne tout en Ă©tant en bord de mer. Chevaux, Ăąnes, biquettes d'un cĂŽtĂ© et plages de l'autre. Parfait pour passer des vacances en famille, les gĂźtes sont Ă©quipĂ©s pour le maximum de confort. Vous profiterez du SPA haut de gamme installĂ© devant la prairie des Ăąnes et chĂšvre. En Ă©tant e...n vacances Ă St Malo, vous pourrez visiter nore belle citĂ© corsaire mais aussi la 7Ăšme merveille du monde le Mont Saint Michel, Dinan la citĂ© mĂ©diĂ©vale, les Ăźle anglo-normandes de Jersey et Guernesey, l'archipel de Chausey, Dinard, le Cap FrĂ©hel... mais aussi passer tout simplement aller se baigner sur la plage du Sillon Ă Saint-Malo, plage classĂ©e la plus belle de France! En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLE BUISSON 2122240 FREHELCĂŽtes d'ArmorVous hĂ©sitez entre mer et campagne? Ici vous avez les deux! Les gĂźtes du Buisson, ce sont trois gĂźtes situĂ©s dans une longĂšre de grĂšs rose. SituĂ©s Ă d'un magnifique panorama, qui vous mĂšnera au Cap FrĂ©hel, en longeant les plages, les falaises, et la lande de bruyĂšre. Vous ĂȘtes sur la cĂŽte d'Emeraude, Ă quelques kilomĂšres de Erquy, les Sables d'Or les Pins, Saint-Malo, Dinard et Cancale. Et un peu plus loin dans notre beau dĂ©partement des CĂŽtes d'Armor, vous pourrez vous promener sur la cĂŽte de G...ranit Rose Vous y apprĂ©cierez, le cĂŽtĂ© personnel, et individuel de chaque gĂźte, avec tout le confort. Le MĂ©laĂŻs" 4 Ă 5 perpsonnes. La prairie" 6 personnes La cabane Ă bois" 4 personnes D'une capacitĂ© totale de 14 couchages. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLe Gohan56230 QUESTEMBERTMorbihanChoisir notre gĂźte, c'est choisir de vivre son sĂ©jour entre terre et mer, se rĂ©veiller au chant des oiseaux et admirer nos vaches dans la se situe Ă la campagne Ă 7km du centre ville de Questembert oĂč il fait bon vivre. Vous pourrez vous ressourcer dans un environnement reposant et verdoyant Ă 20 minutes de la mer. Un vrai havre de paix pour les amateurs de la nature et du calme. Notre petite maison en pierre peut vous accueillir toute l'annĂ©e. Le gĂźte est rĂ©novĂ© avec le thĂšme campagnard ...au rez de chaussĂ© et la mer Ă l'Ă©tage. Il y a une chambre avec un lit de 140cm et une chambre avec 2 lits de 90cm. Il dispose d'une cuisine bien Ă©quipĂ©e, une salle d'eau, un salon avec une cheminĂ©e pour les mois les plus froids. Envie de vous ressourcer, de vous poser dans un cadre rempli de mystĂšre... Alors n'hĂ©sitez pas, câest au gĂźte La Bretonne que vous ferez escale! Lâhiver, vous pourrez passer de sympathiques soirĂ©es au coin du feu. LâĂ©tĂ©, le gite donne sur un jardin privatif calme, bien exposĂ© et Ă lâabri des regards, oĂč vous pouvez prendre vos repas, mais aussi profiter du soleil trĂšs librement chaises longues Ă disposition. Le linge de lit et de toilette ne sont pas compris dans le tarif. Si vous en souhaitez, un supplĂ©ment vous sera demandĂ© Ă votre arrivĂ©e soit 7⏠par lit et 6âŹ/ personne pour le linge de toilette Ă communiquer lors de votre savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLe Vigos48320 ISPAGNACLozĂšreNotre projet est nĂ© du dĂ©sir de vivre dans un lieu de ressources,dâharmonie, dâĂ©quilibre et de vie rĂ©siliant en accord avec nos valeurs humaines et paysannes. A notre activitĂ© principale agro-Ă©cologique,lâĂ©levage de brebis,dâĂąnes et de chevaux,nous avons greffĂ©e des activitĂ©s Ă©conomiques annexes dont lâaccueil en gĂźtes,les randos Ăąnes et chevaux. Vous serez donc accueillis dans un hameau orientĂ© sobriĂ©tĂ© heureuse ».Nous adhĂ©rons Ă lâidĂ©e de lâĂȘtre et non de lâavoir, dans le peu, loin de la surconso...mmation et de la nous Ă©panouissons dans le simple, le bon sens, un maximum dâautonomie. Aussi nos gĂźtes sont volontairement simples et minimalistes,Ă considĂ©rer non comme un but en soi mais comme point de base pour la dĂ©couverte dâune rĂ©gion magnifique, riche en faune, flore, paysages et activitĂ©s. A 950m d'altitude,notre Vigos,sur le Causse de Sauveterre,surplombe les Gorges du Tarn Vous pourrez observer l'aigle royal de la terrasse,les vautours,les mouflons,partir en rando du gĂźte GR44, GR de Pays Tour du Sauveterre. Nous vous proposons des randonnĂ©es Ă cheval ou avec nos Ăąnes la location de notre gĂźte ne rĂ©duit pas le tarif des prestations Ăąnes et chevaux MĂȘme si le hameau est Ă 20 mn de Mende et 10 mn d'Ispagnac tous commerces,il reste en pleine nature. Le Vigos se situe Ă l'entrĂ©e des Gorges du Tarn,aux portes du Parc National des CĂ©vennes,Ă proximitĂ© du Mont qui constitue un environnement unique, au carrefour de trois massifs rĂ©gion a Ă©tĂ© classĂ©e Patrimoine Mondial de l' vous soyez sportif ou non, la rĂ©gion propose une multitude dâactivitĂ©s pour combler toutes les envies ! AccĂšs Internet gratuit mais la situation gĂ©ographique peut entraĂźner quelques difficultĂ©s de rĂ©ception,voir des coupures. Suite Ă trop d'abus,les charges eau sont en plus sur relevĂ© taxe de sĂ©jour est en sus 0,90 ⏠par jour et par personne majeure Le rez de chaussĂ©e comprend une piĂšce Ă vivre avec cuisine amĂ©ricaine,lave-vaisselle,rĂ©frigĂ©rateur-congĂ©lateur grande capacitĂ©,gaziniĂšre,micro-onde, salle Ă manger/salon cheminĂ©e, TV,une salle de douche,WC,lave-linge Ce premier niveau donne sur la grande terrasse couverte avec barbecue,salon de jardin Au premier Ă©tage,trois chambres indĂ©pendantes une avec un lit double en 160 et deux avec chacune un lit double en 140 et 1 lit simple en chaque lit, sont fournis 1 couette, 1 oreiller lit simple, 2 oreillers lit double. Peuvent ĂȘtre fournis des kits lit draps housse, housse de couettes et d'oreiller. Kit 90 8âŹ, kit 140 ou 160 10⏠des kits linge de toilette une serviette de toilette, une de bain et un gant 5âŹ, des kits linge de maison torchon, essuie-main 2,50âŹ. Au Vigos nous n'utilisons que des produits d'entretien biologiques, compte tenu du systĂšme d'Ă©puration. Nous vous remercions d'accepter ce concept. Tarifs La Cardabelle » DestinĂ© Ă toute conditions sociales, le tarif Ă©conomique »de ce gĂźte a aussi Ă©tĂ© calculĂ© afin d'assurer un revenu un minimum dĂ©cent Animaux 50âŹ.Chauffage 5⏠par sac de granulĂ© 50âŹ. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsBardy41370 ST LEONARD EN BEAUCELoir-et-CherMaison indĂ©pendante, typique de ferme Ă cour carrĂ©e 6000mÂČ avec jardin arborĂ© 2000mÂČ. Sur un domaine agricole, face Ă un verger de mirabelles, proche des chĂąteaux de la Loire, Ă 15 mn de la sortie A10. De plain pied. EntrĂ©e, cuisine amĂ©nagĂ©e, salon avec poĂ«le Ă bois accĂšs Ă la terrasse et au jardin. 4 chambres 2 lits de 90 x 200, jumelables. 2 salles d'eau dont une avec WC. 1 WC ind. Parking couvert. Grange avec table de ping-pong, jeux, vĂ©los, transats. Draps, linge, mĂ©nage de fin sĂ©jour et bois ...inclus. Piscine 5 m X 10 m, chauffĂ©e du 1er mai au 30 septembre, avec un abri bas roulant tĂ©lescopique.En cas de prĂ©sence d'un animal, un supplĂ©ment de 10 ⏠par jour et par animal vous sera demandĂ© Ă votre arrivĂ© dans l'hĂ©bergement. Barbecue, plancha et brasero au savoir plusVoir nos hĂ©bergementsle moulin CouĂ«dic56130 NivillacMorbihanDe part notre situation gĂ©ographique, proche des marais salants de GuĂ©rande,tout prĂšs de Vannes et du golfe du Morbihan, notre gĂźte et nos 2 chambres d'hĂŽtes vous permettront de passer d'excellentes vacances Ă la campagne mais proche des plages. La Roche Bernard est situĂ© Ă 10km, l'un des plus beaux villages de France, Rochefort en Terre Ă 35km. Bref tout Ă portĂ©e de la ferme . Nous vous ferons dĂ©guster les produits de notre ferme au petit dĂ©jeuner ou le soir lors d'un bon repas Ă notre table d'hĂŽte, le... tout dans un esprit de convivialitĂ©. En effet, nous Ă©levons des vaches laitiĂšres que nous laissons pĂąturer longuement sur nos prairies. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsmanoir de trouzilit29870 treglolouFinistĂšreNous vous accueillerons avec simplicitĂ© et gentillesse dans notre Manoir de Trouzilit sur un domaine de 30 hectares, situĂ© dans le pays des Abers, au nord finistĂšre. C'est en famille que nous gĂ©rons notre exploitation depuis de nombreuses annĂ©es. Vous pouvez rĂ©server soit des chambres d'hĂŽtes, soit des gĂźtes ruraux, soit des cottages, soit camper sur notre camping Ă la ferme selon votre goĂ»t ou louer notre salle de rĂ©ception. Comme activitĂ©s, vous avez le choix entre faire des balades Ă cheval, nous so...mmes aussi une ferme Ă©questre; ou inscrire vos enfants au poney club ou Ă des cours d'Ă©quitation; ou faire une partie de mini-golf; ou dĂ©guster de bonnes crĂȘpes dans notre crĂȘperie. Tout est rĂ©uni pour que vous passiez de bonnes vacances... L'Ă©tĂ© nous organisons un marchĂ© Ă la ferme et vendons en direct notre viande bovine ou notre viende porcine, nous sommes aussi Ă©lĂ©veurs bovins et porcins. Bref vous passerez de bonnes vacances chez nous dans une trĂšs belle rĂ©gion du FinistĂšre nord, rĂ©gion qui rĂ©serve encore de trĂšs nombreux endroits sauvages ...En savoir plusVoir nos hĂ©bergements LAUNAY29450 SIZUNFinistĂšreJe suis Ă©leveuse de chĂšvres au coeur des Monts d'ArrĂ©e et transforme leur lait en bons fromages fermiers. Mes chĂšvres sont Ă©lĂ©vĂ©es au foin et avec les cĂ©rĂ©ales de la ferme mais elles passent le maximun de temps au pĂąturage! Venez visiter ma ferme et dormir dans notre gĂźte confortable. Vous pourrez faire une visite de ma ferme et ainsi dĂ©couvrir d'autres animaux cochons, vache, chevaux... SĂ©journer chez nous, Ă Sizun, cela vuet dire visiter les trĂšs cĂ©lĂšbres enclos paroissiaux du FinistĂšre, partir du gĂźt...e pour randonnĂ©e sur les chemins balisĂ©s ou pousser jusqu'Ă visiter la pointe de Crozon, partir pĂšcher avec les autorisations sur l'Elorn, aller voir la belle chapelle Saint Michel de Braspart 15km ou la forĂȘt de Huelgoat ou tout simplement profiter des plages et des baignades Ă la mer !En savoir plusVoir nos hĂ©bergements8 grande rue VildĂ©-Bidon35120 ROZ LANDRIEUXIlle-et-VilaineMarie-Odile et Jean-Baptiste vous accueillent dans une longĂšre toute amĂ©nagĂ©e pour vous recevoir dans cet espace serez Ă proximitĂ© de la 7Ăšme merveille du monde le Mont Saint Michel et y faire de belles balades guidĂ©es, prĂšs de la cĂ©lĂšbre citĂ© corsaire Saint Malo, Cancale et ses huitres et Dol de Bretagne et sa cathĂ©drale ainsi que la citĂ© mĂ©diĂ©vale de Dinan. Nos petits dĂ©jeuners sont rĂ©alisĂ©s Ă partir de nos produits fermiers lait entier, oeufs de plein air ... et avec bien sĂ»r avec d...es crĂȘpes et confitures maison. En effet nous sommes des producteurs de lait Ă Roz Landrieux. En savoir plusVoir nos hĂ©bergements4 lieu-dit Kerambeuz29920 NEVEZFinistĂšreSi vous vous arrĂȘtez chez nous, vous serez sur unne ferme biologique de fruit, de lĂ©gumes ainsi que de safran. Vous pourrez les trouver sur notre ferme ou sur notre boutique en ligne. Mais aussi nous vous proposons un sĂ©jour chez nous et vous pourrez choisir entre notre cabane, notre gĂźte ou notre corps de ferme construit en pierres bretonnes date du XIXĂšme siĂšcle. C'est un Ă©crin de verdure qui vous attend et nous sommes trĂšs respectueux de notre environnement nous sommes refuge grenouille ...et refuge LPO. Prenez une boisson chaude au-dessus de notre mare remplie de nĂ©nuphars et d'autres plantes aquatiques, c'est un endroit trĂšs reposant. Vous pourrez visiter la citĂ© close de Concarneau, la citĂ© des peintres Pont Aven, vous reposer nos nombreuses plages de sable FinistĂšre en compte des centaines, petite criques ou grandes plage selon votre envie. Et partez vous balader sur les chemins et allez Ă la quĂšte de nos fameuses chaumiĂšres bretonnes et de nos maisons en pierre debout, uniques en France ! Autour de notre ferme du FinistĂšre sud, vous pourrez prĂ©voir de multiples visites la citĂ© des peintres de Pont Aven, la ville close de Concarneau, QuimperlĂ© sans oublier toute notre cĂŽte avec de jolies villes balnĂ©aires comme Fouesnant...En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsle Syet22220 Minihy-TrĂ©guierCĂŽtes d'ArmorAu coeur d'un bois, sur les rives du Guindy, Ă 2 km de la capitale historique du TrĂ©gor ,Ă TrĂ©guier, en CĂŽtes d'Armor, nous vous proposons de faire de l'Ă©quitation, de vous faire dĂ©couvrir nos chemins de randonnĂ©e Ă cheval et de vous accueillir dans nos diffĂ©rents hĂ©bergements notre aire naturelle de camping,notre gĂźte de 4 personnes ainsi qu'un dortoir avec coin cuisine pouvant recevoir jusqu'Ă 15 personnes. Inutile d'apporter votre linge, tout fournissons tout le nĂ©cessaire. Nous sommes une ferme fami...liale, passionnĂ©e de'Ă©quitation d'ailleurs vous serez sur ferme Ă©questre. L'environnement est particuliĂšrement calme et vous disposerez d'une belle vue, le tout au milieu de nos chevaux. A proximitĂ© de notre gĂźte, vous trouverez la citĂ© de Lannion et prenez le temps de visiter le radome de Lannion. On vous expliquera comment s'est dĂ©roulĂ©e la 1Ăšre liaison satellite de France, entre la France et les Etats-Unis! Nous sommes Ă proximitĂ© du GR34 et des commerces. Comme balade, vous n'aurez que l'embarras du choix l'un des plus beaux villages de France Ploumanach; lĂźle de BrĂ©hat avec ses hortensias et ses agapanthes; TrĂ©guier et trĂšs belle cathĂ©drale...et bien sĂ»r nos sables de sable fin pour des instants de dĂ©tente . En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLa Ferme du Domaine35120 BROUALANIlle-et-VilaineNous sommes situĂ©s entre terre et mer, Ă une quinzaine de kilomĂštres de la cĂŽte d'Emeraude. Vous visiterez Saint-Malo, Dinard, Cancale et le Mont Saint Michel ... que des sites remarquables! Et le soir, vous serez au calme chez nous et vous ressourcerez Ă coup sĂ»r ! Vous avez le choix entre une chambre d'hĂŽte, un gĂźte rural ou un camping avec ses tipis. Chez nous, vos enfants seront n toute sĂ©curitĂ© et pourrez rendre visite Ă nos diffĂ©rents animaux poules, chĂšvres, cochons, chevaux...et notr...e Ă©levage de vache de race Aubrac, race bien adaptĂ©e Ă notre Bretagne. Nous sommes en agriculture biologique et donc forts respectueux de la nature et de nos vaches qui passent la plus grande partie de l'annĂ©e dans nos prairies et l'hiver se nourrissent de notre foin Ă l'Ă©table. En savoir plusVoir nos hĂ©bergements8 grande rue VildĂ©-Bidon35120 ROZ LANDRIEUXIlle-et-VilaineMarie-Odile et Jean-Baptiste vous accueillent dans une longĂšre toute amĂ©nagĂ©e pour vous recevoir dans cet espace serez Ă proximitĂ© de la 7Ăšme merveille du monde le Mont Saint Michel et y faire de belles balades guidĂ©es, prĂšs de la cĂ©lĂšbre citĂ© corsaire Saint Malo, Cancale et ses huitres et Dol de Bretagne et sa cathĂ©drale ainsi que la citĂ© mĂ©diĂ©vale de Dinan. Nos petits dĂ©jeuners sont rĂ©alisĂ©s Ă partir de nos produits fermiers lait entier, oeufs de plein air ... et avec bien sĂ»r avec d...es crĂȘpes et confitures maison. En effet nous sommes des producteurs de lait Ă Roz Landrieux. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsCroas Hent22740 LEZARDRIEUXCĂŽtes d'ArmorMarie-Line et Michel vous accueillent dans l'un de leurs gĂźtes ou dans l'une de leurs chambres d'hĂŽte Ă LĂ©zardrieux en CĂŽtes d'Armor, tout proche du port de pĂšche de Paimpol. De lĂ , vous pourrez partir dĂ©couvrir la superbe Ăźle de BrĂ©hat en vĂ©lo ou Ă pied, la cĂŽte de Granit Rose avec son village Ploumanach. Nous sommes producteurs de lĂ©gumes biologiques tels que le brocolis, la patate douce ou les petits pois. Vous pourrez dĂ©couvrir notre ferme et nos mĂ©thodes de production. Vous aurez le choix entre nos... gĂźtes Ă la ferme ou nos chambres d'hĂŽtes labellisĂ©s 3 Ă©pis. L'un des gĂźtes et l'une des chambres disposent d'un agrĂ©ment Association ParlaysĂ©s de France et Tourisme et Handicap. Sur notre site, un jaccuzi avec ses Ă©quipements sportifs et une piscine ouverte d'Avril Ă Octobre vous attendent pour passer un bon moment de dĂ©tente. Et enfin vous pourrez rendre visite Ă nos animaux prĂ©fĂ©rĂ©s nos alpagas ! En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsBel56330 PLUVIGNERMorbihanDans un ensemble de 3 gĂźtes mitoyens situĂ©s sur une exploitation agricole de vaches laitiĂšres, les gĂźtes, confortables et situĂ©s dans une campagne verdoyante ou Jean-Claude et Annie vous feront dĂ©couvrir la vie de la ferme. Chaque location possĂšde son petit jardin privĂ©, sa terrasse. Un parking commun aux 3 gĂźtes, PlacĂ© entre mer et forĂȘt immense forĂȘt domaniale de Camors, Pluvigner jouit de cette position fort privilĂ©giĂ©e et suit l' expansion que connaĂźt la rĂ©gion on y trouve tous commerces et servi...ces. Vous y dĂ©couvrirez des sentiers de randonnĂ©es pĂ©destres, Ă©questres et des savoir plusVoir nos hĂ©bergementsImpasse du Castilly56760 PENESTINMorbihanNotre gĂźte Ă PĂ©nestin, non loin de GuĂ©rande, peut accueillir 6 Ă 8 personnes. Bienvenue sur notre ferme de viande bovine la Salers. Vous serez dans le Morbihan entre Vannes et la Baule; entre terre et mer puisque vous y trouverez la campagne et la mer sur notre commune de PĂ©nestin d'autant plus que notre gĂźte se trouve Ă 500m de la plage. A proximitĂ© la parc naturel rĂ©gional de la BriĂšre, du golfe du Morbihan, de l'embouchure de la Vilaine, la Roche Bernard bref de quoi passer un ag...rĂ©able moment dans notre belle rĂ©gion bretonne ! En outre , vous pourrez dĂ©guster dans notre gĂźte notre trĂšs bonne viande. Notre troupeau profite pleinement du pĂąturage ce qui donne son bon goĂ»t. Si cela vous dit, nous serons heureus de vous faire visiter notre exploitation et prendrons le temps de vous expliquer notre mĂ©tier. Quant Ă notre gĂźte, il peut accueillir 6 Ă 8 personnes avec 3 chambres. Il es tbien sur tout Ă©quipĂ© aussi bien pour l'intĂ©rieur que pour l'extĂ©rieur. En savoir plusVoir nos hĂ©bergements11le grand mĂ©sauboin35133 billeIlle-et-VilaineLa ferme de MĂ©sauboin vous accueille dans son petit manoir du XVIĂšme siĂšcle situĂ© Ă 8 kilomĂštres de FougĂšres, connue pour avoir la plus grande forteresse d'Europe. Un peu plus loin, la citĂ© de VitrĂ©vous attend et Ă 50mn de voiture allez visiter la 7 Ăšme merveille du monde le Mont Saint Michel !Ainsi vous aurez Ă votre disposition la mer et la le propre de notre dĂ©partemnt l'Ille-et-Vilaine. Nous disposons de 5 chambres d'hĂŽtes et de 3 gĂźtes, un vrai nid douillet. Et si vous avez une pet...ite faim sachez que nous sommes une ferme auberge et cuisinons les produits de notre fermevolailles fermiĂšres, cidre, jus de pomme et fruits et lĂ©gumes. Nous pouvons accueillir une fĂȘte de famille dans notre grande salle soit pour un petit mariage, communion,bĂąptĂšme, anniversaire... En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsMagouĂ©rec56700 Sainte HĂ©lĂšne sur MerMorbihanChez nous vous serez sur une ferme d'Ă©levage de vaches laitiĂšres, Ă quelques minutes des commerces et des plages du Morbihan. Nous sommes situĂ© Ă 30 minutes de Vannes, 20 du port de Saint-Goustan surla commune d'Auray, de Lorient de la ville balnĂ©aire de Carnac et ses alignements de menhirs. Bref un emplacement idĂ©al pour visiter notre Bretagne sud et au calme. La Ria est est un paradis pour les passionnĂ©s d'oiseaux, vous pourrez la dĂ©couvrir Ă pied, Ă voile ou en kayak pour ĂȘtre au plus... prĂšs de la nature. Nous avons plusiuers gĂźtes pouvant accueillir de 2 Ă 10 personnes. Vous aurez un espace dĂ©tente avec notre jaccuzi ainsiqu'une piscine couverte chauffĂ©e. Nos gĂźtes sont tous rĂ©novĂ©s dans un corps de ferme de type bretonne en pierres de granit. C'est un vaste lieu ombragĂ© par nos vieux chĂȘnes. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsBel56330 PLUVIGNERMorbihanDans un ensemble de 3 gĂźtes mitoyens situĂ©s sur une exploitation agricole de vaches laitiĂšres, les gĂźtes, confortables et situĂ©s dans une campagne verdoyante ou Jean-Claude et Annie vous feront dĂ©couvrir la vie de la ferme. Chaque location possĂšde son petit jardin privĂ©, sa terrasse. Un parking commun aux 3 gĂźtes, ainsi qu'une aire de jeux accueillant balançoire, ping-pong, toboggan. PlacĂ© entre mer et forĂȘt immense forĂȘt domaniale de Camors, Pluvigner jouit de cette position fort privilĂ©giĂ©e et suit... l' expansion que connaĂźt la rĂ©gion on y trouve tous commerces et services. Vous y dĂ©couvrirez des sentiers de randonnĂ©es pĂ©destres, Ă©questres et des savoir plusVoir nos hĂ©bergementsKermerrien29830 SAINT PABUFinistĂšreGisĂšle et Jean-Yves Begoc vous accueillent sur leur ferme laitiĂšre Ă Saint Pabu sur l'Aber BenoĂźt, dans le FinistĂšre Nord. Saint Pabu, station verte, est considĂ©rĂ©e comme la perle des Abers, " ces fjords Ă la bretonne". Leurs 2 gĂźtes en pierres de granit breton, typique de la rĂ©gion, sont situĂ©s Ă 2km des plages de sable blanc, entre terre et mer. Ils sont orientĂ©s plein sud et l'endroit est calme et paisible. L'un des gĂźtes a une capacitĂ© de 4 places et l'autre est prĂ©vu pour un couple. Vous serez non l...oin de Brest, de la sauvage Ăźle de Ouessant et de l'Ăźle MolĂšne, du Conquet... Nos 2 agriculteurs produisent du lait depuis 30 ans et le transforme en beurre, yaourt, flan et fromage frais. Vous pourrez en dĂ©guster sur place ou nous retrouver sur les marchĂ©s de Lannilis ou Ploudalmezeau. En savoir plusVoir nos hĂ©bergements 14 ALLEE DES VIOLETTES Route des vallons56250 SULNIACMorbihanIci vous serez Ă l'orĂ©e d'une forĂȘt sur un domaine verdoyant, calme et chaleureux. C'est le domaine des chevaux, ils sont notre prioritĂ©. Si vous dĂ©sirez prendre des cours ou vous promener, nous sommes lĂ pour vous faire dĂ©couvrir notre beau dĂ©partement du Morbihan. Toute la Bretagne est diffĂ©rente et chez nous vous serez Ă proximitĂ© du golfe du Morbihan, donc des plages et chemins de randonnĂ©es. Ici plus de 100km de chemins balisĂ©s ! Nous vous proposons un hĂ©bergement insolite, une roulotte au milieu de...s champs et Ă proximitĂ© du bois pour 4 personnes avec un lit de 160 par 200cm, une banquette-lit de 70 par 200cm. Inutile d'apporter vos draps, couettes...nous vous fournissons tout le une vĂ©ritable roulotte tzigane du centre de l'Europe. Vous n'entendrez que le chant des oiseaux et le hennissement des chevaux, la nuit vous dĂ©couvrirez nos nuits Ă©toilĂ©es. Bien Ă©videmment, nous vous inviterons Ă venir dĂ©couvrir la vie des Ă©curies. En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLa bouliĂšre, MartignĂ© ferchaud35640 MARTIGNE FERCHAUDIlle-et-Vilainechezleon un gĂźte tout cosy amĂ©nagĂ© pour 6 personnes. Il est complĂštement emprunt de chine et de brocante. Vous apprĂ©cierez l'harmonie des matĂ©riaux mĂ©tal, bois, pierre, enduits de chaux, enduits de chanvre,... L'hiver vous apprĂ©cierez de faire un petit feu de cheminĂ©e dans le poĂ«le, de vous mettre sous un plaid, de prendre un bouquin ou un magazine mis Ă votre disposition, et de vous prĂ©lasser sur le canapĂ©! L'Ă©tĂ© vous profiterez de la terrasse couverte et du jardin c...los. Vous ĂȘtes naturellement bienvenus Ă la ferme. Un jacuzzi contribuera Ă vos instants dĂ©tente Ce logement est classĂ© meiblĂ© de tourisme **** Bienvenue chez vous! En savoir plusVoir nos hĂ©bergementsLa Morinais35600 BAIN SUR OUSTIlle-et-VilaineLa ferme de la Morinais est aux confins du Morbihan et de l'Ille-et-Vilaine, soit Ă 2km de Redon et 10 minutes du village de la Gacilly. Nous sommes Ă©leveurs de volailles, maraĂźchers plantes aromatiques, grand potager , cultivons des fleurs et avons des arbres fruitiers. Tout cela pour vous servir de bons plats dans notre restaurant Ă la ferme. Et ce que nous ne pouvons produire, nous le commandons chez nos collĂšgues voisins agriculteurs biologiques. Vous pourrez aussi louer nos salles pour vos futu...res sĂ©minaires, rĂ©unions de travail... Mais nous avons Ă©galement une autre activitĂ© avec l'accueil de touristes soit sur notre camping dans nos campĂ©toiles, soit dans nos tentes sur parquets, soit dans notre gĂźte rĂ©novĂ© dans un ancien pigeonnier. Vous serez au calme dans un environnement arborĂ©. Vous ne serz pas loin de la mer puisque Vannes est Ă 1 heure. En savoir plusVoir nos hĂ©bergements
Vendéeminiature, c'est l'histoire d'un musée pas comme les autres.Situé à Brétignolles sur mer, à 20 km des Sables d'Olonne, nous entrons dans un village de la Vendée d'autrefois, en miniature, à l'échelle de 1/10Úme accompagnée de sons et de lumiÚres.
La cabane est lâincarnation dâune simplicitĂ©, nichĂ©e au creux des arbres, elle en Ă©pouse la morphologie dans une parfaite osmose, la virtuositĂ© dâun camĂ©lĂ©on. Les cabanes nous invitent Ă vivre une parenthĂšse hors du temps, un instant suspendu » pour contempler, sâinterroger, rĂȘverâŠAu cĆur du Maine et Loire, Ă Saint Macaire en Mauges 49, deux cabanes perchĂ©es se fondent dans le paysage. Elles sont conçues pour que les hĂŽtes sây sentent isolĂ©s et en contact avec la nature, et offrent un panorama plongeant sur la campagne. Lâharmonie existe entre la cabane et son environnement, pour vous offrir une expĂ©rience unique. / Dessin de la Cabane Oâ Charmes Pourquoi sont-elles des Cabanes dâException? Parce quâelles ont Ă©tĂ© construites avec une isolation dans les murs, le toit, le quâelles sont accessibles facilement pour tous Ăąges avec un quâelles ressemblent Ă des petites maisons ou chalets en haut dâun quâelles sont dotĂ©es dâune technique de suspension quâelles sont rĂ©alisĂ©es 100% en bois en red ceddar, bois imprutrescible, par des compagnons du Tour de FranceParce quâelles sont imaginĂ©es sur place, prĂ©parĂ©es en atelier puis rĂ©alisĂ©es suivant un cahier des charges que nous nous attachons Ă un service premium accueil, repas, linge sur place, dĂ©co extĂ©rieur / intĂ©rieur, service Ă nos cabanousParce quâelles bĂ©nĂ©ficient dâune exposition exceptionnelle soleil, Ă©tangs, animaux dans une propriĂ©tĂ© privĂ©e. Parce que vous lâĂȘtes tout autant !⊠Nous nous invitons Ă dĂ©couvrir les rĂ©alisations de notre constructeur La Cabane PerchĂ©e Ă travers leurs deux magnifiques livres Vivons PerchĂ©es et Cabanes dâException aux Editions de La trĂšs bientĂŽt dans Les Cabanes de la BernardiĂšre pour une prochaine Ă©dition. A dĂ©couvrir !Direction lâaventure, le calme et la sincĂ©ritĂ© de la vie au grand air.
Nousvous accueillons dans l'une de nos cabanes flottantes (2 à 5 pers.) qui vous permet de savourer la nature dans environnement préservé. Montez sur la cabane accostée à un ponton et appuyer sur la télécommande. La cabane
Date d'arrivĂ©e Date de dĂ©part Nombre de personnes Type de location Profitez des balades en train Ă seulement 10 minutes du Puy du Fou. Les chemins de fer, situĂ©s Ă 29 km, soit 30 minutes du camping VendĂ©e, vous offrent une vue imprenable sur notre rĂ©gion. Partez pour une balade insolite de Mortagne-sur-SĂšvre aux Herbiers. Balade en train vapeur VendĂ©e En famille, vous allez vivre une aventure de 2H30 Ă bord du Puy du Fou train, machine Ă remonter le temps. Plongez-vous au cĆur du passĂ© et profitez des 22km de visite aller/retour pour observer les magnifiques paysages vendĂ©ens. Le petit plus de la balade, câest quâelle est commentĂ©e ! Les vallĂ©es, les viaducs, vos yeux seront Ă©merveillĂ©s avec cette agrĂ©able activitĂ© en VendĂ©e. Cette balade amusera petits et grands. Les enfants auront la chance dâapprendre de nouvelles choses grĂące au jeu de carte sur la VendĂ©e vapeur ! Le dĂ©part est Ă 15H30 et le retour Ă 18H les dimanches de Juin et Septembre 2022. Tandis quâen Juillet et AoĂ»t 2022, le dĂ©part peut se faire les mercredis, vendredis et dimanches. Restauration Ă bord du train Comme dans lâOrient Express, montez Ă bord de la locomotive afin de dĂ©guster un bon repas dans le train vapeur Ă Mortagne. EntiĂšrement rĂ©novĂ©e, la voiture-restaurant de votre Puy du Fou train vous fait voyager gustativement et culturellement avec les magnifiques paysages pendant 3H. Et si vous souhaitez profiter du train restaurant, le dĂ©part se fait Ă 12H tous les jeudis, vendredi, samedis et dimanches en dâavril Ă septembre et les jeudis, samedis et dimanche en juillet, aout et octobre 2022 Ă bord du vendee Vapeur. Pour plus dâinformations, rendez-vous sur
3LZke8. qf9zlb9bpk.pages.dev/24qf9zlb9bpk.pages.dev/461qf9zlb9bpk.pages.dev/465qf9zlb9bpk.pages.dev/409qf9zlb9bpk.pages.dev/104qf9zlb9bpk.pages.dev/141qf9zlb9bpk.pages.dev/241qf9zlb9bpk.pages.dev/230
cabane dans les arbres vendée puy du fou