Deplus, son dĂ©cĂšs donne un « coup de vieux ». On rĂ©alise qu’on peut mourir Ă  son tour et on se dit qu’on est peut ĂȘtre le (la) prochain(e) sur la liste. On peut mĂȘme s’inquiĂ©ter sur la cause de son dĂ©cĂšs (s’il s’agit d’un cancer par exemple), en se demandant s’il n’y a pas des causes gĂ©nĂ©tiques dont on pourrait soi mĂȘme ĂȘtre porteur. Les frĂšres et sƓurs se Programmes scolaires français Histoire, Lettres - 3e, 1re ‱ Équivalence canadienne Secondaire, 2e cycleIntroductionLe centenaire de la Grande Guerre permet un large renouveau des publications de productions Ă©crites entre 1914 et 1918 d’une part, et sur cette pĂ©riode d’autre part. Pour les premiers carnets de guerre, souvenirs d’anciens combattants, relations Ă©pistolaires, parmi lesquels Ceux de 14, de Maurice Genevoix et Orages d’acier, de Ernst JĂŒnger sont devenus des classiques de la littĂ©rature, ainsi que Generals die in Bed, de Charles Yale Harrison, nĂ© et dĂ©cĂ©dĂ© aux États-Unis mais Ă©levĂ© Ă  MontrĂ©al, d’oĂč il s’enrĂŽla dans la force expĂ©ditionnaire canadienne. Si la combinaison de l’écriture et de l’expĂ©rience guerriĂšre n’est pas nouvelle [
], la PremiĂšre Guerre mondiale introduit, comme dans bien des domaines, la nouveautĂ©. [Ainsi] l’engagement des Ă©crivains dans la guerre aboutit Ă  de nouvelles pratiques tĂ©moigner tout en gardant les outils propres aux Ă©crivains ». Cette guerre bouleverse donc les pratiques des milieux littĂ©raires tout comme les contributions des gens de lettres et elle est la matrice d’un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne des Ă©crivains combattants Ă©crivains devenus combattants, combattants devenus Ă©crivains et Ă©crivains de l’arriĂšre ». Par ailleurs, les diffĂ©rentes formes d’écritures appartiennent Ă  des genres variĂ©s tels que les lettres, les carnets mais aussi les articles de journaux. L’écriture constitue finalement un enjeu Ă  la fois politique, stratĂ©gique, militaire, mais aussi humain et psychologique particuliĂšrement articles de presseDurant la PremiĂšre Guerre mondiale, la presse Ă©crite est un mĂ©dia d’information essentiel. Pour les autoritĂ©s, il s’agit de la contrĂŽler afin de prĂ©server le moral des troupes, des civils et le secret militaire. En France, le dĂ©cret sur l’état de siĂšge suspend la libertĂ© de la presse le 2 aoĂ»t 1914. La censure s’exerce sur tous les journaux qui sont rĂ©guliĂšrement distribuĂ©s avec des espaces blancs correspondants aux articles retirĂ©s voir document 3. La presse devient aussi un outil de propagande au service de l’État les rĂ©cits des combats que l’on trouve dans les journaux officiels diffĂšrent de beaucoup avec les tĂ©moignages, carnets et journaux des tranchĂ©es. Dans ces Ă©crits, l’armĂ©e française est caractĂ©risĂ©e par un vocabulaire valorisant, qui la montre invincible, alors que les Allemands sont rabaissĂ©s et ridiculisĂ©s, notamment par l’inefficacitĂ© de leurs armes voici par exemple ce que l’on peut lire dans L’Intransigeant du 17 aoĂ»t 1914 L’inefficacitĂ© des projectiles ennemis est l’objet de tous les commentaires. Les shrapnells Ă©clatent mollement et tombent en pluie inoffensive. Quant aux balles allemandes, elles ne sont pas dangereuses elles traversent les chairs de part en part sans faire aucune dĂ©chirure. » Dans Le Petit Parisien du 19 janvier 1915, on dĂ©couvre dans une lettre de soldat que les obus allemands ne sont pas si mĂ©chants qu’ils ont l’air d’ĂȘtre ». Une autre lettre du front » publiĂ©e dans Le Matin du 15 septembre 1914, explique que les Ă©clats d’obus vous font simplement des bleus ». Le soldat allemand est tantĂŽt maladroit dans ses tirs L’Intransigeant, 17/08/1914, tantĂŽt d’une barbarie inimaginable, tel que l’on peut le lire dans Le Matin de Paris D’aprĂšs les informations du Corriere della Sera reçues via Londres et via Cologne, on confirme que les barbares vainqueurs d’Anvers ont suppliciĂ© les malheureux prĂȘtres belges Ă  cause de leur refus hĂ©roĂŻque, en les pendant aux cloches comme des battants vivants, la tĂȘte en bas ! ». À l’inverse, le soldat français est d’un hĂ©roĂŻsme Ă  toute Ă©preuve il se dispute avec ses camarades pour monter au front Le Matin de Paris, 15/11/1914 et supporte ses blessures avec gaietĂ© et fiertĂ© L’Intransigeant, 17/08/1914. La baĂŻonnette, souvent personnifiĂ©e, devient une arme qui permet des luttes Ă©piques et chevaleresques » L’Écho de Paris, 10/07/1915. Le registre lyrique et exaltĂ© est privilĂ©giĂ© pour Ă©voquer l’armĂ©e française, comme en tĂ©moigne cet article du Journal 1915 J’en reviens ! Je les ai vus [
]. J’en tremble encore [
] ce que je vous rapporte, c’est le culte de l’homme ayant touchĂ© du doigt le summum des beautĂ©s morales auxquelles une race peut atteindre. Je rentre du monde idĂ©al, et j’ai vu l’ñge d’or ! [
] Quand je suis montĂ© vers Eux, je les plaignais ; quand je reviens, je les envie. » Certains journalistes vont jusqu’à souligner la beautĂ© et parfois le pittoresque des champs de bataille. Du cĂŽtĂ© canadien, retenons La Grande Guerre de Paul Caron. Chroniques d’un lĂ©gionnaire le mĂȘme temps, une presse critique fait son apparition pour dĂ©noncer la propagande et porter un regard sur la guerre moins aveuglĂ© par le patriotisme. La censure est caricaturĂ©e par le personnage d’Anastasie, reprĂ©sentĂ©e avec une immense paire de ciseaux. En 1914, Albert Londres, correspondant de guerre du Matin, popularise l’expression bourrage de crĂąne ». En 1915, Le Canard enchaĂźnĂ© est créé et met peu Ă  peu au point un langage codĂ© en riposte Ă  la propagande antiphrases, dĂ©mentis qui valent confirmations, phrases Ă  l’envers. Voici ce que l’on peut lire dans le Canard enchaĂźnĂ© du 10 septembre 1915 Le Canard enchaĂźnĂ© prend l’engagement d’honneur de ne cĂ©der, en aucun cas, Ă  la dĂ©plorable manie du jour. C’est assez dire qu’il s’engage Ă  ne publier, sous aucun prĂ©texte, un article stratĂ©gique, diplomatique ou Ă©conomique, quel qu’il soit. [
] Le public veut des nouvelles fausses
 pour changer. Il en aura. Pour obtenir ce joli rĂ©sultat, la direction du Canard enchaĂźnĂ©, ne reculant devant aucun sacrifice, n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  passer un contrat d’un an avec la trĂšs cĂ©lĂšbre agence Wolff qui lui transmettra, chaque semaine, de Berlin par fil spĂ©cial barbelĂ©, toutes les fausses nouvelles du monde entier. »Les lettresL’acheminement du courrier est bien sĂ»r difficile durant la PremiĂšre Guerre mondiale le transport des lettres est non seulement ralenti par la saturation des centres de tri et de distribution, mais aussi par la censure. Cependant, l’échange avec les familles Ă©tant primordial pour le moral des troupes, la franchise postale est instaurĂ©e entre les soldats et leur famille dĂšs le 3 aoĂ»t 1914. Afin de simplifier le traitement du courrier et la censure, l’administration militaire va par ailleurs crĂ©er des cartes prĂ©-imprimĂ©es avec des phrases types les soldats n’ont plus qu’à rayer les phrases qui ne correspondent pas Ă  leur situation. On retrouve le travail de la censure sur le courrier des soldats dans le roman La Vie tranchĂ©e, de BĂ©nĂ©dicte des Mazery, qui cite par ailleurs d’authentiques lettres de soldats. Ces lettres, dont on peut aussi trouver des exemples dans le recueil Paroles de poilus, de Jean-Pierre GuĂ©non et Yves Laplume, sont de prĂ©cieux tĂ©moignages sur la vie au front ; Michel Litalien a lui aussi rĂ©uni un ensemble de ces Ă©crits pour le Canada français. MalgrĂ© la censure, les poilus Ă©voquent les effroyables conditions matĂ©rielles dans lesquelles ils se trouvent ils expriment leurs souffrances face Ă  la boue des tranchĂ©es, au manque de nourriture, au froid, aux assauts ennemis, Ă  la peur de la mort
 tout en essayant de rassurer leurs proches. Certaines lettres, trĂšs Ă©mouvantes, sont Ă©crites par des soldats sur le point d’ĂȘtre fusillĂ©s, souvent injustement, pour mutinerie ou dĂ©sertion de poste. On peut ainsi citer la lettre que le caporal Henry Floch, fusillĂ© en 1914, adresse Ă  sa femme avant d’ĂȘtre fusillĂ© voir document 1.Lettre du soldat Maurice Izambard Ă  sa femme, 6 avril 1915. Archives dĂ©partementales de la l’autre cĂŽtĂ©, les familles, essentiellement, les mĂšres, les femmes et les filles, font parvenir au front de leurs nouvelles, souvent accompagnĂ©es de colis trĂšs attendus. Elles Ă©voquent un quotidien bouleversĂ© par le dĂ©part des hommes, notamment leur implication dans les travaux des champs. Enfin, la PremiĂšre Guerre mondiale est Ă  l’origine des marraines de guerre », qui apparaissent en 1915. Il s’agit au dĂ©part d’une institution patriotique des femmes ou des jeunes filles entretiennent une correspondance avec des soldats sans famille et livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes. En effet, pour ces derniers, les colis et les lettres affectueuses reçues par leurs camarades pĂšsent lourdement sur leur moral, et plus particuliĂšrement au moment oĂč la guerre s’enlise. Plus tard, le marrainage » s’étendra au-delĂ  des soldats privĂ©s de famille, et se transformera souvent en relation sentimentale qui n’était pas prĂ©vue au journaux intimes et carnets du frontDe nombreux soldats tiennent des journaux personnels. Ils Ă©crivent durant les pĂ©riodes calmes du front, la nuit, au cours de moments de repos derriĂšre les lignes. Ils consignent leur vie quotidienne dans les moindres dĂ©tails en les illustrant parfois de croquis. Les sentiments et rĂ©flexions exprimĂ©s sont trĂšs variables enthousiasme et exaltation de l’engagĂ© volontaire en dĂ©but de guerre, panique et sentiments d’horreur pour d’autres mobilisĂ©s, rĂ©signation et stoĂŻcisme des vĂ©tĂ©rans
 Nombre de ces journaux nous sont parvenus grĂące aux familles qui les ont conservĂ©s et certains de ces carnets sont mĂȘme devenus de vĂ©ritables Ɠuvres littĂ©raires on peut citer Le Feu, journal d’une escouade, d’Henri Barbusse, paru sous forme de feuilleton dans le quotidien L’ƒuvre Ă  partir du 3 aoĂ»t 1916, ou les diffĂ©rents livres du recueil Ceux de 14 Ă©crits par Maurice Genevoix. CĂŽtĂ© allemand, Ernst JĂŒnger s’inspirera de ses carnets pour rĂ©diger Orage d’acier publiĂ© en 1920. À l’inverse d’un rĂ©cit rĂ©trospectif, l’écriture de ces journaux se situe dans une immĂ©diatetĂ© qui abolit la distance et parfois l’analyse. Cette Ă©criture fait la part belle Ă  l’expression de sentiments et d’émotions trĂšs variĂ©s exaltation, peur, colĂšre, incomprĂ©hension, fascination, rĂ©signation, souffrance
, mise en valeur par de nombreux procĂ©dĂ©s d’écriture Ă©numĂ©rations, accumulations, anaphores, phrases exclamatives et interrogatives
. Il est d’ailleurs intĂ©ressant de constater que les auteurs ayant publiĂ© leurs souvenirs de guerre aprĂšs la fin du conflit utilisent une Ă©criture proche de celle du journal, notamment par l’emploi du temps prĂ©sent c’est le cas de Erich Maria Remarque dans À l’Ouest rien de nouveau publiĂ© en 1929, ou de Jean Giono dans Recherche de la puretĂ© » publiĂ© en 1939. Les Ă©crits intimes de l’arriĂšre ont connu une moins grande postĂ©ritĂ©. Ce genre est en revanche utilisĂ© dans la fiction, qui cherche notamment Ă  faire entendre la voix des femmes, qu’elles soient restĂ©es Ă  l’arriĂšre ou qu’elles se soient plus directement impliquĂ©es. Au Canada, plusieurs romans ont Ă©tĂ© produits par des femmes restĂ©es au pays, dont ceux de Nellie McClung The Next of Kin Those Who Wait and Wonder, 1917 et de Lucy Maud Montgomery Rilla of Ingleside, 1920 mĂ©ritent attention. Le cas de Nellie McClung est particuliĂšrement intĂ©ressant dans son roman, cette pacifiste d’avant-guerre abandonne ses principes, probablement suite au fait que son fils ait choisi de s’enrĂŽler. On note par ailleurs que la plupart des romanciĂšres fĂ©ministes canadiennes vont plus ou moins dans le mĂȘme sens une fois la guerre dĂ©clarĂ©e et leur pays largement engagĂ© dans le 1. Lettre du caporal Henry Floch Ă  sa femmeComme 24 autres poilus injustement accusĂ©s d’avoir reculĂ© devant l’ennemi, le caporal Henry Floch a Ă©tĂ© jugĂ© et fusillĂ© avec 5 autres de ses camarades Ă  VingrĂ©, le 4 dĂ©cembre 1914. Voici sa derniĂšre lettre, adressĂ©e Ă  sa bien chĂšre Lucie, Quand cette lettre te parviendra, je serai mort pourquoi Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, aprĂšs un violent bombardement de deux heures, dans une tranchĂ©e de premiĂšre ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenĂ©s dans la tranchĂ©e, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profitĂ© d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands. J’ai suivi mes camarades et ensuite, j’ai Ă©tĂ© accusĂ© d’abandon de poste en prĂ©sence de l’ sommes passĂ©s 24 hier au soir au Conseil de Guerre. Six ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un portefeuille te parviendra et ce qu’il y a te fais mes derniers adieux Ă  la hĂąte, les larmes aux yeux, l’ñme en peine. Je te demande Ă  genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l’embarras dans lequel je vais te mettre
Ma petite Lucie, encore une fois, vais me confesser Ă  l’instant, et espĂšre te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reprochĂ©. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais restĂ© prisonnier, j’aurais encore la vie derniĂšre pensĂ©e, Ă  toi, jusqu’au bout. Henry Floch. Lettre d’Henry Floch, in Paroles de Poilus, Lettres et carnets du front 1914-1918, sous la direction de Jean-Pierre GuĂ©no. © J’ai Lu, coll. Librio, 2. Lettre de Gaston Biron Ă  sa mĂšreGaston avait 29 ans en 1914. BlessĂ© le 8 septembre 1916, il meurt quelques jours 25 mars 1916 Ma chĂšre mĂšre, [
] Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer ? Je me demande encore bien des fois s’il est vrai que je suis vivant ; pense donc nous sommes montĂ©s 1 200 et nous sommes descendus 300 ; pourquoi suis-je de ces 300 qui ont la chance de s’en tirer, je n’en sais rien pourtant j’aurais dĂ» ĂȘtre tuĂ© cent fois et Ă  chaque minute pendant ces huit longs jours, j’ai cru ma derniĂšre heure arrivĂ©e. Oui ma chĂšre mĂšre, nous avons beaucoup souffert. À la souffrance morale de croire chaque instant la mort nous surprendre viennent s’ajouter les souffrances physiques de longues nuits sans dormir ; huit jours sans boire et presque sans manger, huit jours au milieu d’un charnier humain, couchant au milieu des cadavres, marchant sur nos camarades tombĂ©s la veille ; ah ! j’ai bien pensĂ© Ă  vous tous durant ces heures terribles, et ce fut ma plus grande souffrance que l’idĂ©e de ne jamais vous revoir. Nous avons tous deux bien vieilli, ma chĂšre mĂšre, et pour beaucoup, les cheveux grisonnants seront la marque Ă©ternelle des souffrances endurĂ©e ; et je suis de ceux-lĂ . Plus de rire, plus de gaietĂ© au bataillon, nous portons dans notre cƓur le deuil de tous nos camarades tombĂ©s Ă  Verdun du 5 au 12 mars. Est-ce un bonheur d’en ĂȘtre rĂ©chappĂ© ? [
] Gaston Lettre de Gaston Biron, in Paroles de Poilus, Lettres et carnets du front 1914-1918, sous la direction de Jean-Pierre GuĂ©no. © J’ai Lu, coll. Librio, 3. Une caviardĂ©e » du Canard enchaĂźnĂ©Une censurĂ©e du Canard EnchaĂźnĂ© n° 10 du 6 septembre 1916Strictement rĂ©servĂ© Ă  un usage en 4. Le film Entre les lignes Entre les lignes 3232 Hommage aux combattants canadiens de la PremiĂšre Guerre mondiale, ce film fait la chronique du conflit Ă  travers les mots de six participants. Entre les lignes des correspondances intimes adressĂ©es Ă  des proches, on devine l'innommable, toute cette horreur censurĂ©e par la guerre et la par Claude Guilmain, produit par Anne-Marie Rocher© Office national du film du Canada, 2008 Document 5. Lettre ouverte de la FĂ©dĂ©ration nationale de la libre pensĂ©eLe document suivant est une lettre ouverte, c’est-Ă -dire une lettre adressĂ©e Ă  un destinataire prĂ©cis mais dont la publication dans un journal ou sur Internet permet Ă  tous de prendre connaissance de son contenu et, Ă©ventuellement, d’y le PrĂ©sident de la RĂ©publique, M. le Premier ministre, MMM. Les prĂ©sidents de l’AssemblĂ©e nationale, du SĂ©nat, des groupes parlementaires de l’AssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat, Lors de la cĂ©lĂ©bration du 80e anniversaire de l’Armistice de 1918, le Premier ministre dĂ©clarait Ă  cette occasion que les mutins de 1917 devaient rĂ©intĂ©grer pleinement notre mĂ©moire collective nationale ». Propos de circonstances ? PrĂšs de quatre ans aprĂšs, force est de constater que les choses sont restĂ©es en l’état. Pourtant, qui pourrait s’opposer aujourd’hui Ă  cette mesure d’élĂ©mentaire justice, alors que les responsables de leur triste sort n’ont jamais Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ©s ? Les mutins de 1917 n’étaient pas des dĂ©serteurs. Ils n’abandonnaient pas leur poste. En mai 1917, aprĂšs les offensives meurtriĂšres du Chemin des Dames et du plateau de Craonne, ces soldats exprimaient ainsi leur refus du sacrifice inutile, de l’acharnement sanglant, monstrueux et sans limites qui leur Ă©tait imposé  À ceux-lĂ  il faut ajouter, notamment, les soldats fusillĂ©s sans preuve pour abandon de poste en prĂ©sence de l’ennemi » ou sur le fondement de certificats mĂ©dicaux attestant des mutilations allĂ©guĂ©es Ă  tort comme volontaires, pour fuir les combats. Quels que soient les chiffres dont on dispose aujourd’hui, chacun s’accorde Ă  dire que la rĂ©pression a Ă©tĂ© fĂ©roce. Les fusillĂ©s pour l’exemple sont devenus un des symboles de la justice expĂ©ditive et de l’arbitraire. Il est vrai que certaines mesures individuelles sont intervenues aprĂšs le conflit nouveau procĂšs, rĂ©habilitation, etc. Cependant, la RĂ©publique n’a jamais officiellement reconnu l’injustice criminelle dont, collectivement, ils ont Ă©tĂ© les victimes. Rien n’est venu effacer l’opprobre dans lequel l’histoire les a rejetĂ©s. [
] La RĂ©publique se grandirait en affrontant courageusement son passĂ©. En d’autres circonstances, elle a su rĂ©affirmer son devoir de mĂ©moire. Il n’existe donc aucune raison pour Ă©carter plus longtemps les fusillĂ©s de l’exemple de la rĂ©habilitation dont ils ont Ă©tĂ© privĂ©s jusqu’ici. L’Angleterre, quant Ă  elle, n’a-t-elle pas accompli rĂ©cemment ce pas dĂ©cisif ? C’est pourquoi, Monsieur le PrĂ©sident, notre association, soutenue dans sa dĂ©marche par la FĂ©dĂ©ration nationale laĂŻque des associations des amis des monuments pacifistes, souhaiterait connaĂźtre votre sentiment Ă  l’égard de cette criante injustice et, le cas Ă©chĂ©ant, ce que vous envisagez pour y mettre fin. Notes bibliographie - sitographieBecker Jean-Jacques, Les Français dans la Grande Guerre, Paris, Robert Laffont, Paule du, Le Journal d’AdĂšle, Paris, Gallimard Jeunesse, 1995 nouv. prĂ©sentation 2007.Bourlet MichaĂ«l, Nicolas BeauprĂ©, Écrire en guerre, Ă©crire la guerre, France, Allemagne 1914-1920 », Revue historique des armĂ©es [En ligne], n° 248, Catherine, La Marraine de guerre, Paris, Hachette, 2002 nouv. Ă©d. Le Livre de poche jeu-nesse, 2014.Jean Giono, Recherche de la puretĂ© », PrĂ©face de Lucien Jacques 1914-1945, Carnets de moleskine, Paris, Gallimard, 1939 nouv. Ă©d. 2014.GuĂ©non Jean-Pierre, Laplume Yves dir., Paroles de poilus, Paris, [Tallandier, 1998] Ă©d. Librio Sophie, InfirmiĂšre pendant la PremiĂšre Guerre mondiale. Journal de GeneviĂšve Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914-1918, Paris, Gallimard Jeunesse, Jean-NoĂ«l, Les rumeurs les plus folles », L’Histoire, n° 267 Les hommes et la guerre. HĂ©roĂŻsme et barbarie, juillet 2002, p. Jean-NoĂ«l, Rumeurs, le plus vieux mĂ©dia du monde, Paris, le Seuil, 1987 derniĂšre Ă©d. augm. Points, 2010.Kupferman Fred, Rumeurs, bobards et propagande », L’Histoire, n° 107 14-18 mourir pour la patrie, janvier 1988, p. Arthur Joseph, Souvenirs et impressions de ma vie de soldat 1916-1919, Garand, Michel , Écrire sa guerre. TĂ©moignages de soldats canadiens-français 1914-1919, MontrĂ©al, AthĂ©na, des BĂ©nĂ©dicte, La Vie tranchĂ©e, Paris, Éditions Anne CarriĂšre, 2008 derniĂšre Ă©d. Pocket, 2013.Martin Florent, La poste pendant la PremiĂšre Guerre mondiale » sur le site Histoire Maurice, La Guerre psychologique, Paris, PUF, coll. Que sais-je ? », n° 713, [1956] 3e Ă©d. Erich Maria, À l’Ouest rien de nouveau, derniĂšre Ă©d. française, Paris, Le Livre de poche, BĂ©atrice Ă©dition et commentaire, La Grande Guerre de Paul Caron. Chroniques d’un lĂ©gionnaire canadien-français 1914-1917, QuĂ©bec, Presses de l’UniversitĂ© Laval, BĂ©atrice, Quelle guerre raconter ? Le dilemme du lĂ©gionnaire Paul Caron », Revue de la SociĂ©tĂ© historique du Canada, Vol. 21, n° 1, 2010, p. Thomas-Louis, Journal de guerre 1915-1918, texte Ă©tabli et annotĂ© par Marcelle Cinq-Mars, MontrĂ©al, AthĂ©na, 2006. La PremiĂšre Guerre mondiale. Propagandes et rumeurs 1914-1918 » sur le site Cliotexte. Le Journal, 8 novembre 1915 » sur le site Gallica de la BibliothĂšque nationale de France. © RĂ©seau CanopĂ©, 2015 Unedes choses Ă  retenir du rapport de la Commission sur les soins de fin de vie n’y est pas Ă©crite en toutes lettres, mais on le devine entre les lignes Il y a encore trop de gens qui meurent mal, au QuĂ©bec. La mort d’AthĂ©na Gervais. J’ai Ă©crit sur la mort d’AthĂ©na Gervais, la semaine derniĂšre, dans la foulĂ©e du rapport du Qu’entend-on par acharnement thĂ©rapeutique ? LĂ©gislations sur les malades en fin de vie et application des lois Que dit la loi sur l’euthanasie en France ? Quels sont les pays qui acceptent le suicide assistĂ© ? Peut-on refuser un traitement mĂ©dical ? Tous les articles sur la fin de vie La loi relative aux droits des malades et Ă  la qualitĂ© du systĂšme de santĂ© est datĂ©e du 4 mars 2002. Elle stipule que le patient a le droit d’ĂȘtre informĂ© sur son Ă©tat de santĂ© et exige Ă©galement que sans le consentement libre et Ă©clairĂ© de la personne, aucun traitement ni acte mĂ©dical ne peut ĂȘtre pratiquĂ©. Ainsi, la personne malade a le droit de refuser les interventions effectuĂ©es par le corps mĂ©dical si elle juge qu’il pourrait s’agir d’un acharnement thĂ©rapeutique. La loi dite “Loi Leonetti” a Ă©tĂ© mise en vigueur en 2005. Cette loi sur la fin de vie exige l’arrĂȘt de tous les actes mĂ©dicaux poursuivis par une obstination jugĂ©e dĂ©raisonnable. En effet, cette loi ouvre la possibilitĂ© Ă  toute personne majeure d’écrire sur un document ses derniĂšres volontĂ©s grĂące Ă  la rĂ©daction de directives anticipĂ©es. Si le malade n’est pas en Ă©tat d’exprimer sa volontĂ©, il peut dĂ©signer une personne de confiance pour le remplacer. Ainsi, si les traitements en marche n’ont qu’un seul objectif qui est le seul maintien de la vie du malade, ils peuvent ĂȘtre suspendus. Le mĂ©decin, sur dĂ©cision collĂ©giale, doit arrĂȘter les traitements lourds et entreprendre les soins palliatifs pour sauvegarder la dignitĂ© du patient. Qu’entend-on par acharnement thĂ©rapeutique ? Par dĂ©finition, l’acharnement thĂ©rapeutique trouve sa dĂ©finition lĂ©gale dans la loi Leonetti. Il est considĂ©rĂ© comme une obstination dĂ©raisonnable de maintenir le patient en vie et indique le refus de l’utilisation de traitements jugĂ©s disproportionnĂ©s pour le patient par rapport Ă  l’évolution de son Ă©tat de conscience et de son Ă©tat de santĂ©. Il fait entrer en conflit la libertĂ© du patient et son droit de mourir avec la dĂ©cision mĂ©dicale. Elle peut ĂȘtre dĂ©finie comme la limitation et l’arrĂȘt des traitements selon l’article 37 du code de la dĂ©ontologie mĂ©dicale. Il s’agit Ă  la fois d’arrĂȘter les thĂ©rapies entreprises pour le traitement curatif du malade, le traitement artificiel de fin de vie et le traitement de supplĂ©ance vitale comme l’hydratation, mais aussi de limiter les traitements qui s’avĂšrent indispensables comme la rĂ©animation lors qu’un arrĂȘt cardiorespiratoire par exemple. Quand on parle d’acharnement thĂ©rapeutique, on rencontre des difficultĂ©s devant les cas d’euthanasie qui est punie par la loi dans beaucoup de pays. En effet, accepter l’acharnement thĂ©rapeutique pourrait signifier abandonner le traitement vital et laisser mourir le patient. Quand on parle d’euthanasie, cela implique d’entrainer intentionnellement la mort du patient pour le libĂ©rer de souffrances atroces et insupportables. Le code de la dĂ©ontologie mĂ©dicale n’accepte pas l’acharnement thĂ©rapeutique en France, mais il prĂ©conise les soins palliatifs qui permettent de soulager les douleurs et pas de hĂąter le dĂ©cĂšs du malade. Dans ce cas, le mĂ©decin peut utiliser des analgĂ©siques et des antalgiques entrainant une sĂ©dation profonde qui risquent d’accĂ©lĂ©rer le coma irrĂ©versible du patient. La volontĂ© du patient est fortement utile quand on parle d’acharnement thĂ©rapeutique. En effet, la limitation ou la dĂ©cision d’arrĂȘt des traitements lui revient. Il peut l’indiquer dans des directives anticipĂ©es, ses derniĂšres volontĂ©s, ou dĂ©signer une personne de confiance qui prendra la dĂ©cision Ă  sa place quand il sera dans l’incapacitĂ© de parler comme le fait d’ĂȘtre dans le coma. LĂ©gislations sur les malades en fin de vie et application des lois La loi du 9 juin 1999 prĂ©voit que la personne malade peut s’opposer Ă  toute investigation ou thĂ©rapeutique ». Ce droit a encore Ă©tĂ© renforcĂ© par la loi du 22 avril 2005. Les lĂ©gislations sur les patients en fin de vie sont dĂ©signĂ©es dans les trois premiers textes. En 2002, c’est la loi du 04 mars, en 2005, la loi dite de Kouchner et en 2006 c’est la loi dite LĂ©onetti qui est complĂ©tĂ©e par le dĂ©cret 2006-120. Il faut se rappeler que dĂšs 1999, une loi prĂ©voyait l’opposition du patient Ă  toute investigation thĂ©rapeutique. Elle a Ă©tĂ© consolidĂ©e par la loi du 22 avril 2005. Depuis de nombreuses annĂ©es, les sujets de fin de vie sont encore trĂšs dĂ©battus dans la sociĂ©tĂ© française. Le code de la santĂ© publique en parle aussi, voilĂ  pourquoi ces trois premiers textes sont insuffisants selon le lĂ©gislateur. D’autres textes viennent les complĂ©ter dans le rapport du 18 dĂ©cembre 2012. Ils portent une rĂ©flexion en matiĂšre d’éthique sur la fin de vie. La loi du 02 fĂ©vrier 2016 vient parfaire les nouveaux droits en faveur des patients et des malades en fin de vie. Elle entre surtout dans le volet qui respecte la dignitĂ© de la personne humaine. Elle prend en considĂ©ration l’expression de la volontĂ© du malade et autorise la sĂ©dation profonde et continue. Le but final n’est pas de rechercher la mort ou d’accĂ©lĂ©rer le dĂ©cĂšs, mais de rechercher une hypoventilation extrĂȘme. Cependant, la loi n’autorise pas l’euthanasie, les directives anticipĂ©es excluent le suicide assistĂ©. Dans le cas de Vincent Lambert, un homme qui a Ă©tĂ© dans un Ă©tat vĂ©gĂ©tatif pendant 10 ans, la justice et le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s ont vĂ©cu une situation exceptionnelle Ă  cause de l’absence de directives anticipĂ©es. Que dit la loi sur l’euthanasie en France ? La loi est trĂšs claire L’euthanasie active, le fait de donner la mort, est interdit en France. L’euthanasie passive, laisser la nature faire son chemin en soulageant les douleurs, est par contre autorisĂ©e et encadrĂ©e. Quels sont les pays qui acceptent le suicide assistĂ© ? La Belgique est notre voisin qui a lĂ©galisĂ© le suicide assistĂ©. De nombreux Français traversent chaque jour la frontiĂšre pour finir leurs jours Peut-on refuser un traitement mĂ©dical ? C’est le malade qui dĂ©cide et qui peut refuser le traitement mĂ©dical sans que les mĂ©decins puissent s’y opposer Tous les articles sur la fin de vie Les signes de la fin de vie La loi LĂ©onetti Les soins palliatifs Atteintd'un cancer incurable, le mĂ©decin Axel Kahn a publiĂ© sur sa page Facebook ce vendredi 21 mai une lettre Ă©mouvante, oĂč il À 57 ans, Alain Cocq est atteint d’une maladie orpheline rare, incurable. Trop de souffrance pour le quinquagĂ©naire qui a fait son choix, il veut mourir. Il a interpellĂ© directement le prĂ©sident de la RĂ©publique dans une lettre ouverte. Il doit ĂȘtre reçu Ă  l'ElysĂ©e sous maladie creuse les joues d’Alain Cocq, grignote ses organes, sa vue, son cerveau "Le moment est venu, j'ai le droit de me reposer". Alors depuis son lit mĂ©dicalisĂ© qu’il ne peut plus quitter l’homme de 57 ans implore la compassion du chef de l’Etat "Cela fait 34 ans que j'ai des douleurs violentes et de toute façon on ne peut pas me soigner. Alors si c'est pour finir en regardant le plafond comme un con, non! ce n'est pas vivre ça".Alain Cocq souhaiterait que les soignants l’aident Ă  mourir mais c'est interdit. Alors dans un mois il refusera soins, oxygĂšne et alimentation en direct sur les rĂ©seaux sociaux jusqu’à son dĂ©cĂšs. Il veut montrer que la loi sur la fin de vie est trop brutale et en appelle Ă  l'ElysĂ©e "Il faut ĂȘtre Ă  l'agonie pour avoir le droit d'ĂȘtre endormi. On vous oblige Ă  mourir de faim et de soif pendant des mois. C'est atroce. On me dit d'aller en Suisse mais je n'ai pas les moyens et j'ai envie de mourir ici, sur la terre de mes ancĂȘtres".L'ElysĂ©e a acceptĂ© de recevoir AlainLa fin de vie d’Alain Cocq sera douloureuse Ă©galement pour ses auxiliaires de vie. Cyril, impuissant, n’aura pas le droit d’apaiser ses douleurs"Cela va ĂȘtre dur de le voir souffrir. On fait notre maximum pour l'accompagner au mieux mais c'est dommage de ne pas pouvoir l'accompagner au mieux. Je trouve dommage qu'on ne puisse pas lui apporter ce qu'il souhaite. Un peu d'humanisme dans une procĂ©dure pareille me paraĂźtrait pour le pays qui se dit des droits de l'homme, un minimum".Cyril est fier du courage de son patient pour que la loi change pour les suivants. Alain a interpellĂ© directement le prĂ©sident de la RĂ©publique dans une lettre ouverte pour lui demander "plus d’humanitĂ©", dit-il et une fin de vie plus douce. Et selon nos informations, la prĂ©sidence de la RĂ©publique a rĂ©pondu Ă  Alain. Il sera reçu Ă  l’ElysĂ©e pour exposer sa dĂ©marche, son dernier combat le 25 aoĂ»t Ă  l’ElysĂ©e par la conseillĂšre en charge des SolidaritĂ©s et de la santĂ©. MONTRÉAL– L'archevĂȘque de MontrĂ©al, Mgr Christian LĂ©pine, lance aux dĂ©putĂ©s de l'AssemblĂ©e nationale un appel Ă  la conscience au moment oĂč ils s'apprĂȘtent Ă  voter sur le projet de loi 52 sur l'aide mĂ©dicale Ă  mourir. Dans une lettre ouverte publiĂ©e lundi, veille de la reprise des travaux des parlementaires, l'archevĂȘque de MontrĂ©al leur demande [] 10 signes que la mort approche La lettre d’aujourd’hui est particuliĂšre. Elle traite d’un sujet grave, douloureux, auquel nous sommes pratiquement tous appelĂ©s Ă  ĂȘtre confrontĂ©s les derniĂšres heures d’un ĂȘtre aimĂ©. La mort, autrefois omniprĂ©sente, est aujourd’hui cachĂ©e. Plus de 80 % des dĂ©cĂšs ont lieu Ă  l’hĂŽpital. Elle est loin l’époque oĂč l’on veillait les morts chez soi, oĂč tous les proches, voire tous les habitants du quartier, Ă©taient invitĂ©s Ă  venir lui rendre un dernier hommage et oĂč l’on voyait rĂ©guliĂšrement passer dans les rues la procession de personnes endeuillĂ©es suivant un corbillard. La consĂ©quence est que la plupart d’entre nous n’avons plus aucune familiaritĂ© avec la mort. Nous ne savons plus Ă  quoi elle ressemble. Nous ne savons plus comment nous comporter. C’est la raison pour laquelle j’ai dĂ©cidĂ© de prĂ©parer cette lettre, qui peut paraĂźtre terrible. Nul ne connaĂźt le jour, ni l’heure de la mort, et c’est la raison pour laquelle mieux vaut se tenir prĂȘt. Cette lettre est donc Ă  conserver prĂ©cieusement. Car le jour oĂč elle arrive, je peux vous dire d’expĂ©rience que le simple fait de connaĂźtre les gestes Ă  faire permet de mieux dominer le bouleversement et la douleur terribles qui peuvent s’emparer de vous. Alors voici les dix signes que la mort approche, et ce qu’il convient alors de faire. Je me suis efforcĂ© de rester trĂšs factuel, car, suivant les rapports que chacun avait avec la personne Ă  l’agonie parent, enfant, conjoint, frĂšre ou sƓur, grand-parents
 les Ă©motions sont particuliĂšres et doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es au cas par cas. Perte d’appĂ©tit Lorsque la mort approche, les besoins Ă©nergĂ©tiques diminuent. La personne commence Ă  rĂ©sister ou refuser de manger et de boire, et n’accepte que de petites quantitĂ© de nourritures fades bouillie de cĂ©rĂ©ale par exemple. La viande, difficile Ă  digĂ©rer, est refusĂ©e en premier. A l’approche de la mort, la personne peut devenir incapable d’avaler. Comment rĂ©agir ne pas nourrir de force, respecter les signes donnĂ©s par la personne, mĂȘme si vous pouvez ĂȘtre bouleversĂ© et inquiet de cette perte d’intĂ©rĂȘt pour la nourriture. Proposer rĂ©guliĂšrement des petits bout de sorbet ou de glace, ou une gorgĂ©e d’eau. Passez une serviette humidifiĂ©e et chaude autour de la bouche et appliquez un baume pour les lĂšvres pour qu’elles restent humides et ne fassent pas mal. Fatigue et sommeil excessifs La personne dort la plupart du jour et de la nuit tandis que son mĂ©tabolisme ralentit, et que la faible prise de nourriture et de boisson contribuent Ă  la dĂ©shydratation. Il devient difficile de la rĂ©veiller. La fatigue et si forte que la personne n’arrive plus Ă  suivre ce qui se passe directement autour d’elle. Comment rĂ©agir laissez la personne dormir. Évitez de la rĂ©veiller brutalement. Partez du principe que tout ce que vous dites peut ĂȘtre entendu, car l’ouĂŻe continue Ă  fonctionner, mĂȘme lorsque la personne est inconsciente, et mĂȘme dans le coma. Affaiblissement Le manque de nourriture et la fatigue affaiblissent la personne au point qu’elle peut devenir incapable de lever la tĂȘte, ou mĂȘme d’aspirer dans une paille. Comment rĂ©agir concentrez-vous sur le confort de la personne. Confusion mentale Les organes commencent Ă  ne plus fonctionner, y compris le cerveau. Peu de maladies provoquent une hyper-acuitĂ© niveau Ă©levĂ© de conscience lorsque la fin approche. En gĂ©nĂ©ral, les mourants ne savent plus prĂ©cisĂ©ment oĂč ils sont ni qui est dans la piĂšce, parlent et rĂ©pondent moins souvent, s’adressent Ă  des personnes que les autres ne voient pas, peuvent paraĂźtre dire des choses insensĂ©es, s’agiter et fouiller dans leurs draps. Comment rĂ©agir restez calme et rassurant. Parlez Ă  la personne doucement et expliquez-lui qui vous ĂȘtes lorsque vous approchez. Respiration laborieuse La respiration devient irrĂ©guliĂšre, difficile. Vous pouvez entendre une forme distinctive de respiration appelĂ©e respiration de Cheyne-Stokes RCS une fo rte et profonde inhalation suivie d’une pause qui peut durer de cinq secondes Ă  une minute complĂšte, avant une forte reprise de la respiration puis de nouveau un Ă©puisement. C’est ce qu’on appelle aussi l’apnĂ©e du sommeil », qui est provoquĂ©e par des variations de pression artĂ©rielle et de concentration du sang en dioxyde de carbone. Les poumons et la gorge peuvent aussi produire des sĂ©crĂ©tions excessives qui crĂ©ent de forts bruits d’inspirations et d’expirations qu’on appelle le rĂąle ». Comment rĂ©agir l’apnĂ©e et le rĂąle peuvent ĂȘtre inquiĂ©tants pour les personnes prĂ©sentes, mais le mourant n’est pas conscient de ces modifications de sa respiration. Encore une fois, concentrez-vous sur le confort de la personne. Les positions qui peuvent aider sont la tĂȘte lĂ©gĂšrement relevĂ©e sur un oreiller, assoir la personne en la tenant bien avec des coussins et un dossier solide, ou la coucher lĂ©gĂšrement inclinĂ©e sur le flanc. Humectez la bouche avec une serviette humide, Ă©ventuellement un brumisateur et mettez du baume sur les lĂšvres. S’il y a beaucoup d’écoulements de la bouche et du nez, essuyez dĂ©licatement sans chercher Ă  moucher la personne. Restez calmement auprĂšs de la personne, tenez lui la main ou parlez lui doucement. Isolement social Au fur et Ă  mesure que le corps s’arrĂȘte de fonctionner, la personne mourante perd de l’intĂ©rĂȘt pour les personnes qui l’entourent. Elle peut arrĂȘter de parler, marmonner de façon inintelligible, arrĂȘter de rĂ©pondre aux question, ou simplement tourner le dos. Quelques jours avant de se couper de son environnement, la personne peut parfois surprendre ses proches par une derniĂšre effusion de joie et d’affection, qui peut durer moins d’une heure et jusqu’à une journĂ©e entiĂšre. Comment rĂ©agir soyez conscient qu’il s’agit d’une partie normale du processus de mort, qui n’a rien Ă  voir avec la relation que vous aviez avec la personne. Maintenez une prĂ©sence physique en touchant la personne et en continuant Ă  parler, si vous vous sentez de le faire, sans demander quoi que ce soit en retour. Profitez immĂ©diatement d’un moment de luciditĂ© s’il se produit, parce qu’il s’évanouira rapidement. Ralentissement des mictions urine Le faible volume de boisson et la baisse de la pression sanguine contribue Ă  rĂ©duire l’activitĂ© des reins. L’urine devient trĂšs concentrĂ©e, brunĂątre, rougeĂątre ou couleur de thĂ©. Il peut aussi y avoir une perte de contrĂŽle des sphincters Ă  l’approche de la mort. Comment rĂ©agir le personnel hospitalier peut parfois dĂ©cider qu’un cathĂ©ter une sonde est nĂ©cessaire, sauf dans les derniĂšres heures de la vie. L’arrĂȘt de la fonction rĂ©nale augmente les toxines dans le sang et peut contribuer Ă  provoquer un coma paisible avant la mort. Mettez une alaise sur le matelas en changeant les draps. Pieds et chevilles qui enflent Lorsque le fonctionnement des reins ralentit, les liquides peuvent s’accumuler dans le corps, en particulier dans les zones Ă©loignĂ©es du cƓur comme les pieds et les chevilles. Ces zones, ainsi que les mains et le visage, peuvent gonfler. Comment rĂ©agir en gĂ©nĂ©ral, aucun traitement particulier comme des diurĂ©tiques n’est donnĂ© lorsque ces gonflements sont liĂ©s Ă  l’agonie. Il s’agit d’une consĂ©quence, et non d’une cause, de l’approche de la mort. ExtrĂ©mitĂ©s froides Dans les heures ou les minutes avant la mort, la circulation sanguine se retire de la pĂ©riphĂ©rie du corps pour se concentrer sur les organes vitaux. Pendant que cela se produit, les mains, les doigts, les pieds et les orteils deviennent froids. Les ongles peuvent paraĂźtre pĂąles ou bleutĂ©s. Comment rĂ©agir une couverture chaude peut maintenir le confort de la personne, et la maintenir consciente. La personne peut se plaindre du poids de ce qui la couvre donc ne la serrez pas trop. Veines marbrĂ©es La peau qui avait Ă©tĂ© uniformĂ©ment pĂąle ou cendrĂ©e dĂ©veloppe un modĂšle distinctif de marbrures violacĂ©es/rouges bleue, qui est l’un des signes que la mort est imminente. C’est le rĂ©sultat du ralentissement de la circulation sanguine. On voit d’abord ces marbrures apparaĂźtre sur la plante des pieds. Comment rĂ©agir il n’y a rien de particulier Ă  faire. Vous apprĂ©ciez cet article ? Je vous invite Ă  vous inscrire gratuitement Ă  la Lettre SantĂ© Nature Innovation. ✓ DĂ©sabonnement Ă  tout moment. NB Les signes de la mort Ă©numĂ©rĂ©s ci-dessus dĂ©crivent un processus de mort naturelle. Ils peuvent varier d’une personne Ă  l’autre. Si une personne est maintenue en vie artificiellement respirateur, tube d’alimentation, le processus de la mort peut ĂȘtre diffĂ©rent. ConnaĂźtre ces diffĂ©rents signes peut aider Ă  traverser ce douloureux moment sans ĂȘtre plus dĂ©semparĂ© encore qu’on ne l’est dĂ©jĂ . Et si vous n’ĂȘtes pas concernĂ© » par cette lettre, rĂ©jouissez-vous et, surtout, profitez de chaque instant oĂč les personnes que vous aimez sont encore bien vivantes et en pleine santĂ© auprĂšs de vous. A votre santĂ© ! Jean-Marc Dupuis
Nousallons étudier un extrait de la piÚce en vers Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. Cette piÚce, présentée par l'auteur comme une comédie héroïque, fut rédigée en 1897. Elle met en scÚne un triangle amoureux malheureux entre une femme, Roxane, amoureuse et aimée par Christian, un militaire, et qui demande à Cyrano, son cousin
S’il avait Ă©crit de ne pas le maintenir en vie, on aurait eu de la peine, mais on l’aurait acceptĂ©. » Les propos de Viviane Lambert, interviewĂ©e par 20 Minutes en 2014, sont clairs. Son fils Vincent Lambert, infirmier devenu tĂ©traplĂ©gique en Ă©tat vĂ©gĂ©tatif en 2008 Ă  la suite d’un accident de voiture, n’a pas laissĂ© de dispositions Ă©crites concernant ce qu’il souhaitait pour sa fin de un livre, sa compagne avait affirmĂ© qu’il s’était prononcĂ© contre l’acharnement thĂ©rapeutique. Une opinion qu’il n’a jamais notifiĂ©e par Ă©crit. En l’absence de preuve de cette volontĂ©, c’est donc l’équipe mĂ©dicale qui dĂ©cide de ce qu’il faut faire, en accord avec la famille. Une famille qui se dĂ©chire depuis plus de dix ans. En France, il existe un document pour Ă©viter cette impasse, sous le nom pas trĂšs clair, il faut le dire de directives anticipĂ©es. Une dĂ©marche trĂšs peu rĂ©pandue en France – seuls 13 % des Français de plus de 50 ans y ont eu recours, selon un sondage BVA – que Jean-Luc Romero, prĂ©sident de l’Association pour le droit Ă  mourir dans la dignitĂ© ADMD et auteur du livre Lettre ouverte Ă  Brigitte Macron Ă©d. Michalon, dĂ©taille pour 20 obtenir le document pour exprimer ses volontĂ©s pour la fin de vie ?Ce document existe sous plusieurs formes. On le trouve par exemple sur le site du ministĂšre de la SantĂ© ou sur celui de l’Association pour le droit de mourir dans la dignitĂ© ADMD. Il peut aussi ĂȘtre rĂ©digĂ© sur papier libre. Tout personne majeure peut rĂ©diger des directives anticipĂ©es, Ă  condition d’y inscrire son identitĂ©, la date du jour et de signer le document. Si la personne ne peut pas Ă©crire, elle peut le faire rĂ©diger par quelqu’un, en prĂ©sence de deux tĂ©moins. Une personne majeure sous tutelle doit le rĂ©diger avec l’autorisation du juge ou du conseil de personne concernĂ©e, malade ou non, indique si elle prĂ©fĂšre engager, limiter ou arrĂȘter des traitements ou des actes mĂ©dicaux en cas de perte dĂ©finitive » de conscience. Un document important quand survient un accident Quand le mĂ©decin des urgences vous soigne, il ne connaĂźt pas votre avis ni votre conviction », commente Jean-Luc Romero. A tout moment, elles peuvent ĂȘtre modifiĂ©es ou feuille de papier a-t-elle une valeur officielle ou faut-il la faire authentifier ?Les professionnels de santĂ© doivent respecter les directives anticipĂ©es Ă©crites par le patient, c’est la loi. Le seul Ă©cueil, c’est qu' elles ne sont pas opposables, elles sont juste contraignantes. Si le mĂ©decin trouve qu’elles sont "manifestement inappropriĂ©es", il ne sera pas obligĂ© de les appliquer », prĂ©cise Jean-Luc Romero. En situation d’urgence vitale », le mĂ©decin peut aussi manquer de temps pour les le conserver ?Dans un lieu facilement accessible », conseille le ministĂšre. Ce lieu doit ĂȘtre connu par des proches ou par le mĂ©decin traitant. On peut Ă©galement le confier directement Ă  un proche ou Ă  son mĂ©decin. Depuis quelques annĂ©es, il est possible d’inscrire les directives anticipĂ©es dans le Dossier mĂ©dical partagĂ© DMP, disponible sur Internet. Ce carnet de santĂ© en ligne personnalisĂ© est accessible par tous les professionnels de santĂ©. SĂ©dation profonde, maintien artificiel en vie, obstination dĂ©raisonnable
 Le document Ă©nonce des termes complexes, comment s’y retrouver ?En cas de doute, il est possible d’en discuter avec son mĂ©decin. Pour Ă©clairer son choix, la Haute AutoritĂ© de santĂ© HAS donne aussi des informations sur son site pour rĂ©diger ces directives anticipĂ©es. L’ADMD organise des ateliers pour travailler sur ces derniĂšres volontĂ©s ». Passez-y une heure. Ca ne fait pas mourir d’écrire ses directives anticipĂ©es », appuie Jean-Luc Romero. C’est l’occasion d’en parler avec son mĂ©decin, ses soignants, sa famille. C’est douloureux comme sujet, mais quand vous l’évoquez avec votre mĂšre par exemple, comme je l’ai fait, ça fait tomber tous les tabous. C’est extrĂȘmement important de le faire pour Ă©viter Ă  terme des histoires comme celle de la famille Lambert. »Qui sont les personnes de confiance ?DĂ©signer une ou plusieurs personnes de confiance n’est pas obligatoire. Membre de la famille, proche ou mĂ©decin, elles assistent Ă  la rĂ©daction des directives anticipĂ©es ou sont mises au courant de la volontĂ© de la personne concernĂ©e. C’est cette personne que l’on appellera en premier en cas de problĂšme. On peut en avoir plusieurs mais c’est la premiĂšre qui est indiquĂ©e qui compte. Si personne n’arrive Ă  la joindre, les mĂ©decins appelleront la deuxiĂšme », indique-t-il. A l’ADMD, on conseille d’en avoir plusieurs. » Dansle continuum des soins palliatifs, deux types de soins de fin de vie sont encadrĂ©s par la nouvelle Loi soit la sĂ©dation palliative continue et l’aide mĂ©dicale Ă  mourir. En soins de fin de vie, il existe, quoique rarement, des situations cliniques d’extrĂȘme souffrance et de dĂ©tresse difficiles Ă  soulager malgrĂ© des soins palliatifs de qualitĂ©. Les symptĂŽmes et les Journal List Can Fam Physician 2010 Apr PMC2860811 Can Fam Physician. 2010 Apr; 564 312. French. Ce mois-ci nous vous prĂ©sentons le dĂ©bat Le mĂ©decin, doit-il ĂȘtre ouvert Ă  l’euthanasie?». Soulignons que les mots qui nous apparaissent les plus importants dans ces Ă©changes sont ĂȘtre ouvert à». Car, le MĂ©decin de famille canadien n’a pas l’intention de prendre position face Ă  cette mesure; vouloir argumenter du pour ou du contre l’euthanasie dans le cadre d’un dĂ©bat serait rĂ©ductionniste, inappropriĂ© et contre, il convient de reconnaĂźtre que les mĂ©decins de famille sont sans doute parmi tous les professionnels de la santĂ© ceux les plus souvent confrontĂ©s Ă  cette demande. Essentiellement parce que plusieurs exercent en soins palliatifs et en soins de longue durĂ©e, lĂ  oĂč se retrouvent les malades aux prises avec de terribles maladies dĂ©bilitantes qui altĂšrent l’espoir et questionnent le sens de peut rĂ©pondre le mĂ©decin de famille Ă  qui un malade demande d’en finir? Qu’il ne peut pas 
 Qu’il prendra soin de lui 
 Qu’il soulagera ses douleurs? Sont-ce lĂ  les rĂ©ponses attendues?Boisvert page 324 nous rappelle que de plus en plus de patients et de mĂ©decins se disent en faveur de l’euthanasie. Et que, contrairement Ă  ce Ă  quoi nous aurions pu nous attendre, ce n’est pas en raison de l’absence de soins palliatifs ou de soins appropriĂ©s, ni en raison des douleurs mal contrĂŽlĂ©es1. Quant Ă  Marcoux page 325, il nous met en garde contre les risques reliĂ©s Ă  cette pratique et aux dĂ©rapages possibles2. Toutefois, parmi les arguments Ă©voquĂ©s, l’un des plus troublants est que, paradoxalement, l’ouverture Ă  l’euthanasie prolonge la survie!Ceci m’amĂšne Ă  l’anecdote suivante. Un jour, l’épouse d’un patient que j’avais traitĂ© en soins palliatifs est venue me voir. Docteur, j’ai trouvĂ© dans les affaires de mon mari cette lettre qui vous est adressĂ©e. Mon mari l’avait rĂ©digĂ©e aux premiers jours de sa maladie et l’avait incluse dans son testament biologique».RĂ©flexion d’un soirCher docteur, Lorsque je serai vieux et malade, m’aiderez-vous Ă  mourir dignement? Lorsque je n’en pourrai plus, m’aiderez-vous Ă  quitter ce monde doucement? Puisse le Ciel me prĂ©server d’une mort interminable; alitĂ©, incontinent, dĂ©ment et 
 croyez pas que je sois dĂ©primĂ© pour vous faire une telle demande! Bien au contraire, j’aime beaucoup la vie. Ne me dites pas que vous veillerez Ă  ce que je ne souffre point! Ce n’est pas ce dont il est question ici. Je vous parle de la souffrance associĂ©e Ă  la vie qui s’étiole et qui s’en va. Chaque jour plus faible, plus maigre, plus fatiguĂ©, plus mort en quelque sorte! Pourquoi ĂȘtes-vous si enclin Ă  soulager la douleur physique mais si farouche Ă  comprendre la souffrance associĂ©e Ă  la fin de la vie?N’opinez pas que notre sociĂ©tĂ© condamne l’euthanasie! OĂč sont-ils tous ces gens et tous ces juges qui s’objectent lorsque les leurs meurent? En voyez-vous beaucoup s’occuper de leurs proches rendus Ă  l’agonie? A peine 10% des nĂŽtres meurent Ă  domicile. Trop occupĂ©s. Le travail. Les enfants. Bien plus facile de condamner l’euthanasie et placer nos mourants en institution que de s’en occuper. La Mort dĂ©range, n’est-ce pas?Parlant d’euthanasie, ne croyez-vous pas que les savants cocktails que vous m’administrerez pour soulager mes symptĂŽmes terminaux n’hĂąteront pas le processus? Tous ces mĂ©dicaments pour la douleur, les rĂąles respiratoires, l’agitation ne risquent-ils pas de me rendre encore plus faible, plus calme, plus enclin aux complications de fin de vie?Êtes-vous certain que vous ne pratiquerez pas ce qui vous rebute tant, une forme d’euthanasie lente? Une petite poussĂ©e vers l’au-delĂ , en quelque sorte! Si tel est le cas, pourquoi ne me donneriez-vous pas cette poussĂ©e lorsque je vous le demanderez ou lorsque je n’en pourrai plus? AprĂšs tout, on achĂšve bien les chevaux, n’est-ce pas !Me rendriez-vous ce service, si je vous le demande?Mon patient n’a jamais fait allusion Ă  cette lettreQuelques mois plus tard, mon patient Ă©tait affligĂ© d’une maladie terminale. Bizarrement Ă  partir du moment oĂč il est devenu malade, il n’a jamais fait allusion Ă  cette lettre. Il surveillait attentivement les doses que je lui peut-il que l’on ne voit pas la vie de la mĂȘme maniĂšre selon que l’on soit en santĂ© ou malade et en fin de vie?Quand vous mourrez de nos amoursSi trop peu vous reste de moiNe me demandez pas pourquoiDans les mensonges qui suivraientNe serions ni beaux, ni vraisMourrez de mort trĂšs viveQue je vous suiveGilles VigneaultNotes en bas de pageThis article is also in English on page concurrentsAucun dĂ©clarĂ©RĂ©fĂ©rences1. Boisvert M. Le mĂ©decin, doit-il ĂȘtre ouvert Ă  l’euthanasie? Oui. Can Fam Physician. 2010;56324, 326, 320, 322. fr ang. [Google Scholar]2. Marcoux H. Le mĂ©decin, doit-il ĂȘtre ouvert Ă  l’euthanasie? Non. Can Fam Physician. 2010;56325, 327, 321, 323. fr ang. [Google Scholar]Articles from Canadian Family Physician are provided here courtesy of College of Family Physicians of Canada Lenfant devra comprendre l’enchaĂźnement des circonstances de la mort, qu’il s’agisse d’une maladie ou d’un accident, et bien intĂ©grer qu’il n’est en aucun cas responsable

1Pour introduire le dossier thĂ©matique qui va suivre, on se proposera de mobiliser un tandem conceptuel souvent trĂšs opĂ©ratoire dĂšs qu’il est question de phĂ©nomĂšnes se dĂ©ployant dans le temps, le couple stock/flux. Ainsi, si on prend l’ensemble des cultes antiques en vigueur Ă  un moment donnĂ©, il est possible de formaliser cette somme pour l’envisager comme un stock » de cultes. L’ampleur de ce stock est alors Ă©videmment une question d’échelle et varie selon qu’on s’attache Ă  l’ensemble des sociĂ©tĂ©s antiques ou seulement Ă  certaines du temps de Scipion l’Africain, par exemple, l’ensemble des cultes romains – compris ici au sens de l’ensemble des cultes pratiquĂ©s par les Romains – Ă©tait diffĂ©rent de l’ensemble des cultes athĂ©niens, et les deux Ă©taient bien entendu infĂ©rieurs en nombre Ă  l’ensemble des cultes antiques en gĂ©nĂ©ral. 1 Walter Burkert, La religion grecque Ă  l’époque archaĂŻque et classique, Paris, Picard, 2011 [1977, 2 ... 2 Religions antiques. Une introduction comparĂ©e, Ă©d. Philippe Borgeaud, Francesca Prescendi, GenĂšve, ... 2L’étude historique de ces cultes peut alors suivre deux chemins soit on les saisit un Ă  un de maniĂšre individuelle, soit l’historien choisit d’étudier un groupe d’entre eux, ce qui lui impose la nĂ©cessitĂ© de dĂ©finir d’emblĂ©e le pĂ©rimĂštre des cultes auxquels il s’attache. Cela dĂ©bouche concrĂštement sur des ouvrages comme La religion grecque, ou Religions de Rome, pour ne reprendre que des titres Ă  la fois connus et assez rĂ©cents1. Ces travaux envisagent alors les choses d’un point de vue presque toujours bĂąti Ă  partir d’un critĂšre politique ou ethno-gĂ©ographique, et trĂšs rarement sous un angle franchement gĂ©nĂ©ral Ă  l’AntiquitĂ© entiĂšre, comme Religions antiques. Une introduction comparĂ©e, ou de maniĂšre plus restreinte et spĂ©cifique comme les cultes dits Ă  mystĂšres » ou ceux dits orientaux »2. Quelle que soit la maniĂšre d’aborder les choses, le stock rĂ©el des cultes antiques Ă©tait toutefois assurĂ©ment plus large que celui Ă  notre connaissance, car beaucoup n’ont guĂšre laissĂ© de traces lisibles pour nous sans Lucien de Samosate et son Alexandre ou le faux prophĂšte, que dirions-nous aujourd’hui du culte du serpent Glycon d’Abonouteichos ? Et combien d’autres cultes antiques n’ont pas eu leur Lucien ? 3Ce n’est pourtant pas sous l’angle du stock que l’on s’intĂ©ressera ici aux cultes antiques, car les ensembles dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©s et formant la religion grecque, les religions de Rome, etc. bĂ©nĂ©ficient d’une bibliographie dĂ©jĂ  considĂ©rable. Ce sont les flux qui arrĂȘteront notre intĂ©rĂȘt, c’est-Ă -dire les variations affectant au fil du temps le contenu du stock, dont il n’est pas inutile de rappeler qu’il n’est jamais lui-mĂȘme Ă  un moment donnĂ© que la somme des flux antĂ©rieurs. 4De ce point de vue dynamique, nous laisserons d’ailleurs aussi de cĂŽtĂ© la variation constituĂ©e par les flux entrants, les nouveaux cultes qui s’agrĂšgent aux plus anciens ces cultes ont Ă©galement toujours suscitĂ© une bibliographie abondante. Les sources Ă©voquent de fait assez souvent des crĂ©ations de cultes, c’est-Ă -dire le surgissement concret – il n’est pas ici question des rĂ©cits Ă©tiologiques – au sein des communautĂ©s de cultes qui n’y existaient pas antĂ©rieurement. Ces apparitions pouvant revĂȘtir des formes assez variĂ©es, allant de l’importation officielle d’un culte jusqu’alors Ă©tranger – par exemple l’importation du culte de Magna Mater Ă  Rome en 204 av. – Ă  l’émergence un peu diffuse et insaisissable d’un quelque chose » qui devient un vrai culte comme il advint avec le culte impĂ©rial romain. 3 Par exemple Ritual Dynamics in the Ancient Mediterranean. Agency, Emotion, Gender, Representation... 5L’intĂ©rĂȘt se portera plutĂŽt sur la question des flux nĂ©gatifs, des disparitions de cultes. Car il faut bien constater qu’autant sources et bibliographie moderne sont loquaces sur les crĂ©ations et autres importations de cultes nouveaux, autant elles sont discrĂštes sur les disparitions de cultes anciens. Seules deux situations Ă©chappent en fait Ă  ce constat, mais toutes les deux trĂšs particuliĂšres et finalement exceptionnelles chacune dans son genre. La premiĂšre concerne les destructions de cultes liĂ©s Ă  des guerres ou Ă  la destruction – somme toute assez rare – des communautĂ©s qui y Ă©taient liĂ©es. La seconde situation, qui bĂ©nĂ©ficie d’une attention trĂšs soutenue, se situe quant Ă  elle exclusivement dans l’AntiquitĂ© tardive et concerne la fin du mode antique de relation au sacrĂ© lors du passage au christianisme. En dehors de ces deux cas de figure, redisons-le parfaitement exceptionnels, la littĂ©rature moderne est quasi inexistante ou alors trĂšs marginale Ă  propos de disparitions de cultes en temps ordinaires. Pour s’en convaincre il suffit de consulter les tables des matiĂšres des ouvrages de rĂ©fĂ©rence citĂ©s prĂ©cĂ©demment – mais on pourrait aussi bien le constater dans les travaux rĂ©cents consacrĂ©s aux dynamiques cultuelles3 on y Ă©voque des transformations et des rĂ©interprĂ©tations mais pas d’extinctions. 6Au premier abord, le survol des sources et de l’historiographie moderne dĂ©bouche donc sur l’impression forte que le nombre de cultes n’a dans l’AntiquitĂ© cessĂ© de croĂźtre au fil du temps. Or cette idĂ©e d’un ensemble qui n’évoluerait apparemment qu’à la hausse sur le temps long, par l’adjonction plus ou moins rĂ©guliĂšre de cultes nouveaux dĂ©bouche sur une difficultĂ© Ă©pistĂ©mologique. Il est certes bien connu que les sociĂ©tĂ©s antiques Ă©taient viscĂ©ralement attachĂ©es Ă  leurs traditions et donc conservatrices dans l’ñme. Mais s’en tenir strictement Ă  ce modĂšle dans l’affaire qui nous prĂ©occupe imposerait alors de concevoir la vie religieuse antique comme une perpĂ©tuelle accumulation de cultes depuis de lointaines et tĂ©nĂ©breuses origines jusqu’au crĂ©puscule des dieux, la mortelle confrontation finale avec le christianisme. 7Or si on envisage dĂ©sormais cela Ă  l’échelle de la vie religieuse et cultuelle d’un simple individu, on bute alors sur une difficultĂ© que l’on se permettra de rĂ©sumer ici de maniĂšre un peu caricaturale. ConsidĂ©rons une pĂ©riode longue d’un millĂ©naire courant par exemple d’un Romain archaĂŻque Ă  un Romain tardif. Si on appliquait Ă  cette pĂ©riode un modĂšle strictement conservateur de la tradition, il en rĂ©sulterait que la vie religieuse du second serait nĂ©cessairement beaucoup plus riche en cultes que celle de son lointain ancĂȘtre archaĂŻque il serait dĂ©vot de l’ensemble des cultes anciens, pieusement conservĂ©s et Ă©ventuellement transformĂ©s, plus tous les nouveaux cultes qui seraient apparus dans la sociĂ©tĂ© romaine durant le millĂ©naire sĂ©parant les deux hommes. 8À niveau de dĂ©votion globalement Ă©quivalent, cela aboutirait Ă  plusieurs propositions peu satisfaisantes. La premiĂšre concernerait l’emploi du temps religieux des Romains, qui serait devenu de plus en plus chargĂ© au fil des siĂšcles. Ensuite, cette situation impliquerait aussi que la vie religieuse des Ă©poques anciennes aurait en quelque sorte Ă©tĂ© plus qualitative, pour devenir ensuite plus quantitative aux Ă©poques rĂ©centes. Une idĂ©e qui a la faiblesse d’entraĂźner trop aisĂ©ment la rĂ©flexion vers les jugements de valeur sur la vie religieuse comparĂ©e des uns et des autres, et qui rappelle par bien des aspects une historiographie dĂ©passĂ©e et souvent polĂ©mique. 9On pourrait Ă©videmment objecter que le niveau de dĂ©votion de notre Romain archaĂŻque et celui du Romain tardif pourraient ne pas ĂȘtre les mĂȘmes. De fait, durant l’AntiquitĂ© les niveaux de religiositĂ© ont effectivement variĂ© dans le temps le succĂšs de l’épicurisme Ă  certaines Ă©poques ou dans certains lieux est ainsi sans doute un indicateur du fait qu’une fraction parfois non nĂ©gligeable de la population Ă©tait moins attachĂ©e aux cultes de ses dieux. On pourrait donc envisager en quelque sorte le passage d’une dĂ©votion archaĂŻque, intense et attachĂ©e Ă  un nombre rĂ©duit de cultes, Ă  une dĂ©votion tardive, plus lĂąche et qui se disperserait en un nombre plus important de cultes, ce qui permettrait d’évacuer la contrainte notĂ©e supra du temps quotidien disponible pour les activitĂ©s cultuelles. NĂ©anmoins, rien dans nos sources ne permet d’argumenter que ces variations ont Ă©tĂ© autre chose que globalement assez marginales sur le long terme les cultes traditionnels ne semblent pas connaĂźtre de moment de rupture significatif avant l’époque de Constantin et c’est une piste qu’il est donc prĂ©fĂ©rable de ne pas suivre. 10Bref, on aboutit donc Ă  l’idĂ©e qu’un modĂšle uniquement conservateur appliquĂ© Ă  la vie religieuse des anciens amĂšne immanquablement Ă  une impasse sur le long terme. Nous postulerons alors qu’il devait exister dans l’AntiquitĂ© grecque et romaine des processus sociaux et culturels amenant non seulement Ă  l’apparition de nouveaux cultes, mais aussi et surtout Ă  la disparition de cultes anciens Ă  travers, en quelque sorte, des processus de mort naturelle » des cultes. 4 Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, trad. Granger, Paris, Gallimard, 2001 [19 ... 11Pour qui est familier des sources antiques, il est Ă©vident que les documents qui confirmeraient ce postulat ne sont pas lĂ©gion, mais c’est lĂ  le problĂšme de beaucoup de phĂ©nomĂšnes ordinaires que l’on qualifie de naturels » ils restent souvent discrets car leurs acteurs ne jugent pas nĂ©cessaire de les consigner. Surtout, dans le cas qui nous occupe, il ne faut pas nĂ©gliger un autre facteur plus propre Ă  la pensĂ©e antique et Ă  ses blocages. Si les sources antiques restent discrĂštes sur les disparitions de cultes, c’est en effet aussi parce qu’elles auraient Ă©tĂ© difficiles Ă  assumer en pleine connaissance de cause, puisqu’il s’agissait Ă  chaque fois de l’abandon de ces sacro-saintes traditions en clair des transgressions d’autant plus terribles qu’elles concernaient des dieux, mettant en jeu derriĂšre cela de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale tout le rapport au sacrĂ©. Au sens strict, ces disparitions Ă©taient sans doute indicibles voire impensables pour la plupart des Anciens, ce qui rappelle la formule de Wittgenstein, qui Ă©crivait que sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence »4. 12Il ne faut donc pas s’étonner si l’un des trĂšs rares auteurs qui Ă©voque de maniĂšre limpide ces phĂ©nomĂšnes parallĂšles d’apparitions/disparitions de cultes est Flavius JosĂšphe 5 Contre Appion, II, 253‑254 traduction Th. Reinach/L. Blum. Et puis certains dieux, aprĂšs avoir connu les honneurs dans la maturitĂ©, ont vieilli pour me servir d’un euphĂ©misme ; d’autres nouvellement introduits, obtiennent l’adoration. Certains temples sont dĂ©sertĂ©s et de nouveaux s’élĂšvent, les hommes bĂątissant chacun suivant son caprice, alors qu’ils devraient au contraire conserver immuable leur croyance en Dieu et le culte qu’ils lui rendent »5. 13JosĂšphe Ă©tait un Juif du ier siĂšcle et il appartenait donc Ă  un univers religieux qui Ă©tait dĂ©jĂ  extĂ©rieur au mainstream antique environnant. Ayant ce cadre juif fondĂ© sur l’unicitĂ© et l’intemporalitĂ© supposĂ©e du culte de YHWH, il lui Ă©tait loisible d’observer sans difficultĂ© et avec dĂ©tachement que les divers cultes des gentils s’inscrivaient, eux, pleinement dans le temps, Ă  savoir qu’ils naissaient, vivaient puis s’étiolaient avant de disparaĂźtre. 14Les textes rassemblĂ©s dans ce dossier font Ă©cho Ă  un certain nombre de contributions proposĂ©es oralement lors d’une journĂ©e d’étude puis d’un colloque organisĂ©s par Karin Mackowiak et Christian Stein Ă  Dijon et Besançon en dĂ©cembre 2012 et novembre 2016, avec le soutien de l’UniversitĂ© de Bourgogne – Franche-ComtĂ©, de l’UMR 6298 ARTEHIS ArchĂ©ologie, Terre, Histoire, SociĂ©tĂ© et de l’EA 4011 ISTA Institut des sciences et techniques de l’AntiquitĂ©. Leurs auteurs, intĂ©ressĂ©s par le projet, ont chacun Ă  sa maniĂšre tentĂ© de tester la validitĂ© de ce postulat de l’existence d’une disparition ordinaire des cultes dans le monde grec et romain. 15L’enjeu de cette enquĂȘte collective est double. Il consisterait d’abord tout simplement Ă  essayer de corriger un peu notre maniĂšre de percevoir la vie religieuse antique, afin de lui donner plus de fluiditĂ© peut-ĂȘtre doit-on en quelque sorte concevoir la religion antique comme un phĂ©nomĂšne dynamique quasi schumpeterien, c’est-Ă -dire animĂ© en permanence – mĂȘme si de maniĂšre discrĂšte et sur des temporalitĂ©s trĂšs variables – par un processus de crĂ©ations/disparitions de cultes qu’il reste Ă  explorer et Ă  dĂ©crire. 16L’autre enjeu est plus ambitieux car il proposerait de modifier la vision courante que nous avons de la fin de l’AntiquitĂ© et du passage de la conception religieuse antique Ă  la conception religieuse monothĂ©iste chrĂ©tienne et musulmane. La vision classique de cette pĂ©riode met l’accent sur la victoire du christianisme et de l’islam sur le polythĂ©isme paĂŻen. Le gros dĂ©bat qui agite les spĂ©cialistes de l’AntiquitĂ© tardive porte alors sur le fait de dĂ©terminer si cette transition a plutĂŽt Ă©tĂ© conflictuelle ou si elle s’est dĂ©roulĂ©e en douceur, mais il ne remet guĂšre en question l’idĂ©e que l’on a assistĂ© Ă  un conflit entre polythĂ©isme et monothĂ©isme se soldant par la victoire du second. Mais le polythĂ©isme » ou paganisme » n’ayant jamais vraiment existĂ© en tant que tel – car il est surtout une crĂ©ation judĂ©o-chrĂ©tienne reprise ensuite par l’islam –, l’idĂ©e que les cultes antiques avaient une durĂ©e de vie naturellement limitĂ©e ne permettrait-elle alors pas aussi d’envisager la transition entre les mondes antique et mĂ©diĂ©val non plus d’abord comme une victoire des monothĂ©ismes, mais plutĂŽt comme un phĂ©nomĂšne de substitution aprĂšs une forme d’extinction de masse de l’ensemble des cultes antiques ? 17Les journĂ©es de Dijon et Besançon furent Ă  la fois fructueuses et trĂšs amicales leurs organisateurs voudraient en remercier tous les participants.

Lami qui l’a aidĂ© a Ă©tĂ© relaxĂ©. En 2019, un homme atteint de la maladie de Charcot s’est donnĂ© la mort en absorbant un produit lĂ©tal fourni par un ami vĂ©tĂ©rinaire. Poursuivi en justice, ce dernier a Ă©tĂ© relaxĂ© dĂ©but mai. Une dĂ©cision judiciaire rare, qui relance le
Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, une sĂ©rie noire de suicides prĂ©coces font l’actualitĂ©. HarcelĂ© au collĂšge, notamment parce qu’il Ă©tait roux, Matteo ĂągĂ© de 13 ans s’est donnĂ© la mort en fĂ©vrier dernier. Le 11 mars 2012, un jeune lyonnais de 13 ans a Ă©tĂ© retrouvĂ© pendu dans sa chambre. Mais le suicide touche aussi les plus jeunes. En Angleterre, mi-fĂ©vrier, c’est un petit garçon de 9 ans, brimĂ© par ses camarades d’école, qui a mis fin Ă  ses jours. Comment expliquer ce passage Ă  l’acte chez les enfants ou prĂ©-ados ? Michel Debout, prĂ©sident de l'Union nationale pour la prĂ©vention du suicide, nous Ă©claire sur ce dramatique phĂ©nomĂšne
Selon l’Inserm, 37 enfants de 5 Ă  10 ans se sont donnĂ© la mort en 2009. Ces chiffres sont-ils, selon vous, rĂ©vĂ©lateurs de la rĂ©alitĂ©, sachant qu’il est parfois difficile de distinguer suicide et accident ?Je pense qu’ils sont le reflet de la rĂ©alitĂ©. Lorsqu’un enfant de moins de 12 ans meurt, il y a une enquĂȘte et le dĂ©cĂšs est comptabilisĂ© par les instituts de statistiques. On peut donc considĂ©rer qu’il y a une certaine fiabilitĂ©. NĂ©anmoins, il est important de bien diffĂ©rencier le suicide chez l’enfant et celui chez l’adolescent. Un petit ne rĂ©flĂ©chit pas de la mĂȘme maniĂšre qu’un jeune de 14 ans. Plusieurs travaux sur le suicide des adolescents ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. La tentative de suicide, qui est la plus frĂ©quente Ă  l’adolescence, a, aujourd’hui, des interprĂ©tations psychologiques, psychanalytiques, mĂ©dicales
 Pour les plus jeunes, le nombre Ă©tant, fort heureusement, beaucoup plus faible, les raisons sont moins Ă©videntes. Je ne pense pas qu’on puisse rĂ©ellement parler de suicide, c’est-Ă -dire d’intention de se donner la mort chez un petit de 5 notion de suicide chez le jeune enfant n’est donc pas plausible ?Ce n’est pas une question d’ñge mais plutĂŽt de maturation personnelle. On peut dire qu’à partir de 8 -10 ans, avec un Ă©cart d’une ou deux annĂ©es en fonction des situations, des variations Ă©ducatives, sociales culturelles, un enfant peut avoir envie de se donner la mort. Chez un enfant plus jeune c’est plus discutable. MĂȘme si Ă  10 ans, certains ont une notion du risque, de la dangerositĂ© de leur acte, ils n’ont pas forcĂ©ment conscience que ce dernier les mĂšnera Ă  une disparation dĂ©finitive. Et puis aujourd’hui, la reprĂ©sentation de la mort, notamment avec les jeux vidĂ©o est faussĂ©e. Quand le hĂ©ros meurt et que l’enfant perd la partie, il peut en permanence revenir en arriĂšre et changer l’issue du jeu. Le virtuel et l’image prend de plus en plus de place dans l’éducation par rapport aux vĂ©ritables significations. Il est plus difficile de mettre de la distance ce qui facilite l’impulsivitĂ©. Par ailleurs, les enfants, heureusement pour eux, ne sont plus, comme Ă  l’époque, confrontĂ©s Ă  la mort de leurs parents et grands-parents. Parfois mĂȘme, ils connaissent leurs arriĂšres grands-parents. Or, pour avoir conscience de sa propre finitude, il faut ĂȘtre touchĂ© par la mort rĂ©elle d’un proche. VoilĂ  pourquoi, je pense qu’avoir un animal de compagnie et le perdre quelques annĂ©es plus tard peut ĂȘtre gestion des Ă©motions, qui n’est pas la mĂȘme chez l’enfant et chez l’adulte y est certainement pour quelque chose. Mais il faut d’abord s’interroger sur la part de l’impulsivitĂ© dans l’acte par rapport Ă  l’intentionnalitĂ©. En effet, pour considĂ©rer qu’une personne s’est suicidĂ©e, il faut que son acte s’inscrive dans une intentionnalitĂ©, c’est-Ă -dire une mise en danger consciente d’elle-mĂȘme. Certains considĂšrent mĂȘme qu’il faut qu’il y ait un projet de disparition. Or dans certaines situations, on a surtout l’impression que l’enfant a voulu Ă©chapper Ă  une situation Ă©motionnellement difficile comme la maltraitance par exemple. Il peut aussi ĂȘtre confrontĂ© Ă  une autoritĂ© et s’imaginer ĂȘtre en faute. Il fuit donc une situation qu’il perçoit ou qui est rĂ©ellement difficile sans vouloir vraiment y avoir des signes Ă©vocateurs de ce mal ĂȘtre ?Tout d’abord, il faut rappeler que le suicide chez les petits est un phĂ©nomĂšne trĂšs rare. Mais lorsqu’une histoire se dĂ©grade, notamment dans les affaires de harcĂšlement scolaire ou de bouc Ă©missaire, l’enfant Ă©met parfois des signes. Il peut aller Ă  l’école Ă  reculons, Ă©voquer diffĂ©rents symptĂŽmes Ă  la reprise des cours malaises, maux de ventre, de tĂȘte
 Il faut y ĂȘtre attentif. Par ailleurs, si l’enfant va rĂ©guliĂšrement d’un lieu de vie Ă  un autre, et qu’il indique une contrariĂ©tĂ© Ă  l’idĂ©e de s’y rendre, que son humeur change, les parents peuvent se poser des questions. Mais attention, ces comportements changeants doivent ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©s et systĂ©matiques. En effet, il ne faut pas dramatiser si un jour il ne souhaite pas aller Ă  l’école et qu’il prĂ©fĂšre rester Ă  la maison. Cela arrive Ă  tout le monde
Quels conseils donneriez-vous donc aux parents ?Il est important de rappeler Ă  son enfant qu’on est lĂ  pour l’écouter, qu’il doit absolument se confier si quelque chose le fait souffrir ou s’interroger sur ce qui lui arrive. L’enfant qui se suicide fuit une menace. Il pense qu’il ne peut pas la rĂ©gler autrement lorsqu’il y a emprise et menace d’un camarade par exemple. Il faut donc arriver Ă  le mettre en confiance afin qu’il comprenne que c’est en parlant qu’il pourra y Ă©chapper et non l’inverse.
SainteMarie, MĂšre de Dieu, priez pour nous, pauvres pĂ©cheurs, maintenant et Ă  l’heure de notre mort. Amen. + Je crois en Dieu, le PĂšre tout-puissant, crĂ©ateur du ciel et de la terre. Et en JĂ©sus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a Ă©tĂ© conçu du Saint-Esprit, est nĂ© de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a Ă©tĂ©
Directives anticipĂ©es courtes et simples sur papier libre personne malade Directives anticipĂ©es Je soussignĂ©e, [Titre, Nom, PrĂ©nom] demeurant [adresse], nĂ©e le [date] Ă  [ville], atteint d'une affection de longue durĂ©e incurable, dĂ©clare ne pas vouloir bĂ©nĂ©ficier d'un acharnement thĂ©rapeutique, ni d'une rĂ©animation ou d'une assistance matĂ©rielle pour me maintenir en vie. Je souhaite uniquement ĂȘtre soulagĂ© de mes souffrances autant que possible, mĂȘme si cela a pour consĂ©quence de me mener au dĂ©cĂšs. Ces directives constituent une manifestation claire de mon consentement libre et Ă©clairĂ© et je dĂ©signe [Titre, Nom, PrĂ©nom] demeurant [adresse] comme ma personne de confiance. Pour faire valoir ce que droit Fait Ă  [ville], le [date] [Signature] Directives anticipĂ©es courtes et simples sur papier libre personne en bonne santĂ© Directives anticipĂ©es Je soussignĂ©e, [Titre, Nom, PrĂ©nom] demeurant [adresse], nĂ©e le [date] Ă  [ville], sain de corps et d'esprit, dĂ©clare ne pas vouloir bĂ©nĂ©ficier d'un acharnement thĂ©rapeutique si je n'Ă©tais plus en capacitĂ© d'exprimer mes derniĂšres volontĂ©s. Je refuse notamment d'ĂȘtre rĂ©animĂ©, de subir une intervention chirurgicale ou ĂȘtre placĂ© sous assistance respiratoire qui n'aurait pour but que de prolonger mes souffrances, sans aucun espoir d'amĂ©lioration de mon Ă©tat de santĂ©. Je dĂ©sire uniquement un accompagnement mĂ©dicamenteux de mes souffrances jusqu'Ă  ma mort. Je dĂ©signe [Titre, Nom, PrĂ©nom] demeurant [adresse] comme ma personne de confiance et qui veillera au respect de mes derniĂšres volontĂ©s. Fait Ă  [ville], le [date] [Signature] Directives anticipĂ©es complĂštes avec le formulaire officiel Vous pouvez aussi tĂ©lĂ©charger le dossier complet de 11 pages au format PDF mis en ligne par La Direction de l'information lĂ©gale et administrative DILA qui permet d'Ă©laborer, modifier ou annuler ses directives anticipĂ©es disponible ici.
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